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Le pilote du module lunaire de la mission Apollo 11 s’est exprimé dans une récente interview accordée au quotidien anglo-saxon, The Sunday Telegraph. Pour lui, les Etats-Unis risquent d’être pris de vitesse dans la nouvelle course à la Lune qui s’engage.
Quand un ancien « Moonwalker » prend la parole, ce n’est pas forcément pour évoquer ses faits d’armes, aussi brillants soient-ils. Edwyn « Buzz » Aldrin, 78 printemps, a des choses à dire. Pour lui, c’est évident, les Etats-Unis doivent « maintenir le cap dans l’exploration spatiale » et il entend bien le faire savoir aux deux candidats de la prochaine l’élection présidentielle américaine. En effet, selon le pilote du module lunaire Eagle de l’historique mission Apollo 11 de 1969, si les Etats-Unis se détournent de leur « vision » spatiale et bien « nous risquons de nous retrouver à la seconde place des vols spatiaux habités pour le restant du siècle », précise-t-il. Début juin, Rick Gilbreth, le responsable du programme d’exploration lunaire américain émettait une mise en garde à propos des Chinois qui pourraient « être sur la Lune deux ou trois ans » avant l’Oncle Sam, soit en 2017 ou 2018. Aldrin a donc décidé d’exposer ses vues sur la question aux deux candidats John Mac-Cain (républicain) et au démocrate Barack Obama. Le premier a affirmé son soutien au programme Constellation qui prévoit le retour d’un équipage sur la Lune vers 2019. Pour sa part, Barack Obama s’est enquis de l’opinion publique pour son intérêt quant aux futurs plans de la NASA.
Une fierté nationale
En Amérique, l’espace revêt un caractère particulier car il s’agit d’une réelle fierté nationale. S’il est acquis que le vaisseau Orion sera désormais le successeur de la navette spatiale, de nombreux obstacles parsèment encore le chemin du retour américain sur la Lune. Il y a notamment la question du lanceur Ares V qui n’est pas encore résolue et il faudra attendre encore 2011 pour que ce nouveau lanceur soit approuvé.
Après la crise des subprimes qui a secoué les Etats-Unis fin 2007, retourner sur la Lune fait-il parti des priorités nationales ? Le prochain locataire de la Maison-Blanche devra tenir compte non seulement des problèmes économiques internes au pays mais également des intérêts stratégiques. « Si nous voulons vraiment que cela arrive, il faut mettre plus d’argent dans ce programme », a déclaré l’ancien astronaute dans les colonnes du Sunday telegraph. Ainsi, Buzz Aldrin souhaite voir se rallumer le même enthousiasme qu’à la glorieuse époque des années 1960. Rappelons tout de même que dès 1967, la NASA voyait déjà son budget diminué du fait de l’empêtrement américain au Vietnam. Mais autre époque, autre contexte. Le retour sur la Lune ne pourra désormais plus être un effort fourni par un seul pays bien qu’il s’agisse d’une perspective à long terme dont avait probablement besoin la NASA. C’est d’ailleurs exactement la manière dont s’est engagé le programme spatial chinois habité Shenzou : le long terme, avec la Lune en point de mire. Mais avant cela, il y aura sa future station spatiale et il lui faudra (comme aux Etats-Unis) disposer d’un lanceur lourd. Ce sera la fusée Longue Marche 5 qui devrait être disponible vers 2013.
Aussi, il n’est pas impossible de voir d’autres pays s’engager dans cette nouvelle course à la Lune. Si la collaboration s’engage sereinement, il serait tout à fait envisageable que l’un des premiers hommes à fouler le pied sur le sol sélène soit européen. Depuis l’échelle de coupée d’un module lunaire conçu par l’ESA ?
Antoine Meunier
Sources : The Sunday telegraph / Le Figaro
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D’ici le début de l’automne prochain, la Chine lancera son troisième vaisseau spatial habité soit fin septembre ou bien début octobre prochain.
Une chose est sure, les nouvelles sont distribuées au compte goûte. Ce que l’on sait c’est que le futur vaisseau Shenzou VII devrait emmener trois taïkonautes à son bord juste après les Jeux Olympiques de Pékin. Le directeur du centre de lancements de Jiuquan (d’où sont partis les missions Shenzou V et Shenzou VI en 2003 et 2005) Zhang Yulin a confié que « les préparatifs de la mission sont en cours et nous avons confiance en son succès » au cours de la 11ème Assemblée populaire nationale. Il s’agit du Parlement chinois. Second point, une sortie dans l’espace doit être effectuée durant ce vol. Afin de procéder à la construction d’une station, la maîtrise de cette technique peut s’avérer en effet indispensable.
Troisième point, le vaisseau larguera un petit satellite d’inspection destiné à contrôler ses performances. Enfin au centre spatial de Jiuquan, on a développé des simulateurs pour la formation. Voilà pour les faits.
L’art du secret
On n’en saura pas plus ! La Chine annonce son troisième vol habité et c’est déjà un événement considérable en soi. A côté, les lancement des navettes spatiales américaines font figure de superproductions hollywoodiennes. Rappelons qu’en neuf ans, la Chine n’a procédé qu’à seulement deux vols habités alors que la Station Spatiale Internationale recevra sa 17ème rotation depuis 2000.
Mais de son côté, il est très vraisemblable que la Chine ne souhaite pas brûler les étapes. La mise en service d’un complexe orbital demande du temps et il est évident que le futur laboratoire spatial chinois ne sera pas de la taille de l’ISS. Il est aujourd’hui admis que l’espace est une priorité stratégique de la patrie de Mao. Selon l’ouvrage de Philippe Coué, La Chine veut la Lune parut l’an dernier*, cette future station s’apparente aux anciennes stations Almaz soviétiques de la Guerre Froide et sa masse atteindrait les vingt tonnes. Et à plus long terme, la Chine souhaiterait déposer un homme sur la Lune d’ici 2020. En aura t’elle les moyens ? Il lui faudra déjà disposer de son lanceur lourd Longue Marche 5 afin d’assembler un train spatial. Ce qui est une autre histoire, car de multiples variables restent encore à maîtriser. La première sera celle de maîtriser la marche dans l’espace, une mission qui incombera aux trois taïkonautes du vol Shenzou VII.
Antoine Meunier
Sources : www.afp.com / www.xinhuanet.com
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*Paru chez A2C Médias (2007)
Avec l’annonce de son troisième vol habité prévu l’an prochain, la Chine nous renvoie plus de quarante ans en arrière quand les vols spatiaux habités n’en étaient qu’à leurs balbutiements et que le monde s’extasiait sur les premières sorties des Soviétiques et des Américains. Pourtant, cette information mérite une attention particulière.
Il y aura donc trois cosmonautes à bord du vaisseau Shenzou 7 en 2008. Et pour la première fois, les hommes de l’espace asiatiques effectueront une marche dans l’espace mais en ne s’éloignant que de quelques mètres de leur astronef. Une activité extravéhiculaire (EVA) qui, quelque part, rappelle la première marche dans l’espace de l’histoire, réalisée par Alexeï Leonov sur Voshkod, ou celle de Ed White en 1965 à bord de Gemini 4. A l’époque, ces sorties n’avaient pas excédé quelques minutes alors qu’aujourd’hui, les astronautes de l’ISS restent facilement plusieurs heures à l’extérieur de la Station spatiale. Ainsi, Scott Parazinsky est resté plus de sept heures dehors au cours de sa dernière EVA lors de la récente mission de la navette Discovery. Il a d’ailleurs réalisé une performance de taille car cette sortie n’avait pas été répétée au sol comme le veut la procédure.
Une lente progression
Mais les Chinois débutent. S’ils ont déjà réalisé deux missions
habitées, la sortie dans l’espace est la suite logique pour la construction du
futur laboratoire spatial qu’ils projettent d’assembler avant de s’attaquer à
la Lune d’ici la fin de la prochaine décennie. Dans un premier temps, ces
promenades dans le vide spatial seront limitées car il faut bien acquérir de
l’expérience comme ce fut le cas autrefois le cas pour les Russes avec Voshkod
et les Américains avec le vaisseau Gemini. Mais au fur et à mesure des
missions, il est évident que les sorties s’allongeront.
En attendant, il semble que les autorités chinoises aient décidé de lever le voile sur cette mission. En effet, d’après un article du quotidien Shangaï Daily, Pang Zihao, chercheur à l’Académie Chinoise des technologies spatiales aurait déclaré que « les cosmonautes sortiront dans l’espace pour la première fois et chacun de leur geste sera diffusé en direct ». La communication deviendrait-elle un outil pour promouvoir l’espace en Chine ? C’est fort possible. Mais c’est aussi, et certainement, pour analyser le déroulement de ce qui constitue une première dans l’histoire de l’astronautique chinoise.
Antoine Meunier
Sources : www.reuters.fr / www.yahoo.fr
Photos : DR / www.nasa.gov
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La sonde chinoise Chang-e 1 a été lancée hier avec succès vers la Lune. Première étape d’un ambitieux programme qui vise à déposer un homme sur notre satellite d’ici 2020. Les choses sérieuses commencent.
La course vers la Lune continue. Le mois dernier c’était le Japon avec Kaguya, voici que part Chang-e, la bien nommée. Ce 24 octobre 2007 marque donc une nouvelle étape dans l’histoire de l’astronautique chinoise avec l’envoi de son premier engin automatique vers un autre astre. Lancée par une fusée Longue Marche 3-A depuis la base de Xichang, la sonde s’est séparée de son lanceur trente minutes après le lancement. Si tout est nominal, elle se placera en orbite lunaire vers le 5 novembre.
Il s’agit d’un programme de 184 millions de dollars (129 millions d’euros) dont l’objectif est de prendre des images en trois dimensions de notre satellite pour, à terme, permettre l’installation d’une base. A l’heure actuelle, la Chine ne possède que deux vols habités à son actif, ce qui est bien évidemment trop peu pour envisager un programme lunaire habité au jour d’aujourd’hui. D’ici 2020, il lui faudra acquérir plusieurs techniques si elle veut aller sur la Lune dans les meilleures conditions. La première est celle du rendez-vous et de l’amarrage de deux vaisseaux en orbite afin de procéder à l’assemblage d’un train spatial. Ensuite, il faudra que ses cosmonautes procèdent à des sorties dans l’espace. Ce doit normalement être l’une des tâches de la mission Shenzou 7 prévue l’année prochaine. De plus, elle doit disposer d’un lanceur lourd à savoir la future Longue Marche 5 qui n’est pas encore disponible. Aller sur la Lune est un programme qui demande facilement une dizaine d'années de préparation. Ce fut le cas d'Apollo.
Le premier round ?
Alors inévitablement on peut se poser la question : à quand une réplique américaine ? Dans l’immédiat, c’est totalement inenvisageable car les Etats-Unis terminent l’assemblage de l’ISS. De plus, le futur lanceur Ares I ne sera pas disponible avant six ans, de même que le futur vaisseau Orion. Quand à la fusée Ares V, rien n’est encore décidé quant à son futur. Néanmoins, le lancement de la sonde Chang-e 1 préfigure sans doute le premier acte d’une nouvelle compétition. Officiellement, Luan Enjie, responsable du projet Chang-e a déclaré que son pays ne s’engagera pas dans « une course à la conquête de la Lune avec d’autres pays ». Où est le faux, où est le vrai ? Il est difficile de le dire tant l’Empire du Milieu cultive l’art du secret. Mais il semble difficilement crédible de ne pas croire que la Chine ne s’engage pas dans un programme lunaire au long cours. Enjie a même déclaré que son pays, « conformément à sa politique d’usage pacifique de l’espace », partagera ses futures découvertes lunaires*. Dans un premier temps, afin de préparer ses hommes à alunir sur le sol sélène, la Chine va d’abord s’orienter vers l’assemblage d’une structure orbitale autour de la Terre. Bref, une chose est certaine la course est lancée…
Antoine Meunier
Sources : www.esa.int / www.yahoo.com
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*La Chine a procédé au tir d'une arme ASAT (anti-satellite) en janvier dernier.