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Lors d’un show télévisé, une maquette du futur module du laboratoire orbital Tiangong 1 a été révélée au public. Ce dernier devrait être lancé l’an prochain ou bien début 2011.
Au cours de ces vœux à la presse au siège de l’Agence spatiale européenne le 14 janvier dernier, une journaliste de l’agence de presse Chine Nouvelle posait à Jean-Jacques Dordain la question suivante : « Suite au succès de l’EVA chinoise l’année dernière, la Chine peut-elle coopérer avec l’ESA sur la future station spatiale chinoise ? ». Réponse amusée du Directeur Général. « Ce n’est pas à l’ESA de demander si elle veut coopérer avec le Chine, mais à la Chine de demander si elle veut une coopération de l’ESA. Je n’ai pas d’autre réponse à fournir ». En matière de vols habités, il est inutile de rappeler que l’Agence spatiale européenne est engagée dans l’ISS. La Chine est d’ailleurs bien engagé à l’heure actuelle dans son projet de complexe orbital. Ainsi, lors des festivités du nouvel an chinois, les téléspectateurs chinois ont découvert une maquette de qui préfigure le laboratoire Tiangong 1, qui doit en principe être mis sur orbite vers 2010 (ou 2011 ?). Ce petit module de huit tonnes doit ensuite être rejoint par Shenzou 9* pour un amarrage automatique avant l’arrivée d’un vaisseau Shenzou 10 (habité). L’ensemble constituera ainsi un début de station spatiale. Mais en 2014, la Chine pourra mettre sur orbite des modules de vingt à vingt-cinq tonnes grâce à sa fusée CZ-5 (Longue Marche 5) qui sera enfin disponible.
Ne pas sous-estimer l’adversaire
L’art de manier le secret étant une seconde nature au sein de l’Empire du milieu, il reste particulièrement difficile de savoir ce qui se cache derrière le programme spatial chinois. Une chose est toutefois certaine, ce dernier avance rapidement. L’EVA réussie lors de Shenzou 7 en septembre dernier montre que les ingénieurs et les taïkonautes apprennent rapidement. Atteindront-ils la Lune avant l’Oncle Sam ? A plusieurs reprises au cours de ces derniers mois, Mike Griffin a déclaré a plusieurs reprises que la Chine avait les ressources pour y parvenir. Il est vrai que grâce à ses infrastructures mais aussi aux multiples progrès informatiques on peut faire et refaire des milliers de simulations sans avoir à faire des tests grandeur nature. Il ne faut donc pas surestimer l’adversaire qui est sur le ring mais il ne faut pas non plus le sous-estimer. Toutefois, il manque tout de même à la Chine à un point essentiel : les taïkonautes ne totalisent pour l’instant qu’une dizaine de jours dans l’espace et seulement quinze minutes de travail à l’extérieur du vaisseau Shenzou. Décrocher la Lune va demander encore un certain temps. Mais à la manière de son homologue américaine, l'agence spatiale chinoise ne ménage pas ses efforts pour mettre en avant son programme spatial auprès du grand public.
Antoine Meunier
Photos : CCTV
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*cf. LCS N°133
© Antoine Meunier (2008-2009)
Alors que la Chine prépare activement son prochain vol spatial habité, il semblerait qu’un futur rover lunaire soit également sur les rangs. Peut-on envisager de parler d’une future mission habitée par la Chine ?
Alors que la NASA est actuellement en pleine période de doutes, la Chine s’apprêterait à lancer un véhicule lunaire motorisé et automatisé qui pourrait parcourir la surface de notre satellite d’ici 2012. Rappelons que depuis un an, la Chine dispose déjà de sa première sonde avec Chang’e-1 qui tourne depuis un an autour de notre satellite. L’étape suivante consisterait donc en la dépose de ce véhicule. A ce titre, Ju Hehua, professeur assistant à l’Université des Technologies de Beijing a indiqué via l’agence Chine Nouvelle que son pays souhaite lancer un appel d’offres qui interviendra en décembre pour ce premier véhicule lunaire. Selon l’agence de presse, une douzaine d’instituts de recherche se disent intéressés par le contrat dont la valeur est estimée à un milliard de yuans (147 millions de dollars). Ce rover est la seconde phase d’exploration du programme Chang’e dont l’équipe du scientifique aurait terminé l’étude du système de guidage, de navigation et de contrôle dont le futur véhicule doit être doté afin de pouvoir évoluer sur la surface de la Lune. Une première étape avant l’homme sur la Lune ?
Triple rendez-vous dans l'espace
Aujourd’hui, avec l’EVA réussie de Zhaï Zhigang, la Chine démontre qu’elle a un potentiel indiscutable pour que ses hommes effectuent de longs travaux dans l’espace. Et avec un triple rendez-vous orbital en 2011, la prochaine mission habitée du programme Shenzou s’annonce tout à fait ambitieuse. En effet, afin de pouvoir réaliser sa propre station, la Chine doit pouvoir réaliser des accostages autour de la Terre. Pour 2011, la Chine prépare sa quatrième mission habitée qui doit lui permettre d’acquérir la maîtrise des rendez-vous habités. Pour se faire, un petit laboratoire baptisé Tiangong-1 sera placé sur orbite. De forme cylindrique, il disposera de deux ports d’amarrage. Il sera rejoint en automatique par Shenzou 9 (rempli d’expériences et pouvant, si besoin, servir de véhicule de secours pour les taïkonautes). Ensuite, Shenzou 10 devrait aborder l’ensemble pour un rendez-vous avec un équipage à bord. Cette mission pourra intervenir dans trois ans. Il est intéressant de noter que les différents éléments de ce premier complexe spatial chinois vont être mis orbite par une nouvelle fusée ; la CZ-2F/G qui possède une capacité de charge utile accrue par rapport à la CZ-2F (11,2 tonnes d’après certaines sources mais cela reste encore à confirmer). Pour le lancement du Tiangong-1, la tour de sauvetage sera retirée et la fusée présente également un diamètre supérieur à celui de la CZ-2F. Voilà pour la première étape de ce qui préfigure vraisemblablement la future station spatiale chinoise car avec le futur lanceur lourd CZ-5, ce sont des modules de vingt-cinq tonnes qui pourront être mis en orbite. Il est donc encore trop tôt pour parler d’une quelconque mission habitée sur la Lune qui pourrait décoller de la Chine. Cette fusée devrait, en principe, être opérationnelle à partir de 2014.
Spéculation et possibilité
Il convient d’être particulièrement prudent lorsqu'on aborde le thème de la mission humaine vers la Lune car les officiels chinois n’ont avancé aucune date sur ce point. Cependant, il semble acquis que la Chine enverra des hommes vers notre satellite d’ici la fin de la prochaine décennie. Aussi, comment pourrait procéder la Chine pour réaliser un futur train lunaire ? La première base de comparaison que nous ayons est bien entendu la fusée géante Saturn V du programme Apollo, capable d’expédier 140 tonnes en orbite basse autour de la Terre. Ce qui comportait l’étage supérieur SIV-B, le module lunaire et l’ensemble CSM*. Une seule fusée servait pour tout envoyer vers notre satellite. Avec Ares I et avec Ares V, les Etats-Unis vont donc utiliser deux lanceurs dans le cadre du programme Constellation. Avec la CZ-5, la Chine sera obligée de réaliser un lancement modulaire comme pour sa future station qui pourrait voir le jour d’ici les dix prochaines années. Mais serait-il possible que la Chine décide d’assembler directement son train lunaire sans passer par la case « station spatiale »? Cette option peut paraître irréaliste mais c’est une possibilité que l’on ne peut pas écarter. Justement parce que la Lune est son objectif à long terme et pas forcément pour y faire atterrir un ou deux hommes car les paramètres d’un alunissage sont extrêmement précis et n’ont été à ce jour réalisés que par six équipages. Il serait plus réaliste de penser que d’ici quelques années, plus vraisemblablement vers la fin de la prochaine décennie, la Chine envoie son premier équipage pour un voyage en circumlunaire à des fins scientifiques et dont la portée serait bien sur hautement politique. Envoyer un équipage orbiter autour de la Lune est un gage de suprématie politique et technologique que les Etats-Unis avaient parfaitement intégré en 1968. Nos parents se souviennent encore probablement des vœux d’Apollo 8 au soir de Noël 1968…
Une suprématie désormais contestée ?
Ainsi, plusieurs éléments pourraient donc jouer en faveur d’un potentiel vol circumlunaire chinois. En 2007, le journaliste Philippe Coué rapporte dans son ouvrage La Chine veut la Lune, une information plutôt étonnante : le système de navigation d’Apollo 8 a fait l’objet d’un article en 2003 dans le journal chinois Missiles and Spaces Vehicles. Plus récemment, l’Administrateur de la NASA Mike Griffin a laissé entendre, dans une interview livrée au mensuel Ciel et Espace d’octobre 2008, que la Chine avait les moyens techniques et humains d’arriver sur la Lune avant les Etats-Unis. Des propos qu’il avait précédemment tenus dans une interview accordée à la BBC.
Bien qu’il soit encore trop tôt pour évoquer une quelconque avance de la Chine, la NASA étudie quand même depuis janvier 2007 un lanceur intermédiaire entre l’Ares I et l’Ares V : l’Ares IV. Il comporterait l’étage inférieur de la fusée Ares V et de l’étage supérieur de l’Ares I. La capacité de cette fusée serait de 41 tonnes en orbite basse (LEO). Toutefois, rien n’est encore décidé quant au devenir de ce lanceur et la NASA a décidé de le garder « pour plus tard ».
La possibilité d’un vol habité Chinois autour de la Lune est donc probable même si pour le moment rien n’est encore amorcé. Si un Shenzou suivait un vol sur un mode type « Apollo 8 », il ne risquerait rien car il accomplirait une sorte de huit à l’échelle interplanétaire et se placerait automatiquement sur une trajectoire de retour vers la Terre.
Maintenant de quoi aurait besoin la Chine pour une mission de ce type ? Dans un premier temps, maîtriser le rendez-vous orbital. Les éléments nécessaires à la construction du train lunaire peuvent ensuite aisément être acheminés à l’orbite via la fusée CZ-5. Et c’est justement là que la maîtrise du rendez-vous automatique prend toute sa signification avec l’essai de rendez-vous entre le Tiangong-1 et le Shenzou 9 car ce type de mission pourra être répété en vue d’un possible assemblage d’un train lunaire d’ici une dizaine d’années.
Ainsi, prenons un instant pour hypothèse l’assemblage d’un train lunaire à partir d’au moins deux tirs de fusées CZ-5 en orbite terrestre dans une configuration de vingt-cinq tonnes par lancement en LEO.
- Un premier lancement est effectué pour envoyer sur orbite l’étage d’insertion lunaire.
- Un second tir de CZ-5 a lieu avec le Shenzou équipé de l’étage de retour.
Une fois l’assemblage orbital du train, l’injection sur une
trajectoire lunaire est réalisé. Après s’être libéré de l’attraction terrestre,
l’étage d’insertion est largué à l’instar du vaisseau Apollo 8, qui se débarrassait de l'étage SIV-B la Saturn V, et le
train se met ensuite en orbite pour une série d’observations. Ensuite, le
vaisseau entame son voyage de retour avec son étage de retour qu’il largue pour
le retour.
Bref, la Chine pourrait donc être à même de devancer les Etats-Unis d’ici une dizaine d’années (sans compter les inévitables retards inhérents à un programme spatial) ou de faire jeu égal. Mais qui peut réellement dire lequel sera réellement le premier à franchir la ligne d’arrivée dans cette course ?
Antoine Meunier
Sources : www.xinhuanet.com/ www.flashespace.com/www.reuters.com/ www.sinodefence.com / www.wikimedia.org / www.capcomespace.net
A la conquête de la Lune, Jacques Villain (1999, éditions Larousse)
La Chine veut la Lune, Philippe Coué (2007, A2C Médias)
A la recherche d’une vie sur Mars, Albert Ducrocq (1976, Flammarion)
Photos : China TV
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* CSM : Command and Service Module : Module de commande et de service ( les deux parties du vaisseau Apollo)
© Antoine Meunier 2008
Après la sortie parfaitement réussie du colonel Zhaï Zhigang dans l’espace samedi pendant quinze minutes, le vaisseau Shenzou 7 s’est posé dimanche en Mongolie Intérieure à 9h40 GMT après une mission de trois jours totalement maîtrisée.
Assurément ce troisième vol habité chinois revêt une symbolique politique que personne n’aura manqué de relever. Ainsi, on a pu voir le président Hu Jintao n’hésitant pas à féliciter par téléphone le taïkonaute. « Votre sortie dans l'espace a été un succès total, a déclaré le secrétaire général du Parti Communiste. C'est une percée majeure pour le développement de notre programme de vols habités. » Une chose est certaine, c’est que les Chinois ont été galvanisés par la marche spatiale de leur cosmonaute même si celle-ci n’a duré qu’un quart d’heure. Si cette EVA nous paraît routinière, il convient tout de même de saluer cette performance à sa juste valeur. Réaliser une sortie dans l’espace est un exploit et un exercice qui n’est pas sans présenter des risques. En accomplissant cette (brève) performance, la Chine a démontré la fiabilité de son matériel et surtout qu’elle devient un acteur majeur des missions spatiales habitées. C’est peut-être enfoncer une porte ouverte que dele dire mais le fait est là à l’heure où les navettes spatiales américaines ont pratiquement leur place réservée dans les différentes antennes du Smithsonian Institute et ou la NASA devra faire du stop à bord des capsules Soyouz. A tel point que l’on pourrait se poser la question suivante : les Chinois ont-ils les moyens d’arriver sur la Lune avant les Etats-Unis ?
Dans les starting-blocks
On serait tenter de répondre oui. Pourquoi ? Simplement parce l’espace est pour la Chine une véritable vitrine technologique que le gouvernement du pays a repris à son compte et quelque part, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle entre le coup de fil passé par Nixon à l’équipage d’Apollo 11 en 1969 et celui du président Hu Jintao aux taïkonautes de Shenzou 7. Pour un peu, le président chinois comparerait son chinois à Neil Armstrong et le journal Beijing Youth Daily n’a d’ailleurs pas hésité à publier la citation suivante : « un petit pas pour un homme mais un bond de géant pour notre pays ». Petite nuance tout de même : de chaque côté, il manque un lanceur lourd (cf LCS N°125). Pour la Chine, ce sera la fusée Longue Marche 5 et pour les Etats-Unis, ce doit être la fusée Ares 5. Le pays se donne progressivement les moyens de ses ambitions
Dans un contexte économique mondial incroyablement difficile, face à une Europe spatiale qui se cherche (et à qui il ne manquerait qu’un simple geste politique), le risque de se retrouver une nouvelle fois distancée est donc bien présent.
Antoine Meunier
Photos et sources : Xinhua
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Le pilote du module lunaire de la mission Apollo 11 s’est exprimé dans une récente interview accordée au quotidien anglo-saxon, The Sunday Telegraph. Pour lui, les Etats-Unis risquent d’être pris de vitesse dans la nouvelle course à la Lune qui s’engage.
Quand un ancien « Moonwalker » prend la parole, ce n’est pas forcément pour évoquer ses faits d’armes, aussi brillants soient-ils. Edwyn « Buzz » Aldrin, 78 printemps, a des choses à dire. Pour lui, c’est évident, les Etats-Unis doivent « maintenir le cap dans l’exploration spatiale » et il entend bien le faire savoir aux deux candidats de la prochaine l’élection présidentielle américaine. En effet, selon le pilote du module lunaire Eagle de l’historique mission Apollo 11 de 1969, si les Etats-Unis se détournent de leur « vision » spatiale et bien « nous risquons de nous retrouver à la seconde place des vols spatiaux habités pour le restant du siècle », précise-t-il. Début juin, Rick Gilbreth, le responsable du programme d’exploration lunaire américain émettait une mise en garde à propos des Chinois qui pourraient « être sur la Lune deux ou trois ans » avant l’Oncle Sam, soit en 2017 ou 2018. Aldrin a donc décidé d’exposer ses vues sur la question aux deux candidats John Mac-Cain (républicain) et au démocrate Barack Obama. Le premier a affirmé son soutien au programme Constellation qui prévoit le retour d’un équipage sur la Lune vers 2019. Pour sa part, Barack Obama s’est enquis de l’opinion publique pour son intérêt quant aux futurs plans de la NASA.
Une fierté nationale
En Amérique, l’espace revêt un caractère particulier car il s’agit d’une réelle fierté nationale. S’il est acquis que le vaisseau Orion sera désormais le successeur de la navette spatiale, de nombreux obstacles parsèment encore le chemin du retour américain sur la Lune. Il y a notamment la question du lanceur Ares V qui n’est pas encore résolue et il faudra attendre encore 2011 pour que ce nouveau lanceur soit approuvé.
Après la crise des subprimes qui a secoué les Etats-Unis fin 2007, retourner sur la Lune fait-il parti des priorités nationales ? Le prochain locataire de la Maison-Blanche devra tenir compte non seulement des problèmes économiques internes au pays mais également des intérêts stratégiques. « Si nous voulons vraiment que cela arrive, il faut mettre plus d’argent dans ce programme », a déclaré l’ancien astronaute dans les colonnes du Sunday telegraph. Ainsi, Buzz Aldrin souhaite voir se rallumer le même enthousiasme qu’à la glorieuse époque des années 1960. Rappelons tout de même que dès 1967, la NASA voyait déjà son budget diminué du fait de l’empêtrement américain au Vietnam. Mais autre époque, autre contexte. Le retour sur la Lune ne pourra désormais plus être un effort fourni par un seul pays bien qu’il s’agisse d’une perspective à long terme dont avait probablement besoin la NASA. C’est d’ailleurs exactement la manière dont s’est engagé le programme spatial chinois habité Shenzou : le long terme, avec la Lune en point de mire. Mais avant cela, il y aura sa future station spatiale et il lui faudra (comme aux Etats-Unis) disposer d’un lanceur lourd. Ce sera la fusée Longue Marche 5 qui devrait être disponible vers 2013.
Aussi, il n’est pas impossible de voir d’autres pays s’engager dans cette nouvelle course à la Lune. Si la collaboration s’engage sereinement, il serait tout à fait envisageable que l’un des premiers hommes à fouler le pied sur le sol sélène soit européen. Depuis l’échelle de coupée d’un module lunaire conçu par l’ESA ?
Antoine Meunier
Sources : The Sunday telegraph / Le Figaro
Photos : www.nasa.gov
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D’ici le début de l’automne prochain, la Chine lancera son troisième vaisseau spatial habité soit fin septembre ou bien début octobre prochain.
Une chose est sure, les nouvelles sont distribuées au compte goûte. Ce que l’on sait c’est que le futur vaisseau Shenzou VII devrait emmener trois taïkonautes à son bord juste après les Jeux Olympiques de Pékin. Le directeur du centre de lancements de Jiuquan (d’où sont partis les missions Shenzou V et Shenzou VI en 2003 et 2005) Zhang Yulin a confié que « les préparatifs de la mission sont en cours et nous avons confiance en son succès » au cours de la 11ème Assemblée populaire nationale. Il s’agit du Parlement chinois. Second point, une sortie dans l’espace doit être effectuée durant ce vol. Afin de procéder à la construction d’une station, la maîtrise de cette technique peut s’avérer en effet indispensable.
Troisième point, le vaisseau larguera un petit satellite d’inspection destiné à contrôler ses performances. Enfin au centre spatial de Jiuquan, on a développé des simulateurs pour la formation. Voilà pour les faits.
L’art du secret
On n’en saura pas plus ! La Chine annonce son troisième vol habité et c’est déjà un événement considérable en soi. A côté, les lancement des navettes spatiales américaines font figure de superproductions hollywoodiennes. Rappelons qu’en neuf ans, la Chine n’a procédé qu’à seulement deux vols habités alors que la Station Spatiale Internationale recevra sa 17ème rotation depuis 2000.
Mais de son côté, il est très vraisemblable que la Chine ne souhaite pas brûler les étapes. La mise en service d’un complexe orbital demande du temps et il est évident que le futur laboratoire spatial chinois ne sera pas de la taille de l’ISS. Il est aujourd’hui admis que l’espace est une priorité stratégique de la patrie de Mao. Selon l’ouvrage de Philippe Coué, La Chine veut la Lune parut l’an dernier*, cette future station s’apparente aux anciennes stations Almaz soviétiques de la Guerre Froide et sa masse atteindrait les vingt tonnes. Et à plus long terme, la Chine souhaiterait déposer un homme sur la Lune d’ici 2020. En aura t’elle les moyens ? Il lui faudra déjà disposer de son lanceur lourd Longue Marche 5 afin d’assembler un train spatial. Ce qui est une autre histoire, car de multiples variables restent encore à maîtriser. La première sera celle de maîtriser la marche dans l’espace, une mission qui incombera aux trois taïkonautes du vol Shenzou VII.
Antoine Meunier
Sources : www.afp.com / www.xinhuanet.com
Photos : DR
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*Paru chez A2C Médias (2007)
Avec l’annonce de son troisième vol habité prévu l’an prochain, la Chine nous renvoie plus de quarante ans en arrière quand les vols spatiaux habités n’en étaient qu’à leurs balbutiements et que le monde s’extasiait sur les premières sorties des Soviétiques et des Américains. Pourtant, cette information mérite une attention particulière.
Il y aura donc trois cosmonautes à bord du vaisseau Shenzou 7 en 2008. Et pour la première fois, les hommes de l’espace asiatiques effectueront une marche dans l’espace mais en ne s’éloignant que de quelques mètres de leur astronef. Une activité extravéhiculaire (EVA) qui, quelque part, rappelle la première marche dans l’espace de l’histoire, réalisée par Alexeï Leonov sur Voshkod, ou celle de Ed White en 1965 à bord de Gemini 4. A l’époque, ces sorties n’avaient pas excédé quelques minutes alors qu’aujourd’hui, les astronautes de l’ISS restent facilement plusieurs heures à l’extérieur de la Station spatiale. Ainsi, Scott Parazinsky est resté plus de sept heures dehors au cours de sa dernière EVA lors de la récente mission de la navette Discovery. Il a d’ailleurs réalisé une performance de taille car cette sortie n’avait pas été répétée au sol comme le veut la procédure.
Une lente progression
Mais les Chinois débutent. S’ils ont déjà réalisé deux missions
habitées, la sortie dans l’espace est la suite logique pour la construction du
futur laboratoire spatial qu’ils projettent d’assembler avant de s’attaquer à
la Lune d’ici la fin de la prochaine décennie. Dans un premier temps, ces
promenades dans le vide spatial seront limitées car il faut bien acquérir de
l’expérience comme ce fut le cas autrefois le cas pour les Russes avec Voshkod
et les Américains avec le vaisseau Gemini. Mais au fur et à mesure des
missions, il est évident que les sorties s’allongeront.
En attendant, il semble que les autorités chinoises aient décidé de lever le voile sur cette mission. En effet, d’après un article du quotidien Shangaï Daily, Pang Zihao, chercheur à l’Académie Chinoise des technologies spatiales aurait déclaré que « les cosmonautes sortiront dans l’espace pour la première fois et chacun de leur geste sera diffusé en direct ». La communication deviendrait-elle un outil pour promouvoir l’espace en Chine ? C’est fort possible. Mais c’est aussi, et certainement, pour analyser le déroulement de ce qui constitue une première dans l’histoire de l’astronautique chinoise.
Antoine Meunier
Sources : www.reuters.fr / www.yahoo.fr
Photos : DR / www.nasa.gov
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La sonde chinoise Chang-e 1 a été lancée hier avec succès vers la Lune. Première étape d’un ambitieux programme qui vise à déposer un homme sur notre satellite d’ici 2020. Les choses sérieuses commencent.
La course vers la Lune continue. Le mois dernier c’était le Japon avec Kaguya, voici que part Chang-e, la bien nommée. Ce 24 octobre 2007 marque donc une nouvelle étape dans l’histoire de l’astronautique chinoise avec l’envoi de son premier engin automatique vers un autre astre. Lancée par une fusée Longue Marche 3-A depuis la base de Xichang, la sonde s’est séparée de son lanceur trente minutes après le lancement. Si tout est nominal, elle se placera en orbite lunaire vers le 5 novembre.
Il s’agit d’un programme de 184 millions de dollars (129 millions d’euros) dont l’objectif est de prendre des images en trois dimensions de notre satellite pour, à terme, permettre l’installation d’une base. A l’heure actuelle, la Chine ne possède que deux vols habités à son actif, ce qui est bien évidemment trop peu pour envisager un programme lunaire habité au jour d’aujourd’hui. D’ici 2020, il lui faudra acquérir plusieurs techniques si elle veut aller sur la Lune dans les meilleures conditions. La première est celle du rendez-vous et de l’amarrage de deux vaisseaux en orbite afin de procéder à l’assemblage d’un train spatial. Ensuite, il faudra que ses cosmonautes procèdent à des sorties dans l’espace. Ce doit normalement être l’une des tâches de la mission Shenzou 7 prévue l’année prochaine. De plus, elle doit disposer d’un lanceur lourd à savoir la future Longue Marche 5 qui n’est pas encore disponible. Aller sur la Lune est un programme qui demande facilement une dizaine d'années de préparation. Ce fut le cas d'Apollo.
Le premier round ?
Alors inévitablement on peut se poser la question : à quand une réplique américaine ? Dans l’immédiat, c’est totalement inenvisageable car les Etats-Unis terminent l’assemblage de l’ISS. De plus, le futur lanceur Ares I ne sera pas disponible avant six ans, de même que le futur vaisseau Orion. Quand à la fusée Ares V, rien n’est encore décidé quant à son futur. Néanmoins, le lancement de la sonde Chang-e 1 préfigure sans doute le premier acte d’une nouvelle compétition. Officiellement, Luan Enjie, responsable du projet Chang-e a déclaré que son pays ne s’engagera pas dans « une course à la conquête de la Lune avec d’autres pays ». Où est le faux, où est le vrai ? Il est difficile de le dire tant l’Empire du Milieu cultive l’art du secret. Mais il semble difficilement crédible de ne pas croire que la Chine ne s’engage pas dans un programme lunaire au long cours. Enjie a même déclaré que son pays, « conformément à sa politique d’usage pacifique de l’espace », partagera ses futures découvertes lunaires*. Dans un premier temps, afin de préparer ses hommes à alunir sur le sol sélène, la Chine va d’abord s’orienter vers l’assemblage d’une structure orbitale autour de la Terre. Bref, une chose est certaine la course est lancée…
Antoine Meunier
Sources : www.esa.int / www.yahoo.com
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*La Chine a procédé au tir d'une arme ASAT (anti-satellite) en janvier dernier.