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Le vaisseau de transport européen a pleinement réussi sa mission après presque un mois de tests préliminaires dans l’espace. Le rendez-vous et l’arrimage avec l’ISS s’est parfaitement déroulé jeudi 3 avril à 14h45 GMT.
L’ensemble des équipes d'EADS Astrium et d'Arianespace qui ont travaillé sur la conception du Jules Verne, peuvent légitimement savourer leur succès. Le premier exemplaire du vaisseau européen vient de remplir la mission que l’on attendait de lui. Il aura fallu dix années de mise à point pour arriver à ce moment crucial qui offre à l’Europe la possibilité de se retrouver enfin dans la cour des nations susceptibles d’envoyer un vaisseau vers la Station Spatiale Internationale (ISS). Mais pas question pour autant de se reposer un succès aussi important. En effet, il va falloir à présent « débriefer » la mission du premier exemplaire de l’ATV avant que son successeur ne prenne à son tour le chemin de la Station. En effet, il serait erroné de penser qu’un rendez-vous spatial une fois effectué entre deux engins spatiaux les autres deviennent purement routiniers. En 1997, les Russes en ont fait la cruelle expérience lorsqu’un vaisseau Progress a percuté la station Mir dépressurisant intempestivement le module Spektr. L’équipage a fait preuve d’un remarquable sang froid et a pu sauver la station mais le laboratoire fut irrémédiablement perdu.
A quand l’ATV 002 ?
Il faut maintenant analyser les différents paramètres de cette première mission afin d’éliminer les différents « bugs ». Aussi, le prochain ATV devrait s’envoler de Kourou en 2009. Mais revenons au Jules Verne. Avant d’ouvrir son écoutille, plusieurs procédures doivent être effectuées. Dans un premier temps, il faut contrôler l’étanchéité du « vestibule ». Ensuite, les astronautes Whitson et Malentchenko préparent divers équipement pour entrer dans le module avant d’ouvrir sa porte. Il convient ensuite d’installer des brides internes pour rigidifier la connexion entre le vaisseau et la station. Puis les astronautes procéderont à des analyses de son air avant de purifier son atmosphère. L’équipage de l’Expédition 16 pourra ensuite procéder au déchargement du fret.
Et après ?
L’Europe vient maintenant d’acquérir la délicate technique du rendez-vous spatiale. Elle possède son propre lanceur spatial ainsi que son laboratoire scientifique avec le module Colombus dont une partie est allouée aux Américains. Il ne lui manque plus qu’une étape à franchir : se doter d’un véhicule spatial habité. Avec Ariane V*, elle possède une capacité de satellisation suffisante pour envoyer un engin habité en orbite basse. Il y a des occasions qu’il ne faut pas manquer.
Antoine Meunier
Sources : http://webservices.esa.int/blog/post/2/370 / www.nasa.gov
Photos : NASA TV / www.nasa.gov
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Tél 06 14 92 55 06
*Une qualification « vols habités » du lanceur européen reste cependant nécessaire
L’astronaute Hans Schlegel aurait du effectuer cette sortie dans l’espace mais une indisposition l’en aura empêché. Ce sont finalement ces collègues Stan Love et Rex Walheim qui auront procédé à l’amarrage du laboratoire Européen à 350 kilomètres d’altitude
Prenez un homme, surentraînez le pendant plusieurs années, faîtes le répéter au sol tous les gestes qu’il devra effectuer dans l’espace, vous ne pourrez jamais prévoir qu’il sera malade au moment de sa mission. C’est pourtant ce qui s’est produit avec Hans Schlegel mais la NASA n’a pas précisé ce qui a affecté l’astronaute allemand. On peut supposer qu’il s’agit du fameux « Mal de l’espace » qui a déjà rendu malade par le passé plusieurs de ses collègues. Ce fut notamment le cas de Franck Borman, commandant d’Apollo 8, qui fut pris de vomissements au cours du voyage qui l’emmena en orbite lunaire il y a quarante ans. Plus récemment, en 1992, ce fut le journaliste de la chaîne japonaise TBS qui séjourna une semaine à bord de la station Mir et vécut un véritable suplice en usant jusqu’à 80 sacs vomitifs par jour. Mais revenons aux choses sérieuses. Hans Schlegel va mieux, c’est l’essentiel mais c’est finalement Stan Love qui l’a remplacé pour cette sortie. Il a été accompagné par Rex Walheim. Précisons quand même que l’équipe de soutien médical de l’ESA a fait savoir que l’état de santé n’autorisait pas une marche spatiale.
Une ballade de presque huit heures
Avoir un astronaute malade dans un scaphandre pourrait avoir effectivement des conséquences dramatiques donc c’est le bon sens qui prévaut. Toutefois, l’équipage revenant le 19 février, les médecins ont déclaré qu’il y avait de bonnes chances que Schlegel réalise sa sortie.
Dans l’immédiat, cette première sortie s’est déroulée sous la direction de Peggy Whitson, actuel commandant de l’ISS et de Steve Frick, commandant du vol STS-122. Love et Walheim ont passé presque huit heures dans l’espace pour raccorder Colombus au module Harmony. Une sortie rendue plus difficile puisque les astronautes ont démarré le travail alors que l’ISS se trouvait dans la face nocturne de la Terre. La prochaine sortie aura lieu mercredi, elle sera effectuée mercredi prochain par Walheim et, si tout va bien, Hans Schlegel pour installer des équipements scientifiques sur Colombus. Normalement, l’astronaute français Léopold Eyharts devrait pouvoir ouvrir aujourd’hui l’écoutille du laboratoire européen. Un moment que les responsables de l’ESA attendent avec impatience, ce qui est largement compréhensible compte tenu des retards subi par le programme.
La prochaine étape de la construction de la Station devrait avoir lieu en mars avec la livraison du laboratoire japonais Kibo lors de la mission STS-123. On ne peut désormais plus reprocher à l’ISS de ne pas être Internationale.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / Nasa TV
Photos : www.nasa.gov
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Début décembre prochain, si tout va bien, l’Europe Spatiale habitée va vivre le premier chapitre d’un grand moment avec la pose du module Columbus sur la Station Spatiale Internationale (ISS).
Alors que l’Expedition 16 vient de prendre ses quartiers pour six mois à bord du laboratoire orbital, on entre dans la dernière ligne droite pour l’arrimage du COF (Columbus Orbital Facilities). A ce titre, deux représentants du corps européen des astronautes vont convoyer le module qui sera acheminé par la navette Atlantis. Il s’agit du français Léopold Eyharts et de l’Allemand Hans Schlegel. Le premier, sélectionné en 1990 par le CNES, a volé pendant trois semaines en 1998 au cours de la mission Pégase à bord de la station spatiale Mir. Le second a également pris le chemin de l’espace en tant que spécialiste de charge utile à bord de la navette Columbia pendant la mission STS-55 en 1993. Près de 90 expériences furent effectuées notamment sur les sciences de la vie, l’astronomie ou encore l’observation de notre planète.
Une mission en deux actes
Sans vouloir nous montrer oiseau de mauvais augure, la mission d’Eyharts et Schlegel est conditionnée par le succès du vol STS-120 prévu pour le 23 octobre prochain. En effet, au cours de cette avant-dernière mission de l’année, la navette Discovery devra amener le Node 2 sur lequel sera fixé le laboratoire Columbus. Hans Schegel participera à deux sorties dans l’espace (EVA), sur les trois prévues, afin de procéder au raccordement du module dont le poids atteint presque treize tonnes et le diamètre avoisine celui de l’ATV, le module ravitailleur qui sera normalement lancé depuis Kourou par une Ariane V modifiée en janvier prochain. Schegel redescendra sur Terre au terme des deux semaines de la mission. Quant à Léopold Eyharts, une fois Colombus, relié à l’ISS, il assurera sa mise en route définitive ainsi que celle des étagères du COF dédiées aux expérimentations scientifiques. Il sera ainsi le premier à pénétrer dans Colombus. A cet égard, il séjournera deux mois à bord de la Station Spatiale Internationale. Ce sera la première mission de longue durée pour un astronaute français à bord de l’ISS. Ce séjour pourrait même être prolongé si un retard survenait sur la navette Endeavour dont le lancement de la mission STS-123 est prévu en février afin d’acheminer cette fois le module japonais Kibo. Dans ce cas, Eyharts redescendrait à bord du Soyouz russe vers le mois d’avril. Ce qui le placerait presque à égalité de temps de vol dans l’espace avec Jean-Pierre Haigneré, toujours recordman français avec 187 jours passé autour de la Terre. C’était en 1999 au cours de la mission Perseus.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.esa.int
Photos : www.esa.int
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