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C’était il y a quarante ans, le module lunaire Eagle, piloté par Neil Armstrong et Buzz Aldrin de la mission Apollo 11 se posait sur la Lune dans la Mer de la Tranquillité alors que Michael Collins restait en orbite à bord de Columbia.
Du haut de ses photos, quatre décennies vous contemplent auraient sans doute déclaré Bonaparte à ses soldats. Si la conquête de la Lune fut un objectif politique, elle fut également un objectif technologique et humain hors normes. Construire la fusée la plus grande et capable de placer près de 140 tonnes en orbite terrestre basse* reste une chose extraordinaire. La Saturn V, gratte-ciel de 111 mètres de haut, développait près de 2900 tonnes de poussée et emportait le strict nécessaire à trois hommes pour vivre dans l’espace durant, au maximum, une douzaine de jours. Et le plus singulier est que tout fut inventé en seulement huit ans. Depuis ce 25 mai 1961 ou JFK lança ce qui demeure le bras de fer du destin entre les Etats-Unis et l’URSS en prononçant un discours historique devant le Congrès : « Notre pays doit se vouer tout entier à cette entreprise, faire atterrir un homme sur la Lune et le ramener sur la Terre avant la fin de la présente décennie. » Un effort national qui mobilisera près de 400 000 personnes sur tout le territoire, des installations en Floride mais aussi à Houston ou encore à Huntsville en Alabama pour culminer à ce jour historique ou le temps s’est arrêté le 20 juillet 1969.
Tenir le monde en haleine
Il y a 40 ans, Neil Armstrong et Buzz Aldrin deviennent donc les premiers hommes à fouler le sol lunaire sous les yeux incrédules de plus de 600 millions de téléspectateurs qui regardent le premier direct télévisé interplanétaire depuis la Lune. L’image n’est pas très nette, on ne voit pas grand-chose, si ce n’est une silhouette blanche en scaphandre et cette voie qui traverse le vide spatial et prononce une phrase désormais à jamais dans les livres d’histoire : « C’est un petit pas pour un homme mais un bond de géant pour l’humanité ». Oui, incontestablement l’Humanité vient de faire un bond de géant alors que vingt-cinq ans auparavant nous étions en plein conflit mondial. Avec la Course à la Lune, l’Amérique et l’URSS ont réussi à éviter de faire basculer le monde dans un conflit nucléaire. En marchant sur la Lune, Neil Armstrong et Buzz Aldrin réalisent le plus formidable exploit jamais réalisé par l’Humanité et tiennent le monde en haleine pendant les 21 heures qu’ils vont passer sur le sol sélène. Cette mission n’est pas la plus longue et les deux marcheurs lunaires ne passeront qu’un peu moins de trois heures à la surface de la Lune. Mais dans l’inconscient c’est elle que tout le monde retient de l’histoire du programme lunaire. Car dès Apollo 12, commandée par Charles Conrad en novembre 1969, le soufflé était retombé. Le désoeuvrement est malheureusement une chose inévitable.
Une exploration approfondie
Pour le grand public, envoyer des hommes sur la Lune devient une activité aussi banale que prendre sa voiture pour aller faire ses courses au supermarché du coin. Ce qui est faux. Aller dans l’espace reste une activité à hauts risques. Gus Grissom, qui devait commander la mission Apollo 1, et qui décéda avec son équipage lors du test de lancement du 27 janvier 1967, avait eu ses mots lors d’une conférence de presse quelques temps auparavant : « Si nous mourrons, nous voulons que le public l’accepte comme une chose naturelle, la conquête de l’Espace en vaut la peine. » A l’exception du drame d’Apollo 1 qui eut lieu au sol, il n’y eut pas de victime dans l’espace lors du programme Apollo et le sang-froid des équipes techniques de Houston permit de ramener l’équipage d’Apollo 13 sain et sauf. Cette mission relança l’intérêt du public pour le spatial qui était passé à autre chose. Mais c’était la fin d’une époque, le rêve de Kennedy était atteint. Une exploration plus approfondie fut menée lors des trois dernières missions (Apollo15 à 17) grâce à une jeep lunaire au cours d’expéditions de plus de trois jours. Et malheureusement, oui malheureusement, on décida de tout arrêter. Car cela coûtait, il est vrai, fort cher, mais si le matériel se fiabilisait les Etats-Unis étaient englués dans une guerre du Vietnam qui n’en finissait plus et le monde allait connaître son premier choc pétrolier.
En soi, la première exploration humaine de la Lune ne fut pensée que sur le cours terme. Le retour qui est désormais prévu pour 2019 avec le programme Constellation, se fera probablement entre la NASA et ses partenaires de l’ESA. A l’image de la construction de l’ISS, la nouvelle conquête de la Lune qui semble se profiler pour les années 2020 pourrait donc avoir lieu en collaboration. Aussi, le premier équipage qui sera du voyage vers notre satellite à bord du premier vaisseau Orion lunaire sera forcément international. Et que fera-t-on une fois de retour ? On reprendra ce qui a simplement été interrompu en 1972. Mais il ne faut pas considérer la Lune comme une fin en soi. Plutôt comme un tremplin vers Mars, par exemple. N’est-ce pas une perspective enivrante pour les jeunes générations ?
Antoine Meunier
Photos : NASA
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*Ce qui comportait l'étage supérieur de la Saturn V qui était réallumable ainsi que le LM et les modules de commande et de service (CSM).
© La Chronique Spatiale (2009)
Sur fond de crise économique, les ministres européens en charge des affaires spatiales ont jeté les bases de la politique spatiale pour les prochaines années, mardi et mercredi dernier. Une augmentation de 21%.
Jean-Jacques Dordain, Directeur général de l’Agence spatial européenne (ESA), peut se féliciter de cette conférence ministérielle tenue à La Haye, puisque ce dernier pensait avoir "bon espoir de récolter plus de 9 milliards d’euros" sur les 10 nécessaires aux programmes de son agence. Il s’agit d’une réelle victoire que n’aurait sûrement pas renié son homologue américain de la NASA, Mike Griffin. Ainsi, ce sont au total 9,95 milliards d’euros qui seront financés. Avec 2,7 milliards d’euros mis sur la table, l’Allemagne devient le premier contributeur de l’Agence, contre 2,3 à la France. L’intégralité de ces 10 milliards s’étalent, bien entendu, pour les trois prochaines années. De 2008 à 2012, la contribution totale de l’ESA à l’ISS sera de 1,37 milliard d’euros, ce qui en fait le programme le plus cher jamais votés par l’Agence spatiale européenne.
L’ISS jusqu’en 2020 ?
Mardi matin, un porte-parole de l’ESA a même indiqué que les
partenaires de l’agence oeuvraient afin que l’ISS puissent être utilisée au
moins jusqu’en 2020. Pour l’Allemagne la Station Spatiale Internationale est
une priorité, alors que la France cherche avant tout à moderniser la fusée Ariane
V dont les études préparatoires pour la prochaine génération ont permis de
récolter 357 millions d’euros. Par ailleurs, avec l’ATV, l’Europe dispose
maintenant d’un véhicule susceptible d’être transformé en capsule habitée. Mais
ce point ne semble pas figurer au rang des priorités alors qu’il y avait là une
réelle opportunité à saisir face à la place bientôt laissée vacante par le
retrait des navettes américaines. Rappelons qu’un projet de vaisseau avec
équipage, dérivé de l’ATV existe, il s’agit de l’ATV-Evolution - une maquette
a notamment été présentée au grand public lors de l’exposition du centenaire du
Gifas en octobre dernier. Elle pourrait voler dans un premier temps en mode
cargo d’ici 2014 pour acheminer du fret à la Station puis redescendre sur Terre
avant un premier vol habité d’ici 2017.
François Auque, Président exécutif d’EADS Astrium a d’ailleurs livré son sentiment sur le futur de l’ATV dans une interview accordé au quotidien Les Echos daté du 24 novembre, expose son inquiétude quand au manque de visibilité sur l'après-ATV. Il est donc plus qu’urgent de réagir mais le fait est que tout repose sur une décision politique. Seul l’Allemagne parait avoir fait du vol habité (avec l’ISS) une priorité. Ainsi, Quand la Chine rattrape son retard technologique de manière exponentielle, l’Europe devra vraisemblablement se contenter dans les prochaines années d’un lanceur qui ne répondra plus aux futures demandes, par manque d’anticipation ? Se contentant simplement de lancer dix à douze tonnes de charge utile quand la Chine, elle, pourra lancer des charges avoisinant les quinze tonnes avec sa prochaine génération de lanceur. Quand il faudra de nouveau innover, l’Europe risque de nouveau de se retrouver à péniblement raccrocher les wagons.
Antoine Meunier
Sources : www.lesechos.fr / www.reuters.com / www.esa.int
Photos : www.esa.int / www.nasa.gov / Antoine Meunier /
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Exomars en question ?
Initialement prévue pour
2011, le premier rover martien européen a été reporté à 2013 puis finalement à
2016 suite à une enveloppe budgétaire qui est passé de 650 millions d’euros à plus
de 1,2 milliard. Ce qui incluse également le lancement. A l’heure actuelle, des
projets de collaboration sont en discussion avec les Russes et les Américains
sur ce petit rover capable de forer jusqu’à deux mètres de profondeur dans la
surface de Mars. Le projet devrait être finalisé en septembre prochain.
Il se pourrait que la qualité des eaux ait rendu la vie impossible sur la planète Rouge. Tout espoir de trouver une trace de vie sur Mars est-il donc perdu ? Pas si simple.
Lors de la récente conférence de l’Association Américaine pour l’avancement des sciences, Andrew Knoll, biologiste membre de l’équipe des rovers Spirit et Opportunité, a expliqué que les roches analysées par Opportunity à l’intérieur du cratère Victoria dans Meridiani Planum auraient été trop salées et leur pH trop important pour permettre l’apparition de la vie.
Si la recherche de la vie sur Mars paraît de plus en plus difficile, elle n’est pas non plus compromise. Pourquoi ? D’abord parce qu’après la Terre, Mars figure parmi les candidats les plus favorables du Système solaire. Ensuite, parce qu’il faut chercher sur différents points à la fois. Nouvelle tentative donc, avec le robot Phenix qui doit se poser, si tout va bien, au pôle Nord martien le 25 mai. Il aura pour objectif l’analyse de l’eau gelée et vérifier si les conditions sont, là aussi favorables à l’apparition de la vie. En fait, Phenix reprend certains objectifs de la mission Mars Polar Lander qui avait échoué en 1999.
2009, Mars Science Laboratory
Afin de multiplier les chances de débusquer une quelconque forme de vie fossile ou microbienne sur le sol martien, il faut donc multiplier les sites d’atterrissage des sondes et des revers. Ainsi, Mars Science Laboratory qui décollera l’an prochain, devrait se poser sur une zone qui est riche en argiles et phyllosilicates. Equipé de six roues comme les MER*, il devrait peser 800 kilogrammes et transporter 70 kilogrammes d’instruments scientifiques. Ses missions : détecter de l’eau fossile et des preuves de vies.
Si la vie semble être absente à la surface de Mars, alors peut-être se cache-t-elle dans le sous-sol ? La meilleure façon pour en être certain est de creuser. En 2013, le robot européen ExoMars partira à son tour explorer la planète Rouge. Il sera équipé d’une foreuse lui permettant de faire des prélèvements d’échantillons jusqu’à deux mètres de profondeur. Si dans l’immédiat, les réponses fournies ne sont guères probantes, l’analyse du sous-sol pourra sans doute être plus fructueuse avant une plus longue échéance lors d’un retour d’échantillons pour une analyse complète et peut-être une comparaison avec les roches ramenées lors des missions lunaires.
Dans les milieux les plus extrêmes
Enfin, rappelons-nous que la vie peut se manifester de bien différentes manières et dans les milieux les plus extrêmes. En 1995, une équipe de chercheurs a réalisé un forage dans les montagnes Rocheuses** et a découvert à 1,8 km de profondeur des bactéries endogées, c’est-à-dire vivant dans le sous-sol. Ces bactéries tirent leur énergie de l’oxydation des silicates et pyroxènes de la roche volcanique et fabriquent leur matière organique à partir de gaz carbonique dissous. Autre exemple, dans les fosses abyssales de nos océans vers 10 000 mètres de profondeur sous une pression équivalente à 1 000 atmosphères, il est possible de trouver des bactéries dites « barophiles ». La température ne dépasse pas les 0 degrés Celsius. Sur Mars, la température varie en moyenne de moins 80 à plus 20 degrés…
Sur la Terre, la vie peut apparaître là où on ne l’attend pas, il n’est donc pas impossible que l’on débusque une vie martienne à un endroit que l’on imagine pas.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov/centers/jpl/missions/mer.html
Photos : Jet Propulsion Laboratory / www.esa.int
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*MER : Mars Exploration Rover
** In Ciel et Espace (décembre 1998)
Voilà quatre années que les deux petites astromobiles parcourent inlassablement le sol martien. Malgré l’usure du temps, elles fonctionnent encore très bien et les clichés transmis depuis le sol sont probablement parmi les plus spectaculaires avec ceux des missions Apollo.
A voir les performances de Spirit et d’Opportunity, André Citroën n’aurait certainement pas dit non pour une ballade à la surface de la planète Rouge avec des rovers pressurisés tamponnés au nom de ses voitures. A son époque, l’industriel fut aussi un explorateur qui avait décidé, pour faire connaître sa marque, de parcourir le monde en organisant des « croisières » à travers la planète. La plus célèbre reste bien sur la Croisière Jaune qu’il effectua entre 1931 et 1932 sur 11 000 kilomètres d’ouest en est de Beyrouth à Pékin. Pour leur part, les deux MER* ont certes parcouru mille fois moins que les voitures de la Croisière Jaune mais leur robustesse est impressionnante. Et il existe tout de même des similitudes avec les deux expéditions.
Dans les contrées les plus désolées, il est impossible de ravitailler ou de changer une pièce défaillante. Citroën et son équipe avait pris en ligne de compte ces paramètres. Lorsqu’un problème survient, les hommes du Jet Propulsion Laboratory (JPL) veillent sur les deux automobiles à six roues qui roulent sur la surface oxydée de Mars. L’été dernier, Opportunity a affronté une tempête de poussière qui aurait pu l’endommager de manière irréversible. Afin de préserver le rover, et surtout ses panneaux solaires, on le programma pour qu’il ne contacte la Terre uniquement en cas d’urgence. Les techniciens ont ainsi réduit la consommation d’Opportunity à 130 watts heure contre un peu plus de 700 d’habitude. Pour sa part, Spirit, situé dans le cratère de Gusev se trouvait moins exposé au danger. Déjà éprouvé par trois années sur le sol martien, les deux robots sont repartis et poursuivent leur mission.
Et maintenant ?
Il est évident que les deux sondes ont pulvérisés toutes les attentes. Prévues pour durer trois mois, elles viennent d’entrer à présent dans leur cinquième année de mission. « Les principales découvertes de Spirit sont venues après la première mission de trois mois », a souligné Steve Squyres, principal chercheur des missions MER*, dans un communiqué disponible sur le site du Jet Propulsion Laboratory.
Au catalogue
des découvertes de Spirit, il faut signaler la présence de silice
confirmée en décembre 2007 par la NASA. Il est intéressant de noter que sur
notre planète la silice se forme près de sources d’eau chaude ou bien de
fumerolles. Il s’agit d’émanations gazeuses provenant de fissures ou de trous
dans les zones volcaniques. A ce titre, Steve Squyres en a profité pour
signaler que l’on trouve toujours de la vie microbienne sur la Terre près des
fumerolles. Sur la Terre d’accord mais sur Mars ? L’environnement n’est
pas le même, la température varie, a peu près, à 15 degrés pour la température
la plus chaude à moins 100 pour la plus froide, et la pression atmosphérique
n’atteint que 7 millibars, d’où une atmosphère très ténue. Mais pour obtenir
une réponse sur l’éventuelle présence de vie microbienne il faudrait creuser en
profondeur et prospecter sur plusieurs endroits, ce que ne peut pas faire un
robot sur une période réduite. Les sondes, aussi sophistiquées soient-elles,
ont leurs limites.
André Citroën n’aurait certainement pas décliné une invitation à
parcourir quelques centaines ou quelques milliers de kilomètres à la surface de Mars.
Antoine Meunier
Sources : www.s-e-f.org / www.nasa.gov/centers/jpl/missions/mer.html
Photos : Jet Propulsion Laboratory / www.citroen.com
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*MER : Mars Exploration Rover, Spirit et Opportunity
Plus de deux semaines après sa mise à poste, la sonde Messenger se porte très bien et a transmis les premiers clichés de sa mission qui doit nous livrer les secrets de Mercure.
Trois ans et demi, c’est ce qu’il aura fallu à MErcury Surface, Space, Environnement, GEochemistry and Ranging, Messenger donc, pour parcourir deux milliards de kilomètres et atteindre Mercure, sa destination. Et ce premier survol a tenu ses promesses puisqu’à seulement 200 kilomètres d’altitude, la sonde a permis de voir la planète comme jamais auparavant. « Notre petit vaisseau nous a renvoyé une mine d’or de données excitantes… », S’est enthousiasmé Sean Solomon* de l’Institut Carnegie de Washington et principal scientifique de la mission. Il est vrai que depuis Mariner 10 en 1975, 55% de la surface de la planète n’avait pas été explorée. Dans l’immédiat, les quelques 1 200 clichés pris par Messenger ont notamment mis en évidence la présence de falaises de plusieurs centaines de kilomètres de long, de chaînes de montagnes d’environ 5 000 mètres de haut ou encore des bassins atteignant une profondeur de 2 000 mètres.
En apparence seulement
Avec sa surface grêlée de cratères, Mercure ressemble à la Lune mais la comparaison avec notre satellite s’arrête là. Sean Solomon a présenté la planète comme étant « très dynamique », notamment du fait de l’activité volcanique. Par ailleurs, durant son passage, Messenger a découvert un curieux paysage géologique au centre duquel se trouve un cratère de 41 kilomètres de diamètre baptisé « The Spider », l’Araignée, par les chercheurs. Cette formation est constituée par des tranchées qui, depuis la base, donnent cette forme bizarre et qui demeure pour le moment inexpliquée.
L’Araignée est située au centre d’un bassin appelé Caloris formé voici quatre milliards d’années par l’impact d’un astéroïde. En 1975, les instruments de Mariner 10 avaient estimé sa taille à environ 800 miles (1 300 kilomètres de diamètre). Les instruments de Messenger viennent de revoir ce chiffre à la hausse et donnent à présent une valeur de 960 miles, soit presque 1 600 kilomètres.
Et la mission ne fait que commencer car il reste encore deux survols, en octobre prochain puis en septembre 2009, avant la mise en orbite en mars 2011. Les instruments de la sonde auraient détectés des émissions dans l’ultraviolet de calcium, d’hydrogène et de sodium dans l’exosphère de la planète. Que l’on soit en orbite autour de Saturne, Mars ou Mercure, l’exploration spatiale offre vraiment des paysages d’une beauté insoupçonnée.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov
Photos : NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Carnegie Institution of Washington
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C’est en 1998 que les deux premiers modules de la Station Spatiale Internationale furent assemblé en orbite. Une décennie plus tard, la configuration de la Station a considérablement évolué.
Qui aurait pu imaginer que les deux grands ennemis d’autrefois - les Etats-Unis et l’ex URSS -, s’allieraient pour réaliser un grand complexe orbital offrant un volume habitable de la taille de deux 747 ? Une telle chose eût été impensable sous l’ère Reagan mais la chute du Mur de Berlin et l’effondrement du Bloc Soviétique ont rendu cela possible. Ceux qui, étaient des adversaires, ont su s’entendre pour travailler ensemble. En effet, il fallait préparer le terrain avant de s’attaquer à ce chantier pharaonique que représente l’ISS et qui ne sera achevé qu’en 2010. C’est ainsi qu’en 1994, les premiers astronautes séjournent à bord de la Station Mir. Norman Thagard sera le premier à inaugurer ces séjours américano-russes de longue durée. Car la NASA, même si elle a réalisé les trois missions Skylab en 1973-74 ne dispose pas vraiment d’un savoir-faire en la matière. Il lui faut donc combler son retard et seuls les Russes disposent de l’expérience nécessaire. Avant de s’embarquer à bord de l’ISS, on doit se comprendre, se parler et se respecter. Bref, il faut apprendre à vivre ensemble pour une longue durée. Au total, onze missions Shuttle-Mir se dérouleront entre 1994 et 1998. Pour certains astronautes, ce ne sera pas évident pour d’autres les choses seront plus faciles. Michael Foale, par exemple, qui vola à bord de Mir en 1997 fit le maximum pour s’intégrer. Ainsi, il avait emmené avec lui son DVD portable. Chaque soir, il organisait ainsi une petite séance de cinéma improvisée pour lui et ses compagnons et organisait la traduction des dialogues. Compte tenu des différences culturelles, l’humain prend une importance essentielle. Il s’agit à présent d’une donnée intégrée dans le processus de collaboration.
Le drame de Columbia
Et peu à peu on commence la construction de ce drôle d’assemblage fait de bidons pesant chacun plusieurs tonnes conçus pour la plupart aux Etats-Unis, en Russie mais également en Europe et qui comporte certains équipements venus du Canada. Car les Américains l’ont compris, l’enjeu de cette Station repose sur la base d’un partenariat. Des modules étrangers seront arrimés à l’ISS durant son assemblage (notamment Colombus pour l’Europe et Kibo pour le Japon). Malheureusement, pouvait-on prévoir que le 1er février 2003, la navette Columbia se désintègrerait dans l’atmosphère à plus de 60 kilomètres d’altitude ? Résultat, sept astronautes ont péri et le programme ISS a connu un nouveau retard qui est venu gonflé une note qui pourrait largement dépasser les 100 milliards de dollars une fois la Station achevée d’ici 2010. Et c’est justement la principale critique que les détracteurs des vols habités lui reprochent depuis dix ans : son coût. Il convient tout de même d’apporter une sérieuse nuance. Si l’on compare, le budget prévisionnel de la Défense américaine en 2009 pourrait atteindre le chiffre ahurissant de 514 milliards de dollars* !
Toutefois, il est vrai que l’on est en droit d’attendre un retour sur investissement. Seulement voilà, l’espace est un domaine sur lequel il faut savoir investir à long terme. Une donnée que les décideurs ne savent pas forcément prendre en ligne de compte. Au même titre qu’Apollo en son temps, l’ISS doit donc justifier sa présence en orbite basse. Cela doit servir les objectifs scientifiques et industriels. Mais sera-ce l’unique vocation de la Station ?
Un futur hôtel pour milliardaires ?
Dès avril 2001, un passager embarque à bord du Soyuz TMA pour un séjour d’une semaine moyennant la modique somme de 25 millions de dollars. Pour la Russie, c’est l’occasion de faire rentrer de l’argent frais dans les caisses de son industrie pas très en forme. Mais c’est également le moyen de promouvoir une industrie qui prendra peut-être son essor d’ici une dizaine d’années : le tourisme spatial. A ce jour : cinq «space flight participant » ont payé leur ticket. Le sixième sera Richard Garriot. Concepteur de jeux vidéo, Il est aussi le fils de l’ancien astronaute Owen Garriot qui a volé en 1973 à bord du Skylab américain. Son départ est prévu à la fin de cette année depuis le centre spatial de Baïkonour.
A l’heure actuelle, seule une très faible minorité d’élus auront le privilège de s’offrir le luxe d’un tel voyage. De plus, il faut également rentabiliser la présence de chaque personne à bord de la Station. A moins d’installer un module spécifique, il y a donc fort peu de chance que l’ISS ne devienne un hôtel pour touristes fortunés. Toutefois, lors d’une récente interview accordée à Espace Magazine**, Mark Uhran, Administrateur associé de la NASA chargé du programme ISS déclarait que l’agence se préparait « …à l’émergence d’autres activités ‘non-traditionnelles’ dans la limite de celles qui seront encouragées et permises par les règles propres à chaque nation partenaire. » Irons-nous vers une intensification des passagers payants dans l’ISS ? Reste donc à identifier et à séduire la population qui souhaite passer une semaine en orbite…
Extension des équipages
A la base, le complexe devait accueillir jusqu’à sept personnes mais les réductions budgétaires sont passées par là et en 2009, seulement six personnes pourront vivre dans des conditions optimales à bord. De plus, ce magnifique avant-poste céleste devait même disposer d’un véhicule de secours avec le X-38 dont les essais furent poussés assez loin puisqu’un largage était même prévu depuis l’orbite pour la période 2002/2003. Il fut finalement décidé que seul le Soyuz servirait de vaisseau de secours en cas de danger.
Aujourd’hui, à moins de vingt-quatre mois de son achèvement la Station sera exploitée jusqu’en 2015 par les Etats-Unis et ses partenaires. Il aura fallu près de vingt ans pour que le projet prenne forme depuis le milieu des années 80 et la fin de la Guerre Froide. S’il est vrai que les astronautes ont passé du temps a effectué des réparations parfois spectaculaires, on peut retenir un argument essentiel pour sa défense. En cinquante ans d’aventure spatiale, la Station Spatiale Internationale est le premier programme sur lequel un ensemble de nations ont réussi à collaborer sur une décennie. Gageons que la redécouverte de la Lune et le premier pas sur Mars puissent se faire de la même manière.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov
Photos et vidéo : www.nasa.gov
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* Voir Air et Cosmos N°2065 du 16/02/07 P20
** Cf Espace Magazine N°33 consacré à l’ISS