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Alors que tous les voyants étaient enfin au vert pour la première mission spatiale habitée américaine de l’année, la NASA projette maintenant de lancer la navette Discovery pas avant dimanche prochain, voire peut-être même le mardi 17 mars au plus tard afin de ne pas interférer avec le lancement du Soyouz qui interviendra le 26 mars. Cependant, une telle option risque désormais de réduire la durée de la mission de quatorze à neuf jours ne laissant la place qu’à une seule EVA pour l'installation des derniers panneaux solaires. Les trois autre sorties sont dédiées à des travaux sur l'ISS.
Rappelons qu’une fuite d’hydrogène dans le réservoir extérieur est en effet venue retarder le lancement. Mike Leinbach, Directeur du lancement, a indiqué sur le site de la NASA, qu’une équipe s’attelle au problème aujourd’hui même pour déterminer ce qui à pu se produire.
Antoine Meunier
Sources : Reuters
Photos : NASA
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© Antoine Meunier (2008-2009)
Sur fond de crise économique, les ministres européens en charge des affaires spatiales ont jeté les bases de la politique spatiale pour les prochaines années, mardi et mercredi dernier. Une augmentation de 21%.
Jean-Jacques Dordain, Directeur général de l’Agence spatial européenne (ESA), peut se féliciter de cette conférence ministérielle tenue à La Haye, puisque ce dernier pensait avoir "bon espoir de récolter plus de 9 milliards d’euros" sur les 10 nécessaires aux programmes de son agence. Il s’agit d’une réelle victoire que n’aurait sûrement pas renié son homologue américain de la NASA, Mike Griffin. Ainsi, ce sont au total 9,95 milliards d’euros qui seront financés. Avec 2,7 milliards d’euros mis sur la table, l’Allemagne devient le premier contributeur de l’Agence, contre 2,3 à la France. L’intégralité de ces 10 milliards s’étalent, bien entendu, pour les trois prochaines années. De 2008 à 2012, la contribution totale de l’ESA à l’ISS sera de 1,37 milliard d’euros, ce qui en fait le programme le plus cher jamais votés par l’Agence spatiale européenne.
L’ISS jusqu’en 2020 ?
Mardi matin, un porte-parole de l’ESA a même indiqué que les
partenaires de l’agence oeuvraient afin que l’ISS puissent être utilisée au
moins jusqu’en 2020. Pour l’Allemagne la Station Spatiale Internationale est
une priorité, alors que la France cherche avant tout à moderniser la fusée Ariane
V dont les études préparatoires pour la prochaine génération ont permis de
récolter 357 millions d’euros. Par ailleurs, avec l’ATV, l’Europe dispose
maintenant d’un véhicule susceptible d’être transformé en capsule habitée. Mais
ce point ne semble pas figurer au rang des priorités alors qu’il y avait là une
réelle opportunité à saisir face à la place bientôt laissée vacante par le
retrait des navettes américaines. Rappelons qu’un projet de vaisseau avec
équipage, dérivé de l’ATV existe, il s’agit de l’ATV-Evolution - une maquette
a notamment été présentée au grand public lors de l’exposition du centenaire du
Gifas en octobre dernier. Elle pourrait voler dans un premier temps en mode
cargo d’ici 2014 pour acheminer du fret à la Station puis redescendre sur Terre
avant un premier vol habité d’ici 2017.
François Auque, Président exécutif d’EADS Astrium a d’ailleurs livré son sentiment sur le futur de l’ATV dans une interview accordé au quotidien Les Echos daté du 24 novembre, expose son inquiétude quand au manque de visibilité sur l'après-ATV. Il est donc plus qu’urgent de réagir mais le fait est que tout repose sur une décision politique. Seul l’Allemagne parait avoir fait du vol habité (avec l’ISS) une priorité. Ainsi, Quand la Chine rattrape son retard technologique de manière exponentielle, l’Europe devra vraisemblablement se contenter dans les prochaines années d’un lanceur qui ne répondra plus aux futures demandes, par manque d’anticipation ? Se contentant simplement de lancer dix à douze tonnes de charge utile quand la Chine, elle, pourra lancer des charges avoisinant les quinze tonnes avec sa prochaine génération de lanceur. Quand il faudra de nouveau innover, l’Europe risque de nouveau de se retrouver à péniblement raccrocher les wagons.
Antoine Meunier
Sources : www.lesechos.fr / www.reuters.com / www.esa.int
Photos : www.esa.int / www.nasa.gov / Antoine Meunier /
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Exomars en question ?
Initialement prévue pour
2011, le premier rover martien européen a été reporté à 2013 puis finalement à
2016 suite à une enveloppe budgétaire qui est passé de 650 millions d’euros à plus
de 1,2 milliard. Ce qui incluse également le lancement. A l’heure actuelle, des
projets de collaboration sont en discussion avec les Russes et les Américains
sur ce petit rover capable de forer jusqu’à deux mètres de profondeur dans la
surface de Mars. Le projet devrait être finalisé en septembre prochain.
En 1903, Wilbur et Orville Wright réussissent le premier vol piloté de l’Histoire à bord de leur aéroplane. Cinquante-cinq ans plus tard, les Etats-Unis constituent leur agence spatiale. Il est fascinant de voir que seulement un demi-siècle sépare les débuts de la conquête de l’Air et ceux de la conquête de l’Espace. Depuis cinquante ans, la NASA a répondu à des objectifs stratégiques, politiques et commerciaux. Voici en quelques dates marquantes, mais forcément subjectives, un voyage dans le temps à bord de la plus fantastique machine à rêver.
31 janvier 1958 : lancement réussi d’Explorer 1
Avec trois mois de retard sur l’URSS, les Etats-Unis mettent sur orbite Explorer 1, leur tout premier satellite. Ce dernier d’un poids modeste va tout de même faire la découverte des Ceintures de radiation de Van Halen qui entourent la Terre. Dans l’immédiat, les Soviétiques conservent la tête de la course à l’espace.
Juillet 1958 : Création de la NASA
Afin d’organiser son futur programme spatial, les Etats-Unis prennent conscience de l’importance d’avoir un organisme spécialement dédié à cet objectif. Sur une proposition de James R. Killian, conseiller scientifique du Président Eisenhower, la National Aeronautics and Space Administration voit le jour le 29 juillet 1958.
Un homme dans l’espace
Le 5 mai 1961, Alan Shepard, 38 ans, s’installe dans la capsule Mercury Freedom 7. Il réalise un vol suborbital de 15 minutes et devient le premier astronaute américain à réaliser une incursion dans l’espace. L’Amérique commence à se lancer dans la course.
25 mai 1961
S’adressant au Congrès, le président John Fitzgerald Kennedy prononce un discours, désormais historique, dans lequel il souhaite voir s’accomplir avant la fin de « la présente décennie », l’envoi d’un homme sur la Lune. La grande aventure des vols Apollo commence.
Troisième vol habité américain
Le 20 février 1962, le colonel John Glenn accomplit trois orbites autour de la Terre à bord de Friendship 7, le troisième vaisseau américain Mercury. Un pas supplémentaire est franchi par les Etats-Unis mais l’URSS détient encore le haut du pavé.
Crash réussi sur la Lune
Le 28 juillet 1964, la sonde automatique Ranger 7 s’écrase sur la Lune après avoir pris 4316 images de la surface de notre satellite. Ce sont les premières vues de notre satellite transmises par un engin spatial américain.
Arrivée sur Mars
Parallèlement aux vols habités (programmes Mercury, Gemini et Apollo), la NASA entame un programme d’exploration du Système Solaire. Le 28 novembre 1964, Mariner 4 effectue le premier survol de la planète Rouge.
Première sortie dans l’espace
Le 3 juin 1965, à bord de Gemini IV, Edward White effectue une sortie de dix-huit minutes dans l’espace, trois mois après celle du cosmonaute Alexeï Leonov. « Le moment le plus triste de ma vie », déclara l’astronaute américain au moment de regagner sa capsule Gemini.
Le drame d’Apollo 1
Au cours d’une répétition du lancement qui doit avoir lieu quelques semaines plus tard, les astronautes Gus Grissom, Ed White et Roger Chaffee, périssent dans l’incendie de la première capsule Apollo. Le vaisseau sera intégralement remanié mais la NASA vient de perdre ses premiers astronautes. Ce n’est qu’en octobre 1968 que l’Amérique reprend le chemin de l’espace avec la mission Apollo 7, brillamment menée par Wally Schirra (vétéran de Mercury) et ses deux équipiers, Walter Cunningham et Don Eisele.
Le merveilleux voyage d’Apollo 8
Un peu plus de deux mois après la mission Apollo 7, Franck Borman, Jim Lovell et William Anders offre à l’Oncle Sam son plus beau cadeau de noël. Pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, trois êtres humains orbitent autour d’un autre monde. Ils effectuent dix tours de la Lune avant de revenir sur la Terre. Le premier pas sur la Lune est désormais tout proche.
«…Houston, ici Base de la Tranquilité. L’Aigle s’est posé… »
Avec cinq mois et onze jours d’avance, le pari lancé par JFK, huit ans auparavant est gagné en grande partie grâce à Werner von Braun et la fusée Saturn V, monstre de technologie de 111 mètres de haut. Neil Armstrong et Buzz Aldrin posent leur Lem dans la Mer de la Tranquillité. Ils sont les premiers hommes à fouler le sol lunaire et y séjournent dix-huit heures avant de rejoindre Michael Collins resté en orbite à bord du vaisseau Apollo.
14 avril 1970 : l’odyssée d’Odyssée
Au bout de deux jours d’un voyage sans histoire, une explosion se produit dans le module de service de la mission Apollo 13. L’équipage composé de Jim Lovell, (vétéran de trois missions dont le premier voyage interplanétaire autour de la Lune avec Apollo 8), Fred Haise et Jack Swigert, n’a pas d’autre choix que de se réfugier dans le vaisseau Lunaire Aquarius. Quatre jours plus tard et un alunissage annulé, les astronautes regagnent la Terre sains et saufs après un voyage dans des conditions particulièrement pénibles.
Retour à la réalité
Pressé de prendre une décision sur le futur du programme spatial américain, le Président américain Richard Nixon avalise le projet d’un engin réutilisable en janvier 1972 : La navette spatiale. Cependant, le 15 septembre 1969, ce même Nixon annonce que les Etats-Unis feront « arriver des hommes sur Mars avant l’an 2000… ». Les vols spatiaux habités américains se dérouleront d’une manière sensiblement différente…
ASTP : Détente dans l’espace
C’est une première dans la course à l’Espace. Un vaisseau russe Soyouz et un vaisseau américain Apollo effectuent un rendez-vous orbital et un amarrage. L’équipage américain se compose de Thomas Stafford, Vance Brand et surtout Dick Slayton qui prenait l’espace seize ans après sa sélection pour le programme Mercury. Côté russe, c’est Alexeï Leonov, premier marcheur de l’espace et Valeri Koubassov qui sont aux commandes du Soy
Décembre 1972 : fin d’une fantastique exploration
Après trois jours d’exploration lunaire, Eugene Cernan et Harrison Schmidt reprennent le chemin de la Terre. Trois sorties furent effectuées lors de cette mission. Apollo 17 clôt de manière brillante la première exploration lunaire par les hommes en battant tous les records par rapport aux missions précédentes : 110 kilogrammes de roches rapportées, vingt-deux heures et quatre minutes d’EVA sur la surface des mont Taurus-Littrow et 30 kilomètres parcourues à bord de la jeep lunaire.
Le temps des stations spatiales
Avec les restrictions budgétaires imposées par le Congrès à l’issue du programme Apollo, plusieurs fusées Saturn dorment dans les hangars de la NASA. Le troisième étage d’une Saturn V va être ainsi réaménagé en station spatiale. Skylab accueillera trois équipages au cours de trois missions de un, deux et trois mois durant l’année 1973. Prévu pour être réutilisé avec la navette spatiale, Skylab se désagrégera finalement dans l’atmosphère terrestre en 1979.
Objectif Chryse Planitia.
Si une mission habitée vers la planète rouge apparaît comme définitivement exclue, l’exploration de Mars sera quand même au programme de sondes automatiques de la NASA. Ainsi, Viking 1 se pose sur la surface caillouteuse de Chryse Planitia le 20 juillet 1976. Viking 2 atteint, pour sa part, Utopia Planitia le 3 septembre. Les deux sondes fonctionneront respectivement six et quatre ans.
Les mondes de Galilée
Après un voyage de deux ans à travers l’espace, la sonde Voyager 1 passe à proximité de Jupiter et de ses lunes intérieures le 5 mars 1979. Elle offre des vues stupéfiantes de Ganymède, Europe et Io qui étaient restés jusque là d’obscurs points lumineux dans les télescopes terrestres.
Une nouvelle génération
Vingt ans jour pour jour après le vol de Youri Gagarine à bord de Vostok 1, Columbia, la première navette spatiale s’envole du Centre spatial Kennedy. L’équipage se compose de John Young, vétéran de deux missions Gemini et de deux missions Apollo et de Robert Crippen (anciennement sélectionné pour le programme de station militaire MOL en 1966). Après cinquante-quatre heures passées dans l’espace, Columbia se pose sans problème comme un avion conventionnel, sur la base d’Edwards.
Le premier satellite humain
En 1984, l’astronaute Bruce Mac-Candless réalise une fantastique première lors de la mission STS-41 B à bord de la navette Challenger. Il s’éloigne du Shuttle de près de 100 mètres en utilisant son MMU (Manned Maneuvering Unit) ou unité de manœuvre autonome sans être relié par aucun filin de sécurité.
La catastrophe de Challenger
Sept membres d’équipage embarquent à bord de la seconde navette spatiale de la NASA le 28 janvier 1986. Parmi l’équipage se trouve l’enseignante Christa Mac-Auliffe, sélectionnée dans le cadre du programme « Teacher in Space ». Son vol devait montrer que l’accès à l’espace est possible « pour tous ». Après 73 secondes de vol, Challenger explose en vol. La commission d’enquête, présidée par le physicien Richard Feynman conclue à un défaut dans les joints des boosters. Les vols seront interrompus jusqu’en septembre 1988 afin de résoudre le problème. De plus, le programme éducatif sera finalement réactivé sous le titre « Educator in Space ». La doublure de Christa Mac-Auliffe, Barbara Morgan qui est également enseignante de formation, s’élancera à bord de la navette Endeavour lors de la mission STS-118 durant l’été 2007.
Une nouvelle ère dans l’astronomie
Au cours d’une mission de cinq jours démarrée le 24 avril 1990, l’équipage de Discovery, mené par Charles Bolden et Loren Shriver, procède au déploiement du télescope spatial Hubble. Cet instrument scientifique prendra des dizaines de milliers de photographies de l’Univers et sera prochainement visité par une navette pour une ultime mission d’entretien. Après presque vingt ans de service, le vénérable Hubble sera remplacé par le James Webb Space Telescope (JWST), du nom de l’ancien administrateur de la NASA. Son lancement (programmé en 2013) sera assuré par une fusée Ariane V.
1995, rendez-vous dans l’espace
Avec l’effondrement du Bloc Soviétique, la collaboration entre les Etats-Unis et la Russie s’engage. Ainsi, à dix reprises, la navette spatiale aborde la station spatiale Mir. Neuf amarrages auront même lieu entre le vaisseau américain et la station, de 1995 à 1998. Il aura fallu attendre vingt ans pour que l’Oncle Sam et la Russie donnent une suite à la mission Apollo-Soyouz de 1975.
Les mondes de Galilée
Lors de leur passage en 1979, les Voyager ne firent que survoler le système jovien. Il fallut attendre 1995 pour que la sonde Galileo démarre une observation complète de Jupiter et de ses lunes. L’un des principaux objectifs de cette mission impliquait notamment l’étude de l’atmosphère de la planète géante. Ainsi, un module fut largué et fonctionna 57 minutes avant d’être vaporisé par la pression. A partir de 1997, Galileo accomplit une série de survols de Io et d’Europe. Cette petite planète glacée recèle un océan sous-glaciaire et est considéré comme l’un des candidats les plus prometteurs pour la recherche de la vie extraterrestre.
A l’issue d’une mission particulièrement riches en données scientifiques, Galileo fut précipité dans l’atmosphère de Jupiter le 21 septembre 2003.
Retour sur Mars
Le 4 juillet 1997, la sonde Mars Pathfinder atterrit sur Mars. Délaissée depuis vingt ans, (si l’on excepte l’échec de Mars Observer en 1993), la planète Mars figure à nouveau dans les objectifs de la NASA. Dans ses entrailles, Pathfinder emmène le petit rover Sojourner d’une masse d’à peine onze kilogrammes prit plusieurs centaines de clichés d’Ares Vallis et survécut 83 sols (jours martiens). Mais le meilleur restait encore à venir…
Un second vol tardif
Trente-six ans, c’est ce que John Glenn aura attendu pour revoler après sa mission Mercury de février 1962. A 77 ans, l’astronaute accomplit son second vol spatial durant un vol de huit jours à bord de la navette Discovery. Officiellement, la mission a pour but de voir les effets de l’apesanteur sur le vieillissement. « ...Cette mission existe pour faire plaisir au pays », confiera un responsable. Rappelons en effet que John Glenn est une légende aux Etats-Unis et qu’il s’est illustré comme pilote durant la Seconde guerre mondiale et la Guerre de Corée.
Le plus grand laboratoire spatial
Autrefois adversaires, la Russie et les Etats-Unis sont désormais partenaires dans l’assemblage d’un gigantesque complexe spatial. Européens, Japonais et Canadiens sont également partenaires de ce pharaonique projet, entériné par un traité signé en janvier 1998. Le 20 novembre, une fusée Proton place sur orbite le module Zarya, le premier élément. Un mois plus tard, Endeavour emporte un second segment : le nœud de jonction Unity. Dès lors, la Station Spatiale Internationale (ISS) ne cessera de s’agrandir.
1er février 2003, un nouveau drame
Après un vol sans histoire de quinze jours, au cours duquel la navette emportait un module Spacehab, Columbia se désintègre lors de sa rentrée atmosphérique tuant les sept membres d’équipage dont Ilan Ramon, premier astronaute de nationalité Israélienne. Il fut établi que c’est un morceau de mousse protectrice du réservoir externe qui a endommagé le bouclier thermique de l’orbiteur lors de la phase de décollage. Une nouvelle fois, la NASA est pointée du doigt pour des manquements à la sécurité et une nouvelle interruption des vols a lieu afin de repenser le revêtement des réservoirs. Ce qui entraîne également une interruption dans la construction de l’ISS. Les navettes reviennent en vol avec Discovery lors la mission STS-114, commandée par Eileen Collins en juillet 2005.
« A Vision for space exploration »
Un an après la tragédie de Columbia, le 14 janvier 2004, le président Georges W. Bush annonce solennellement que l’Amérique retournera sur la Lune une fois l’assemblage de l’ISS terminé. Les navettes seront remisées dans la naphtaline dès 2010. Le retour sur la Lune est envisagé dès 2019 avec l’établissement d’un poste permanent. Au cours de la décennie suivante, Mars devrait être également visité par un premier équipage humain. Trois ans plus tard, lors du Congrès International d’Astronautique d’Hyderabad, Mike Griffin, actuel patron de la NASA, avance même l’année 2037 comme date possible.
Deux rovers sur Mars
Après plus de six mois de voyage à travers l’espace, les rovers Spirit et Opportunity se posent sur Mars les 4 et 25 janvier 2004. Objectif : trouver des indices d’une présence prolongée d’eau. D’un poids d’environ 180 kilogrammes et d’une hauteur de 160 centimètres, on passe désormais dans une nouvelle catégorie par rapport à Sojourner et ses modestes onze kilos. Prévus pour durer trois mois, les deux sondes sont toujours à poste et fêteront en janvier prochain leur cinquième année de présence à la surface de Mars après plus d’une quinzaine de kilomètres parcourus sur chacun des deux sites visités (Cratère Gusev pour Spirit et Terra Meridiani pour Opportunity).
Bienvenue dans le monde des Géants
Après sept ans et un voyage interminable dans les solitudes de l’espace, la sonde Cassini-Huyghens arrive dans le système de Saturne en 2004. Le 14 janvier 2005, le module européen Huyghens se pose dans une étendue de galets de glace de la planète Titan, le plus important satellite de la planète aux anneaux. Au cours de sa descente, le module a analysé l’atmosphère et renvoyé des images de rivières saisonnières creusées par le méthane.
Pour sa part, après avoir survolé des lunes comme Rhéa, Thétys, Encelade, Japet ou encore Hypérion, Cassini a vu sa mission rallongée de deux années supplémentaires compte tenu des résultats scientifiques et des réserves de carburant dont la sonde dispose encore.
Horizon lointain
Cette mission a bien failli ne jamais voir le jour. En effet, compte tenu de son éloignement, Pluton reste une destination risquée. La plupart des projets initialement prévus se sont vus annulés, entre autres, par contrainte budgétaire. Ce fut le cas de Pluto Kuyper Express, à l’origine engagée pour 2004, mais qui fut annulée en 2001. Finalement, c’est New Horizons qui est lancée le 19 janvier 2006 en direction de l’ex neuvième planète du Système Solaire. Elle mettra treize mois pour atteindre Jupiter et profiter ainsi de son effet de fronde qui l’a ainsi expédié directement vers Pluton. La sonde devrait en principe survoler Pluton le 14 juillet 2015 avant d’entamer un périple de cinq ans à travers la Ceinture de Kuyper. Il s’agit du plus long voyage envisagé pour un engin automatique à travers le Système solaire.
2010, la fin d’une époque
C’est en principe dans deux ans que les navettes seront mises à la retraite, après presque trente ans de service. Le Shuttle accomplira son dernier vol logistique vers la Station Spatiale Internationale. Si tout va bien, le vaisseau Orion prendra la suite vers 2014 ou 2015.
Et après ?
Bien qu’il soit quasiment impossible de faire des prédictions, on peut essayer d’envisager quelques événements. L’ISS devrait connaître une extension d’activité jusqu’en 2020. Les Etats-Unis devraient mettre en service leur nouveau vaisseau d’ici les sept prochaines années. Un équipage sera sans doute sur Mars d’ici une douzaine d’années. A cette même époque, les Voyager devraient cesser de fournir des informations sur l’extrême limite du Système Solaire. Et après ? Ce sont nos enfants qui écriront la suite de l'aventure…
Antoine Meunier
Sources
Espace Magazine n°17 "Spécial Futur", Espace Magazine n°33, "Spécial ISS", Espace Magazine N°36 "Spécial navette"
Le Monde de l'Aviation n°7 (novembre 1998)
Wikipédia free Encyclopédia, www.nasa.gov, Le Forum de la conquête spatiale, www.planete-mars.com, Johns Hopkins University
Crédits
vidéos et photos : DR / NASA
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Alors que s’est achevée la première phase du processus de sélection des prochains astronautes de l’ESA, quelques astronautes français plaident pour les vols habités a récemment rapporté le quotidien Le Figaro dans son édition du 17 juin.
En mars dernier, le président Nicolas Sarkozy se faisait l’avocat d’un futur programme d’exploration mondiale de Mars. Les astronautes français ont récemment pris le relais pour fournir à Valérie Pécresse, ministre de la Recherche, les arguments en faveur des vols pilotés. Ils sont présents sous plusieurs aspects. En premier lieu, l’Europe a prouvé, avec le succès du premier vol de l’ATV, qu’elle pouvait mettre en orbite un vaisseau de transport. Ensuite, il y a bien évidemment la présence du laboratoire Colombus. Il s’agit ici des principales participations du Vieux Continent dans la Station Spatiale Internationale. Il ne manque désormais plus que la cerise sur le gâteau : se doter de son propre moyen de transport habité vers l’ISS. A ce titre, EADS Astrium a présenté au cours du salon aéronautique ILA de Berlin une maquette de capsule spatiale reposant sur l’ATV, pour la partie basse, et sur le démonstrateur ARD pour la partie haute. C’est un concept séduisant qui autoriserait un vol en mode cargo d’ici 2013 et un vol habité à l’horizon, soit (si tout va bien) deux ans après la mise en service de la capsule américaine Orion. Nul doute qu’un tel projet suscite un intérêt particulier. Pourquoi ? Parce qu’il permettrait à l’Europe de disposer de son propre vaisseau habité.
Un vaisseau habité mais vers quelle destination ?
Il est évident qu’un tel projet permettrait d’éviter que le Soyouz soit le seul vaisseau à desservir la Station Spatiale Internationale à partir de 2010. Pourquoi ne pas envisager alors d’avancer l’arrivée d’Orion ? La mise au point d’un engin habité est un programme exigeant une longue préparation. La navette spatiale en est le premier exemple. Ainsi, lorsqu’elle fut avalisée par le président Nixon en 1972, neuf années s’écoulèrent avant le premier vol commandé par le légendaire John Young, vétéran de deux missions Gemini et de deux missions Apollo. Cependant, le concept d’Astrium montre que la société du groupe EADS est à même de proposer un vaisseau spatial habité. Bref, le groupe européen entend démontrer sa capacité à envoyer un équipage en orbite. Mais après la présentation du projet d’avion, destiné au tourisme spatial en 2007, une autre question se pose : Astrium pourra-t-elle mener de front deux programmes ? Malheureusement, il n’est pas possible de répondre dans l’immédiat bien qu’il semblerait logique qu’un seul projet soit choisi pour d’évidentes raisons de coût. Encore faut-il qu’il soit validé lors de la conférence ministérielle de l’ESA en novembre prochain. En tout cas, une chose est sûre : nous avons les astronautes et la technologie pour les envoyer dans l’espace. Un simple consensus des ministres européens permettrait de les rendre indépendant des Etats-Unis et de la Russie. Réponse sur le sujet à l’issue de la ministérielle de l’automne ?
Antoine Meunier
L’Expédition 16 s’est envolée hier depuis le cosmodrome de Baïkonour à bord du Soyouz TMA 11 avec trois cosmonautes à bord pour une nouvelle rotation d’équipage. Le rendez-vous avec la Station Spatiale Internationale (ISS) est prévu demain.
Pour la première fois depuis l’exploitation de la station, c’est une femme qui va commander une mission de longue durée. En effet, suivant la règle de l’alternance, c’est désormais aux astronautes américains de prendre la tête de l’énorme complexe orbital qui tourne au-dessus de nos têtes à 400 kilomètres d’altitude. Honneur donc à Peggy Whitson dont c’est le deuxième vol. Cette astronaute de 47 ans, commandant de l’équipage de réserve pour l’Expédition 14, totalise déjà 184 jours 22 heures et 14 minutes dans l’espace au cours de l’Expédition 5 en 2002. Durant cette mission, le Docteur Whitson a même réalisé une EVA de 4 heures et 25 minutes pour installer un bouclier destiné à protéger le module de service Zvezda d’éventuels impacts de micrométéorites. Elle était donc toute désignée pour prendre le commandement de cette mission. Peggy Whitson est accompagné par le Russe Youri Malentchenko et le premier cosmonaute Malaisien, Sheik Muszaphar Shukor.
Feu vert des médecins
Recruté parmi 11 000 candidats, Shukor, âgé de 35 ans, est médecin et mannequin et il a été recruté en échange de l’achat de 18 avions de chasse pour un montant estimé à un milliard de dollars. Il est également le premier musulman à se rendre dans l’espace pendant le Ramadan qu’il observera au cours de sa mission. Il a d’ailleurs reçu le feu vert des médecins et il devrait même célébrer la fête de l’Aïd en orbite samedi prochain. Il redescendra le 21 octobre prochain avec l’actuel commandant de l’Expédition 15, Fiodor Iourtchikhine et Oleg Kotov. Clayton Anderson, le troisième homme de ce team redescendra, quant à lui, avec l’équipage de la navette le mois prochain.
Durant cette seizième rotation, Peggy Whitson et son équipe travailleront notamment sur les effets de l’apesanteur sur les cellules cancéreuses et tenteront de faire pousser des plantes hors de la gravité terrestre. Qui a dit que l’ISS ne faisait que tourner en rond ?
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.yahoo.fr
Photos : www.nasa.gov
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