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La navette Discovery s’est envolée samedi soir à destination de la Station Spatiale Internationale. Six hommes et une femme composent l’équipage qui procèderont à l’arrimage de la seconde partie du module scientifique japonais Kibo.
Il y a toujours quelque chose d’émouvant à regarder la navette spatiale s’élever dans le ciel de Floride bien qu’aujourd’hui les vols spatiaux habités sont rentrés dans les mœurs. Pourtant, on ne peut rester insensible à la réalisation d’un tel exploit. Envoyer des hommes dans l’espace est vraisemblablement la chose la plus difficile qui soit et d’ici deux ans, la structure qui tourne au-dessus de nos têtes atteindra une masse d’environ 450 tonnes. Un exploit qui n’a d’égal que le programme lunaire. Afin de continuer la construction de ce grand meccano qu’est l’ISS, trois sorties sont prévues durant ce vol STS-124 qui durera deux semaines. Ce sont les astronautes Ron Garan et Mike Fossum qui réaliseront ces différentes EVA, nécessaires à l’arrimage du laboratoire japonais au cours des jours 4, 6 et 9 de la mission. Outre l’installation de Kibo, les équipages de la navette et de l’ISS doivent procéder à diverses tâches dont la mise en place d’équipements de télévision externes ou encore le remplacement d’un réservoir d’azote défectueux situé sur la poutre de la Station spatiale.
La structure la plus vaste
Avec l’arrivée de Kibo, la Station se dote de sa partie habitable la plus importante. D’une masse de presque 16 tonnes, le module mesure 11,2 m pour 4,4 m de diamètre et a coûté 2,8 milliards de dollars au Japon. Lorsqu’il disposera de tous ses équipements scientifiques, des études destinés notamment à l’étude de la médecine spatiale, la biologie, les biotechnologies ou encore l’observation de la Terre seront menées à bord. Il faut également ajouter que Kibo possède son propre bras robotisé (RMS) qui est capable de manipuler des charges pouvant atteindre une masse de 7 tonnes. Autre point important, Greg Chamitoff, dont c’est le premier vol, remplacera Garrett Reissmann à bord de l’ISS en tant que membre à part entière de l’Expedition 17. Chamitoff doit rester six mois à bord de la Station. Cette mission très chargée doit durer 14 jours avant l’atterrissage sur la piste du Kennedy Space Center (KSC). La prochaine mission de la navette sera dédiée à la maintenance du télescope spatial Hubble en octobre prochain (cf.LCS N°116).
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov
Photos : www.nasa.gov
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La navette spatiale Discovery s’est envolée aujourd’hui depuis le Centre Spatial Kennedy (KSC) avec sept astronautes à son bord. C’est Pamela Melroy qui commande l’avant-dernière mission de l’avion spatial pour 2007.
Avec Peggy Whitson qui dirige l’Expedition 16 à bord de l’ISS, c’est la première fois que deux missions spatiale sont simultanément confiées à la gente féminine par la NASA. Soulignons cependant qu'Eileen Collins avait été la première femme à commander une navette spatiale en 2005, mais elle a aujourd’hui quitté la NASA. Pamela Melroy est donc aujourd’hui la seule au Bureau des astronautes à détenir cette qualification. Cette jeune retraitée de l’Air Force depuis cette année, avec le grade de colonel, est titulaire de 5 000 heures de vol sur 45 types d’appareils différents et a notamment participé aux opérations Bouclier du Désert et Tempête du Désert en Irak durant la première Guerre du Golfe. Sélectionnée par la NASA en 1994, Pamela Melroy a volé pour la première fois en 2000 en tant que pilote lors du vol STS-92 puis une seconde fois deux ans plus tard, durant la mission STS-112. Pour l’anecdote, il s’agissait à l’époque de la toute première mission à utiliser une caméra sur le réservoir central destinée à fournir des informations aux contrôleurs de vols.
Installation du module Harmony
Une mission qui semble s’annoncer sous les meilleurs hospices mais il y a quelques semaines, de minuscules craquelures sont apparues sur trois des 44 panneaux de protection thermique des bords d’attaques de l’orbiter. Aussi, l’organisme indépendant chargé de la sécurité à la NASA a recommandé un report de deux mois dans la mission afin que l’on puisse remplacer les panneaux en question. Mais cela aurait entraîné un nouveau décalage dans le calendrier de la Station Spatiale Internationale (ISS). Lorsque la navette pénètre l’atmosphère terrestre au cours de la rentrée, la vitesse dépasse plus de 20 fois celle du son et la température peut atteindre les 1 600 degrés sur les bords d’attaque des ailes. De toute manière, les inspections du bouclier thermique sont effectuées uniquement une fois la navette spatiale en orbite terrestre. Depuis la perte de Columbia en 2003, la NASA inspecte à la loupe la protection thermique de ses trois navettes restantes. Mais la sécurité des équipages est restée la préoccupation permanente depuis la mission RTF (justement commandée par Eileen Collins). La NASA ne peut donc se permettre de jouer à pile ou face, surtout pour un vol concernant l'assemblage l’ISS et donc ses partenaires européens.
Rappelons que cette mission est cruciale puisqu’elle permettra la livraison du module Harmony, un cylindre de 14,3 tonnes fabriqué en Italie, qui permettra de relier le laboratoire Columbus et le JEM* pour donner au complexe orbital sa forme presque définitive. C'est l'astronaute italien Paolo Nespoli qui participera à son installation au cours de trois des cinq EVA programmées pendant le vol. Depuis l’installation du compartiment d’amarrage russe Pirs, cela faisait six ans qu’un module habitable n’avait pas été relié à la Station spatiale.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.yahoo.gov
Photos : www.nasa.gov
Suivez la mission STS-120 sur Nasa TV à www.nasa.gov
* JEM : Japanese Experiment Module