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Plusieurs flocons ont été détectés le 5 septembre dernier par l’instrument laser de la sonde Phoenix.
Les amateurs de neige poudreuse seront bien déçus car les quelques flocons tombés au-dessus de Vatistas Borealis, au pôle Nord de Mars, sont passés directement de l’état solide à l’état gazeux. Toutefois, les chercheurs qui n’avaient encore rien vu de tel vont investiguer pour tenter de découvrir une hypothétique trace de neige tombée sur le sol. Mais les découvertes ne s’arrêtent pas là. En effet, du carbonate de calcium et des particules de silicates, probablement de l’argile, ont également été décelées. Or sur notre planète, ces composants ne se forment uniquement qu’en présence d’eau liquide. La théorie de l’eau liquide ancienne se trouve désormais fortement renforcée tandis que l’eau gelée est un fait vérifié grâce à Mars Odyssey depuis 2002.
Ainsi, après plus de trois mois de présence sur la planète Rouge, la sonde Phoenix pourrait maintenant décrocher une prolongation jusqu’à la fin du mois. En effet, à cette période de l’année, l’ensoleillement ne permet plus de recharger les batteries de la sonde.
…Mais une suprématie sérieusement ébranlée
Le succès de Phoenix redore quelque peu le blason d’une NASA aujourd’hui cinquantenaire et qui est actuellement en train de se chercher. Effectivement, avec le retrait des navettes, il n’y aura bientôt plus de véhicule spatial habité de disponible avant l’arrivée programmée de la capsule Orion en 2015. Plus inquiétant encore, l’actuel Administrateur de la NASA, Mike Griffin semble persuadé que les Chinois ont la capacité de se poser sur la Lune avant que l’Amérique ne parvienne à mener à bien son programme Constellation. Dans un mail interne adressé à la Maison-Blanche, ce dernier pense que la Chine pourrait arriver sur le sol Sélène en 2017, soit trois ans avant que la NASA ne puisse à son tour envoyer un équipage vers la Lune à bord du tout premier module Altaïr. De plus, des membres du Congrès ainsi que John Mac Cain, candidat républicain à l’élection présidentielle, et afin de garantir une présence américaine permanente dans l’ISS, auraient suggéré de maintenir à poste les Shuttle jusqu’en 2015. (Surtout pour éviter une dépendance russe du Soyouz). Mais ce n’est pas envisageable financièrement* parlant pour l’agence et encore moins pour un système qui a enfin accompli ce que l’on attendait de lui : acheminer les éléments de l’ISS en orbite. Si une telle solution est adoptée, elle pourrait repousser l’arrivée Orion et un retour sur la Lune qui signifie beaucoup pour la NASA, à savoir le tremplin dont elle a besoin pour atteindre Mars à plus longue échéance.
Dans un contexte économique grave et une situation politique tendue avec la Russie, la NASA pourrait être un formidable vecteur de création d’emplois, tout comme l’ESA d’ailleurs, pour un ambitieux programme spatial avec Mars comme objectif à long terme. Rappelons-nous qu’à son plus fort, Apollo employait plus de 400 000 personnes. Il y a des pistes qu’il ne faut pas négliger.
Antoine Meunier
Sources : www.afp.com / Ciel et Espace (Octobre 2008) / Air et Cosmos
Photos : NASA/JPL-Caltech/University of Arizona/Texas A&M University / NASA
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*En 2008, les navettes avaient une dotation de cinq milliards de dollars sur un budget total d’un peu plus de 20 milliards. Dans trois ans, la dotation du programme Constellation devrait se situer aux alentours de sept milliards. Si les navettes restent à poste cinq après la date programmée de leur retrait indiquée, il semble difficile de concilier les deux programmes pour des questions budgétaires. Un retard de Constellation apparaît donc logique.
Le pilote du module lunaire de la mission Apollo 11 s’est exprimé dans une récente interview accordée au quotidien anglo-saxon, The Sunday Telegraph. Pour lui, les Etats-Unis risquent d’être pris de vitesse dans la nouvelle course à la Lune qui s’engage.
Quand un ancien « Moonwalker » prend la parole, ce n’est pas forcément pour évoquer ses faits d’armes, aussi brillants soient-ils. Edwyn « Buzz » Aldrin, 78 printemps, a des choses à dire. Pour lui, c’est évident, les Etats-Unis doivent « maintenir le cap dans l’exploration spatiale » et il entend bien le faire savoir aux deux candidats de la prochaine l’élection présidentielle américaine. En effet, selon le pilote du module lunaire Eagle de l’historique mission Apollo 11 de 1969, si les Etats-Unis se détournent de leur « vision » spatiale et bien « nous risquons de nous retrouver à la seconde place des vols spatiaux habités pour le restant du siècle », précise-t-il. Début juin, Rick Gilbreth, le responsable du programme d’exploration lunaire américain émettait une mise en garde à propos des Chinois qui pourraient « être sur la Lune deux ou trois ans » avant l’Oncle Sam, soit en 2017 ou 2018. Aldrin a donc décidé d’exposer ses vues sur la question aux deux candidats John Mac-Cain (républicain) et au démocrate Barack Obama. Le premier a affirmé son soutien au programme Constellation qui prévoit le retour d’un équipage sur la Lune vers 2019. Pour sa part, Barack Obama s’est enquis de l’opinion publique pour son intérêt quant aux futurs plans de la NASA.
Une fierté nationale
En Amérique, l’espace revêt un caractère particulier car il s’agit d’une réelle fierté nationale. S’il est acquis que le vaisseau Orion sera désormais le successeur de la navette spatiale, de nombreux obstacles parsèment encore le chemin du retour américain sur la Lune. Il y a notamment la question du lanceur Ares V qui n’est pas encore résolue et il faudra attendre encore 2011 pour que ce nouveau lanceur soit approuvé.
Après la crise des subprimes qui a secoué les Etats-Unis fin 2007, retourner sur la Lune fait-il parti des priorités nationales ? Le prochain locataire de la Maison-Blanche devra tenir compte non seulement des problèmes économiques internes au pays mais également des intérêts stratégiques. « Si nous voulons vraiment que cela arrive, il faut mettre plus d’argent dans ce programme », a déclaré l’ancien astronaute dans les colonnes du Sunday telegraph. Ainsi, Buzz Aldrin souhaite voir se rallumer le même enthousiasme qu’à la glorieuse époque des années 1960. Rappelons tout de même que dès 1967, la NASA voyait déjà son budget diminué du fait de l’empêtrement américain au Vietnam. Mais autre époque, autre contexte. Le retour sur la Lune ne pourra désormais plus être un effort fourni par un seul pays bien qu’il s’agisse d’une perspective à long terme dont avait probablement besoin la NASA. C’est d’ailleurs exactement la manière dont s’est engagé le programme spatial chinois habité Shenzou : le long terme, avec la Lune en point de mire. Mais avant cela, il y aura sa future station spatiale et il lui faudra (comme aux Etats-Unis) disposer d’un lanceur lourd. Ce sera la fusée Longue Marche 5 qui devrait être disponible vers 2013.
Aussi, il n’est pas impossible de voir d’autres pays s’engager dans cette nouvelle course à la Lune. Si la collaboration s’engage sereinement, il serait tout à fait envisageable que l’un des premiers hommes à fouler le pied sur le sol sélène soit européen. Depuis l’échelle de coupée d’un module lunaire conçu par l’ESA ?
Antoine Meunier
Sources : The Sunday telegraph / Le Figaro
Photos : www.nasa.gov
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