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Le Directeur Général de l’ESA a rencontré la presse mercredi 14 janvier. L’occasion de faire le point sur les douze mois écoulés et de présenter les perspectives pour 2009.
L’année 2008 marque un tournant pour le spatial européen avec bien sur l’arrivée du premier exemplaire de l’ATV et l’arrimage du module Colombus à la Station Spatiale Internationale (ISS). « Cela faisait vingt ans que nous attendions d’être des partenaires en orbite », a déclaré Jean-Jacques Dordain. Sur le terrain des vols habités, le Vieux Continent n’est en effet plus un partenaire « au sol » puisqu’elle dispose désormais de son propre laboratoire, ce qui lui confère une certaine autonomie avec Colombus et la possibilité d’acheminer du fret à l’ISS grâce à l’ATV dont le second exemplaire devrait en principe être lancé l’an prochain. Partenaire en orbite, car pour la première fois cette année la Station sera commandée cette année par un européen. En effet, Franck De Winne sera le tout premier non américain (et non russe) à diriger la Station, dont l’équipage passera à six personnes au printemps, pour une mission de longue durée. Par ailleurs, le Suédois Christer Fuglesang effectuera là son second vol trois ans seulement après sa première mission. On retiendra aussi que 2008 aura été également marquée par une nouvelle sélection d’astronautes dont le résultat final sera révélé au mois de mai prochain. Quatre nouvelles recrues viendront renforcer l’EAC cette année.
Quatre priorités pour l’ESA
Outre un bilan 2008 qui se présente donc comme très positif, avec une conférence ministérielle réussie en octobre dernier, le Directeur Général de l’ESA considère que 2009 sera tout aussi importante que l’année écoulée. Aussi, quatre grandes priorités sont à l’ordre du jour. En premier lieu, « Nous devons réussir les missions car l’ESA est synonyme de succès ». Ces dernières années ont effectivement été synonymes de réussite pour l’Agence Spatiale Européenne. Parmi les missions à venir on citera trois « observateurs » terrestres : Goce, un satellite qui s’intéresse à la circulation des océans et qui doit décoller en mars à l’aide d’un Soyouz. Viendra ensuite en juillet SMOS qui surveillera l’humidité des sols avant d’être suivi en novembre par Cryosat 2 (analyse des glaces) qui sera mis en orbite en novembre. Pour explorer l’Univers, aura lieu en avril le lancement de Herschel et Planck : deux télescopes ultra sophistiqués qui devraient, selon le Directeur Général, permettre d’aller encore plus loin vers le Big Bang. Toutefois, 2009 sera à marquer d’une pierre blanche puisque pour la première fois, une fusée Soyouz s’élèvera au-dessus de la Guyane. Reste à régler le dossier d’Exomars qui ne sera finalisé qu’en septembre. Pour se faire, l’idée est d’amener les Russes et les Américains qui ont déjà leurs propres sondes (Phobos- Grunt et Mars Science Laboratory*) à se joindre à la mission.
Préparer le futur
Second point : il concerne principalement la gestion financière de l’ESA afin d’acquérir plus d’efficacité et de flexibilité notamment en termes de gestion et de communication. La troisième priorité porte sur le futur. A ce titre, une conférence sur l’exploration aura lieu le 25 juin prochain entre les états membre de l’Union Européenne et l’ESA pour réfléchir sur le rôle futur de l’agence. « Il s’agit d’une décision politique dépassant le cadre spatial », a souligné le Directeur Général. La vie de l’agence est la quatrième priorité que Jean-Jacques Dordain a souhaité mettre à l’ordre du jour de cette réunion. Avec l’élargissement de l’Europe à vingt-cinq états, on inaugure peut-être la voie vers une future agence agrandie au cours des prochaines années. De part l’importance de sa gamme de lanceurs disponibles (Ariane 5, Soyouz et Vega), ses relations avec ses multiples partenaires, ou encore ses actions communes avec la Commission Européenne, l’Agence tient donc à anticiper les enjeux des prochaines années.
Antoine Meunier
Photos : ESA/ /NASA/Antoine Meunier
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© Antoine Meunier 2009
* Suite à un problème technique, le rover partira finalement en 2011.
Plusieurs flocons ont été détectés le 5 septembre dernier par l’instrument laser de la sonde Phoenix.
Les amateurs de neige poudreuse seront bien déçus car les quelques flocons tombés au-dessus de Vatistas Borealis, au pôle Nord de Mars, sont passés directement de l’état solide à l’état gazeux. Toutefois, les chercheurs qui n’avaient encore rien vu de tel vont investiguer pour tenter de découvrir une hypothétique trace de neige tombée sur le sol. Mais les découvertes ne s’arrêtent pas là. En effet, du carbonate de calcium et des particules de silicates, probablement de l’argile, ont également été décelées. Or sur notre planète, ces composants ne se forment uniquement qu’en présence d’eau liquide. La théorie de l’eau liquide ancienne se trouve désormais fortement renforcée tandis que l’eau gelée est un fait vérifié grâce à Mars Odyssey depuis 2002.
Ainsi, après plus de trois mois de présence sur la planète Rouge, la sonde Phoenix pourrait maintenant décrocher une prolongation jusqu’à la fin du mois. En effet, à cette période de l’année, l’ensoleillement ne permet plus de recharger les batteries de la sonde.
…Mais une suprématie sérieusement ébranlée
Le succès de Phoenix redore quelque peu le blason d’une NASA aujourd’hui cinquantenaire et qui est actuellement en train de se chercher. Effectivement, avec le retrait des navettes, il n’y aura bientôt plus de véhicule spatial habité de disponible avant l’arrivée programmée de la capsule Orion en 2015. Plus inquiétant encore, l’actuel Administrateur de la NASA, Mike Griffin semble persuadé que les Chinois ont la capacité de se poser sur la Lune avant que l’Amérique ne parvienne à mener à bien son programme Constellation. Dans un mail interne adressé à la Maison-Blanche, ce dernier pense que la Chine pourrait arriver sur le sol Sélène en 2017, soit trois ans avant que la NASA ne puisse à son tour envoyer un équipage vers la Lune à bord du tout premier module Altaïr. De plus, des membres du Congrès ainsi que John Mac Cain, candidat républicain à l’élection présidentielle, et afin de garantir une présence américaine permanente dans l’ISS, auraient suggéré de maintenir à poste les Shuttle jusqu’en 2015. (Surtout pour éviter une dépendance russe du Soyouz). Mais ce n’est pas envisageable financièrement* parlant pour l’agence et encore moins pour un système qui a enfin accompli ce que l’on attendait de lui : acheminer les éléments de l’ISS en orbite. Si une telle solution est adoptée, elle pourrait repousser l’arrivée Orion et un retour sur la Lune qui signifie beaucoup pour la NASA, à savoir le tremplin dont elle a besoin pour atteindre Mars à plus longue échéance.
Dans un contexte économique grave et une situation politique tendue avec la Russie, la NASA pourrait être un formidable vecteur de création d’emplois, tout comme l’ESA d’ailleurs, pour un ambitieux programme spatial avec Mars comme objectif à long terme. Rappelons-nous qu’à son plus fort, Apollo employait plus de 400 000 personnes. Il y a des pistes qu’il ne faut pas négliger.
Antoine Meunier
Sources : www.afp.com / Ciel et Espace (Octobre 2008) / Air et Cosmos
Photos : NASA/JPL-Caltech/University of Arizona/Texas A&M University / NASA
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*En 2008, les navettes avaient une dotation de cinq milliards de dollars sur un budget total d’un peu plus de 20 milliards. Dans trois ans, la dotation du programme Constellation devrait se situer aux alentours de sept milliards. Si les navettes restent à poste cinq après la date programmée de leur retrait indiquée, il semble difficile de concilier les deux programmes pour des questions budgétaires. Un retard de Constellation apparaît donc logique.
L’Agence spatiale américaine serait en négociations avec son homologue japonaise (JAXA) pour acheter un vaisseau de transport spatial rapporte le quotidien nippon Yomiuri.
Dans moins de deux ans maintenant, les navettes spatiales appartiendront au grand livre de l’Histoire spatiale. Après plus de 130 missions habitées en vingt-neuf ans, la NASA revient au système de capsule spatiale avec Orion dont le design rappelle celui des vénérables vaisseaux Apollo. Précisons cependant que ce système n’aura pas grand-chose à voir avec ces prédécesseurs des années 60. Mais comme ce remplaçant ne sera pas disponible avant 2015, l’administration spatiale américaine se devait de trouver une solution du moins pour l’acheminement du fret. Il semblerait que le Japon puisse fournir cette solution avec son transporteur, le HTV. Une solution dont le coût est estimée à environ 130 millions de dollars, toujours selon le quotidien japonais. A noter toutefois, que le site de la NASA n’a publié aucun commentaire sur le sujet.
Pas de précédent
Cependant, il est vrai que pour les Etats-Unis être absents de la scène spatiale sur une durée aussi longue (cinq ans) n’est pas une chose commune, surtout quand il va falloir dépendre de la Russie pour envoyer en orbite ses astronautes. Rappelons toutefois qu’entre l’arrêt définitif des vols Apollo et la mise en service de la première navette, il s’est écoulé huit ans (fin du programme Skylab), six si l’on inclut le vol historique Apollo-Soyouz de 1975. Mettre en chantier un programme spatial, ou aéronautique, exige du temps et de l’argent. L’Oncle Sam se tourne vers ses partenaires pour l'aider dans son rôle à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS).
Si les négociations aboutissent, le Japon s’assure à son tour un moyen d’accès à l’espace, à l’image de l’Europe avec l’ATV. Ce qui lui permettrait vraisemblablement d'accroitre sa participation dans l'ISS (qui sera très probablement maintenue à poste jusqu'à la fin de la prochaine décennie). Pour le Japon, il y a donc là une opportunité unique à saisir. Désormais, avec l’émergence de nouveaux acteurs et de nouveaux matériels, la compétition pour l’accès l’espace n’est plus seulement politique, elle est aussi économique. Une question demeure toutefois : combien de temps s’écoulera avant la mise en service du HTV ? Comme nous l’avons évoqué plus haut, l’arrivée d’un vaisseau spatial exige du temps notamment dans sa mise au point. A ce titre, les premières études réalisées par la JAXA sur le véhicule de transfert remontent déjà à 1997. Selon le site de l’Agence spatiale japonaise, un premier lancement avec un modèle de démonstration est programmé pour l’été 2009. Le vecteur de lancement sera une fusée H-2B qui sera tirée depuis la base de Tanegashima. A terme, le rythme de lancement serait d’un tir chaque année.
Antoine Meunier
Sources : www.yomiuri.co.jp/dy/features/science/20080720TDY01305.htm / www.yahoo.fr / JAXA
Crédits photos : www.nasa.gov / JAXA
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Le premier exemplaire du vaisseau cargo s’approchera aujourd’hui à seulement onze mètres de la Station Spatiale Internationale (ISS). Les responsables du complexe ont donné leur accord avant l’amarrage prévu pour jeudi prochain.
La première phase de rendez-vous de l’ATV Jules Vernes a fait appel, avec succès il est tout de même important de le souligner, à l’utilisation de son GPS relatif samedi dernier. Il s’agit en fait d’une technique de navigation qui permet aux calculateurs de l'ATV de comparer les données fournies par les récepteurs GPS du vaisseau et ceux de l'ISS pour naviguer dans l’espace avec plus de précision. Cela a ainsi permis d’amener le vaisseau sur la même altitude orbitale que la station à une distance de 3,5 kilomètres en toute sécurité et du module de service Zvezda. A ce stade, les astronautes résidant actuellement dans l’ISS peuvent suivre visuellement la progression du Jules Verne jusqu’à son « docking ».
La phase de ce jour, fait appel à des capteurs optiques. Le vaisseau européen se dirigera en utilisant un système optique par laser. L’ensemble des informations recueillies seront transmises aux responsables de l’ISS qui décideront de l’autorisation de l’amarrage du premier vaisseau de transport européen. A l’heure actuelle, le rendez-vous final entre les deux engins reste prévu jeudi 3 avril à 14h41 TU*.
L’ATV, une des pierres du vol habité européen ?
Depuis son lancement par une Ariane V ES début mars, l’ATV a parfaitement rempli ses tests orbitaux. Ce premier exemplaire, qui, si tout se déroule normalement, sera suivi par quatre autres unités, pourrait être la première pierre du futur vaisseau habité européen. Ainsi, dans la recommandation numéro 49 du rapport qu’ils avaient rendu à l’Assemblée Nationale l’an dernier, le sénateur Henri Revol et le député Christian Cabal, décédé la semaine dernière, préconisaient « le développement du système européen de transport spatial ATV-ARD, autonome mais compatible avec le système de transports de la NASA et les autres systèmes de transport, russe notamment… ». On se souvient que la capsule ARD (Atmospheric Reentry Demonstrator) avait expérimenté avec succès en 1998. Dans leur rapport, le député Cabal et le sénateur Revol suggéraient que l’ARD, « après agrandissement pourrait déboucher sur une capsule habité ». L’idée serait d’arriver à une expérimentation du système pour 2012. Il existe néanmoins une autre option à l’étude : celle du CSTS ou Crew Space Transportation System qui pourrait être développée en coopération avec la Russie. Mais il s’agit d’un vaisseau qui reprend l’architecture du Soyouz et pour l'heure, rien n'est encore décidé.
Il ne manque maintenant plus qu’une simple volonté politique pour que l’Europe se dote de son propre système d’accès à l’espace. Un tel investissement représenterait un coût d’environ un milliard d’euros*, soit environ le prix du vaisseau Jules Verne. En février dernier, le président Sarkozy a émis le souhait d’un programme mondial pour l’exploration de Mars. C’est une invitation à laquelle les autres états membres de l’Union se doivent de donner une réponse positive. Disposer d’un moyen d’accès à l’espace serait pour l’Europe une vitrine technologique qui la placerait définitivement sur un pied d’égalité avec les Etats-Unis, la Russie mais surtout la Chine. Des éléments de réponse seront probablement disponibles après la conférence ministérielle de l’automne. Mais pour l’heure, une première étape doit être franchie, le 3 avril prochain avec le Jules Verne, un simple vaisseau de transport qui donne pleinement satisfaction à ses concepteurs.
Antoine Meunier
Sources : www.esa.int / www.assemblee-nationale.fr
Photos : www.esa.int / Astrium
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*Voir rapport sur "Politique spatiale : l'audace ou le déclin" par Christian Cabal et Henri Revol. www.assemblee-nationale.fr N°3676 (2007)
*TU : Temps Universel
**Pour information, le vaisseau Jules Verne a coûté exactement le même prix et désormais nous bénéficions des technologies pour mettre au point un vaisseau habité. Nous ne partirions pas de zéro.
C’est dans moins de deux jours* qu’aura lieu le tir du premier ATV. Après l’arrimage réussi de Colombus le mois dernier à l’ISS, l’Europe s’apprête à lancer son premier vaisseau spatial, sa seconde contribution à la Station Spatiale Internationale.
Tout a commencé en octobre 1995 lors de la conférence ministérielle de l’ESA de la même année. A cette époque, le développement simultané du véhicule de ravitaillement et du laboratoire Colombus est décidé. Et c’est en 1998 que le contrat pour le développement du véhicule est signé entre EADS Launch Vehicles (Astrium Space Transportation).
Et dimanche prochain, à 4h59 heure de Paris, un véhicule de 20 tonnes assemblé en Europe partira depuis la Guyane pour rejoindre la Station Spatiale Internationale (ISS). Il marque un véritable tournant pour le ravitaillement du complexe puisque ses capacités sont trois supérieures à celles du vaisseau cargo russe Progress. Précisons que le Jules Vernes, premier ATV d’une série de six, est notamment équipé du même système d’arrimage que son homologue russe. Mais la grande première est très probablement le rendez-vous qui sera effectué avec la Station Spatiale Internationale (ISS), de manière complètement automatisé, grâce à ses instruments de bord et dont l’ensemble des tests d’approche seront réalisés sur une dizaine de jours avant le « docking »** final.
L’ATV, un pas vers le vol habité européen ?
Lancé par une fusée Ariane V ES, ce vaisseau pose une question. Y’aura-t-il un jour une version piloté par un équipage ? Tout d’abord, il faut préciser que l’ATV est un module de transport de fret automatisé pouvant être occupé par trois astronautes une fois son raccordement effectué à la Station pour une durée effective de six mois avant son détachement pour se consumer dans l’atmosphère terrestre. Il présente quand même des similitudes de par sa taille à un vaisseau Apollo et pourrait même contenir un autobus à impériale. Mais son lanceur, Ariane V n’est pas configuré pour le vol habité. Il faudrait notamment l’équiper d’un système d’éjection du vaisseau. Cependant, des études d’évolution de l’ATV ont été menées notamment pour l’aller et retour d’astronautes vers l’orbite basse. Mais comme nous venons de l’évoquer plus haut, cela nécessiterait également de faire évoluer la fusée Ariane pour le vol habité.
Avec Colombus, l’Europe vient de se doter de son module (certes raccordé à l’ISS). En lançant l’ATV Jules Vernes, le Vieux continent franchit une nouvelle étape et prouve que le vol habité est désormais à sa portée. L’ATV pourrait-il être une simple étape vers la voie du vol habité ? Ce serait une excellente manière de s’affranchir de la dépendance du Soyouz ou de la navette qui sera mise au rencart dans deux ans. De telles cartes méritent largement l’attention des politiques car en 2010, il n’y aura plus qu’un seul moyen pour desservir l’ISS.
Antoine Meunier
Sources : www.esa.int / EADS Astrium / Espace Magazine N°35 / www.nasa.gov
Photos : www.nasa.gov / www.astrium.com
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* Dernière mise à jour le vendredi 7 mars 2008
**Arrimage
La navette spatiale Atlantis devra s’envoler demain* avec deux astronautes européens à son bord, le Français Léopold Eyharts et l’Allemand Hans Schlegel, et une cargaison de la plus haute importance pour l’Europe : le module scientifique Colombus.
Les responsables de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) seront heureux de sabler le champagne quand leur module scientifique sera raccordé à la Station. Initialement prévu pour être acheminé en 2002 et après à d’autres retards, Colombus s’était vu cloué au sol suite à la catastrophe de la navette Columbia, le 1er février 2003. Afin de superviser l’installation du laboratoire européen, l’astronaute français Léopold Eyharts séjournera deux mois et demi dans la Station Spatiale Internationale (ISS). L’équipage a un planning de travail chargé puisqu’au moins trois sorties dans l’espace sont programmées afin d’assurer l’arrimage de Colombus. Un projet qui marque un tournant pour l’Europe puisqu’elle disposera désormais de sa propre infrastructure d’expérimentation à bord de la Station. Précisons tout de même que sur les dix armoires scientifiques, cinq seront à la disposition des Etats-Unis en contrepartie de la mise en orbite de Columbus.
Colombus : la première étape
Le laboratoire Colombus, c’est l’aboutissement de 25 ans de travail pour l’Europe des vols spatiaux habités. Ainsi, si tout va bien, près de 2 000 expériences devraient se succéder dans ce gros cylindre de sept mètres de long et de 10, 3 tonnes durant une dizaine d’années. Il faut en effet compter sur la durée de vie de l’ISS. Restera-t-elle à poste jusqu’en 2015 ou bien jusqu’en 2020 ? Tout dépendra de l’orientation que prendra le programme spatial américain dans les deux prochaines années. C’est en effet d’ici 2010 que l’ISS doit normalement être achevée et que les navettes prendront leur retraite définitive. Si on sait que les Etats-Unis veulent engager leurs efforts pour retourner sur la Lune, pour l’Europe, l’arrivée de Colombus puis de l’ATV le mois prochain, ne doit pas signifier un aboutissement, mais bien une première étape. Car il y a sans doute là le moyen de bâtir la poursuite de l’exploration spatiale habitée tout en se servant de matériels déjà existants. Le lanceur Soyouz et le vaisseau du même nom n’ont-ils pas bâti à eux deux une bonne partie de la Conquête spatiale ? Il y a là un enjeu à ne pas laisser passer.
Antoine Meunier
* Au moment de l’écriture de ces lignes, un problème technique est survenu sur deux des quatre jauges du réservoir externe. La NASA a donc jugé préférable de reporter le tir (normalement programmé aujourd’hui) d’au moins 24 heures, a précisé une dépêche de l’AFP. Selon le site de la NASA, le lancement est reprogrammé pour demain après-midi à 16h09 (heure locale). Lancement à suivre sur Nasa TV à l'adresse suivante www.nasa.gov.
Sources : www.nasa.gov / www.esa.gov. / www.lefigaro.gov / www.afp.com
Photos et illustrations : www.esa.int
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Début décembre prochain, si tout va bien, l’Europe Spatiale habitée va vivre le premier chapitre d’un grand moment avec la pose du module Columbus sur la Station Spatiale Internationale (ISS).
Alors que l’Expedition 16 vient de prendre ses quartiers pour six mois à bord du laboratoire orbital, on entre dans la dernière ligne droite pour l’arrimage du COF (Columbus Orbital Facilities). A ce titre, deux représentants du corps européen des astronautes vont convoyer le module qui sera acheminé par la navette Atlantis. Il s’agit du français Léopold Eyharts et de l’Allemand Hans Schlegel. Le premier, sélectionné en 1990 par le CNES, a volé pendant trois semaines en 1998 au cours de la mission Pégase à bord de la station spatiale Mir. Le second a également pris le chemin de l’espace en tant que spécialiste de charge utile à bord de la navette Columbia pendant la mission STS-55 en 1993. Près de 90 expériences furent effectuées notamment sur les sciences de la vie, l’astronomie ou encore l’observation de notre planète.
Une mission en deux actes
Sans vouloir nous montrer oiseau de mauvais augure, la mission d’Eyharts et Schlegel est conditionnée par le succès du vol STS-120 prévu pour le 23 octobre prochain. En effet, au cours de cette avant-dernière mission de l’année, la navette Discovery devra amener le Node 2 sur lequel sera fixé le laboratoire Columbus. Hans Schegel participera à deux sorties dans l’espace (EVA), sur les trois prévues, afin de procéder au raccordement du module dont le poids atteint presque treize tonnes et le diamètre avoisine celui de l’ATV, le module ravitailleur qui sera normalement lancé depuis Kourou par une Ariane V modifiée en janvier prochain. Schegel redescendra sur Terre au terme des deux semaines de la mission. Quant à Léopold Eyharts, une fois Colombus, relié à l’ISS, il assurera sa mise en route définitive ainsi que celle des étagères du COF dédiées aux expérimentations scientifiques. Il sera ainsi le premier à pénétrer dans Colombus. A cet égard, il séjournera deux mois à bord de la Station Spatiale Internationale. Ce sera la première mission de longue durée pour un astronaute français à bord de l’ISS. Ce séjour pourrait même être prolongé si un retard survenait sur la navette Endeavour dont le lancement de la mission STS-123 est prévu en février afin d’acheminer cette fois le module japonais Kibo. Dans ce cas, Eyharts redescendrait à bord du Soyouz russe vers le mois d’avril. Ce qui le placerait presque à égalité de temps de vol dans l’espace avec Jean-Pierre Haigneré, toujours recordman français avec 187 jours passé autour de la Terre. C’était en 1999 au cours de la mission Perseus.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.esa.int
Photos : www.esa.int
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L’Expédition 16 s’est envolée hier depuis le cosmodrome de Baïkonour à bord du Soyouz TMA 11 avec trois cosmonautes à bord pour une nouvelle rotation d’équipage. Le rendez-vous avec la Station Spatiale Internationale (ISS) est prévu demain.
Pour la première fois depuis l’exploitation de la station, c’est une femme qui va commander une mission de longue durée. En effet, suivant la règle de l’alternance, c’est désormais aux astronautes américains de prendre la tête de l’énorme complexe orbital qui tourne au-dessus de nos têtes à 400 kilomètres d’altitude. Honneur donc à Peggy Whitson dont c’est le deuxième vol. Cette astronaute de 47 ans, commandant de l’équipage de réserve pour l’Expédition 14, totalise déjà 184 jours 22 heures et 14 minutes dans l’espace au cours de l’Expédition 5 en 2002. Durant cette mission, le Docteur Whitson a même réalisé une EVA de 4 heures et 25 minutes pour installer un bouclier destiné à protéger le module de service Zvezda d’éventuels impacts de micrométéorites. Elle était donc toute désignée pour prendre le commandement de cette mission. Peggy Whitson est accompagné par le Russe Youri Malentchenko et le premier cosmonaute Malaisien, Sheik Muszaphar Shukor.
Feu vert des médecins
Recruté parmi 11 000 candidats, Shukor, âgé de 35 ans, est médecin et mannequin et il a été recruté en échange de l’achat de 18 avions de chasse pour un montant estimé à un milliard de dollars. Il est également le premier musulman à se rendre dans l’espace pendant le Ramadan qu’il observera au cours de sa mission. Il a d’ailleurs reçu le feu vert des médecins et il devrait même célébrer la fête de l’Aïd en orbite samedi prochain. Il redescendra le 21 octobre prochain avec l’actuel commandant de l’Expédition 15, Fiodor Iourtchikhine et Oleg Kotov. Clayton Anderson, le troisième homme de ce team redescendra, quant à lui, avec l’équipage de la navette le mois prochain.
Durant cette seizième rotation, Peggy Whitson et son équipe travailleront notamment sur les effets de l’apesanteur sur les cellules cancéreuses et tenteront de faire pousser des plantes hors de la gravité terrestre. Qui a dit que l’ISS ne faisait que tourner en rond ?
Antoine Meunier
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