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Dans le cadre du 48ème Salon Aéronautique et de l’Espace du Bourget, L’Agence Spatiale Européenne organisait mardi une rencontre avec Jean-Jacques Dordain, son Directeur Général et la nouvelle promotion d’astronautes.
Si l'EAC s’agrandit de six nouvelles recrues, l’actualité des astronautes est bien chargée puisque Franck de Winne (Belgique) remplit actuellement les fonctions d’ingénieur de vol à bord de l’ISS* avant de succéder à Guennady Padalka en août. Le même mois, ce sera le Suédois Crister Fuglesang qui s’envolera à bord de la navette pour sa seconde mission. Parallèlement, Paolo Nespoli, qui devrait s’envoler en 2011, est actuellement à l’entraînement a annoncé Jean-Jacques Dordain. Concernant les opportunités de vol des nouveaux astronautes, le directeur général s’est voulu très clair en affirmant que « tous voleront ». L’ESA possède déjà sept incréments de vol pour des missions de longue durée. Toutefois, l’agence travaille pour se créer des opportunités supplémentaires. Ce qui offre peut-être des perspectives pour la nouvelle promotion.
Etape par étape
Rappelons cependant qu’il y a encore huit astronautes actifs. « Il
n’y a pas que nous. Nous, nous avons encore tout apprendre », a notamment
précisé le Français Thomas Pesquet avec beaucoup de lucidité. « Nous
allons commencer par l’entraînement de base et apprendre les choses une par
une. » Pour sa part, Luca Parmitano souligne que « Pour
l’instant, je me concentre sur ce qui va se passer dans les prochains mois,
l’entraînement de base. C’est déjà l’aventure à n’importe quel niveau. C’est
important garder la tête sur les épaules. ». Pas question de bruler les étapes donc.
Et cette promotion 2009 apporte une bouffée de fraîcheur bienvenue, se prêtant avec bonne grâce aux questions réponses et aux autographes dans ce Salon du Bourget 2009 qui avait démarré dans une ambiance plombée par le mauvais temps et les poursuites de l’enquête de la catastrophe de l’Airbus AF 447. Simonetta di Pippo, Directrice des vols habités de l’ESA, a rappelé le programme qui attend la nouvelle promotion à compter de septembre. A la rentrée, les six nouvelles recrues démarrent l’entraînement basique d’une durée de dix-huit mois avant l’entraînement principal pour une mission. L’enthousiasme et la patience sont deux qualités essentielles chez les astronautes et nos six "rookies", s'ils ne connaissent pas encore la date exacte de leur premier vol, ont déjà une idée du parcours qui sera le leur.
Antoine Meunier
Photos : Antoine Meunier
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*cf.LCS N°156
© La Chronique Spatiale (2009)
Malgré une année marquée par une crise économique mondiale sans précédent depuis 1929, le secteur spatial s’en sort bien. Environ une demi douzaine de lancements d’Ariane V est programmé pour l’année.
Jean-Jacques Dordain l’avait déclaré au cours de ses vœux à la presse à la mi janvier : « On ne peut imaginer le futur sans espace ». Le spatial européen affiche en effet une bonne santé avec six à huit tirs d’Ariane V planifiés pour 2009. Depuis 2002, le lanceur européen aligne 28 réussites successives avec la version ECA. De quoi donner en effet le moral aux contractants. Et Ariane V va notamment mettre en orbite Herschel et Planck qui doivent mesurer la température du rayonnement cosmique. Outre l’exploration de l’Univers, la Terre, fait également l’objet de toutes les attentions avec des satellites explorateurs de la notre planète. L’exploration planétaire, c’est aussi apprendre à mieux connaître notre propre planète. Ce sera Goce (Gravity-Field and Steady-State Ocean Circulation Explorer) qui ouvrira le bal des tirs en mars prochain - mais avec un lanceur Soyouz -, afin de mieux nous faire connaître la circulation des océans. Il devra également mesurer les variations du champ gravitationnel terrestre. Prévu pour évoluer sur une orbite d’environ 250 kilomètres, ce satellite à l’allure d’un vaisseau tout droit sorti d’un film de Star Strek aura une mission d’une durée de vingt mois. Autre mission d’importance : Cryosat 2. Son lancement est programmé normalement le 9 novembre prochain et il sera dédié à l’étude des glaces. Cryosat sera pour sa part placé sur une orbite plus élevée et sa durée de vie devrait atteindre trois ans et demi. Ce satellite est directement calqué sur son prédécesseur perdu en 2005.
Toujours pas de véhicule habité
Mais paradoxalement, si l’ESA a su monter en puissance dans de très nombreux programmes spatiaux (exploration planétaire, météorologie, observation du soleil, etc…), elle ne dispose pas du même budget que celui de la vénérable NASA, qui aligne un chèque de 17,6 milliards de dollars pour environ 3 milliards d’euros pour l’agence européenne. De plus, si elle dispose de son propre laboratoire avec Colombus dans la Station Spatiale Internationale (ISS), l’Union Européenne ne dispose toujours pas de son propre véhicule spatial de transport. Seulement, à la différence des Etats-Unis, l’Europe manque de cette culture du vol habité si profondément ancrée en Amérique. Toutefois, le Vieux Continent a choisi de s’engager sur d’autres chemins notamment avec l’arrivée du Soyouz en Guyane, mais à un moment donné, elle devra franchir un nouveau cap et pour cela, une décision politique est nécessaire. Voilà un défi pour l’ESA des années 2020… ou plus tôt ?
Antoine Meunier
Sources : AFP
Photos : ESA / CNES / Arianespace
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© Antoine Meunier (2008- 2009)
Le Directeur Général de l’ESA a rencontré la presse mercredi 14 janvier. L’occasion de faire le point sur les douze mois écoulés et de présenter les perspectives pour 2009.
L’année 2008 marque un tournant pour le spatial européen avec bien sur l’arrivée du premier exemplaire de l’ATV et l’arrimage du module Colombus à la Station Spatiale Internationale (ISS). « Cela faisait vingt ans que nous attendions d’être des partenaires en orbite », a déclaré Jean-Jacques Dordain. Sur le terrain des vols habités, le Vieux Continent n’est en effet plus un partenaire « au sol » puisqu’elle dispose désormais de son propre laboratoire, ce qui lui confère une certaine autonomie avec Colombus et la possibilité d’acheminer du fret à l’ISS grâce à l’ATV dont le second exemplaire devrait en principe être lancé l’an prochain. Partenaire en orbite, car pour la première fois cette année la Station sera commandée cette année par un européen. En effet, Franck De Winne sera le tout premier non américain (et non russe) à diriger la Station, dont l’équipage passera à six personnes au printemps, pour une mission de longue durée. Par ailleurs, le Suédois Christer Fuglesang effectuera là son second vol trois ans seulement après sa première mission. On retiendra aussi que 2008 aura été également marquée par une nouvelle sélection d’astronautes dont le résultat final sera révélé au mois de mai prochain. Quatre nouvelles recrues viendront renforcer l’EAC cette année.
Quatre priorités pour l’ESA
Outre un bilan 2008 qui se présente donc comme très positif, avec une conférence ministérielle réussie en octobre dernier, le Directeur Général de l’ESA considère que 2009 sera tout aussi importante que l’année écoulée. Aussi, quatre grandes priorités sont à l’ordre du jour. En premier lieu, « Nous devons réussir les missions car l’ESA est synonyme de succès ». Ces dernières années ont effectivement été synonymes de réussite pour l’Agence Spatiale Européenne. Parmi les missions à venir on citera trois « observateurs » terrestres : Goce, un satellite qui s’intéresse à la circulation des océans et qui doit décoller en mars à l’aide d’un Soyouz. Viendra ensuite en juillet SMOS qui surveillera l’humidité des sols avant d’être suivi en novembre par Cryosat 2 (analyse des glaces) qui sera mis en orbite en novembre. Pour explorer l’Univers, aura lieu en avril le lancement de Herschel et Planck : deux télescopes ultra sophistiqués qui devraient, selon le Directeur Général, permettre d’aller encore plus loin vers le Big Bang. Toutefois, 2009 sera à marquer d’une pierre blanche puisque pour la première fois, une fusée Soyouz s’élèvera au-dessus de la Guyane. Reste à régler le dossier d’Exomars qui ne sera finalisé qu’en septembre. Pour se faire, l’idée est d’amener les Russes et les Américains qui ont déjà leurs propres sondes (Phobos- Grunt et Mars Science Laboratory*) à se joindre à la mission.
Préparer le futur
Second point : il concerne principalement la gestion financière de l’ESA afin d’acquérir plus d’efficacité et de flexibilité notamment en termes de gestion et de communication. La troisième priorité porte sur le futur. A ce titre, une conférence sur l’exploration aura lieu le 25 juin prochain entre les états membre de l’Union Européenne et l’ESA pour réfléchir sur le rôle futur de l’agence. « Il s’agit d’une décision politique dépassant le cadre spatial », a souligné le Directeur Général. La vie de l’agence est la quatrième priorité que Jean-Jacques Dordain a souhaité mettre à l’ordre du jour de cette réunion. Avec l’élargissement de l’Europe à vingt-cinq états, on inaugure peut-être la voie vers une future agence agrandie au cours des prochaines années. De part l’importance de sa gamme de lanceurs disponibles (Ariane 5, Soyouz et Vega), ses relations avec ses multiples partenaires, ou encore ses actions communes avec la Commission Européenne, l’Agence tient donc à anticiper les enjeux des prochaines années.
Antoine Meunier
Photos : ESA/ /NASA/Antoine Meunier
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© Antoine Meunier 2009
* Suite à un problème technique, le rover partira finalement en 2011.
Sur fond de crise économique, les ministres européens en charge des affaires spatiales ont jeté les bases de la politique spatiale pour les prochaines années, mardi et mercredi dernier. Une augmentation de 21%.
Jean-Jacques Dordain, Directeur général de l’Agence spatial européenne (ESA), peut se féliciter de cette conférence ministérielle tenue à La Haye, puisque ce dernier pensait avoir "bon espoir de récolter plus de 9 milliards d’euros" sur les 10 nécessaires aux programmes de son agence. Il s’agit d’une réelle victoire que n’aurait sûrement pas renié son homologue américain de la NASA, Mike Griffin. Ainsi, ce sont au total 9,95 milliards d’euros qui seront financés. Avec 2,7 milliards d’euros mis sur la table, l’Allemagne devient le premier contributeur de l’Agence, contre 2,3 à la France. L’intégralité de ces 10 milliards s’étalent, bien entendu, pour les trois prochaines années. De 2008 à 2012, la contribution totale de l’ESA à l’ISS sera de 1,37 milliard d’euros, ce qui en fait le programme le plus cher jamais votés par l’Agence spatiale européenne.
L’ISS jusqu’en 2020 ?
Mardi matin, un porte-parole de l’ESA a même indiqué que les
partenaires de l’agence oeuvraient afin que l’ISS puissent être utilisée au
moins jusqu’en 2020. Pour l’Allemagne la Station Spatiale Internationale est
une priorité, alors que la France cherche avant tout à moderniser la fusée Ariane
V dont les études préparatoires pour la prochaine génération ont permis de
récolter 357 millions d’euros. Par ailleurs, avec l’ATV, l’Europe dispose
maintenant d’un véhicule susceptible d’être transformé en capsule habitée. Mais
ce point ne semble pas figurer au rang des priorités alors qu’il y avait là une
réelle opportunité à saisir face à la place bientôt laissée vacante par le
retrait des navettes américaines. Rappelons qu’un projet de vaisseau avec
équipage, dérivé de l’ATV existe, il s’agit de l’ATV-Evolution - une maquette
a notamment été présentée au grand public lors de l’exposition du centenaire du
Gifas en octobre dernier. Elle pourrait voler dans un premier temps en mode
cargo d’ici 2014 pour acheminer du fret à la Station puis redescendre sur Terre
avant un premier vol habité d’ici 2017.
François Auque, Président exécutif d’EADS Astrium a d’ailleurs livré son sentiment sur le futur de l’ATV dans une interview accordé au quotidien Les Echos daté du 24 novembre, expose son inquiétude quand au manque de visibilité sur l'après-ATV. Il est donc plus qu’urgent de réagir mais le fait est que tout repose sur une décision politique. Seul l’Allemagne parait avoir fait du vol habité (avec l’ISS) une priorité. Ainsi, Quand la Chine rattrape son retard technologique de manière exponentielle, l’Europe devra vraisemblablement se contenter dans les prochaines années d’un lanceur qui ne répondra plus aux futures demandes, par manque d’anticipation ? Se contentant simplement de lancer dix à douze tonnes de charge utile quand la Chine, elle, pourra lancer des charges avoisinant les quinze tonnes avec sa prochaine génération de lanceur. Quand il faudra de nouveau innover, l’Europe risque de nouveau de se retrouver à péniblement raccrocher les wagons.
Antoine Meunier
Sources : www.lesechos.fr / www.reuters.com / www.esa.int
Photos : www.esa.int / www.nasa.gov / Antoine Meunier /
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Exomars en question ?
Initialement prévue pour
2011, le premier rover martien européen a été reporté à 2013 puis finalement à
2016 suite à une enveloppe budgétaire qui est passé de 650 millions d’euros à plus
de 1,2 milliard. Ce qui incluse également le lancement. A l’heure actuelle, des
projets de collaboration sont en discussion avec les Russes et les Américains
sur ce petit rover capable de forer jusqu’à deux mètres de profondeur dans la
surface de Mars. Le projet devrait être finalisé en septembre prochain.