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Dans six semaines maintenant, la sonde Phenix Mars Lander devrait se poser sur la surface du pôle nord martien, le 26 mai prochain après un voyage qui a débuté le 4 août 2007.
Au moment de sa phase d’atterrissage à la fin de l’année 1999, le vaisseau Mars Polar Lander s’écrasait sur la surface de la planète rouge au motif d’une grossière erreur de conception. Lorsque les pieds d’atterrissage de la sonde se sont déployés, l’ordinateur de bord a donné l’ordre de couper les moteurs. Malheureusement, MPL se trouvait encore trop haut et sous un tiers de G, la chute restait suffisante pour faire des dégâts qui ont endommagé le vaisseau de manière irréversible. Sur Mars, bien que votre poids soit divisé par trois, si vous faîtes une chute de neuf mètres, cela reste quand même suffisant pour vous faire mal. Avec Mars Polar Lander, c’est vraisemblablement ce qui s’est passé. Aujourd’hui, la NASA a ressorti des cartons des éléments de Mars Polar Lander pour aller cette fois-ci explorer le pôle Nord martien. Une région de la planète qui demeure encore inexplorée. Phenix est donc le jumeau de MPL et doit mener une mission d’une durée comprise entre 90 et 150 jours martiens.
Bien plus au nord
Ce géologue, car c’est bien un géologue dont il s’agit ; vise un site d’atterrissage compris entre 65 et 70 degrés Nord de latitude. Parmi les objectifs de la mission : on retiendra que PML doit étudier les conditions météos locales ou encore la chimie et la minéralogie du site sur lequel il doit se poser. PML restera totalement immobile sur le sol martien et ce sont ses instruments qui feront le travail. Dans ses entrailles, il emporte notamment un bras robotique capable de creuser jusqu’à plusieurs dizaines de centimètres ainsi qu’un four prévu pour analyser les échantillons récoltés sur le sol martien. Voilà pour les grandes lignes de cette sonde d’une masse de 700 kilogrammes. Lors de sa rentrée, Phenix n’effectuera pas de mise en orbite mais une trajectoire directe. C’est-à-dire que la sonde pénètrera l’atmosphère martienne directement après son périple de 680 millions de kilomètres. Si tout se passe normalement, le cri de victoire et les premières images du pôle nord martien parviendront un peu plus de six minutes et demie plus tard aux contrôleurs de missions du Jet Propulsion Laboratory à Pasadena, une fois que le bouclier thermique, le parachute frein et les rétrofusées auront fait leur office. Mais une mission à 400 millions dollars est-elle la bonne option pour se poser sans encombre ? Précisons que la rentrée se fait en automatique, les opérateurs ne pourront pas intervenir durant ces six minutes de phase critique. A la différence des rovers Spirit et Opportunity, Phenix ne fait pas appel à la technologie des airbags pour l’atterrissage. Rendez-vous le 26 mai avec un paysage fantastique à la surface ?
Antoine Meunier
Sources : Jet Propulsion Laboratory
Photos : NASA/JPL-Calech/University of Arizona /JPL
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Il se pourrait que la qualité des eaux ait rendu la vie impossible sur la planète Rouge. Tout espoir de trouver une trace de vie sur Mars est-il donc perdu ? Pas si simple.
Lors de la récente conférence de l’Association Américaine pour l’avancement des sciences, Andrew Knoll, biologiste membre de l’équipe des rovers Spirit et Opportunité, a expliqué que les roches analysées par Opportunity à l’intérieur du cratère Victoria dans Meridiani Planum auraient été trop salées et leur pH trop important pour permettre l’apparition de la vie.
Si la recherche de la vie sur Mars paraît de plus en plus difficile, elle n’est pas non plus compromise. Pourquoi ? D’abord parce qu’après la Terre, Mars figure parmi les candidats les plus favorables du Système solaire. Ensuite, parce qu’il faut chercher sur différents points à la fois. Nouvelle tentative donc, avec le robot Phenix qui doit se poser, si tout va bien, au pôle Nord martien le 25 mai. Il aura pour objectif l’analyse de l’eau gelée et vérifier si les conditions sont, là aussi favorables à l’apparition de la vie. En fait, Phenix reprend certains objectifs de la mission Mars Polar Lander qui avait échoué en 1999.
2009, Mars Science Laboratory
Afin de multiplier les chances de débusquer une quelconque forme de vie fossile ou microbienne sur le sol martien, il faut donc multiplier les sites d’atterrissage des sondes et des revers. Ainsi, Mars Science Laboratory qui décollera l’an prochain, devrait se poser sur une zone qui est riche en argiles et phyllosilicates. Equipé de six roues comme les MER*, il devrait peser 800 kilogrammes et transporter 70 kilogrammes d’instruments scientifiques. Ses missions : détecter de l’eau fossile et des preuves de vies.
Si la vie semble être absente à la surface de Mars, alors peut-être se cache-t-elle dans le sous-sol ? La meilleure façon pour en être certain est de creuser. En 2013, le robot européen ExoMars partira à son tour explorer la planète Rouge. Il sera équipé d’une foreuse lui permettant de faire des prélèvements d’échantillons jusqu’à deux mètres de profondeur. Si dans l’immédiat, les réponses fournies ne sont guères probantes, l’analyse du sous-sol pourra sans doute être plus fructueuse avant une plus longue échéance lors d’un retour d’échantillons pour une analyse complète et peut-être une comparaison avec les roches ramenées lors des missions lunaires.
Dans les milieux les plus extrêmes
Enfin, rappelons-nous que la vie peut se manifester de bien différentes manières et dans les milieux les plus extrêmes. En 1995, une équipe de chercheurs a réalisé un forage dans les montagnes Rocheuses** et a découvert à 1,8 km de profondeur des bactéries endogées, c’est-à-dire vivant dans le sous-sol. Ces bactéries tirent leur énergie de l’oxydation des silicates et pyroxènes de la roche volcanique et fabriquent leur matière organique à partir de gaz carbonique dissous. Autre exemple, dans les fosses abyssales de nos océans vers 10 000 mètres de profondeur sous une pression équivalente à 1 000 atmosphères, il est possible de trouver des bactéries dites « barophiles ». La température ne dépasse pas les 0 degrés Celsius. Sur Mars, la température varie en moyenne de moins 80 à plus 20 degrés…
Sur la Terre, la vie peut apparaître là où on ne l’attend pas, il n’est donc pas impossible que l’on débusque une vie martienne à un endroit que l’on imagine pas.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov/centers/jpl/missions/mer.html
Photos : Jet Propulsion Laboratory / www.esa.int
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Tél. 06 14 92 55 06
*MER : Mars Exploration Rover
** In Ciel et Espace (décembre 1998)