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Alors que s’est achevée la première phase du processus de sélection des prochains astronautes de l’ESA, quelques astronautes français plaident pour les vols habités a récemment rapporté le quotidien Le Figaro dans son édition du 17 juin.
En mars dernier, le président Nicolas Sarkozy se faisait l’avocat d’un futur programme d’exploration mondiale de Mars. Les astronautes français ont récemment pris le relais pour fournir à Valérie Pécresse, ministre de la Recherche, les arguments en faveur des vols pilotés. Ils sont présents sous plusieurs aspects. En premier lieu, l’Europe a prouvé, avec le succès du premier vol de l’ATV, qu’elle pouvait mettre en orbite un vaisseau de transport. Ensuite, il y a bien évidemment la présence du laboratoire Colombus. Il s’agit ici des principales participations du Vieux Continent dans la Station Spatiale Internationale. Il ne manque désormais plus que la cerise sur le gâteau : se doter de son propre moyen de transport habité vers l’ISS. A ce titre, EADS Astrium a présenté au cours du salon aéronautique ILA de Berlin une maquette de capsule spatiale reposant sur l’ATV, pour la partie basse, et sur le démonstrateur ARD pour la partie haute. C’est un concept séduisant qui autoriserait un vol en mode cargo d’ici 2013 et un vol habité à l’horizon, soit (si tout va bien) deux ans après la mise en service de la capsule américaine Orion. Nul doute qu’un tel projet suscite un intérêt particulier. Pourquoi ? Parce qu’il permettrait à l’Europe de disposer de son propre vaisseau habité.
Un vaisseau habité mais vers quelle destination ?
Il est évident qu’un tel projet permettrait d’éviter que le Soyouz soit le seul vaisseau à desservir la Station Spatiale Internationale à partir de 2010. Pourquoi ne pas envisager alors d’avancer l’arrivée d’Orion ? La mise au point d’un engin habité est un programme exigeant une longue préparation. La navette spatiale en est le premier exemple. Ainsi, lorsqu’elle fut avalisée par le président Nixon en 1972, neuf années s’écoulèrent avant le premier vol commandé par le légendaire John Young, vétéran de deux missions Gemini et de deux missions Apollo. Cependant, le concept d’Astrium montre que la société du groupe EADS est à même de proposer un vaisseau spatial habité. Bref, le groupe européen entend démontrer sa capacité à envoyer un équipage en orbite. Mais après la présentation du projet d’avion, destiné au tourisme spatial en 2007, une autre question se pose : Astrium pourra-t-elle mener de front deux programmes ? Malheureusement, il n’est pas possible de répondre dans l’immédiat bien qu’il semblerait logique qu’un seul projet soit choisi pour d’évidentes raisons de coût. Encore faut-il qu’il soit validé lors de la conférence ministérielle de l’ESA en novembre prochain. En tout cas, une chose est sûre : nous avons les astronautes et la technologie pour les envoyer dans l’espace. Un simple consensus des ministres européens permettrait de les rendre indépendant des Etats-Unis et de la Russie. Réponse sur le sujet à l’issue de la ministérielle de l’automne ?
Antoine Meunier
C’est sous un ciel partiellement dégagé et deux mois de retard sur le calendrier prévu, que la navette spatiale Atlantis s’est finalement élancée dans l’espace jeudi, depuis Cap Canaveral. Elle emporte dans sa soute le laboratoire européen Colombus qui va être raccordé à l’ISS.
Le temps n’était pas fameux mais les responsables de la NASA ont estimé que rien ne s’opposait au décollage de l’orbiteur. Dans le traditionnel torrent de flammes et de fumée, Atlantis a offert un magnifique spectacle dans le ciel de Floride aux spectateurs venus assister au lancement. Pour l’Agence Spatiale Européene, cette mission (vol STS-122) c’est l’aboutissement de plus de vingt années de travail. Avec ce laboratoire, l’ESA se garantit aussi une présence quasi permanente (avant que les équipages ne passent à six personnes) dans l’espace avec la possibilité de faire voler des astronautes pour des missions de longue durée. Sachant que les moyens d’accès seront bientôt limités au seul Soyuz, cela n’a pas de prix. Toutefois, les Etats-Unis auront accès à une partie du laboratoire une fois que ce dernier sera raccordé à la Station Spatiale Internationale (ISS). Mais il faudra cependant attendre samedi avant que les opérations démarrent ne commencent et qu’Atlantis ne soit amarrée à la Station spatiale.
Un dimanche chargé
C’est le bras robot Canadarm 2 de la Station qui installera Colombus ce week-end sur l’écoutille tribord du module Harmony. Deux astronautes, dont l’Allemand Hans Schlegel, effectueront une sortie extravéhiculaire pour veiller à la bonne marche de la manœuvre. Une fois le module amarré et sécurisé, Léopold Eyharts aura la charge d’activer Colombus puisqu’il doit séjourner presque deux mois en orbite, et démarrer le lancement du programme scientifique du module. Et puis Colombus est un peu à part. En effet, ce petit cylindre de sept mètres sera contrôlé et piloté par le Centre de contrôle Columbus de l'ESA, situé dans les locaux du Centre allemand d'opérations spatiales du DLR à Oberpfaffenhoffen (Allemagne) qui sera notamment responsable des opérations scientifiques à bord.
Et puis si tout se passe comme prévu, Léopold Eyharts devrait vivre une seconde première : l’arrivée du Jules Vernes, le premier vaisseau cargo européen qui doit rallier l’ISS. La fenêtre de lancement s’ouvre à partir du 22 février prochain. Pour sa deuxième mission, l’astronaute français devrait ainsi cumuler le privilège d’accueillir dans l’espace les deux fleurons de l’Europe spatiale habitée.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.esa.int
Photos : www.nasa.gov / www.esa.int
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Avec le mois en cours, l’ISS devrait connaître une intense période d’activité. Si tout va bien, le 7 février, la navette Atlantis devrait décoller avec deux mois de retard. Et la fenêtre qui s’ouvre à partir du 22 février doit permettre le lancement du premier exemplaire de l’ATV grâce à un lanceur Ariane 5.
Fébrilité quand tu nous tiens… Après avoir procédé à une simulation d’arrimage la semaine dernière, les hommes du centre de contrôle de Toulouse sont dans les starting-blocks pour diriger le premier vol de l’ATV. Ce bijou de technologie européenne construit sous maîtrise d’œuvre par EADS Astrium, pour un montant estimé à un milliard d’euros, devrait enfin s’élancer dans le ciel de la Guyane française à partir du 22 février. Après le laboratoire européen Colombus, c’est la seconde contribution à la Station Spatiale Internationale (ISS). Ce gros bidon d’une masse totale de 20,7 tonnes à pleine charge (il faut compter le ravitaillement qui sera apporté à l’ISS), doit mettre une dizaine de jours pour rallier sa destination. Une fois arrimé au complexe spatial, le Jules Vernes devrait rester six mois à son poste avant d’être désinstallé de son port d’arrimage puis de brûler dans l’atmosphère terrestre. Servant à amener du ravitaillement aux astronautes, ces derniers l’utiliseront également pour se débarrasser de tout ce dont ils n’ont plus besoin à bord du grand meccano spatial.
Et la suite ?
Des dizaines et des dizaines de simulations ont été menées aux Mureaux, dans les bureaux d’Arianespace et d’Astrium pour que cette mission soit un succès. Donc si tout va bien, le prochain ATV pourrait être livré d’ici la fin 2009, le temps d’analyser les résultats de la mission Jules Vernes. Dans l’immédiat, c’est le vaisseau Progress M63 qui ira ravitailler l’ISS. Lancé aujourd’hui par une fusée Soyuz depuis le centre spatial de Baïkonour, il s’amarrera jeudi prochain à la station. Il est d’ailleurs intéressant de noter que l’ATV et le Progress présentent au moins une similitude importante : le système de docking* est le même sur les deux vaisseaux. Deux plus, les trois calculateurs nominaux du Jules Vernes sont identiques à ceux que l’on trouve dans la partie russe de la Station. Alors si tout se passe bien pour la mission STS-122 de la navette Atlantis après-demain, l’astronaute français Léopold Eyharts aura sans doute la chance d’être le premier à accueillir les plus importantes contributions de l’Europe à l'ISS.
Antoine Meunier
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*Docking : amarrage
Alors que de son côté, le projet Galileo fait encore du surplace, Arianespace poursuit son chemin et annonce des comptes équilibrés pour la cinquième année de suite. En janvier prochain, elle lancera le vaisseau cargo ATV Jules Vernes.
En milieu de semaine dernière, une Ariane V a placé sur orbite le satellite Skynet 5B d’Astrium Paradigm pour le Ministère Britannique de la Défense et le satcom Star One C1 pour le client brésilien Star One. C’était le cinquième lancement de l’année, le 35ème d’une Ariane V, et son 21ème succès d’affilée. Voilà de quoi avoir un motif de satisfaction concernant le fer de lance du spatial européen : la fusée commercialisée par Arianespace est un lanceur dont la fiabilité n’est désormais plus à démontrer. Ces capacités lui autorisent maintenant de lancer une charge de vingt tonnes en orbite basse (l’ATV notamment en janvier 2008) et de dix tonnes en orbite géostationnaire. Ajoutons qu’un autre lancement double d’Ariane V doit normalement avoir lieu au cours de la seconde quinzaine de décembre et qu’un tir de Soyuz est programmé à Baïkonour le 14 du mois prochain. La fin de l’année est donc particulièrement chargée pour Arianespace qui a signé douze contrats en 2007. Mais la période de deux ans qui s’annonce va être bien remplie.
Objectif : 15 lancements programmés sur 2008/2009
2008 devrait démarrer en trombe avec le lancement du vaisseau cargo ATV à destination de la Station Spatiale Internationale (ISS) (prévu pour le premier semestre). Mais l’objectif annoncé par le PDG de la société, Jean-Yves Le Gall, est d’arriver à « un minimum » de quinze tirs sur les deux prochaines années.
D’ici 2009, Arianespace va compléter sa gamme (Ariane V et Soyuz*) avec le petit lanceur Vega destiné à emporter notamment des satellites scientifiques de faible masse (environ 1,5 tonne) vers une orbite circulaire de 700 kilomètres d’altitude. D'une masse de 139 tonnes au décollage, il vient en complément d’Ariane V (taillé pour les charges utiles lourdes ou programmées pour être envoyées sur orbite géostationnaire) et du Soyuz que l’on a utilisé pour placer Corot en orbite, en début d’année. Avec ses trois lanceurs, Arianespace devrait conforter sa place de leader sur le marché de satellites. Le premier tir de Vega est normalement programmé en 2009 pour un vol de qualification. Un rythme d’une à deux missions annuelles est retenu depuis l’ancien pas de tir ELA 1 qui vit s’envoler la première fusée Ariane en 1979. Trente ans plus tard, l’aventure continue.
Antoine Meunier
Sources : www.arianespace.com / www.afp.fr
Photos : Antoine Meunier / ESA/CNES-SOV
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*Il convient de noter que le Soyuz est commercialisé par la société Starsem dont Arianespace est l’un des principaux actionnaires.