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Alors que Phoenix vient de brillamment réussir son atterrissage sur la planète Mars, la navette s’apprête à reprendre le chemin de l’espace pour acheminer le second segment du laboratoire japonais Kibo. Mais l’équipage de la Station Spatiale Internationale (ISS) connaît un embarras, heureusement sans gravité…
L’anecdote peut faire sourire mais à 350 kilomètres d’altitude, la panne des toilettes de l’ISS est vraiment problématique surtout quand le nombre d’astronautes présents dans la Station passera à dix la semaine prochaine. Selon un porte-parole de la NASA, l’équipage de la navette Discovery doit acheminer un lot de pièces détachées, notamment une pompe neuve, pour réparer les commodités de la Station spatiale. Les astronautes donc quelques travaux ménagers en perspective dans sa maison céleste. Sinon, la mission de l’équipage commandé par Mark Kelly – vétéran de deux missions spatiales – consistera à assurer l’assemblage du plus important des trois éléments du laboratoire scientifique japonais Kibo et le plus vaste des modules de la Station. Trois sorties dans l’espace sont prévues en vue de l’installation du Japanese Experiment Module (JEM).
Dernière mission vers Hubble
Le premier élément de Kibo a déjà été envoyé en orbite lors du vol STS-123 en mars dernier et le dernier sera expédié lors de la mission STS-127, (commandée par Mark Polanski* en avril 2009). Le prochain vol de la navette dédiée à la construction de la Station Spatiale Internationale doit intervenir le 10 novembre prochain (STS-126). La navette Endeavour devra livrer au complexe orbital un Multi-Purpose Logistics Module (MPLM). Comme son nom l’indique il s’agit d’un module logistique. Mais la mission qui reste très attendue est probablement celle programmée pour le 8 octobre avec la navette Atlantis. Durant onze jours, les sept astronautes qui forment l’équipage du vaisseau auront comme objectif d’assurer la maintenance et les éventuelles réparations, pour la toute dernière fois, du télescope spatial Hubble (HST). En effet, ce vénérable instrument scientifique doit encore fonctionner pendant cinq ans avant la mise en service du James Webb Space Telescope (JWST). Ce sera l’unique et dernier vol de la navette qui ne sera pas consacré au chantier de l’ISS. Rappelons en effet que l’ensemble des vols du Shuttle, jusqu’à son retrait du service actif en 2010 (mission STS-133) restent intégralement réservés à l’assemblage de l’ISS. Mais n’est-ce pas finalement le rôle qu’on attendait de cet engin pas comme les autres ?
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov
Photos : NASA
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*Voir l’interview de Mark Polanski dans Espace Magazine N°36 H.S consacré à la navette spatiale.
Les travaux de mise en place du module Kibo ont commencé hier soir sur l’ISS. Une mission d’une durée totale de seize jours pour l’équipage de la navette spatiale Endeavour.
A bord de la Station, le planning de travail s’annonce tout aussi chargé que pour le vol STS-122 d’Atlantis qui a vu l’accrochage du module Colombus au début du mois dernier. Bref, le rythme ne faiblit pas. A croire que la cloche qui a accueillit l’équipage d’Endeavour avant-hier soir a donné le ton. Il n’en est rien. Il s’agit en fait d’une tradition empruntée à la marine mais qui traduit finalement bien ce qu’est la Station Spatiale Internationale, un bateau céleste mesurant quand même la taille d’un terrain de football et qui n’a pas encore terminé de s’agrandir. La pose du laboratoire japonais Kibo se fera en trois fois et en fera le plus important complexe scientifique de la station.
Au programme de la mission, cinq sorties extravéhiculaire sont prévues dont l’une doit permettre de mettre au point une technique pour réparer le bouclier thermique afin de préparer la navette à la dernière mission de maintenance du télescope spatial Hubble qui aura lieu à l’automne prochain. En effet, il faut préciser qu’en cas de problème les astronautes de ce vol seraient obligés d’assurer eux-mêmes les réparations et ne pourraient pas rejoindre la Station Spatiale qui se trouve sur une autre orbite.
Sortie nocture
Par ailleurs, et c’est une bonne nouvelle, le lancement de mardi matin n’aurait causé aucun dégât sur l’orbiteur. Toutefois, les photographies de la navette prises depuis le décollage restent encore minutieusement examinées par l’Agence spatiale américaine afin d’écarter le moindre risque. Pour l’heure, les astronautes ont commencé le travail puisqu’une sortie dans l’espace a déjà été effectuée cette nuit par Rick Linnehan et Garrett Reisman afin de préparer l’installation du premier composant du laboratoire japonais Kibo. De leur côté, le commandant d’Endeavour, Dominic Gorie et le spécialiste de mission Tako Doi, commandaient le bras robotique de la navette pour manipuler le JLP (Japanese Logistics Module – Pressurized section) en vue de son raccordement à l’ISS. A cela, viendra également s’ajouter la pose du bras robotique canadien Dextre qui permettra de conduire des opérations à l’extérieur de la Station Spatiale. Pour accomplir la totalité de leur mission, la dizaine d’astronautes dispose d’une dizaine de jours. Pour sa part, Léopold Eyharts ne devrait finalement pas assister à l’arrivée du Jules Vernes puisqu’il doit redescendre avec Endeavour à l’issue de cette mission.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.yahoo.fr
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Après le président Sarkozy qui plaide pour un programme international d’exploration martienne, la chancelière Angela Merkel s’est adressée aux astronautes à l’issue de leur seconde sortie dans l’espace, ce mercredi.
Incontestablement, cette année 2008 marque un important virage pour l’Europe spatiale et ses deux principaux acteurs : la France et l’Allemagne. Le raccordement réussi de Colombus à la Station ouvre une nouvelle ère. Même si l’on a critiqué depuis une décennie les dérives budgétaires de ce grand laboratoire spatial qu’est l’ISS, il offre désormais une fenêtre sans pareil sur l’espace mais également une certaine autonomie pour le Vieux continent car le module Colombus sera géré par un centre de contrôle basé à Oberpfaffenhofen et dépendant du Centre aérospatial allemand (DLR) donc une gestion européenne de Colombus. Et à ceux qui en douteraient, la science aura toute sa place. Ainsi, quatre expérimentations démarreront immédiatement après l’activation du module avec notamment le Biolab « European Physiology Module » (EPM) qui a été conçu pour les projets de médecine humaine. Pas question de perdre du temps. Le planning de Hans Schlegel mais surtout celui de Léopold Eyharts s’annonce très bien remplie jusqu’à la fin du mois de mars.
Bientôt le Japon
Alors que le premier ATV s’annonce, il faut également compter avec l’arrivée du Japanese Experiment Module (JEM) qui doit, à son tour, être greffée à l’ISS le mois prochain. Il sera expédié en orbite par la mission STS-123. Ce vol sera commandé par Dominic L. Gorie, commandant sur STS-108 en 2001 et titulaire au total de trois missions à bord de la navette spatiale. STS-123 aura pour objectif de livrer le Japanese Experiment Logistics Module – ou JLP. Combiné avec une seconde section pressurisée, ils formeront le module Kibo. L’ensemble des équipements japonais sera livré au cours de trois missions. Pour l’astronaute Tako Doï, spécialiste de mission sur STS-123 « avec cette mission, le vrai programme spatial humain du Japon peut commencer. »
Avec Colombus, ce mois-ci, Kibo dont les éléments seront acheminés en deux vols, la Station Spatiale Internationale revêt désormais son identité. L’Europe et le Japon peuvent désormais revendiquer une place de choix, même si les Etats-Unis sont encore majoritaires.
Antoine Meunier
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La navette spatiale Discovery s’est envolée aujourd’hui depuis le Centre Spatial Kennedy (KSC) avec sept astronautes à son bord. C’est Pamela Melroy qui commande l’avant-dernière mission de l’avion spatial pour 2007.
Avec Peggy Whitson qui dirige l’Expedition 16 à bord de l’ISS, c’est la première fois que deux missions spatiale sont simultanément confiées à la gente féminine par la NASA. Soulignons cependant qu'Eileen Collins avait été la première femme à commander une navette spatiale en 2005, mais elle a aujourd’hui quitté la NASA. Pamela Melroy est donc aujourd’hui la seule au Bureau des astronautes à détenir cette qualification. Cette jeune retraitée de l’Air Force depuis cette année, avec le grade de colonel, est titulaire de 5 000 heures de vol sur 45 types d’appareils différents et a notamment participé aux opérations Bouclier du Désert et Tempête du Désert en Irak durant la première Guerre du Golfe. Sélectionnée par la NASA en 1994, Pamela Melroy a volé pour la première fois en 2000 en tant que pilote lors du vol STS-92 puis une seconde fois deux ans plus tard, durant la mission STS-112. Pour l’anecdote, il s’agissait à l’époque de la toute première mission à utiliser une caméra sur le réservoir central destinée à fournir des informations aux contrôleurs de vols.
Installation du module Harmony
Une mission qui semble s’annoncer sous les meilleurs hospices mais il y a quelques semaines, de minuscules craquelures sont apparues sur trois des 44 panneaux de protection thermique des bords d’attaques de l’orbiter. Aussi, l’organisme indépendant chargé de la sécurité à la NASA a recommandé un report de deux mois dans la mission afin que l’on puisse remplacer les panneaux en question. Mais cela aurait entraîné un nouveau décalage dans le calendrier de la Station Spatiale Internationale (ISS). Lorsque la navette pénètre l’atmosphère terrestre au cours de la rentrée, la vitesse dépasse plus de 20 fois celle du son et la température peut atteindre les 1 600 degrés sur les bords d’attaque des ailes. De toute manière, les inspections du bouclier thermique sont effectuées uniquement une fois la navette spatiale en orbite terrestre. Depuis la perte de Columbia en 2003, la NASA inspecte à la loupe la protection thermique de ses trois navettes restantes. Mais la sécurité des équipages est restée la préoccupation permanente depuis la mission RTF (justement commandée par Eileen Collins). La NASA ne peut donc se permettre de jouer à pile ou face, surtout pour un vol concernant l'assemblage l’ISS et donc ses partenaires européens.
Rappelons que cette mission est cruciale puisqu’elle permettra la livraison du module Harmony, un cylindre de 14,3 tonnes fabriqué en Italie, qui permettra de relier le laboratoire Columbus et le JEM* pour donner au complexe orbital sa forme presque définitive. C'est l'astronaute italien Paolo Nespoli qui participera à son installation au cours de trois des cinq EVA programmées pendant le vol. Depuis l’installation du compartiment d’amarrage russe Pirs, cela faisait six ans qu’un module habitable n’avait pas été relié à la Station spatiale.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.yahoo.gov
Photos : www.nasa.gov
Suivez la mission STS-120 sur Nasa TV à www.nasa.gov
* JEM : Japanese Experiment Module