2 posts tagged “leopold eyharts”
Les travaux de mise en place du module Kibo ont commencé hier soir sur l’ISS. Une mission d’une durée totale de seize jours pour l’équipage de la navette spatiale Endeavour.
A bord de la Station, le planning de travail s’annonce tout aussi chargé que pour le vol STS-122 d’Atlantis qui a vu l’accrochage du module Colombus au début du mois dernier. Bref, le rythme ne faiblit pas. A croire que la cloche qui a accueillit l’équipage d’Endeavour avant-hier soir a donné le ton. Il n’en est rien. Il s’agit en fait d’une tradition empruntée à la marine mais qui traduit finalement bien ce qu’est la Station Spatiale Internationale, un bateau céleste mesurant quand même la taille d’un terrain de football et qui n’a pas encore terminé de s’agrandir. La pose du laboratoire japonais Kibo se fera en trois fois et en fera le plus important complexe scientifique de la station.
Au programme de la mission, cinq sorties extravéhiculaire sont prévues dont l’une doit permettre de mettre au point une technique pour réparer le bouclier thermique afin de préparer la navette à la dernière mission de maintenance du télescope spatial Hubble qui aura lieu à l’automne prochain. En effet, il faut préciser qu’en cas de problème les astronautes de ce vol seraient obligés d’assurer eux-mêmes les réparations et ne pourraient pas rejoindre la Station Spatiale qui se trouve sur une autre orbite.
Sortie nocture
Par ailleurs, et c’est une bonne nouvelle, le lancement de mardi matin n’aurait causé aucun dégât sur l’orbiteur. Toutefois, les photographies de la navette prises depuis le décollage restent encore minutieusement examinées par l’Agence spatiale américaine afin d’écarter le moindre risque. Pour l’heure, les astronautes ont commencé le travail puisqu’une sortie dans l’espace a déjà été effectuée cette nuit par Rick Linnehan et Garrett Reisman afin de préparer l’installation du premier composant du laboratoire japonais Kibo. De leur côté, le commandant d’Endeavour, Dominic Gorie et le spécialiste de mission Tako Doi, commandaient le bras robotique de la navette pour manipuler le JLP (Japanese Logistics Module – Pressurized section) en vue de son raccordement à l’ISS. A cela, viendra également s’ajouter la pose du bras robotique canadien Dextre qui permettra de conduire des opérations à l’extérieur de la Station Spatiale. Pour accomplir la totalité de leur mission, la dizaine d’astronautes dispose d’une dizaine de jours. Pour sa part, Léopold Eyharts ne devrait finalement pas assister à l’arrivée du Jules Vernes puisqu’il doit redescendre avec Endeavour à l’issue de cette mission.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.yahoo.fr
Photos : Nasa TV
Contacts
http://lachroniquespatiale.vox.com
ajmeunier@club-internet.fr
Tél.06 14 92 55 06
La navette spatiale Atlantis devra s’envoler demain* avec deux astronautes européens à son bord, le Français Léopold Eyharts et l’Allemand Hans Schlegel, et une cargaison de la plus haute importance pour l’Europe : le module scientifique Colombus.
Les responsables de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) seront heureux de sabler le champagne quand leur module scientifique sera raccordé à la Station. Initialement prévu pour être acheminé en 2002 et après à d’autres retards, Colombus s’était vu cloué au sol suite à la catastrophe de la navette Columbia, le 1er février 2003. Afin de superviser l’installation du laboratoire européen, l’astronaute français Léopold Eyharts séjournera deux mois et demi dans la Station Spatiale Internationale (ISS). L’équipage a un planning de travail chargé puisqu’au moins trois sorties dans l’espace sont programmées afin d’assurer l’arrimage de Colombus. Un projet qui marque un tournant pour l’Europe puisqu’elle disposera désormais de sa propre infrastructure d’expérimentation à bord de la Station. Précisons tout de même que sur les dix armoires scientifiques, cinq seront à la disposition des Etats-Unis en contrepartie de la mise en orbite de Columbus.
Colombus : la première étape
Le laboratoire Colombus, c’est l’aboutissement de 25 ans de travail pour l’Europe des vols spatiaux habités. Ainsi, si tout va bien, près de 2 000 expériences devraient se succéder dans ce gros cylindre de sept mètres de long et de 10, 3 tonnes durant une dizaine d’années. Il faut en effet compter sur la durée de vie de l’ISS. Restera-t-elle à poste jusqu’en 2015 ou bien jusqu’en 2020 ? Tout dépendra de l’orientation que prendra le programme spatial américain dans les deux prochaines années. C’est en effet d’ici 2010 que l’ISS doit normalement être achevée et que les navettes prendront leur retraite définitive. Si on sait que les Etats-Unis veulent engager leurs efforts pour retourner sur la Lune, pour l’Europe, l’arrivée de Colombus puis de l’ATV le mois prochain, ne doit pas signifier un aboutissement, mais bien une première étape. Car il y a sans doute là le moyen de bâtir la poursuite de l’exploration spatiale habitée tout en se servant de matériels déjà existants. Le lanceur Soyouz et le vaisseau du même nom n’ont-ils pas bâti à eux deux une bonne partie de la Conquête spatiale ? Il y a là un enjeu à ne pas laisser passer.
Antoine Meunier
* Au moment de l’écriture de ces lignes, un problème technique est survenu sur deux des quatre jauges du réservoir externe. La NASA a donc jugé préférable de reporter le tir (normalement programmé aujourd’hui) d’au moins 24 heures, a précisé une dépêche de l’AFP. Selon le site de la NASA, le lancement est reprogrammé pour demain après-midi à 16h09 (heure locale). Lancement à suivre sur Nasa TV à l'adresse suivante www.nasa.gov.
Sources : www.nasa.gov / www.esa.gov. / www.lefigaro.gov / www.afp.com
Photos et illustrations : www.esa.int
Contacts