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Sur fond de crise économique, les ministres européens en charge des affaires spatiales ont jeté les bases de la politique spatiale pour les prochaines années, mardi et mercredi dernier. Une augmentation de 21%.
Jean-Jacques Dordain, Directeur général de l’Agence spatial européenne (ESA), peut se féliciter de cette conférence ministérielle tenue à La Haye, puisque ce dernier pensait avoir "bon espoir de récolter plus de 9 milliards d’euros" sur les 10 nécessaires aux programmes de son agence. Il s’agit d’une réelle victoire que n’aurait sûrement pas renié son homologue américain de la NASA, Mike Griffin. Ainsi, ce sont au total 9,95 milliards d’euros qui seront financés. Avec 2,7 milliards d’euros mis sur la table, l’Allemagne devient le premier contributeur de l’Agence, contre 2,3 à la France. L’intégralité de ces 10 milliards s’étalent, bien entendu, pour les trois prochaines années. De 2008 à 2012, la contribution totale de l’ESA à l’ISS sera de 1,37 milliard d’euros, ce qui en fait le programme le plus cher jamais votés par l’Agence spatiale européenne.
L’ISS jusqu’en 2020 ?
Mardi matin, un porte-parole de l’ESA a même indiqué que les
partenaires de l’agence oeuvraient afin que l’ISS puissent être utilisée au
moins jusqu’en 2020. Pour l’Allemagne la Station Spatiale Internationale est
une priorité, alors que la France cherche avant tout à moderniser la fusée Ariane
V dont les études préparatoires pour la prochaine génération ont permis de
récolter 357 millions d’euros. Par ailleurs, avec l’ATV, l’Europe dispose
maintenant d’un véhicule susceptible d’être transformé en capsule habitée. Mais
ce point ne semble pas figurer au rang des priorités alors qu’il y avait là une
réelle opportunité à saisir face à la place bientôt laissée vacante par le
retrait des navettes américaines. Rappelons qu’un projet de vaisseau avec
équipage, dérivé de l’ATV existe, il s’agit de l’ATV-Evolution - une maquette
a notamment été présentée au grand public lors de l’exposition du centenaire du
Gifas en octobre dernier. Elle pourrait voler dans un premier temps en mode
cargo d’ici 2014 pour acheminer du fret à la Station puis redescendre sur Terre
avant un premier vol habité d’ici 2017.
François Auque, Président exécutif d’EADS Astrium a d’ailleurs livré son sentiment sur le futur de l’ATV dans une interview accordé au quotidien Les Echos daté du 24 novembre, expose son inquiétude quand au manque de visibilité sur l'après-ATV. Il est donc plus qu’urgent de réagir mais le fait est que tout repose sur une décision politique. Seul l’Allemagne parait avoir fait du vol habité (avec l’ISS) une priorité. Ainsi, Quand la Chine rattrape son retard technologique de manière exponentielle, l’Europe devra vraisemblablement se contenter dans les prochaines années d’un lanceur qui ne répondra plus aux futures demandes, par manque d’anticipation ? Se contentant simplement de lancer dix à douze tonnes de charge utile quand la Chine, elle, pourra lancer des charges avoisinant les quinze tonnes avec sa prochaine génération de lanceur. Quand il faudra de nouveau innover, l’Europe risque de nouveau de se retrouver à péniblement raccrocher les wagons.
Antoine Meunier
Sources : www.lesechos.fr / www.reuters.com / www.esa.int
Photos : www.esa.int / www.nasa.gov / Antoine Meunier /
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Exomars en question ?
Initialement prévue pour
2011, le premier rover martien européen a été reporté à 2013 puis finalement à
2016 suite à une enveloppe budgétaire qui est passé de 650 millions d’euros à plus
de 1,2 milliard. Ce qui incluse également le lancement. A l’heure actuelle, des
projets de collaboration sont en discussion avec les Russes et les Américains
sur ce petit rover capable de forer jusqu’à deux mètres de profondeur dans la
surface de Mars. Le projet devrait être finalisé en septembre prochain.
Les astronautes de Discovery ont achevé leur troisième marche dans l’espace avec l'arrimage réussi du module scientifique japonais. Avec Kibo, la Station Spatiale Internationale s’agrandit encore un peu plus.
Il y a quelque chose d’assez surréaliste à voir un bonhomme en combinaison spatiale tenir à bouts de bras un réservoir d’azote de presque un quart de tonnes. Pourtant, c’est ce que l’astronaute Ron Garan a réalisé ce dimanche 8 juin en remplaçant ledit réservoir, désormais inutilisable, en se juchant sur le bras robotisé de l’ISS, aidée en cela par sa collègue l’astronaute Karen Nyberg qui manipulait l’instrument depuis la station. Le premier n’hésitait pas à déclarer : « Léger comme une plume, hein ? ». « Profite de la balade », répliqua Nyberg alors que celui-ci se déplaçait d’un bout à l’autre de l’immense structure orbitale. Compte tenu de l’incroyable position de Ron Garan, on ne manquera pas de remarquer leur étonnante décontraction qui ne fait pas oublier l’enjeu de la « balade ». Mais ne vous y trompez pas, sous ce ton apparemment calme, chaque activité extravéhiculaire (EVA) exige une concentration particulièrement soutenue. Garan et Mike Fossum ont démarré leur sortie dans l’espace à 14h GMT pour ne rentrer qu’à 20h28 GMT. La sortie de jeudi dernier avait, quant à elle, durée près de sept heures et onze minutes afin de permettre l’ajout du second segment du laboratoire japonais Kibo.
Retour prévu samedi prochain
Cette seconde partie est le Japanese Experiment Logistic (ELM-PS), il s’agit d’un module de stockage pressurisé d’une longueur de plus de onze mètres. Les derniers éléments de Kibo ne seront acheminés en orbite que lors du vol STS-127 programmé pour le début de l’année prochaine et qui sera commandée par Mark Polanski. De son côté, l’équipage de Discovery va maintenant s’engager dans les préparatifs de retour de la mission. Mike Fossum et Ron Garan vont pouvoir récupérer de leurs marches spatiales. D’autres travaux sont également prévus avant le désarrimage avec la Station prévu après-demain. La navette est attendue à 15h13 GMT sur la piste du Centre spatial Kennedy (KSC). Après la mise en place de Kibo, du laboratoire européen Colombus, la Station Spatiale Internationale accuse pratiquement 300 tonnes à la pesée. La navette ne reviendra que début novembre avec Le vol STS-126 pour, entre autres, la livraison d’un module logistique (MPLM).
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.yahoo.fr
Photos : www.nasa.gov / Nasa TV
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Alors que Phoenix vient de brillamment réussir son atterrissage sur la planète Mars, la navette s’apprête à reprendre le chemin de l’espace pour acheminer le second segment du laboratoire japonais Kibo. Mais l’équipage de la Station Spatiale Internationale (ISS) connaît un embarras, heureusement sans gravité…
L’anecdote peut faire sourire mais à 350 kilomètres d’altitude, la panne des toilettes de l’ISS est vraiment problématique surtout quand le nombre d’astronautes présents dans la Station passera à dix la semaine prochaine. Selon un porte-parole de la NASA, l’équipage de la navette Discovery doit acheminer un lot de pièces détachées, notamment une pompe neuve, pour réparer les commodités de la Station spatiale. Les astronautes donc quelques travaux ménagers en perspective dans sa maison céleste. Sinon, la mission de l’équipage commandé par Mark Kelly – vétéran de deux missions spatiales – consistera à assurer l’assemblage du plus important des trois éléments du laboratoire scientifique japonais Kibo et le plus vaste des modules de la Station. Trois sorties dans l’espace sont prévues en vue de l’installation du Japanese Experiment Module (JEM).
Dernière mission vers Hubble
Le premier élément de Kibo a déjà été envoyé en orbite lors du vol STS-123 en mars dernier et le dernier sera expédié lors de la mission STS-127, (commandée par Mark Polanski* en avril 2009). Le prochain vol de la navette dédiée à la construction de la Station Spatiale Internationale doit intervenir le 10 novembre prochain (STS-126). La navette Endeavour devra livrer au complexe orbital un Multi-Purpose Logistics Module (MPLM). Comme son nom l’indique il s’agit d’un module logistique. Mais la mission qui reste très attendue est probablement celle programmée pour le 8 octobre avec la navette Atlantis. Durant onze jours, les sept astronautes qui forment l’équipage du vaisseau auront comme objectif d’assurer la maintenance et les éventuelles réparations, pour la toute dernière fois, du télescope spatial Hubble (HST). En effet, ce vénérable instrument scientifique doit encore fonctionner pendant cinq ans avant la mise en service du James Webb Space Telescope (JWST). Ce sera l’unique et dernier vol de la navette qui ne sera pas consacré au chantier de l’ISS. Rappelons en effet que l’ensemble des vols du Shuttle, jusqu’à son retrait du service actif en 2010 (mission STS-133) restent intégralement réservés à l’assemblage de l’ISS. Mais n’est-ce pas finalement le rôle qu’on attendait de cet engin pas comme les autres ?
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov
Photos : NASA
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*Voir l’interview de Mark Polanski dans Espace Magazine N°36 H.S consacré à la navette spatiale.
C’est dans moins de deux jours* qu’aura lieu le tir du premier ATV. Après l’arrimage réussi de Colombus le mois dernier à l’ISS, l’Europe s’apprête à lancer son premier vaisseau spatial, sa seconde contribution à la Station Spatiale Internationale.
Tout a commencé en octobre 1995 lors de la conférence ministérielle de l’ESA de la même année. A cette époque, le développement simultané du véhicule de ravitaillement et du laboratoire Colombus est décidé. Et c’est en 1998 que le contrat pour le développement du véhicule est signé entre EADS Launch Vehicles (Astrium Space Transportation).
Et dimanche prochain, à 4h59 heure de Paris, un véhicule de 20 tonnes assemblé en Europe partira depuis la Guyane pour rejoindre la Station Spatiale Internationale (ISS). Il marque un véritable tournant pour le ravitaillement du complexe puisque ses capacités sont trois supérieures à celles du vaisseau cargo russe Progress. Précisons que le Jules Vernes, premier ATV d’une série de six, est notamment équipé du même système d’arrimage que son homologue russe. Mais la grande première est très probablement le rendez-vous qui sera effectué avec la Station Spatiale Internationale (ISS), de manière complètement automatisé, grâce à ses instruments de bord et dont l’ensemble des tests d’approche seront réalisés sur une dizaine de jours avant le « docking »** final.
L’ATV, un pas vers le vol habité européen ?
Lancé par une fusée Ariane V ES, ce vaisseau pose une question. Y’aura-t-il un jour une version piloté par un équipage ? Tout d’abord, il faut préciser que l’ATV est un module de transport de fret automatisé pouvant être occupé par trois astronautes une fois son raccordement effectué à la Station pour une durée effective de six mois avant son détachement pour se consumer dans l’atmosphère terrestre. Il présente quand même des similitudes de par sa taille à un vaisseau Apollo et pourrait même contenir un autobus à impériale. Mais son lanceur, Ariane V n’est pas configuré pour le vol habité. Il faudrait notamment l’équiper d’un système d’éjection du vaisseau. Cependant, des études d’évolution de l’ATV ont été menées notamment pour l’aller et retour d’astronautes vers l’orbite basse. Mais comme nous venons de l’évoquer plus haut, cela nécessiterait également de faire évoluer la fusée Ariane pour le vol habité.
Avec Colombus, l’Europe vient de se doter de son module (certes raccordé à l’ISS). En lançant l’ATV Jules Vernes, le Vieux continent franchit une nouvelle étape et prouve que le vol habité est désormais à sa portée. L’ATV pourrait-il être une simple étape vers la voie du vol habité ? Ce serait une excellente manière de s’affranchir de la dépendance du Soyouz ou de la navette qui sera mise au rencart dans deux ans. De telles cartes méritent largement l’attention des politiques car en 2010, il n’y aura plus qu’un seul moyen pour desservir l’ISS.
Antoine Meunier
Sources : www.esa.int / EADS Astrium / Espace Magazine N°35 / www.nasa.gov
Photos : www.nasa.gov / www.astrium.com
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* Dernière mise à jour le vendredi 7 mars 2008
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