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Le Directeur Général de l’ESA a rencontré la presse mercredi 14 janvier. L’occasion de faire le point sur les douze mois écoulés et de présenter les perspectives pour 2009.
L’année 2008 marque un tournant pour le spatial européen avec bien sur l’arrivée du premier exemplaire de l’ATV et l’arrimage du module Colombus à la Station Spatiale Internationale (ISS). « Cela faisait vingt ans que nous attendions d’être des partenaires en orbite », a déclaré Jean-Jacques Dordain. Sur le terrain des vols habités, le Vieux Continent n’est en effet plus un partenaire « au sol » puisqu’elle dispose désormais de son propre laboratoire, ce qui lui confère une certaine autonomie avec Colombus et la possibilité d’acheminer du fret à l’ISS grâce à l’ATV dont le second exemplaire devrait en principe être lancé l’an prochain. Partenaire en orbite, car pour la première fois cette année la Station sera commandée cette année par un européen. En effet, Franck De Winne sera le tout premier non américain (et non russe) à diriger la Station, dont l’équipage passera à six personnes au printemps, pour une mission de longue durée. Par ailleurs, le Suédois Christer Fuglesang effectuera là son second vol trois ans seulement après sa première mission. On retiendra aussi que 2008 aura été également marquée par une nouvelle sélection d’astronautes dont le résultat final sera révélé au mois de mai prochain. Quatre nouvelles recrues viendront renforcer l’EAC cette année.
Quatre priorités pour l’ESA
Outre un bilan 2008 qui se présente donc comme très positif, avec une conférence ministérielle réussie en octobre dernier, le Directeur Général de l’ESA considère que 2009 sera tout aussi importante que l’année écoulée. Aussi, quatre grandes priorités sont à l’ordre du jour. En premier lieu, « Nous devons réussir les missions car l’ESA est synonyme de succès ». Ces dernières années ont effectivement été synonymes de réussite pour l’Agence Spatiale Européenne. Parmi les missions à venir on citera trois « observateurs » terrestres : Goce, un satellite qui s’intéresse à la circulation des océans et qui doit décoller en mars à l’aide d’un Soyouz. Viendra ensuite en juillet SMOS qui surveillera l’humidité des sols avant d’être suivi en novembre par Cryosat 2 (analyse des glaces) qui sera mis en orbite en novembre. Pour explorer l’Univers, aura lieu en avril le lancement de Herschel et Planck : deux télescopes ultra sophistiqués qui devraient, selon le Directeur Général, permettre d’aller encore plus loin vers le Big Bang. Toutefois, 2009 sera à marquer d’une pierre blanche puisque pour la première fois, une fusée Soyouz s’élèvera au-dessus de la Guyane. Reste à régler le dossier d’Exomars qui ne sera finalisé qu’en septembre. Pour se faire, l’idée est d’amener les Russes et les Américains qui ont déjà leurs propres sondes (Phobos- Grunt et Mars Science Laboratory*) à se joindre à la mission.
Préparer le futur
Second point : il concerne principalement la gestion financière de l’ESA afin d’acquérir plus d’efficacité et de flexibilité notamment en termes de gestion et de communication. La troisième priorité porte sur le futur. A ce titre, une conférence sur l’exploration aura lieu le 25 juin prochain entre les états membre de l’Union Européenne et l’ESA pour réfléchir sur le rôle futur de l’agence. « Il s’agit d’une décision politique dépassant le cadre spatial », a souligné le Directeur Général. La vie de l’agence est la quatrième priorité que Jean-Jacques Dordain a souhaité mettre à l’ordre du jour de cette réunion. Avec l’élargissement de l’Europe à vingt-cinq états, on inaugure peut-être la voie vers une future agence agrandie au cours des prochaines années. De part l’importance de sa gamme de lanceurs disponibles (Ariane 5, Soyouz et Vega), ses relations avec ses multiples partenaires, ou encore ses actions communes avec la Commission Européenne, l’Agence tient donc à anticiper les enjeux des prochaines années.
Antoine Meunier
Photos : ESA/ /NASA/Antoine Meunier
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© Antoine Meunier 2009
* Suite à un problème technique, le rover partira finalement en 2011.
Voilà maintenant cinq ans que les deux rovers arpentent la planète rouge. Une mission d’exploration qui a largement dépassé toutes les espérances de ses concepteurs.
Alors que notre bonne vieille Terre est aujourd’hui en proie à des soubresauts économiques, tournons-nous un moment vers notre voisine Mars ou deux étranges voitures à six roues continuent d’arpenter la surface oxydée de cette planète qui effarouche les gestionnaires des grandes agences spatiales. Prévues pour durer initialement 90 jours, Spirit et Opportunity ont pulvérisé tous les records de durée pour des missions au sol. Les annales de l’astronautique sont souvent constituées de première et les explorations menées par Spirit et Opportunity en sont une. Parce que c’est la première fois que deux véhicules automatiques ont parcouru, conjointement, la surface d’une autre planète du Système solaire. Lunakhod 2 avait en son temps parcourut 37 kilomètres à la surface de la Lune mais il s’agissait de notre satellite, à seulement 400 000 kilomètres de chez nous. En quelque sorte, « la porte à côté » s’il on peut dire. Mais cela n’enlève rien à la performance. De leur côté, les deux machines martiennes ont eu à affronter un environnement franchement impitoyable avec des vents qui viennent déposer de la poussière sur les panneaux solaires, des températures ou le froid peut atteindre moins 100 degrés celsius en hiver et plus 20 degrés l’été (au maximum).
Un bilan plus que satisfaisant
Depuis que Spirit et Opportunity parcourent les
sables de Mars, leur contrat est donc largement rempli. Plus de 250 000
images ont été renvoyées vers la Terre, trente-six gigabytes de données qui ont permis
de mieux connaître la géologie de la quatrième planète. C’est aussi la première
expédition au sol sur une autre planète et qui préfigure probablement les
futures explorations que mèneront les rovers Mars Science Laboratory en
2012 et Exomars en 2017. A l’heure actuelle, les ingénieurs du Jet
Propulsion Laboratory veulent envoyer Spirit, vers une zone pouvant
ressembler à un cratère volcanique.
La prochaine destination d’Opportunity est le cratère Endeavour situé à sept kilomètres de Victoria. Mais compte tenu des années passées « nous réalisons qu’un composant majeur pourrait défaillir à tout moment… », a déclaré John Callas, responsable de la mission, sur le site de la NASA. Mais vu l’incroyable résistance des deux rovers depuis 2004, on se dit que Spirit et Opportunity n’ont pas fini de nous faire découvrir les secrets de Mars.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov
Photos : NASA/JPL/Caltech
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© Antoine Meunier 2009
Excellente et heureuse année ”spatiale” 2009 à tous…. !
En raison de problèmes techniques, la NASA a annoncé la semaine dernière qu’elle reportait le lancement du rover Mars Science Laboratory de deux ans.
Décidément, la recherche d’une vie sur la planète Rouge devient problématique aussi bien pour l’ESA et la NASA. Malgré des problèmes techniques, l’agence spatiale américaine avait pourtant annoncé au mois d’octobre qu’elle ferait tout pour lancer Mars Science Laboratory lors de la fenêtre de 2009. Mais entre la communication d’entreprise et les difficultés techniques, il y a un rappel à la réalité que la NASA a été forcée de ne pas ignorer. Concrètement, l’agence est en effet confrontée à un gros problème venant des actionneurs. Ce sont les moteurs et transmissions qui seront utilisés pour animer notamment les roues et le bras du rover, dont le coût est passé de 2,3 milliards de dollars contre « seulement » 1,6 milliard, il y a deux ans. La firme Aeroflex, retenue en 2006 par la NASA comme sous-traitant, qui conçoit ces actionneurs rencontre en effet de grosses difficultés dans leur développement. Une centaine de ces pièces, essentielles pour la mission, doit être livrée à Pasadena, mais seulement une trentaine seront finalement installée sur le rover, et à l'heure actuelle aucune n'est arrivée. Il apparaît donc difficile qu’un lancement puisse se dérouler de manière optimale. L’un des administrateurs de l’Agence spatiale américaine déclarait d’ailleurs à propos de l’enjeu que représente MSL : « L’échec n’est pas envisageable… »
Quelques mois de délai supplémentaire
Si la facture va augmenter pour ce rover, qui se veut le digne successeur de Spirit et Opportunity, il n’en demeure pas moins que le délai nécessaire pour résoudre les problèmes ne se chiffrent pas en années mais en mois. Et compte tenu des lois de la mécanique céleste, la planète Rouge ne sera plus en bonne position avant 2011, ce qui présage d’un atterrissage de Mars Science Laboratory dans les sables de Mars vers la mi 2012.
La NASA finit l’année de son Cinquantenaire avec plusieurs retards à la clé dans ses plannings de lancement notamment après le report de la dernière mission d’entretien du télescope spatial Hubble, désormais programmée en mai prochain et un lanceur Ares I-X dont le premier tir a glissé d’avril à octobre 2009. Mais pour garantir le succès, faut-il renoncer à la fiabilité du matériel ?
Antoine Meunier
Sources : www.planetary.org / www.nasaspaceflight.com
Photos : www.nasa.com
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© Antoine Meunier 2008
Après une réunion tenue vendredi 10 octobre, la NASA a indiqué que la sonde Mars Science Laboratory serait bien lancée à la fin de l’année 2009.
1,5 milliard de dollars, c’est le montant actuel de cette mission qui se présente sous la forme d’un petit 4x4 et qui doit parcourir la surface de Mars en 2010. Seulement voilà, des retards de livraison de matériels posent problème sur le calendrier. Toutefois, le Directeur du programme d’exploration de Mars, Doug Mac Cuiston a indiqué lors d’une conférence de presse que l’agence spatiale américaine pouvait tenir les délais afin de maintenir un lancement pour octobre 2009 comme cela reste initialement prévu. Mais le fait est que la sonde est en train de dépasser son budget et que la rallonge atteindrait, selon certains médias américains, environ cent millions de dollars. A ce titre, le président de la Mars Society, Robert Zubrin est monté au créneau dans un mail adressé à ses membres pour que ces derniers fassent pression sur les parlementaires américains. « Si les problèmes techniques peuvent être résolus en économisant de l’argent, parfait. Si nous devons attendre deux ans supplémentaires pour lancer et résoudre les difficultés alors faisons-le. Mais n’abandonnons pas ! »
Il serait en effet regrettable qu’une telle mission abandonnée. Rappelons que Mars Science Laboratory sera capable de se déplacer sur de très grandes distances. On entre donc dans une nouvelle dimension par rapport aux rovers MER qui n’ont franchi qu’à peine dix kilomètres en tout juste cinq années de présence dans les sables de Mars. Fort heureusement, la Nasa semble pour l’instant confirmer le maintien de la mission MSL pour 2009. A suivre…
Le Soyouz TMA-13 a décollé hier à 7h01 GMT depuis le cosmodrome de Baïkonour. A son bord se trouvait Richard Garriot, le fils de l’ancien astronaute du laboratoire orbital Skylab de 1973.
Pour la sixième fois, la Station Spatiale Internationale (ISS) va donc accueillir un passager payant. A 47 ans, Richard Garriot, PDG d’une entreprise de jeux vidéos mènera des expériences sur des bactéries et entend bien, selon ses termes « générer d’importantes rentrées à travers mes activités qui, d’après moi, devraient se développer ». Après une année d’entraînement, voilà donc une première étape pour le fils d’Owen Garriot qui escompte bien revoler une seconde fois dans les dix prochaines années, à l’image de l’un de ses prédécesseurs Charles Simonyi, l’un des cofondateurs de Microsoft, qui souhaiterait revoler au printemps 2009. L’amarrage avec l’ISS doit avoir lieu mardi et Richard Garriott doit revenir sur Terre le 23 octobre.
Antoine Meunier
Sources : www.rfi.fr / www.nasa.gov / www.yahoo.fr / The Mars Society
Photos : Nasa TV / jpl.nasa.gov
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L’International Mars Architecture for the Return of Samples (iMARS) tient cette semaine une conférence, en coopération avec l’Agence Spatiale Européenne, le CNES et la NASA. Objectif en ligne de mire : le retour d’échantillons martiens.
A l’heure actuelle, six sondes examinent la planète Rouge en profondeur. Trois sont en orbite : Mars Reconnaissance Orbiter, Mars Express et Mars Odyssey et trois sont au sol dont deux sont en mouvement (les rovers Spirit et Opportunity) et Phoenix. Cette dernière, qui s’est posée en douceur fin mai, est un lander. Après les vues depuis l’orbite et l’analyse in situ, la prochaine étape de la découverte de Mars pourrait en effet être le retour d’échantillons vers la Terre, que l’on a auparavant envisagé à la base au milieu des années 2000. Il est vrai que l’analyse in situ présente des avantages mais elle a également ses inconvénients. Un examen d’échantillons ne peut être complet que si plusieurs missions sont lancées à différents points de la planète. Pourquoi ? Parce que la logique implique que l’on ne trouvera pas la même composition entre un site et un autre, ce que peuvent toutefois déterminer la composition des sols. Si la mission Mars Sample Return a lieu, il faut qu’elle puisse atterrir à un emplacement répondant aux attentes des chercheurs. Cependant, des investigations à plusieurs endroits seraient nettement plus bénéfiques qu’une simple mission. Bref, il faudrait envisager un programme de missions de retours d’échantillons. L’un des délégués d’iMars a notamment suggéré cette option. Il existe d’ailleurs deux précédents : le programme Apollo et les Lunokhod soviétiques. Les 383 kilogrammes de roches rapportées de la Lune ont permis d’établir plusieurs paramètres. Les 330 grammes de poussières lunaires rapportées de la Mer de la Fécondité et de la Mer des Crises ont permis de découvrir que les basaltes composés de Titane prédominent dans la Mer des Crises et que ceux situés entre la Mer des Crises et la Mer de la Fécondité contiennent de l’anothorsite.
Trois missions en une
Aussi sophistiquées soient-elles, les sondes ont malgré tout, leurs limites. Si un robot connaît un problème, la difficulté de le résoudre peut s’avérer complexe mais pas insurmontable. Et parfois, elle peut être impossible et avoir des conséquences définitives. Lorsque la sonde Mars Polar Lander termina sa descente vers la surface oxydée du pôle sud martien, l’ouverture des pieds d’atterrissage provoqua l’arrêt complet des moteurs alors qu’il restait encore une quarantaine de mètres à descendre (hypothèse la plus sérieuse admise par les chercheurs). Chuter de quarante mètres, équivaut sur la planète Rouge, à tomber d’un peu plus de 13 mètres, la gravité martienne représentant un tiers de la gravité terrestre. Autre échec retentissant, celui de Mars Climate Orbiter survenu quelques semaines avant MPL. Il s’agissait ici d’une erreur incompréhensible de système métrique programmé dans l’ordinateur de bord. Alors le retour d’échantillons martiens en mode automatique doit-il être la nouvelle étape ? Il faut bien prendre en compte une chose. Une mission de type MSR représente en fait trois missions en une : l’atterrissage au site préalablement choisi, la collecte d’échantillons et le retour de ces mêmes échantillons sur Terre via un rendez-vous en orbite martienne avec l’orbiteur. Ce qui n’a encore jamais été tenté.
Préférer l’envoi d’un équipage
Envoyer directement un équipage sur Mars présente un avantage de poids : en cas de problème, un homme peut intervenir directement. Imaginons un instant le scénario suivant : quelques instants avant d’atterrir sur la surface de Mars, le pilote se rend compte que le point prévu présente un quelconque danger. Il peut décider à la dernière seconde de décaler de plusieurs dizaines de mètres son atterrissage. Il existe également ici un précédent qui est resté célèbre, celui d’Apollo 11. Au dernier moment, Neil Armstrong, alors aux commandes du module lunaire Eagle, décida de poser son vaisseau un peu plus loin que prévu car il s’est aperçu que le LEM risquait de tomber dans un cratère. Ce qui l’amena à consommer un plus de carburant que prévu. Mais cela démontre une chose : c’est que l’homme reste le capteur que l’on a pas inventé. Un ordinateur ne sait pas prendre une décision réfléchie. Le tout automatisé a des avantages considérables mais il a également ses limites. Si un problème survient à la dernière minute, l’opérateur qui est aux commandes sur la Terre, n’a aucun moyen d’action compte tenu du délai de transmission de plusieurs minutes avec Mars. Les sceptiques argueront qu’il est dangereux pour l’homme d’aller fouler le sol martien, ce qui est exact car ce « capteur » que nous évoquions plus haut doit travailler, manger, se protéger du rayonnement solaire et pouvoir se détendre, etc… Mais toute conquête ne nécessite-t-elle pas l’acceptation d’un risque ? D’ailleurs, pour relancer le rêve, il faut sans arrêt savoir intéresser le grand public. « Il faut impliquer les citoyens », a déclaré Jean-Jacques Dordain, Directeur Général de l’ESA. En effet, l’espace est l’affaire de tous et pas seulement d’une minorité. Ce pourrait être une belle mission pour les futurs astronautes qui seront retenus par l’Agence spatiale européenne en 2009.
Antoine Meunier
Photos : ESA / JPL
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Erratum
Une erreur s’est glissée dans la chronique n°120. Mars Science Laboratory ne sera pas lancé en 2013 mais bien l’année prochaine par la NASA.
Après plus d’un mois passé sur les sables du pôle Nord de Mars, la sonde Phoenix Mars Lander (PML) commence à livrer ses premières découvertes.
Depuis les débuts de la conquête spatiale, les chercheurs se sont lancés dans la quête d’un véritable Graal : trouver des traces de vie sur un autre monde que le nôtre. Mars a ainsi toujours figuré parmi les candidats potentiels pour la recherche de la vie, à l’instar d’Europe le satellite de Jupiter.
Ainsi, selon l’analyse d’un des premiers échantillons, il semblerait que les sables de notre voisine rouge seraient propices à l’existence d’une vie. Les scientifiques de la mission ne s’enflamment pas pour autant. Ainsi, pas question pour les chercheurs d’évoquer une potentielle forme de vie. Selon Samuel Kounaves, le responsable du TEGA (Thermal and evolved Gas Analyser), « il n’y a rien dans ce sol qui empêcherait la vie, il semble y être au contraire très propice sans rien de toxique ». On imagine aisément la fièvre qui doit animer les responsables de la mission. Ainsi, parmi les échantillons prélevés on trouverait des traces de magnésium, potassium, ou encore du sodium. Autre fait marquant, il se trouve que l’acidité du sol est particulièrement élevée. Ces premiers résultats constitueraient un indice supplémentaire pour la présence d’eau liquide dans l’histoire de la planète Mars.
A la recherche d’indices
Afin d’effectuer ses investigations, le TEGA dispose de huit petits fours dans lesquels sont déposés les échantillons de terre martienne qui, une fois recueillis, sont chauffés à 1 000 degrés Celsius. Et les indices prélevés dans les échantillons laissent à penser que la vie a pu exister et puisse même encore exister sur la surface de Mars. Toutefois, aucune conclusion hâtive n’est tirée. Une perspective de recherche qui s’annonce plus passionnante que jamais et qui montre que la planète Rouge a encore bien des choses à livrer. Mais doit-on se contenter d’explorer la surface de Mars avec un simple atterrisseur ? Il est évident qu’un rover offre une solution séduisante en l’occurrence, pouvoir se déplacer sur plusieurs kilomètres voir plusieurs dizaines de kilomètres. Ce qui sera l’option retenue pour 2013 avec Mars Science Laboratory. Loin de s’opposer les deux solutions se complètent parfaitement. En attendant, Phoenix n’a pas fini de livrer les secrets de Vatistas Borealis.
Antoine Meunier
Sources : JPL / NASA
Photos : JPL / NASA
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Il se pourrait que la qualité des eaux ait rendu la vie impossible sur la planète Rouge. Tout espoir de trouver une trace de vie sur Mars est-il donc perdu ? Pas si simple.
Lors de la récente conférence de l’Association Américaine pour l’avancement des sciences, Andrew Knoll, biologiste membre de l’équipe des rovers Spirit et Opportunité, a expliqué que les roches analysées par Opportunity à l’intérieur du cratère Victoria dans Meridiani Planum auraient été trop salées et leur pH trop important pour permettre l’apparition de la vie.
Si la recherche de la vie sur Mars paraît de plus en plus difficile, elle n’est pas non plus compromise. Pourquoi ? D’abord parce qu’après la Terre, Mars figure parmi les candidats les plus favorables du Système solaire. Ensuite, parce qu’il faut chercher sur différents points à la fois. Nouvelle tentative donc, avec le robot Phenix qui doit se poser, si tout va bien, au pôle Nord martien le 25 mai. Il aura pour objectif l’analyse de l’eau gelée et vérifier si les conditions sont, là aussi favorables à l’apparition de la vie. En fait, Phenix reprend certains objectifs de la mission Mars Polar Lander qui avait échoué en 1999.
2009, Mars Science Laboratory
Afin de multiplier les chances de débusquer une quelconque forme de vie fossile ou microbienne sur le sol martien, il faut donc multiplier les sites d’atterrissage des sondes et des revers. Ainsi, Mars Science Laboratory qui décollera l’an prochain, devrait se poser sur une zone qui est riche en argiles et phyllosilicates. Equipé de six roues comme les MER*, il devrait peser 800 kilogrammes et transporter 70 kilogrammes d’instruments scientifiques. Ses missions : détecter de l’eau fossile et des preuves de vies.
Si la vie semble être absente à la surface de Mars, alors peut-être se cache-t-elle dans le sous-sol ? La meilleure façon pour en être certain est de creuser. En 2013, le robot européen ExoMars partira à son tour explorer la planète Rouge. Il sera équipé d’une foreuse lui permettant de faire des prélèvements d’échantillons jusqu’à deux mètres de profondeur. Si dans l’immédiat, les réponses fournies ne sont guères probantes, l’analyse du sous-sol pourra sans doute être plus fructueuse avant une plus longue échéance lors d’un retour d’échantillons pour une analyse complète et peut-être une comparaison avec les roches ramenées lors des missions lunaires.
Dans les milieux les plus extrêmes
Enfin, rappelons-nous que la vie peut se manifester de bien différentes manières et dans les milieux les plus extrêmes. En 1995, une équipe de chercheurs a réalisé un forage dans les montagnes Rocheuses** et a découvert à 1,8 km de profondeur des bactéries endogées, c’est-à-dire vivant dans le sous-sol. Ces bactéries tirent leur énergie de l’oxydation des silicates et pyroxènes de la roche volcanique et fabriquent leur matière organique à partir de gaz carbonique dissous. Autre exemple, dans les fosses abyssales de nos océans vers 10 000 mètres de profondeur sous une pression équivalente à 1 000 atmosphères, il est possible de trouver des bactéries dites « barophiles ». La température ne dépasse pas les 0 degrés Celsius. Sur Mars, la température varie en moyenne de moins 80 à plus 20 degrés…
Sur la Terre, la vie peut apparaître là où on ne l’attend pas, il n’est donc pas impossible que l’on débusque une vie martienne à un endroit que l’on imagine pas.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov/centers/jpl/missions/mer.html
Photos : Jet Propulsion Laboratory / www.esa.int
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*MER : Mars Exploration Rover
** In Ciel et Espace (décembre 1998)