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L’Agence spatiale américaine serait en négociations avec son homologue japonaise (JAXA) pour acheter un vaisseau de transport spatial rapporte le quotidien nippon Yomiuri.
Dans moins de deux ans maintenant, les navettes spatiales appartiendront au grand livre de l’Histoire spatiale. Après plus de 130 missions habitées en vingt-neuf ans, la NASA revient au système de capsule spatiale avec Orion dont le design rappelle celui des vénérables vaisseaux Apollo. Précisons cependant que ce système n’aura pas grand-chose à voir avec ces prédécesseurs des années 60. Mais comme ce remplaçant ne sera pas disponible avant 2015, l’administration spatiale américaine se devait de trouver une solution du moins pour l’acheminement du fret. Il semblerait que le Japon puisse fournir cette solution avec son transporteur, le HTV. Une solution dont le coût est estimée à environ 130 millions de dollars, toujours selon le quotidien japonais. A noter toutefois, que le site de la NASA n’a publié aucun commentaire sur le sujet.
Pas de précédent
Cependant, il est vrai que pour les Etats-Unis être absents de la scène spatiale sur une durée aussi longue (cinq ans) n’est pas une chose commune, surtout quand il va falloir dépendre de la Russie pour envoyer en orbite ses astronautes. Rappelons toutefois qu’entre l’arrêt définitif des vols Apollo et la mise en service de la première navette, il s’est écoulé huit ans (fin du programme Skylab), six si l’on inclut le vol historique Apollo-Soyouz de 1975. Mettre en chantier un programme spatial, ou aéronautique, exige du temps et de l’argent. L’Oncle Sam se tourne vers ses partenaires pour l'aider dans son rôle à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS).
Si les négociations aboutissent, le Japon s’assure à son tour un moyen d’accès à l’espace, à l’image de l’Europe avec l’ATV. Ce qui lui permettrait vraisemblablement d'accroitre sa participation dans l'ISS (qui sera très probablement maintenue à poste jusqu'à la fin de la prochaine décennie). Pour le Japon, il y a donc là une opportunité unique à saisir. Désormais, avec l’émergence de nouveaux acteurs et de nouveaux matériels, la compétition pour l’accès l’espace n’est plus seulement politique, elle est aussi économique. Une question demeure toutefois : combien de temps s’écoulera avant la mise en service du HTV ? Comme nous l’avons évoqué plus haut, l’arrivée d’un vaisseau spatial exige du temps notamment dans sa mise au point. A ce titre, les premières études réalisées par la JAXA sur le véhicule de transfert remontent déjà à 1997. Selon le site de l’Agence spatiale japonaise, un premier lancement avec un modèle de démonstration est programmé pour l’été 2009. Le vecteur de lancement sera une fusée H-2B qui sera tirée depuis la base de Tanegashima. A terme, le rythme de lancement serait d’un tir chaque année.
Antoine Meunier
Sources : www.yomiuri.co.jp/dy/features/science/20080720TDY01305.htm / www.yahoo.fr / JAXA
Crédits photos : www.nasa.gov / JAXA
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L’International Mars Architecture for the Return of Samples (iMARS) tient cette semaine une conférence, en coopération avec l’Agence Spatiale Européenne, le CNES et la NASA. Objectif en ligne de mire : le retour d’échantillons martiens.
A l’heure actuelle, six sondes examinent la planète Rouge en profondeur. Trois sont en orbite : Mars Reconnaissance Orbiter, Mars Express et Mars Odyssey et trois sont au sol dont deux sont en mouvement (les rovers Spirit et Opportunity) et Phoenix. Cette dernière, qui s’est posée en douceur fin mai, est un lander. Après les vues depuis l’orbite et l’analyse in situ, la prochaine étape de la découverte de Mars pourrait en effet être le retour d’échantillons vers la Terre, que l’on a auparavant envisagé à la base au milieu des années 2000. Il est vrai que l’analyse in situ présente des avantages mais elle a également ses inconvénients. Un examen d’échantillons ne peut être complet que si plusieurs missions sont lancées à différents points de la planète. Pourquoi ? Parce que la logique implique que l’on ne trouvera pas la même composition entre un site et un autre, ce que peuvent toutefois déterminer la composition des sols. Si la mission Mars Sample Return a lieu, il faut qu’elle puisse atterrir à un emplacement répondant aux attentes des chercheurs. Cependant, des investigations à plusieurs endroits seraient nettement plus bénéfiques qu’une simple mission. Bref, il faudrait envisager un programme de missions de retours d’échantillons. L’un des délégués d’iMars a notamment suggéré cette option. Il existe d’ailleurs deux précédents : le programme Apollo et les Lunokhod soviétiques. Les 383 kilogrammes de roches rapportées de la Lune ont permis d’établir plusieurs paramètres. Les 330 grammes de poussières lunaires rapportées de la Mer de la Fécondité et de la Mer des Crises ont permis de découvrir que les basaltes composés de Titane prédominent dans la Mer des Crises et que ceux situés entre la Mer des Crises et la Mer de la Fécondité contiennent de l’anothorsite.
Trois missions en une
Aussi sophistiquées soient-elles, les sondes ont malgré tout, leurs limites. Si un robot connaît un problème, la difficulté de le résoudre peut s’avérer complexe mais pas insurmontable. Et parfois, elle peut être impossible et avoir des conséquences définitives. Lorsque la sonde Mars Polar Lander termina sa descente vers la surface oxydée du pôle sud martien, l’ouverture des pieds d’atterrissage provoqua l’arrêt complet des moteurs alors qu’il restait encore une quarantaine de mètres à descendre (hypothèse la plus sérieuse admise par les chercheurs). Chuter de quarante mètres, équivaut sur la planète Rouge, à tomber d’un peu plus de 13 mètres, la gravité martienne représentant un tiers de la gravité terrestre. Autre échec retentissant, celui de Mars Climate Orbiter survenu quelques semaines avant MPL. Il s’agissait ici d’une erreur incompréhensible de système métrique programmé dans l’ordinateur de bord. Alors le retour d’échantillons martiens en mode automatique doit-il être la nouvelle étape ? Il faut bien prendre en compte une chose. Une mission de type MSR représente en fait trois missions en une : l’atterrissage au site préalablement choisi, la collecte d’échantillons et le retour de ces mêmes échantillons sur Terre via un rendez-vous en orbite martienne avec l’orbiteur. Ce qui n’a encore jamais été tenté.
Préférer l’envoi d’un équipage
Envoyer directement un équipage sur Mars présente un avantage de poids : en cas de problème, un homme peut intervenir directement. Imaginons un instant le scénario suivant : quelques instants avant d’atterrir sur la surface de Mars, le pilote se rend compte que le point prévu présente un quelconque danger. Il peut décider à la dernière seconde de décaler de plusieurs dizaines de mètres son atterrissage. Il existe également ici un précédent qui est resté célèbre, celui d’Apollo 11. Au dernier moment, Neil Armstrong, alors aux commandes du module lunaire Eagle, décida de poser son vaisseau un peu plus loin que prévu car il s’est aperçu que le LEM risquait de tomber dans un cratère. Ce qui l’amena à consommer un plus de carburant que prévu. Mais cela démontre une chose : c’est que l’homme reste le capteur que l’on a pas inventé. Un ordinateur ne sait pas prendre une décision réfléchie. Le tout automatisé a des avantages considérables mais il a également ses limites. Si un problème survient à la dernière minute, l’opérateur qui est aux commandes sur la Terre, n’a aucun moyen d’action compte tenu du délai de transmission de plusieurs minutes avec Mars. Les sceptiques argueront qu’il est dangereux pour l’homme d’aller fouler le sol martien, ce qui est exact car ce « capteur » que nous évoquions plus haut doit travailler, manger, se protéger du rayonnement solaire et pouvoir se détendre, etc… Mais toute conquête ne nécessite-t-elle pas l’acceptation d’un risque ? D’ailleurs, pour relancer le rêve, il faut sans arrêt savoir intéresser le grand public. « Il faut impliquer les citoyens », a déclaré Jean-Jacques Dordain, Directeur Général de l’ESA. En effet, l’espace est l’affaire de tous et pas seulement d’une minorité. Ce pourrait être une belle mission pour les futurs astronautes qui seront retenus par l’Agence spatiale européenne en 2009.
Antoine Meunier
Photos : ESA / JPL
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Erratum
Une erreur s’est glissée dans la chronique n°120. Mars Science Laboratory ne sera pas lancé en 2013 mais bien l’année prochaine par la NASA.
Le pilote du module lunaire de la mission Apollo 11 s’est exprimé dans une récente interview accordée au quotidien anglo-saxon, The Sunday Telegraph. Pour lui, les Etats-Unis risquent d’être pris de vitesse dans la nouvelle course à la Lune qui s’engage.
Quand un ancien « Moonwalker » prend la parole, ce n’est pas forcément pour évoquer ses faits d’armes, aussi brillants soient-ils. Edwyn « Buzz » Aldrin, 78 printemps, a des choses à dire. Pour lui, c’est évident, les Etats-Unis doivent « maintenir le cap dans l’exploration spatiale » et il entend bien le faire savoir aux deux candidats de la prochaine l’élection présidentielle américaine. En effet, selon le pilote du module lunaire Eagle de l’historique mission Apollo 11 de 1969, si les Etats-Unis se détournent de leur « vision » spatiale et bien « nous risquons de nous retrouver à la seconde place des vols spatiaux habités pour le restant du siècle », précise-t-il. Début juin, Rick Gilbreth, le responsable du programme d’exploration lunaire américain émettait une mise en garde à propos des Chinois qui pourraient « être sur la Lune deux ou trois ans » avant l’Oncle Sam, soit en 2017 ou 2018. Aldrin a donc décidé d’exposer ses vues sur la question aux deux candidats John Mac-Cain (républicain) et au démocrate Barack Obama. Le premier a affirmé son soutien au programme Constellation qui prévoit le retour d’un équipage sur la Lune vers 2019. Pour sa part, Barack Obama s’est enquis de l’opinion publique pour son intérêt quant aux futurs plans de la NASA.
Une fierté nationale
En Amérique, l’espace revêt un caractère particulier car il s’agit d’une réelle fierté nationale. S’il est acquis que le vaisseau Orion sera désormais le successeur de la navette spatiale, de nombreux obstacles parsèment encore le chemin du retour américain sur la Lune. Il y a notamment la question du lanceur Ares V qui n’est pas encore résolue et il faudra attendre encore 2011 pour que ce nouveau lanceur soit approuvé.
Après la crise des subprimes qui a secoué les Etats-Unis fin 2007, retourner sur la Lune fait-il parti des priorités nationales ? Le prochain locataire de la Maison-Blanche devra tenir compte non seulement des problèmes économiques internes au pays mais également des intérêts stratégiques. « Si nous voulons vraiment que cela arrive, il faut mettre plus d’argent dans ce programme », a déclaré l’ancien astronaute dans les colonnes du Sunday telegraph. Ainsi, Buzz Aldrin souhaite voir se rallumer le même enthousiasme qu’à la glorieuse époque des années 1960. Rappelons tout de même que dès 1967, la NASA voyait déjà son budget diminué du fait de l’empêtrement américain au Vietnam. Mais autre époque, autre contexte. Le retour sur la Lune ne pourra désormais plus être un effort fourni par un seul pays bien qu’il s’agisse d’une perspective à long terme dont avait probablement besoin la NASA. C’est d’ailleurs exactement la manière dont s’est engagé le programme spatial chinois habité Shenzou : le long terme, avec la Lune en point de mire. Mais avant cela, il y aura sa future station spatiale et il lui faudra (comme aux Etats-Unis) disposer d’un lanceur lourd. Ce sera la fusée Longue Marche 5 qui devrait être disponible vers 2013.
Aussi, il n’est pas impossible de voir d’autres pays s’engager dans cette nouvelle course à la Lune. Si la collaboration s’engage sereinement, il serait tout à fait envisageable que l’un des premiers hommes à fouler le pied sur le sol sélène soit européen. Depuis l’échelle de coupée d’un module lunaire conçu par l’ESA ?
Antoine Meunier
Sources : The Sunday telegraph / Le Figaro
Photos : www.nasa.gov
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En avril 1968, Stanley Kubrick révolutionnait le monde du
cinéma de science-fiction et donnait une vision de ce que pouvait être le futur
des vols interplanétaires.
« Après avoir vu 2001, je suis allé deux fois dans
l’espace ! ». L’homme qui prononça ses mots n’est autre
que le cosmonaute Alexeï Leonov lors de la conférence de Vienne en 1968 sur
l’usage pacifique de l’Espace. A cette époque, Stanley Kubrick vient de passer
près de trois années à la conception d’un film qui est aujourd’hui considéré
comme étant l’un des plus grands chefs d’œuvre du Septième art. Il est étonnant
que quarante années après sa sortie, 2001 l’Odyssée de l’espace reste
encore et toujours d’actualité de part ses thématiques, notamment le contact
avec une intelligence extraterrestre. Sa vision de l’exploration spatiale était
certes très optimiste notamment avec la base lunaire capable d’accueillir des
centaines de personnes. Il faut dire qu’à l’époque nous sommes en pleine
période de compétition lunaire. De plus, les morceaux de bravoures du film sont
légion et on pourrait disserter des heures dessus mais comment ne pas rester
insensible face à la beauté des images. De l’inquiétante découverte du
monolithe en Afrique, à la navette Orion nous entraînant dans les flots
du Beau Danube Bleu. Sans oublier Frank Poole qui fait son jogging dans la
centrifugeuse du Discovery (et sera ensuite éliminé par l’ordinateur Hal-9000).
Coïncidence, les astronautes de Skylab reproduiront une scène similaire
à celle de Frank Poole à bord de leur station spatiale. Ce qui ne manquera pas
d’interpeller Arthur C.Clarke, co-scénariste du film.
Un côté définitivement réaliste
Outre son aspect visuel, ce qui aura le plus marqué, c’est le côté totalement réaliste (absence de bruit dans l’espace, durée des voyages, design des vaisseaux, etc…). Mais surtout, Kubrick et Clarke ont montré que les voyages dans l’espace pouvaient être ennuyeux pour les passagers d’un astronef interplanétaire. Mais qu’importe, il est étonnant de voir que certains décors conceptualisés par Harry K. Lange et Fred Ordway ont résisté aux années. Précisons que les deux hommes travaillaient auparavant pour la NASA. C’est particulièrement vrai pour le Discovery qui rallie Jupiter et ses lunes afin d’aller à la rencontre de cet inquiétant monolithe. Il est cependant évident que certains détails comme les costumes des hôtesses du vaisseau faisant la navette entre la Terre et la Lune sont typiquement années 60 mais 2001 (l’année n’est aujourd’hui plus valable mais il fallait un point de référence temporel) décrit de manière presque réelle le futur de l’exploration spatiale. Quelque part, les coursives du Discovery rappellent un peu celles de l’ISS. C’est peut-être là l’une des plus grande réussite du film. La réalité finit toujours par rattraper la fiction.
Antoine Meunier
Photos : Warner
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Le célèbre astrophysicien Stephen Hawking mondialement connu pour son ouvrage Une brève histoire du temps a lancé un plaidoyer pour la colonisation de l’espace lundi dernier à Washington à l'occasion des 50 ans de la NASA.
Aborder le thème de la colonisation spatiale il y a seulement vingt ans et vous passiez pour un doux rêveur. Alors que le 21ème Siècle voit sa première décennie se terminer, que d’ici un peu plus de dix ans des hommes retourneront sur la Lune pour s’y établir de façon permanente, Stephen Hawking se fait à présent l’avocat de la colonisation à long terme des planètes comme le fit Christophe Colomb lorsqu’il partit à la découverte du Nouveau Monde en 1492. Mais le savant britannique est parfaitement lucide sur un point, il s’agit d’une entreprise non pas à long terme mais à très long terme. Outre le fait qu’il s’agisse d’un plaidoyer, il s’agit également d’un exercice prospectiviste. Toutefois, il est impossible de faire des prédictions à long terme même sur une courte période, (disons une vingtaine d’années), que ce soit dans les domaines politiques, économiques et stratégiques. Pourtant, comme le soulignait Arthur C.Clarke de son vivant, « le seul domaine où l’on peut faire des extrapolations, c’est la technologie ». Mais Hawking voit sur une très longue échelle puisque il envisage de transporter la Race Humaine hors du Système Solaire d’ici deux à cinq siècles.
Transformer l’Humanité
Selon le scientifique, coloniser l’espace aura pour effet de transformer la Terre et ses peuples. Ainsi, pour Stephen Hawking, voici une entreprise qui pourrait en effet unifier la plupart des différentes nations « vers un défi commun » mais nous en sommes encore bien loin. Aussi, des projets comme l’ISS constitue néanmoins une base de départ pour une collaboration internationale dans l’espace et il est maintenant presque acquis que nous reverrons des hommes se poser la Lune et, peut-être sur Mars, au cours de la décennie 2030. Les astronautes que l’Agence Spatiale Européenne va recruter, à partir de la fin mai, sont probablement les futurs pionniers du second demi-siècle de l’Ere spatiale.
Pas pour tout de suite
Cependant, il est bien sur évident que nous n’assisterons pas à la sortie du Système Solaire d’un engin habité de notre vivant. Pourtant, il existe au moins quatre vaisseaux qui se baladent bien au-delà des planètes connues : Pioneer 10 et 11, Voyager 1 et 2. Et si tout va bien, la sonde New Horizons explorera la Ceinture de Kuyper entre 2015 et 2020. Mais il s’agit d’engins automatiques. Alors peut-être que les prévisions de Stephen Hawking seront-elles devancées au cours de ce siècle et verrons-nous une sonde automatique s’aventurer dans le Nuage de Oort au cours des prochaines décennies. Ce qui serait déjà un premier pas mais ça c’est une autre histoire.
Antoine Meunier
Sources : www.yahoo.fr
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Avec la mission STS-123 et l’ATV partis respectivement cette nuit et avant-hier, c’est la première fois que deux vaisseaux volent ensemble pour rejoindre la Station Spatiale Internationale. Rarement un trafic spatial aura été aussi intense.
Avec la navette Endeavour et le vaisseau ATV Jules Vernes, nous avons donc deux vaisseaux actuellement en route vers l’ISS. Bien que parti en premier le vaisseau cargo européen accostera le complexe orbital en second, en principe le 3 avril prochain. Pour sa part, l’orbiteur emmène dans sa soute le premier élément du laboratoire japonais Kibo qui se divise en trois parties. Au cours de cette mission, Endeavour a emporté le Module Logistique d’expérimentation d’une taille de 3,9 et d’une masse de 4,2 tonnes. Le cylindre principal sera acheminé en mai prochain par la navette Discovery. Cette partie du laboratoire japonais est dotée d’un système de télémanipulation. Le dernier composant de Kibo sera, quant à lui, arrimé à la Station en mars 2009. Ce laboratoire représente un budget de 2,8 milliards de dollars pour le Japon. Le rendez-vous entre Endeavour et la Station doit avoir lieu demain à 3h28 GMT. Ajoutons qu’il s’agit de la mission la plus longue pour la construction de l’ISS (seize jours pour l’orbiteur dont onze accosté à la Station). Une semaine plus tard viendra le tour de l’ATV de s’arrimer enfin au grand Meccano spatial.
Le long voyage de Jules Vernes
Actuellement à 260 kilomètres sur une orbite plus basse, le vaisseau européen attend patiemment son tour. Ce vaisseau a des capacités trois fois supérieures à celles du Progress russe (cf. LCS N°98). Outre son rôle de transport de fret, il aura pour mission de rehausser l’orbite de la station. A ce jour, l’Agence spatiale européenne (ESA) a commandé cinq ATV mais le contrat cadre signé avec l’agence porte sur neuf unités. L’importance d’un transporteur à capacité accrue risque donc de se faire sentir dans les prochaines années pour transporter du matériel scientifique sachant que la navette s’arrêtera de voler en 2010. L’Europe est dans la course et joue ses cartes avec Colombus et l’ATV (tout comme le Japon d’ailleurs) ce qui est une bonne chose. Des modules étrangers sont arrimés à la Station Spatiale Internationale, ce qui lui donne véritablement son caractère « international ». En cette année 2008, qui célèbre le demi-siècle d’existence de la NASA, voici que se concrétise enfin un effort de collaboration internationale dans l’espace.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.esa.int / www.yahoo.fr
Photos : www.nasa.gov / www.esa.int
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Addendum
Et oui La Chronique Spatiale fête son 100ème numéro. Ce blog qui a un peu plus d’un an d’existence a bénéficié de quelques coups de pouces. Notamment, ceux d’Olivier Sanguy, rédacteur en chef d’Espace Magazine, Richard Morisan, webmaster d’astroplanetes.net et d’Olivier Poch webmaster du Réseau Martien. Qu’ils en soient tous les trois remerciés.
Par ailleurs, au cours des mois de janvier et février 2008, le nombre de connexions sur LCS a plus que doublé. Un grand merci à tous les lecteurs.
En vue du futur retour sur la Lune prévu pour la fin de la prochaine décennie, les données se précisent. Il semblerait que le futur site retenu pour l’implantation d’une base vers 2020 soit plus accidenté que prévu.
Bien que le programme Constellation subissent quelques complications avec un retard de deux ans pour le futur lanceur Ares I, vecteur de la capsule Orion, les scientifiques de la NASA ont observé quasiment à la loupe le cratère Schakelton situé vers le pôle sud de la Lune. Il ressort de leurs investigations que cette région, qui a actuellement les faveurs de l’administration spatiale américaine pour l’implantation future d’une base habitée, est bien plus accidentée qu’on ne le pensait. En effet, grâce à un radar installé dans le désert du Mojave les scientifiques ont balayé le cratère Schakleton et des indices laissent à penser que de l’eau gelée serait présente dans cette région (principalement dans les zones d’ombres) où l’on a relevé des cratères d’impacts météoritiques de 4 000 mètres de profondeur et une montagne dont le sommet atteindrait 6 000 mètres de hauteur.
Une certaine réserve
Concernant la présence d’eau, la théorie reste encore très discutée. En effet, les précédentes analyses faites par la sonde Clementine entre 1994 et 1996 pouvaient révéler d’autres possibilités que de l’eau gelée. L’observation s’est même poursuivie quelques mois plus tard et a infirmé cette théorie*. Toutefois, c’était il y a une douzaine d’années et les images radar prises par l’antenne de Goldstone se veulent plus détaillé que celles de Clementine. Le faisceau radar de 500 kilowatts qui a été émis pendant 90 minutes a visé le pôle sud Lunaire sur une zone de 643 kilomètres sur 402. Selon un scientifique du Jet Propulsion Laboratory, ces données permettraient de voir des détails de la taille d’une maison. Mais la question pourrait être tranchée d’ici la fin de l’année avec le Lunar Reconnaissance Orbiter qui décollera fin 2008. La capacité de résolution de ses instruments permettra d’obtenir une résolution d’un mètre par pixel. Ces futures images doivent donner des informations sur l’ensoleillement des pôles, la présence des ressources potentielles. Avoir de l’eau gelée sur place pour les futures astronautes qui vivront là-bas leur permettraient d’extraire l’oxygène et l’hydrogène pour se ravitailler en air et en carburant. Cependant, la question de l’eau lunaire reste encore à prouver. Ce qui n’est plus le cas sur Mars et ferait un bon sujet d’étude in situ pour les géologues.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / Jet Propulsion Laboratory / www.cnrs.fr/cw/dossiers/doseau/decouv/univers/eauLune.html
Photos et vidéo : www.nasa.gov
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*Cependant, Lunar Prospector lancée en 1998 a détecté une quantité d’hydrogène localisée sur les pôles laissant supposant la présence de glace d’eau. Mais l’écrasement de la sonde en 1999 n’a pu confirmer cette thèse.
Après le président Sarkozy qui plaide pour un programme international d’exploration martienne, la chancelière Angela Merkel s’est adressée aux astronautes à l’issue de leur seconde sortie dans l’espace, ce mercredi.
Incontestablement, cette année 2008 marque un important virage pour l’Europe spatiale et ses deux principaux acteurs : la France et l’Allemagne. Le raccordement réussi de Colombus à la Station ouvre une nouvelle ère. Même si l’on a critiqué depuis une décennie les dérives budgétaires de ce grand laboratoire spatial qu’est l’ISS, il offre désormais une fenêtre sans pareil sur l’espace mais également une certaine autonomie pour le Vieux continent car le module Colombus sera géré par un centre de contrôle basé à Oberpfaffenhofen et dépendant du Centre aérospatial allemand (DLR) donc une gestion européenne de Colombus. Et à ceux qui en douteraient, la science aura toute sa place. Ainsi, quatre expérimentations démarreront immédiatement après l’activation du module avec notamment le Biolab « European Physiology Module » (EPM) qui a été conçu pour les projets de médecine humaine. Pas question de perdre du temps. Le planning de Hans Schlegel mais surtout celui de Léopold Eyharts s’annonce très bien remplie jusqu’à la fin du mois de mars.
Bientôt le Japon
Alors que le premier ATV s’annonce, il faut également compter avec l’arrivée du Japanese Experiment Module (JEM) qui doit, à son tour, être greffée à l’ISS le mois prochain. Il sera expédié en orbite par la mission STS-123. Ce vol sera commandé par Dominic L. Gorie, commandant sur STS-108 en 2001 et titulaire au total de trois missions à bord de la navette spatiale. STS-123 aura pour objectif de livrer le Japanese Experiment Logistics Module – ou JLP. Combiné avec une seconde section pressurisée, ils formeront le module Kibo. L’ensemble des équipements japonais sera livré au cours de trois missions. Pour l’astronaute Tako Doï, spécialiste de mission sur STS-123 « avec cette mission, le vrai programme spatial humain du Japon peut commencer. »
Avec Colombus, ce mois-ci, Kibo dont les éléments seront acheminés en deux vols, la Station Spatiale Internationale revêt désormais son identité. L’Europe et le Japon peuvent désormais revendiquer une place de choix, même si les Etats-Unis sont encore majoritaires.
Antoine Meunier
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L’astronaute Hans Schlegel aurait du effectuer cette sortie dans l’espace mais une indisposition l’en aura empêché. Ce sont finalement ces collègues Stan Love et Rex Walheim qui auront procédé à l’amarrage du laboratoire Européen à 350 kilomètres d’altitude
Prenez un homme, surentraînez le pendant plusieurs années, faîtes le répéter au sol tous les gestes qu’il devra effectuer dans l’espace, vous ne pourrez jamais prévoir qu’il sera malade au moment de sa mission. C’est pourtant ce qui s’est produit avec Hans Schlegel mais la NASA n’a pas précisé ce qui a affecté l’astronaute allemand. On peut supposer qu’il s’agit du fameux « Mal de l’espace » qui a déjà rendu malade par le passé plusieurs de ses collègues. Ce fut notamment le cas de Franck Borman, commandant d’Apollo 8, qui fut pris de vomissements au cours du voyage qui l’emmena en orbite lunaire il y a quarante ans. Plus récemment, en 1992, ce fut le journaliste de la chaîne japonaise TBS qui séjourna une semaine à bord de la station Mir et vécut un véritable suplice en usant jusqu’à 80 sacs vomitifs par jour. Mais revenons aux choses sérieuses. Hans Schlegel va mieux, c’est l’essentiel mais c’est finalement Stan Love qui l’a remplacé pour cette sortie. Il a été accompagné par Rex Walheim. Précisons quand même que l’équipe de soutien médical de l’ESA a fait savoir que l’état de santé n’autorisait pas une marche spatiale.
Une ballade de presque huit heures
Avoir un astronaute malade dans un scaphandre pourrait avoir effectivement des conséquences dramatiques donc c’est le bon sens qui prévaut. Toutefois, l’équipage revenant le 19 février, les médecins ont déclaré qu’il y avait de bonnes chances que Schlegel réalise sa sortie.
Dans l’immédiat, cette première sortie s’est déroulée sous la direction de Peggy Whitson, actuel commandant de l’ISS et de Steve Frick, commandant du vol STS-122. Love et Walheim ont passé presque huit heures dans l’espace pour raccorder Colombus au module Harmony. Une sortie rendue plus difficile puisque les astronautes ont démarré le travail alors que l’ISS se trouvait dans la face nocturne de la Terre. La prochaine sortie aura lieu mercredi, elle sera effectuée mercredi prochain par Walheim et, si tout va bien, Hans Schlegel pour installer des équipements scientifiques sur Colombus. Normalement, l’astronaute français Léopold Eyharts devrait pouvoir ouvrir aujourd’hui l’écoutille du laboratoire européen. Un moment que les responsables de l’ESA attendent avec impatience, ce qui est largement compréhensible compte tenu des retards subi par le programme.
La prochaine étape de la construction de la Station devrait avoir lieu en mars avec la livraison du laboratoire japonais Kibo lors de la mission STS-123. On ne peut désormais plus reprocher à l’ISS de ne pas être Internationale.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / Nasa TV
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