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C’est lundi prochain que l’édition du Centenaire du Salon Aéronautique et de l’Espace ouvrira ses portes.
A l’heure où la Station spatiale internationale accueille son premier équipage à six ainsi que son premier commandant de bord européen avec Franck de Winne (il s’agit de la mission OasISS), la grande fête française de l’aérospatiale se trouve quelque peu assombrie par le tragique accident du vol Air France 447. Mais c’est une enquête longue et minutieuse que le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA) doit mener avant de rendre ses conclusions. Pour l’heure, le site Internet* de la manifestation annonce la venue de 2 000 exposants sur le site et comme d’habitude, de magnifiques machines seront présentes pour les habituelles présentations en vol. Mais au-delà des habituelles démonstrations aériennes, rappelons que le Salon du Bourget est avant tout une manifestation commerciale ou des contrats se signent à l’abri des caméras. Rappelons en effet que l’édition 2007 avait notamment vu la signature d’une lettre d’intention avant la signature effective du contrat en janvier dernier, entre Arianespace et EADS Astrium, pour la livraison de 35 lanceurs Ariane V en version ECA pour les lancements des prochaines années. Ce fut également l’occasion de découvrir la cabine de l’avion de tourisme spatial d’EADS Astrium. Un projet qui est aujourd’hui en stand-by.
Présentations en vol et sur le statique
Outre la récente réussite du lancement des satellites Hershel et Planck, pour l’Agence spatiale européenne (ESA) ce salon devrait notamment faire la part belle aux vols habités. L’exploration robotique ou les sciences de la Terre seront également au rendez-vous dans un pavillon spécialement dédié de 500 mètres carrés situé à proximité des maquettes des fusées Ariane I et V. De leur côté, les équipementiers spatiaux devraient logiquement annoncer plusieurs signatures de contrats au cours de la semaine.
Retour dans le passé
Les amoureux des belles machines ne sont pas en reste car c’est un spectacle toujours spectaculaire qui les attend. On notera notamment la présentation en vol du premier drone hélicoptère Camcopter, du Sukhoï Superjet 100 (un biréacteur de transport régional). Et surtout, trente avions historiques dont un F86 Sabre, un Mirage III ou encore un Spitfire doivent ainsi venir côtoyer les avions modernes. Mais ce show ne pouvait être complet sans le ballet de la Patrouille de France dans le ciel du Bourget qui devrait offrir un magnifique spectacle aérien aux quelques 350 000 visiteurs attendus pour cette 48ème édition du célèbre salon aérospatial français.
Antoine Meunier
sources : Gifas / ESA / Arianespace
Photos : DR / Antoine Meunier / USAF Museum
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lachroniquespatiale@gmail.com
*http://www.salon-du-bourget.fr/
(Pour tous les renseignements pratiques, ne pas hésiter à consulter l’adresse Internet du site ci-dessus.)
© La Chronique Spatiale (2009)
Avec la cure de rajeunissement du télescope spatial Hubble par la navette Atlantis et le lancement réussi des satellites Herschel et Planck par une Ariane V en version ECA, nous avons vécu une semaine passionnante dans le domaine de l’astronomie spatiale.
D’abord parce que Hubble va être reconduit dans ses fonctions pendant au moins cinq ans. Après 750 000 clichés de l’Univers pris et dix-neuf années de révolutions autour de la Terre, le HST n’a donc pas dit son dernier mot et promet encore des photos toujours plus stupéfiantes les unes que les autres.
Ainsi, les astronautes ont mené avec succès leurs cinq sorties dans l’espace qui ont notamment permis la remise en état du STIS (Space Telescope Imaging Spectrograph). La plus longue des cinq EVA aura atteint la durée record de plus de huit heures ! A l’issue de la cinquième marche dans l’espace, Hubble dispose, entre autres, d’une nouvelle protection thermique, de batteries neuves et d’un capteur qui lui permettra de s’orienter avec une meilleure précision. Voilà pour le télescope du Siècle dernier.
Encore plus loin
Transportant ses deux précieuses charges utiles, Le lanceur Ariane V, en version ECA, a décollé à 15h12 jeudi dernier pour insérer exactement vingt-six minutes plus tard, les télescopes Herschel et Planck, sur une trajectoire devant les amener au point de Lagrange L2. Mais pourquoi cette destination ? Simplement, parce que ce point gravitationnel reste dans l’axe du système Terre-Soleil et il offre une position parfaite pour observer l’univers. Car Planck a une mission bien spécifique : la cartographie de la lumière émise par notre univers, 380 000 ans après le Big Bang. Bref, les scientifiques vont tenter de comprendre comment est né notre univers il y a presque 14 milliards d’années. Pour sa part, Herschel étudiera l’évolution d'objets comme les galaxies depuis dix milliards d’années. Il est équipé d’un miroir de 3,5 mètre de diamètre, le plus important jamais réalisé (supérieur à celui de Hubble), et capable de réaliser des observations dans l’infrarouge.
A elles deux, ces missions représentent un coût de 1,7
milliard d’euros soit la mission scientifique la plus importante de l’Agence
spatiale européenne (ESA). Avec
Planck et Herschel, notre connaissance de l’univers va continuer
de s’améliorer. Durée de vie : quinze pour le premier et trois ans pour le second.
Antoine Meunier
Sources et photos : ESA / NASA / ESA Daniel Ducros
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© La Chronique Spatiale (2009)
Malgré une année marquée par une crise économique mondiale sans précédent depuis 1929, le secteur spatial s’en sort bien. Environ une demi douzaine de lancements d’Ariane V est programmé pour l’année.
Jean-Jacques Dordain l’avait déclaré au cours de ses vœux à la presse à la mi janvier : « On ne peut imaginer le futur sans espace ». Le spatial européen affiche en effet une bonne santé avec six à huit tirs d’Ariane V planifiés pour 2009. Depuis 2002, le lanceur européen aligne 28 réussites successives avec la version ECA. De quoi donner en effet le moral aux contractants. Et Ariane V va notamment mettre en orbite Herschel et Planck qui doivent mesurer la température du rayonnement cosmique. Outre l’exploration de l’Univers, la Terre, fait également l’objet de toutes les attentions avec des satellites explorateurs de la notre planète. L’exploration planétaire, c’est aussi apprendre à mieux connaître notre propre planète. Ce sera Goce (Gravity-Field and Steady-State Ocean Circulation Explorer) qui ouvrira le bal des tirs en mars prochain - mais avec un lanceur Soyouz -, afin de mieux nous faire connaître la circulation des océans. Il devra également mesurer les variations du champ gravitationnel terrestre. Prévu pour évoluer sur une orbite d’environ 250 kilomètres, ce satellite à l’allure d’un vaisseau tout droit sorti d’un film de Star Strek aura une mission d’une durée de vingt mois. Autre mission d’importance : Cryosat 2. Son lancement est programmé normalement le 9 novembre prochain et il sera dédié à l’étude des glaces. Cryosat sera pour sa part placé sur une orbite plus élevée et sa durée de vie devrait atteindre trois ans et demi. Ce satellite est directement calqué sur son prédécesseur perdu en 2005.
Toujours pas de véhicule habité
Mais paradoxalement, si l’ESA a su monter en puissance dans de très nombreux programmes spatiaux (exploration planétaire, météorologie, observation du soleil, etc…), elle ne dispose pas du même budget que celui de la vénérable NASA, qui aligne un chèque de 17,6 milliards de dollars pour environ 3 milliards d’euros pour l’agence européenne. De plus, si elle dispose de son propre laboratoire avec Colombus dans la Station Spatiale Internationale (ISS), l’Union Européenne ne dispose toujours pas de son propre véhicule spatial de transport. Seulement, à la différence des Etats-Unis, l’Europe manque de cette culture du vol habité si profondément ancrée en Amérique. Toutefois, le Vieux Continent a choisi de s’engager sur d’autres chemins notamment avec l’arrivée du Soyouz en Guyane, mais à un moment donné, elle devra franchir un nouveau cap et pour cela, une décision politique est nécessaire. Voilà un défi pour l’ESA des années 2020… ou plus tôt ?
Antoine Meunier
Sources : AFP
Photos : ESA / CNES / Arianespace
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© Antoine Meunier (2008- 2009)
Le Directeur Général de l’ESA a rencontré la presse mercredi 14 janvier. L’occasion de faire le point sur les douze mois écoulés et de présenter les perspectives pour 2009.
L’année 2008 marque un tournant pour le spatial européen avec bien sur l’arrivée du premier exemplaire de l’ATV et l’arrimage du module Colombus à la Station Spatiale Internationale (ISS). « Cela faisait vingt ans que nous attendions d’être des partenaires en orbite », a déclaré Jean-Jacques Dordain. Sur le terrain des vols habités, le Vieux Continent n’est en effet plus un partenaire « au sol » puisqu’elle dispose désormais de son propre laboratoire, ce qui lui confère une certaine autonomie avec Colombus et la possibilité d’acheminer du fret à l’ISS grâce à l’ATV dont le second exemplaire devrait en principe être lancé l’an prochain. Partenaire en orbite, car pour la première fois cette année la Station sera commandée cette année par un européen. En effet, Franck De Winne sera le tout premier non américain (et non russe) à diriger la Station, dont l’équipage passera à six personnes au printemps, pour une mission de longue durée. Par ailleurs, le Suédois Christer Fuglesang effectuera là son second vol trois ans seulement après sa première mission. On retiendra aussi que 2008 aura été également marquée par une nouvelle sélection d’astronautes dont le résultat final sera révélé au mois de mai prochain. Quatre nouvelles recrues viendront renforcer l’EAC cette année.
Quatre priorités pour l’ESA
Outre un bilan 2008 qui se présente donc comme très positif, avec une conférence ministérielle réussie en octobre dernier, le Directeur Général de l’ESA considère que 2009 sera tout aussi importante que l’année écoulée. Aussi, quatre grandes priorités sont à l’ordre du jour. En premier lieu, « Nous devons réussir les missions car l’ESA est synonyme de succès ». Ces dernières années ont effectivement été synonymes de réussite pour l’Agence Spatiale Européenne. Parmi les missions à venir on citera trois « observateurs » terrestres : Goce, un satellite qui s’intéresse à la circulation des océans et qui doit décoller en mars à l’aide d’un Soyouz. Viendra ensuite en juillet SMOS qui surveillera l’humidité des sols avant d’être suivi en novembre par Cryosat 2 (analyse des glaces) qui sera mis en orbite en novembre. Pour explorer l’Univers, aura lieu en avril le lancement de Herschel et Planck : deux télescopes ultra sophistiqués qui devraient, selon le Directeur Général, permettre d’aller encore plus loin vers le Big Bang. Toutefois, 2009 sera à marquer d’une pierre blanche puisque pour la première fois, une fusée Soyouz s’élèvera au-dessus de la Guyane. Reste à régler le dossier d’Exomars qui ne sera finalisé qu’en septembre. Pour se faire, l’idée est d’amener les Russes et les Américains qui ont déjà leurs propres sondes (Phobos- Grunt et Mars Science Laboratory*) à se joindre à la mission.
Préparer le futur
Second point : il concerne principalement la gestion financière de l’ESA afin d’acquérir plus d’efficacité et de flexibilité notamment en termes de gestion et de communication. La troisième priorité porte sur le futur. A ce titre, une conférence sur l’exploration aura lieu le 25 juin prochain entre les états membre de l’Union Européenne et l’ESA pour réfléchir sur le rôle futur de l’agence. « Il s’agit d’une décision politique dépassant le cadre spatial », a souligné le Directeur Général. La vie de l’agence est la quatrième priorité que Jean-Jacques Dordain a souhaité mettre à l’ordre du jour de cette réunion. Avec l’élargissement de l’Europe à vingt-cinq états, on inaugure peut-être la voie vers une future agence agrandie au cours des prochaines années. De part l’importance de sa gamme de lanceurs disponibles (Ariane 5, Soyouz et Vega), ses relations avec ses multiples partenaires, ou encore ses actions communes avec la Commission Européenne, l’Agence tient donc à anticiper les enjeux des prochaines années.
Antoine Meunier
Photos : ESA/ /NASA/Antoine Meunier
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© Antoine Meunier 2009
* Suite à un problème technique, le rover partira finalement en 2011.