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C’était il y a quarante ans, le module lunaire Eagle, piloté par Neil Armstrong et Buzz Aldrin de la mission Apollo 11 se posait sur la Lune dans la Mer de la Tranquillité alors que Michael Collins restait en orbite à bord de Columbia.
Du haut de ses photos, quatre décennies vous contemplent auraient sans doute déclaré Bonaparte à ses soldats. Si la conquête de la Lune fut un objectif politique, elle fut également un objectif technologique et humain hors normes. Construire la fusée la plus grande et capable de placer près de 140 tonnes en orbite terrestre basse* reste une chose extraordinaire. La Saturn V, gratte-ciel de 111 mètres de haut, développait près de 2900 tonnes de poussée et emportait le strict nécessaire à trois hommes pour vivre dans l’espace durant, au maximum, une douzaine de jours. Et le plus singulier est que tout fut inventé en seulement huit ans. Depuis ce 25 mai 1961 ou JFK lança ce qui demeure le bras de fer du destin entre les Etats-Unis et l’URSS en prononçant un discours historique devant le Congrès : « Notre pays doit se vouer tout entier à cette entreprise, faire atterrir un homme sur la Lune et le ramener sur la Terre avant la fin de la présente décennie. » Un effort national qui mobilisera près de 400 000 personnes sur tout le territoire, des installations en Floride mais aussi à Houston ou encore à Huntsville en Alabama pour culminer à ce jour historique ou le temps s’est arrêté le 20 juillet 1969.
Tenir le monde en haleine
Il y a 40 ans, Neil Armstrong et Buzz Aldrin deviennent donc les premiers hommes à fouler le sol lunaire sous les yeux incrédules de plus de 600 millions de téléspectateurs qui regardent le premier direct télévisé interplanétaire depuis la Lune. L’image n’est pas très nette, on ne voit pas grand-chose, si ce n’est une silhouette blanche en scaphandre et cette voie qui traverse le vide spatial et prononce une phrase désormais à jamais dans les livres d’histoire : « C’est un petit pas pour un homme mais un bond de géant pour l’humanité ». Oui, incontestablement l’Humanité vient de faire un bond de géant alors que vingt-cinq ans auparavant nous étions en plein conflit mondial. Avec la Course à la Lune, l’Amérique et l’URSS ont réussi à éviter de faire basculer le monde dans un conflit nucléaire. En marchant sur la Lune, Neil Armstrong et Buzz Aldrin réalisent le plus formidable exploit jamais réalisé par l’Humanité et tiennent le monde en haleine pendant les 21 heures qu’ils vont passer sur le sol sélène. Cette mission n’est pas la plus longue et les deux marcheurs lunaires ne passeront qu’un peu moins de trois heures à la surface de la Lune. Mais dans l’inconscient c’est elle que tout le monde retient de l’histoire du programme lunaire. Car dès Apollo 12, commandée par Charles Conrad en novembre 1969, le soufflé était retombé. Le désoeuvrement est malheureusement une chose inévitable.
Une exploration approfondie
Pour le grand public, envoyer des hommes sur la Lune devient une activité aussi banale que prendre sa voiture pour aller faire ses courses au supermarché du coin. Ce qui est faux. Aller dans l’espace reste une activité à hauts risques. Gus Grissom, qui devait commander la mission Apollo 1, et qui décéda avec son équipage lors du test de lancement du 27 janvier 1967, avait eu ses mots lors d’une conférence de presse quelques temps auparavant : « Si nous mourrons, nous voulons que le public l’accepte comme une chose naturelle, la conquête de l’Espace en vaut la peine. » A l’exception du drame d’Apollo 1 qui eut lieu au sol, il n’y eut pas de victime dans l’espace lors du programme Apollo et le sang-froid des équipes techniques de Houston permit de ramener l’équipage d’Apollo 13 sain et sauf. Cette mission relança l’intérêt du public pour le spatial qui était passé à autre chose. Mais c’était la fin d’une époque, le rêve de Kennedy était atteint. Une exploration plus approfondie fut menée lors des trois dernières missions (Apollo15 à 17) grâce à une jeep lunaire au cours d’expéditions de plus de trois jours. Et malheureusement, oui malheureusement, on décida de tout arrêter. Car cela coûtait, il est vrai, fort cher, mais si le matériel se fiabilisait les Etats-Unis étaient englués dans une guerre du Vietnam qui n’en finissait plus et le monde allait connaître son premier choc pétrolier.
En soi, la première exploration humaine de la Lune ne fut pensée que sur le cours terme. Le retour qui est désormais prévu pour 2019 avec le programme Constellation, se fera probablement entre la NASA et ses partenaires de l’ESA. A l’image de la construction de l’ISS, la nouvelle conquête de la Lune qui semble se profiler pour les années 2020 pourrait donc avoir lieu en collaboration. Aussi, le premier équipage qui sera du voyage vers notre satellite à bord du premier vaisseau Orion lunaire sera forcément international. Et que fera-t-on une fois de retour ? On reprendra ce qui a simplement été interrompu en 1972. Mais il ne faut pas considérer la Lune comme une fin en soi. Plutôt comme un tremplin vers Mars, par exemple. N’est-ce pas une perspective enivrante pour les jeunes générations ?
Antoine Meunier
Photos : NASA
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*Ce qui comportait l'étage supérieur de la Saturn V qui était réallumable ainsi que le LM et les modules de commande et de service (CSM).
© La Chronique Spatiale (2009)
Après la sortie parfaitement réussie du colonel Zhaï Zhigang dans l’espace samedi pendant quinze minutes, le vaisseau Shenzou 7 s’est posé dimanche en Mongolie Intérieure à 9h40 GMT après une mission de trois jours totalement maîtrisée.
Assurément ce troisième vol habité chinois revêt une symbolique politique que personne n’aura manqué de relever. Ainsi, on a pu voir le président Hu Jintao n’hésitant pas à féliciter par téléphone le taïkonaute. « Votre sortie dans l'espace a été un succès total, a déclaré le secrétaire général du Parti Communiste. C'est une percée majeure pour le développement de notre programme de vols habités. » Une chose est certaine, c’est que les Chinois ont été galvanisés par la marche spatiale de leur cosmonaute même si celle-ci n’a duré qu’un quart d’heure. Si cette EVA nous paraît routinière, il convient tout de même de saluer cette performance à sa juste valeur. Réaliser une sortie dans l’espace est un exploit et un exercice qui n’est pas sans présenter des risques. En accomplissant cette (brève) performance, la Chine a démontré la fiabilité de son matériel et surtout qu’elle devient un acteur majeur des missions spatiales habitées. C’est peut-être enfoncer une porte ouverte que dele dire mais le fait est là à l’heure où les navettes spatiales américaines ont pratiquement leur place réservée dans les différentes antennes du Smithsonian Institute et ou la NASA devra faire du stop à bord des capsules Soyouz. A tel point que l’on pourrait se poser la question suivante : les Chinois ont-ils les moyens d’arriver sur la Lune avant les Etats-Unis ?
Dans les starting-blocks
On serait tenter de répondre oui. Pourquoi ? Simplement parce l’espace est pour la Chine une véritable vitrine technologique que le gouvernement du pays a repris à son compte et quelque part, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle entre le coup de fil passé par Nixon à l’équipage d’Apollo 11 en 1969 et celui du président Hu Jintao aux taïkonautes de Shenzou 7. Pour un peu, le président chinois comparerait son chinois à Neil Armstrong et le journal Beijing Youth Daily n’a d’ailleurs pas hésité à publier la citation suivante : « un petit pas pour un homme mais un bond de géant pour notre pays ». Petite nuance tout de même : de chaque côté, il manque un lanceur lourd (cf LCS N°125). Pour la Chine, ce sera la fusée Longue Marche 5 et pour les Etats-Unis, ce doit être la fusée Ares 5. Le pays se donne progressivement les moyens de ses ambitions
Dans un contexte économique mondial incroyablement difficile, face à une Europe spatiale qui se cherche (et à qui il ne manquerait qu’un simple geste politique), le risque de se retrouver une nouvelle fois distancée est donc bien présent.
Antoine Meunier
Photos et sources : Xinhua
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C’est en 1998 que les deux premiers modules de la Station Spatiale Internationale furent assemblé en orbite. Une décennie plus tard, la configuration de la Station a considérablement évolué.
Qui aurait pu imaginer que les deux grands ennemis d’autrefois - les Etats-Unis et l’ex URSS -, s’allieraient pour réaliser un grand complexe orbital offrant un volume habitable de la taille de deux 747 ? Une telle chose eût été impensable sous l’ère Reagan mais la chute du Mur de Berlin et l’effondrement du Bloc Soviétique ont rendu cela possible. Ceux qui, étaient des adversaires, ont su s’entendre pour travailler ensemble. En effet, il fallait préparer le terrain avant de s’attaquer à ce chantier pharaonique que représente l’ISS et qui ne sera achevé qu’en 2010. C’est ainsi qu’en 1994, les premiers astronautes séjournent à bord de la Station Mir. Norman Thagard sera le premier à inaugurer ces séjours américano-russes de longue durée. Car la NASA, même si elle a réalisé les trois missions Skylab en 1973-74 ne dispose pas vraiment d’un savoir-faire en la matière. Il lui faut donc combler son retard et seuls les Russes disposent de l’expérience nécessaire. Avant de s’embarquer à bord de l’ISS, on doit se comprendre, se parler et se respecter. Bref, il faut apprendre à vivre ensemble pour une longue durée. Au total, onze missions Shuttle-Mir se dérouleront entre 1994 et 1998. Pour certains astronautes, ce ne sera pas évident pour d’autres les choses seront plus faciles. Michael Foale, par exemple, qui vola à bord de Mir en 1997 fit le maximum pour s’intégrer. Ainsi, il avait emmené avec lui son DVD portable. Chaque soir, il organisait ainsi une petite séance de cinéma improvisée pour lui et ses compagnons et organisait la traduction des dialogues. Compte tenu des différences culturelles, l’humain prend une importance essentielle. Il s’agit à présent d’une donnée intégrée dans le processus de collaboration.
Le drame de Columbia
Et peu à peu on commence la construction de ce drôle d’assemblage fait de bidons pesant chacun plusieurs tonnes conçus pour la plupart aux Etats-Unis, en Russie mais également en Europe et qui comporte certains équipements venus du Canada. Car les Américains l’ont compris, l’enjeu de cette Station repose sur la base d’un partenariat. Des modules étrangers seront arrimés à l’ISS durant son assemblage (notamment Colombus pour l’Europe et Kibo pour le Japon). Malheureusement, pouvait-on prévoir que le 1er février 2003, la navette Columbia se désintègrerait dans l’atmosphère à plus de 60 kilomètres d’altitude ? Résultat, sept astronautes ont péri et le programme ISS a connu un nouveau retard qui est venu gonflé une note qui pourrait largement dépasser les 100 milliards de dollars une fois la Station achevée d’ici 2010. Et c’est justement la principale critique que les détracteurs des vols habités lui reprochent depuis dix ans : son coût. Il convient tout de même d’apporter une sérieuse nuance. Si l’on compare, le budget prévisionnel de la Défense américaine en 2009 pourrait atteindre le chiffre ahurissant de 514 milliards de dollars* !
Toutefois, il est vrai que l’on est en droit d’attendre un retour sur investissement. Seulement voilà, l’espace est un domaine sur lequel il faut savoir investir à long terme. Une donnée que les décideurs ne savent pas forcément prendre en ligne de compte. Au même titre qu’Apollo en son temps, l’ISS doit donc justifier sa présence en orbite basse. Cela doit servir les objectifs scientifiques et industriels. Mais sera-ce l’unique vocation de la Station ?
Un futur hôtel pour milliardaires ?
Dès avril 2001, un passager embarque à bord du Soyuz TMA pour un séjour d’une semaine moyennant la modique somme de 25 millions de dollars. Pour la Russie, c’est l’occasion de faire rentrer de l’argent frais dans les caisses de son industrie pas très en forme. Mais c’est également le moyen de promouvoir une industrie qui prendra peut-être son essor d’ici une dizaine d’années : le tourisme spatial. A ce jour : cinq «space flight participant » ont payé leur ticket. Le sixième sera Richard Garriot. Concepteur de jeux vidéo, Il est aussi le fils de l’ancien astronaute Owen Garriot qui a volé en 1973 à bord du Skylab américain. Son départ est prévu à la fin de cette année depuis le centre spatial de Baïkonour.
A l’heure actuelle, seule une très faible minorité d’élus auront le privilège de s’offrir le luxe d’un tel voyage. De plus, il faut également rentabiliser la présence de chaque personne à bord de la Station. A moins d’installer un module spécifique, il y a donc fort peu de chance que l’ISS ne devienne un hôtel pour touristes fortunés. Toutefois, lors d’une récente interview accordée à Espace Magazine**, Mark Uhran, Administrateur associé de la NASA chargé du programme ISS déclarait que l’agence se préparait « …à l’émergence d’autres activités ‘non-traditionnelles’ dans la limite de celles qui seront encouragées et permises par les règles propres à chaque nation partenaire. » Irons-nous vers une intensification des passagers payants dans l’ISS ? Reste donc à identifier et à séduire la population qui souhaite passer une semaine en orbite…
Extension des équipages
A la base, le complexe devait accueillir jusqu’à sept personnes mais les réductions budgétaires sont passées par là et en 2009, seulement six personnes pourront vivre dans des conditions optimales à bord. De plus, ce magnifique avant-poste céleste devait même disposer d’un véhicule de secours avec le X-38 dont les essais furent poussés assez loin puisqu’un largage était même prévu depuis l’orbite pour la période 2002/2003. Il fut finalement décidé que seul le Soyuz servirait de vaisseau de secours en cas de danger.
Aujourd’hui, à moins de vingt-quatre mois de son achèvement la Station sera exploitée jusqu’en 2015 par les Etats-Unis et ses partenaires. Il aura fallu près de vingt ans pour que le projet prenne forme depuis le milieu des années 80 et la fin de la Guerre Froide. S’il est vrai que les astronautes ont passé du temps a effectué des réparations parfois spectaculaires, on peut retenir un argument essentiel pour sa défense. En cinquante ans d’aventure spatiale, la Station Spatiale Internationale est le premier programme sur lequel un ensemble de nations ont réussi à collaborer sur une décennie. Gageons que la redécouverte de la Lune et le premier pas sur Mars puissent se faire de la même manière.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov
Photos et vidéo : www.nasa.gov
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* Voir Air et Cosmos N°2065 du 16/02/07 P20
** Cf Espace Magazine N°33 consacré à l’ISS
Alors que la sonde Messenger vient de rapporter ses clichés rapprochés de la surface de Mercure, l’Agence Spatiale Européenne et EADS Astrium viennent de signer le contrat pour la construction de la sonde qui devrait s’élancer dans l’espace dans cinq ans.
Avec la visite réussie de Messenger cette semaine, la première planète du Système solaire revient au centre des préoccupations spatiales. Depuis Mariner 10 en 1975, Mercure n’était pas mise de côté puisque les astronomes l’avaient observé depuis le sol. Désormais, si tout se déroule normalement, deux sondes l’auront observé d’ici la fin de la prochaine décennie. Ainsi, BepiColombo devrait entamer un voyage de six ans vers la plus proche planète du Soleil avec un départ programmé en août 2013 avec une fusée Soyuz Fregat.
Cette sonde sera composée de trois modules. Tout d’abord, l’orbiteur européen, le Mercury Planetary Orbiter (MPO) qui sera doté de onze équipements scientifiques. Sa mission : explorer la planète pendant au moins une année depuis l’orbite polaire pour en réaliser une cartographie complète. De son côté, le Mercury Magnetospheric Orbiter (MMO) qui sera mis au point par l’Agence spatiale japonaise (JAXA), devra se consacrer à l’étude du champ magnétique de Mercure. Enfin, il y a le module de transfert, d’une masse de 3 tonnes, qui emporte les deux sondes pendant le long voyage.
Phases de vol
Envoyer un engin vers Mercure est un véritable défi compte tenu de la proximité de la fournaise du Soleil. Afin de résister à la chaleur, une nouvelle protection isolante composée de couches de fibres de verre, de feuilles de titane et de fibres céramiques devrait être développée, ainsi qu’un radiateur qui rejettera dans l’espace la chaleur accumulée à l’intérieur de la sonde. De plus, le vaisseau devrait être doté de panneaux solaires spéciaux capables de fournir une alimentation en énergie à des températures dépassant les 250 degrés Celsius. Voilà pour les protections. Concernant la propulsion, la sonde BepiColombo va, comme Messenger avant elle, utiliser l’assistance gravitationnelle. En effet, l’aide de la Lune et de Vénus est prévue pour fournir suffisamment de vélocité à l’engin durant son périple de six ans vers le Soleil. Si la mission Messenger a notamment pour but de rechercher de la glace enfoui dans les profondeurs de Mercure, la future sonde européenne doit poser plusieurs questions dont l’évolution d’une planète qui s’est formée à proximité « rapprochée » de son étoile comme l’indique le communiqué publié sur le site de l’ESA.
Que ce soit avec New Horizons qui explorera la Ceinture de Kuyper à la frontière du Système solaire ou avec BepiColombo près de Mercure, la fin de la prochaine décennie annonce des découvertes passionnantes.
Antoine Meunier
Sources : Astrium / www.esa.int
Photos : Astrium / www.esa.int / www.nasa.gov
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Il y a 35 ans cette semaine, la mission Apollo 17 clôturait brillamment le premier programme d’exploration lunaire habité de l’histoire de l’Humanité. Hasard ou coïncidence, la NASA en profite pour réaffirmer sa volonté de poser un équipage sur notre satellite d’ici la fin de la prochaine décennie.
Il est des anniversaires qui procurent de belles occasions pour annoncer sa position sur tel ou tel thème et l’Agence spatiale américaine le promet : d’ici la fin de la prochaine décennie, un module lunaire posera une équipe de plusieurs hommes sur le sol lunaire. Et à entendre un des responsables de la NASA déclarer « notre tâche est de bâtir des villes sur la Lune », on serait tenté de croire que l’optimisme de la fin des années 60 est revenu. Celui où tout semblait possible, où la Conquête spatiale semblait n’avoir pas de limite. Pourtant, il convient de tempérer cette affirmation. A l’heure actuelle, les travaux de développement du lanceur Ares I et du vaisseau Orion sont les seuls à avoir démarré. Rien n’est donc impossible alors ? Oui rien n’est impossible mais dans l’immédiat, l’Administration spatiale américaine se concentre un test de remplissage du réservoir central de la navette afin d’identifier la cause de l’anomalie survenue sur les jauges qui a contraint de reporter le lancement d’Atlantis la semaine dernière. Optimisme oui, mais qui n’empêche pas de se préoccuper de la sécurité de ses équipages actuels.
Premières présentations des rovers
Mais aujourd’hui, ce qui frappe, c’est que la NASA communique avec un incroyable dynamisme sur le programme Constellation. Et c’est peut-être en cela que réside la réussite du lancement de ce futur programme : montrer ce que sera le retour sur la Lune.
A l’inverse d’Apollo, il faudra deux lanceurs pour expédier le
matériel sur notre satellite. Ares I et Ares V (particulièrement
ce dernier) sont les piliers de cette entreprise. Et le futur module lunaire
n’aura plus rien à voir avec son prédécesseur des années 60 puisqu’il pourra
emmener jusqu’à quatre personnes à la surface sélène mais cela reste encore
définir. En effet, des deux vaisseaux qui succèderont à la navette seul le
vaisseau Orion est actuellement à l’étude chez Lockheed Martin, le
contractant officiel. Néanmoins, il existe déjà une première ébauche des
nouveaux rovers. Prévus pour deux astronautes, les deux passagers n’auront plus
qu’à se glisser dans leur scaphandre qui sera disposé à l’extérieur, ce qui
permettra ainsi l’économie d’un sas. Toutefois, la version définitive du futur
véhicule qui pourra parcourir environ 900 kilomètres en sept jours à travers le
paysage lunaire, ne devrait être arrêtée que d’ici 2012. Si les prochaines
administrations américaines valident Constellation dans son intégralité, la nouvelle exploration de la Lune s’annonce vraiment palpitante, avant l'étape martienne ?
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.yahoo.fr
Photos et vidéo : www.nasa.gov
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Lancée le 14 septembre, la sonde japonaise Kaguya se porte comme un charme et s’est placée avec succès en orbite autour de l’Astre des nuits la semaine dernière. Le Japon prend donc une légère longueur d’avance dans cette nouvelle course à la Lune.
Arrivée depuis jeudi dernier autour de la Lune, la sonde doit progressivement circulariser son orbite pour se rapprocher à une centaine de kilomètres d’altitude d’ici le 19 octobre. Les japonais viennent de prendre la tête de cette nouvelle course à la Lune (cf.LCS N°48) avec cette mission qui promet d’être ambitieuse puisque Kaguya doit larguer, dans les prochains jours, deux petits satellites non motorisés suivant un mécanisme encore inédit. Le premier servira à mesurer le champ de gravité de la Lune et le second, c’est une première, servira de relais pour assurer les transmissions lorsque la sonde passera du côté de la face cachée de notre satellite. En effet, pour la première fois, des données seront transmises alors qu’un engin spatial se trouve de l’autre côté de la Lune. Comme nous l’avions également évoqué, la cartographie est également au programme de la mission ainsi que la répartition des minéraux.
Commencent en décembre
Toutefois, comme pour toute mission spatiale (ce fut le cas pour Corot, par exemple), il faut effectuer une série de tests de validation sur les quinze instruments de mesure. Ainsi, la mission de Kaguya ne devrait réellement démarrer qu’au mois de décembre pour une durée d’un an. Rappelons que parmi les objectifs de cette mission figure la recherche d’un emplacement idéal pour une future base lunaire habitée. De plus, les chercheurs japonais aimeraient bien confirmer ou infirmer la présence d’eau glacée aux pôles lunaires. Une ressource qui serait bien utile aux futurs explorateurs lunaires qui seront présent sur le sol sélène à partir de 2025. D’un coup estimé à 355 millions d’euros (55 milliards de Yens), la mission Kaguya est particulièrement ambitieuse et se place en pôle position devant la Chine, l'Inde et les Etats-Unis dans cette nouvelle course à la Lune. Un bémol cependant, le lanceur Ares V américain, n’est pas encore voté au budget de la NASA…
Antoine Meunier
Sources : www.jaxa.com
Photos : www.jaxa.com / www.nasa.gov MSCF
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