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Dans le cadre du 48ème Salon Aéronautique et de l’Espace du Bourget, L’Agence Spatiale Européenne organisait mardi une rencontre avec Jean-Jacques Dordain, son Directeur Général et la nouvelle promotion d’astronautes.
Si l'EAC s’agrandit de six nouvelles recrues, l’actualité des astronautes est bien chargée puisque Franck de Winne (Belgique) remplit actuellement les fonctions d’ingénieur de vol à bord de l’ISS* avant de succéder à Guennady Padalka en août. Le même mois, ce sera le Suédois Crister Fuglesang qui s’envolera à bord de la navette pour sa seconde mission. Parallèlement, Paolo Nespoli, qui devrait s’envoler en 2011, est actuellement à l’entraînement a annoncé Jean-Jacques Dordain. Concernant les opportunités de vol des nouveaux astronautes, le directeur général s’est voulu très clair en affirmant que « tous voleront ». L’ESA possède déjà sept incréments de vol pour des missions de longue durée. Toutefois, l’agence travaille pour se créer des opportunités supplémentaires. Ce qui offre peut-être des perspectives pour la nouvelle promotion.
Etape par étape
Rappelons cependant qu’il y a encore huit astronautes actifs. « Il
n’y a pas que nous. Nous, nous avons encore tout apprendre », a notamment
précisé le Français Thomas Pesquet avec beaucoup de lucidité. « Nous
allons commencer par l’entraînement de base et apprendre les choses une par
une. » Pour sa part, Luca Parmitano souligne que « Pour
l’instant, je me concentre sur ce qui va se passer dans les prochains mois,
l’entraînement de base. C’est déjà l’aventure à n’importe quel niveau. C’est
important garder la tête sur les épaules. ». Pas question de bruler les étapes donc.
Et cette promotion 2009 apporte une bouffée de fraîcheur bienvenue, se prêtant avec bonne grâce aux questions réponses et aux autographes dans ce Salon du Bourget 2009 qui avait démarré dans une ambiance plombée par le mauvais temps et les poursuites de l’enquête de la catastrophe de l’Airbus AF 447. Simonetta di Pippo, Directrice des vols habités de l’ESA, a rappelé le programme qui attend la nouvelle promotion à compter de septembre. A la rentrée, les six nouvelles recrues démarrent l’entraînement basique d’une durée de dix-huit mois avant l’entraînement principal pour une mission. L’enthousiasme et la patience sont deux qualités essentielles chez les astronautes et nos six "rookies", s'ils ne connaissent pas encore la date exacte de leur premier vol, ont déjà une idée du parcours qui sera le leur.
Antoine Meunier
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*cf.LCS N°156
© La Chronique Spatiale (2009)
C’est donc parti pour une dernière visite. La navette Atlantis a parfaitement décollé depuis le centre spatial Kennedy (KSC) en Floride à 20h01 (heure française) avec pour objectif le télescope spatial Hubble, en orbite à 560 kilomètres d’altitude.
Cette mission de maintenance du HST ferait presque oublier que deux navettes spatiales attendaient sur le pas de tir de Cap Kennedy. Il y avait bien sur Atlantis, qui va rallier Hubble et le remettre à neuf pour lui permettre de rester à poste, en théorie pour une durée de vie supplémentaire d’environ cinq ans, et il y avait Endeavour. Le second orbiteur se tient en effet prêt à venir en aide à l’équipage du premier si un problème survenait. Quatre astronautes composent cet équipage de réserve qui se tient prêt à être lancé dans la semaine (le temps de changer STS-400 de pas de tir pour le positionner sur le PAD 39 A) pour cette éventuelle mission de sauvetage. Commandé par Chris Ferguson, cet équipage a volé durant la mission STS-126. Dans l’hypothèse ou le second orbiteur devrait intervenir, les deux navettes viendraient se positionner dos à dos, en utilisant le bras robot, et l’équipage d’Atlantis évacuerait ensuite vers Endeavour en trois temps. On se retrouverait donc avec onze personnes dans le même astronef.
Déjà en 1973
Une situation inédite ? Pas tout à fait car il y a trente-six ans, un plan du même ordre fut mis au point pour ramener l’équipage de Skylab 3 qui connut de sérieux problèmes avec le vaisseau Apollo. On songea donc à envoyer un vaisseau capable d’accueillir cinq personnes. Ce plan ne fut finalement pas utilisé. Tout est donc mis œuvre pour assurer la sécurité des astronautes qui évolue sur une orbite plus importante que celle de l’ISS. Ces derniers vont consacrer les dix jours de la mission à cinq sorties dans l’espace qui comportent, entre autres, le remplacement de gyroscopes, l’installation de nouveaux instruments (cf. LCS N°150) scientifiques pour étendre les capacités du télescope, ou encore, la mise en place de protections thermiques. Le dernier rendez-vous avec le télescope spatial Hubble, en orbite depuis 1990, et une navette aura lieu mercredi.
Antoine Meunier
Photos et sources : NASA
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Initialement programmée en octobre 2008, cette cinquième mission de maintenance du télescope spatial Hubble (HST) devrait décoller, si tout va bien, lundi prochain.
C’était devenue une habitude depuis la reprise des vols en 2005, les navettes ne ralliaient plus que l’ISS, depuis les deux vols de qualification de 2005 et 2006 après la perte de Columbia en 2003. Mais, outre son habituelle mission de livraison de fret vers la Station spatiale, c’est oublier que l’orbiteur peut également mener des tâches de réparation d’un satellite. Avec STS-125, Hubble va donc subir sa toute dernière remise à neuf. Pour ce faire, les astronautes vont donc rejoindre le vénérable engin sur une orbite d’environ 600 kilomètres d’altitude. En cas de problème, il leur sera cependant impossible de rejoindre la Station spatiale qui croise sur une orbite inférieure (environ 400 kilomètres). Cette mission permettra, entre autres, l’installation du COS ou Cosmic Origins Spectrograph. Cet instrument scientifique offrira la possibilité de restaurer certaines possibilités du télescope spatial.
Une caméra à grand champ
Avec ce nouvel instrument, il sera possible de mesurer la structure et la composition de la matière concentrée dans ce que les scientifiques appellent la « Toile Cosmique ». Un second instrument viendra renforcer les capacités de Hubble : la WCF 3 (Wide Field Camera, une caméra à grand champ qui étudiera, entre autres les galaxies lointaines.
Pour cette cinquième et dernière visite de contrôle, la NASA a choisi Scott Altman (dont c’est ici la quatrième mission et qui a dirigé le vol STS-109 vers le télescope spatial en 2002). Parmi les autres membres de cet équipage qui compte sept personnes dont une femme, l’astronaute John Grunsfeld, déjà vétéran de quatre vols spatiaux, était probablement parmi les mieux placés pour ce vol puisqu’il a volé en décembre 1999 sur STS-103 pour installer, entre autres, de nouveaux gyroscopes sur Hubble. Et sur STS-109, en 2002, il a réalisé trois EVA vers le télescope spatial. Comme son collègue Mike Massimino, qui a réalisé deux marches dans l’espace sur la même mission. Au total, cinq sorties d’environ six heures et demie dans l’espace sont prévues pour installer les différents composants. Pour sa part, Megan Mac-Arthur, dont c’est le baptême de l’espace aura la délicate tâche de manipuler le bras robot de la navette Atlantis.
Prévue depuis plus de deux ans, cette mission devrait permettre à Hubble de fonctionner jusqu’en 2014. De quoi fournir des images encore plus spectaculaires de l’Univers avant que le futur James Webb Space Telescope (JWST) ne soit, en principe, lancé en 2013 par une fusée Ariane V ECA.
Antoine Meunier
Sources : NASA
Photos : NASA
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*SM : Servicing Mission (Mission d’entretien). Quatre vols de remises à niveau du télescope spatial ont déjà eu lieu en 1993 (STS-61), 1997 (STS-82), SM3A en 1999 (STS-103) et SM3B en 2002 (STS-109).
© La Chronique Spatiale (2009)
Il y a quarante ans, deux hommes réalisaient l’exploit le plus extraordinaire jamais imaginé par des hommes : poser le pied sur le sol de la Lune. Un anniversaire qui a été célébré, le week-end dernier, dans le cadre du festival Jules Vernes Aventures du Rex à Paris. Buzz Aldrin , pilote du module lunaire de la mission Apollo 11, était présent.
Bien sur, tout (ou presque) a été dit sur le programme Apollo et sur la plus historique de ses missions. Mais lorsque JFK lance le défi aux Soviétiques d’envoyer un homme sur la Lune et de la ramener sur Terre sain et sauf avant la fin de la décennie 60, il faut tout de même rappeler qu’aucun des matériels nécessaires à la réalisation de cet exploit n’existent. En soi, ce programme est donc une incroyable prouesse technologique qui mobilisera 400 000 personnes pendant dix ans pour construire un vaisseau et une fusée dépassant le premier étage de la Tour Eiffel. Mais en ce quarantième anniversaire de la plus célèbre des missions de la conquête spatiale, Buzz Aldrin, le pilote du module lunaire Eagle, pense qu’il faudrait mieux à présent se tourner vers Mars plutôt que de refaire ce qui a déjà été entrepris en 1969, rapporte le quotidien Le Parisien dans son édition du 27 avril. De quoi susciter l’enthousiasme de bien des ingénieurs et d’offrir une perspective à une opinion publique minée par une crise économique à laquelle vient aujourd'hui s'ajouter une épidémie de grippe porcine.
En collaboration
L’espace a toujours suscité le rêve pour le grand public. Lorsque nous sommes allés sur la Lune il y a quarante ans, c’était bien évidemment pour des raisons politiques que les plus jeunes ne connaissent pas forcément mais que nos parents n’ont pas oubliées et qui a servi, entre autres, de dérivatif à une autre crise majeure : La Guerre Froide. Retourner sur la Lune serait sans doute un premier pas avant de s’attaquer aux Sables de Mars à plus longue échéance. Une telle entreprise, dans le contexte actuel, ne peut pas être menée par un seul pays. En effet, on imagine mal les Etats-Unis mener seul aujourd’hui un programme lunaire. Les pays membres de l’ESA et le Japon devront forcément faire partie de l’aventure. Une collaboration pour une telle aventure est nécessaire et il y a d’ailleurs un précédent dans l’histoire des vols habités : la Station Spatiale Internationale (ISS). Toutefois, si l’on retourne sur la Lune avant d’aller sur Mars, cela peut présenter un risque d’écueil : un enlisement du programme. Dans un monde en crise, le plus important, c’est de pouvoir se trouver un objectif. Un objectif qui peut être une source d’emplois pour nos jeunes talents. A son plus fort, Apollo employait plus de 400 000 personnes. En retournant sur la Lune, il faudrait apprendre à pérenniser ces emplois. C’est peut-être le défi le plus important qui attend le programme Constellation.
Antoine Meunier
Photos : NASA (et remerciements à Stéphane "Spacemen1969")
Sources : Le Parisien
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Après plusieurs tentatives reportées, la navette a réussi son envol depuis le Centre spatial Kennedy (KSC) pour une mission raccourcie d’une journée afin de ne pas empiéter sur le tir du Soyouz qui intervient le 26 mars.
Il était temps serait-on temps tenté de dire, Discovery a décollé dimanche pour treize jours de mission autour de la Terre, avec un planning de travail légèrement modifié mais surtout elle emporte l’ultime section de panneaux solaires qui doit être installée sur l’ISS. Après avoir passé deux jours autour de la Terre, la navette s’est s’amarrée à la Station spatiale internationale mardi soir à 21h19 GMT mais un débris risquait de compromettre la manœuvre. Décidément, après la collision des deux satellites russe Cosmos et américain Iridium, la navigation autour de la Terre devient un réel problème. D’autant que jeudi dernier, c’est la possibilité d’une collision entre un moteur de satellite et la station qui avait contraint les trois actuels passagers de la Station à prendre place dans le Soyouz pendant quelques minutes.
Inspection méticuleuse
Les dernières investigations menées par la NASA montrent que le débris est hors d’atteinte. Il semblerait qu’il provienne d’un vieux satellite de l’ère Soviétique Comos 1275, désintégré peu de temps après son lancement en 1981. Par ailleurs, les astronautes, ont également inspecté avec beaucoup de minutie les bord d’attaque des ailes et du nez de Discovery afin de repérer si un débris de mousse isolante du gros réservoir externe avait pu heurter la navette lors du décollage mais heureusement, aucun dégât n’a été décelé. Pour les astronautes, c’est à présent un programme de travail chargé qui débute, avec une mission raccourcie d’une journée et seulement trois sorties dans l’espace pour installer le dernier jeu de panneaux solaires (section S6) qui permettra à la Station spatiale internationale (ISS) de fonctionner sur sa puissance maximale. Le début de son installation doit démarrer demain. Par ailleurs, l’équipage apporte également un système de recyclage d’eaux usées pour remplacer le précédent qui s’avérait défectueux. A l’issue de cette mission, l’astronaute japonais Koichi Wakata va rester à bord et prendra la place de Sandra Magnus actuellement en poste depuis le mois de novembre dernier.
Antoine Meunier
Sources : NASA /AFP
Photos : NASA
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Alors que tous les voyants étaient enfin au vert pour la première mission spatiale habitée américaine de l’année, la NASA projette maintenant de lancer la navette Discovery pas avant dimanche prochain, voire peut-être même le mardi 17 mars au plus tard afin de ne pas interférer avec le lancement du Soyouz qui interviendra le 26 mars. Cependant, une telle option risque désormais de réduire la durée de la mission de quatorze à neuf jours ne laissant la place qu’à une seule EVA pour l'installation des derniers panneaux solaires. Les trois autre sorties sont dédiées à des travaux sur l'ISS.
Rappelons qu’une fuite d’hydrogène dans le réservoir extérieur est en effet venue retarder le lancement. Mike Leinbach, Directeur du lancement, a indiqué sur le site de la NASA, qu’une équipe s’attelle au problème aujourd’hui même pour déterminer ce qui à pu se produire.
Antoine Meunier
Sources : Reuters
Photos : NASA
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Après quatre reports successifs, la navette Discovery doit s’élancer ce soir pour une mission de deux semaines en direction de la Station spatiale Internationale.
La reprise des vols du Shuttle se faisait attendre depuis le 12 février, mais il fallait résoudre le problème des valves de pressurisation du réservoir d'hydrogène liquide. Le temps de résoudre le problème, les sept astronautes, dont un Japonais, emmenés par Lee Archambault, doivent acheminer l’ultime section de panneaux solaires (S6) de l’ISS. Le tout dernier jeu de panneaux solaires permettra au complexe orbital de fonctionner sur sa puissance électrique optimale. Quatre marches spatiales de presque sept heures sont programmées pour accomplir ce délicat travail. L’installation de ces panneaux solaires est absolument essentielle pour accueillir trois personnes supplémentaires lors de la rotation d’équipage suivante et permettre à la station de passer ainsi, de trois à six personnes dans des conditions optimales. Ces panneaux solaires fourniront également les besoins nécessaires en énergie pour la bonne marche des expériences scientifiques des modules européen Columbus et japonais Kibo. L’ensemble des panneaux solaires de la Station spatiale pourra générer une énergie d’une valeur comprise entre 84 et 120 kilowatts, soit suffisamment pour alimenter les besoins en électricité d’une quarantaine de maison.
Toutes les conditions réunies
La navette Discovery doit décoller en principe à 21h20, heure locale, sous une météo idéale avec 90 % de conditions favorables, ont indiqué les responsables météos du centre spatial Kennedy (KSC). En cas de problème pendant la phase d’envol, trois sites restent prévus pour un atterrissage d’urgence, localisés à Istres (France), Moron et Saragosse (Espagne), qui disposent également d’une météo idéale. Parmi l’équipage se trouve l’astronaute japonais Koichi Wakata qui va remplacer Sandra Magnus, arrivée avec le vol STS-126 en novembre dernier. STS-119 constitue la 28ème mission d’assemblage de la Station spatiale internationale. Avant le retrait du service actif des navettes, programmé l’an prochain, il reste encore huit vols sur le calendrier. La prochaine mission aura lieu en mai prochain, en principe, en direction du télescope spatial Hubble pour son ultime visite de maintenance.
Antoine Meunier
Dernière minute : Cinquième report pour la navette
En raison d’une fuite d’hydrogène, décelée au
moment du remplissage du réservoir extérieur, alors que les astronautes n’avaient
pas encore pris place dans l’orbiteur, la mission vient d’être retardée par l’agence
spatiale américaine. La NASA espère désormais un lancement pour demain soir. En
cas de problème, l’administration spatiale américaine dispose d’une fenêtre qui
se referme lundi prochain. Sinon, il faudra attendre avril pour réunir toutes les conditions optimales de tir.
Sources : Associated Press
Sources : NASA / AFP
Photos : NASA
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© Antoine Meunier (2008 – 2009)
Deux satellites se sont percutés mardi 10 février, ce qui a crée un nuage de débris dans l’espace.
C’est une première mais qui traduit bien ce qu’est devenu l’orbite basse terrestre : une autoroute sérieusement encombrée car sur les 6 000 satellites envoyés dans l’espace depuis Sputnik I en 1957, 3 000 sont encore actifs. La collision survenue la semaine dernière, entre le satellite Iridium-33 de la constellation du même nom et l’engin Cosmos-2251, à 800 kilomètres d’altitude, n’a donc en soit rien de surprenant. Mais le plus important est que le choc a produit une constellation de débris susceptible d’évoluer entre 500 et 1 300 kilomètres d’altitude, ce qui pourrait présenter un risque pour les objets se trouvant vers ces orbites. C’est le cas notamment de Hubble, le télescope spatial évolue en effet sur une orbite plus haute (environ 650 kilomètres) que celle de la Station spatiale internationale (ISS) qui se situe environ à 400 kilomètres d’altitude.
Transmission accrue de l’information
Hasard ou non, l’Agence spatiale européenne vient de lancer un programme destiné à surveiller les débris spatiaux qui polluent la proche banlieue, pardon la périphérie de la Terre afin de prévenir de futures collisions entre objets spatiaux. Ce programme a été prévu en janvier bien avant celle des satellites Iridium et Cosmos. Baptisé Space Situational Awareness, il est doté d’une enveloppe de 50 millions d’euros et doit permettre de répertorier les quelques 13 000 objets qui tournent au-dessus de nos têtes. Car en plus des satellites, il faut également y ajouter les étages des fusées porteuses. L’accident de la semaine dernière «…nous a montré que nous devons en faire beaucoup plus. Nous devons recevoir beaucoup plus de données précises afin de prévenir de nouvelles collisions », a indiqué à l’agence Associeted Press, Jean-Pierre Kaufeler, spécialiste des débris à l’ESA. Dans l’immédiat, il faut donc renforcer encore et toujours les dispositifs de surveillance. Jean-Pierre Kaufeler a précisé que les relevés actuels « ne sont pas assez précis » et qu’il faut encore plus d’information. A ce sujet, une réunion d’experts se tiendra cette semaine à Vienne sur les moyens d’éviter qu’un tel accident ne se reproduise et la question devrait être à l’ordre du jour de la Cinquième conférence européenne sur les débris spatiaux de l’ESA en mars prochain.
Voici désormais un problème que les grandes agences spatiales ne peuvent plus ignorer car tôt ou tard, il finira par se reproduire. Si un « grand ménage » est bien sur exclu, car à terme même les orbites de parking risquent de se retrouver encombrées, il faudra bien un jour faire en sorte que notre orbite terrestre ne ressemble plus au boulevard périphérique d’une grande ville… ! Mais quelle est la solution pour que le ciel ne soit plus bouché ? La réponse ne semble pas encore trouvée.
Antoine Meunier
Sources : Associated Press / NASA / The Planetary Society/Dan Deak
Photos : The Planetary Society / NASA
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© Antoine Meunier 2008/2009
Lors d’un show télévisé, une maquette du futur module du laboratoire orbital Tiangong 1 a été révélée au public. Ce dernier devrait être lancé l’an prochain ou bien début 2011.
Au cours de ces vœux à la presse au siège de l’Agence spatiale européenne le 14 janvier dernier, une journaliste de l’agence de presse Chine Nouvelle posait à Jean-Jacques Dordain la question suivante : « Suite au succès de l’EVA chinoise l’année dernière, la Chine peut-elle coopérer avec l’ESA sur la future station spatiale chinoise ? ». Réponse amusée du Directeur Général. « Ce n’est pas à l’ESA de demander si elle veut coopérer avec le Chine, mais à la Chine de demander si elle veut une coopération de l’ESA. Je n’ai pas d’autre réponse à fournir ». En matière de vols habités, il est inutile de rappeler que l’Agence spatiale européenne est engagée dans l’ISS. La Chine est d’ailleurs bien engagé à l’heure actuelle dans son projet de complexe orbital. Ainsi, lors des festivités du nouvel an chinois, les téléspectateurs chinois ont découvert une maquette de qui préfigure le laboratoire Tiangong 1, qui doit en principe être mis sur orbite vers 2010 (ou 2011 ?). Ce petit module de huit tonnes doit ensuite être rejoint par Shenzou 9* pour un amarrage automatique avant l’arrivée d’un vaisseau Shenzou 10 (habité). L’ensemble constituera ainsi un début de station spatiale. Mais en 2014, la Chine pourra mettre sur orbite des modules de vingt à vingt-cinq tonnes grâce à sa fusée CZ-5 (Longue Marche 5) qui sera enfin disponible.
Ne pas sous-estimer l’adversaire
L’art de manier le secret étant une seconde nature au sein de l’Empire du milieu, il reste particulièrement difficile de savoir ce qui se cache derrière le programme spatial chinois. Une chose est toutefois certaine, ce dernier avance rapidement. L’EVA réussie lors de Shenzou 7 en septembre dernier montre que les ingénieurs et les taïkonautes apprennent rapidement. Atteindront-ils la Lune avant l’Oncle Sam ? A plusieurs reprises au cours de ces derniers mois, Mike Griffin a déclaré a plusieurs reprises que la Chine avait les ressources pour y parvenir. Il est vrai que grâce à ses infrastructures mais aussi aux multiples progrès informatiques on peut faire et refaire des milliers de simulations sans avoir à faire des tests grandeur nature. Il ne faut donc pas surestimer l’adversaire qui est sur le ring mais il ne faut pas non plus le sous-estimer. Toutefois, il manque tout de même à la Chine à un point essentiel : les taïkonautes ne totalisent pour l’instant qu’une dizaine de jours dans l’espace et seulement quinze minutes de travail à l’extérieur du vaisseau Shenzou. Décrocher la Lune va demander encore un certain temps. Mais à la manière de son homologue américaine, l'agence spatiale chinoise ne ménage pas ses efforts pour mettre en avant son programme spatial auprès du grand public.
Antoine Meunier
Photos : CCTV
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*cf. LCS N°133
© Antoine Meunier (2008-2009)
Sur fond de crise économique, les ministres européens en charge des affaires spatiales ont jeté les bases de la politique spatiale pour les prochaines années, mardi et mercredi dernier. Une augmentation de 21%.
Jean-Jacques Dordain, Directeur général de l’Agence spatial européenne (ESA), peut se féliciter de cette conférence ministérielle tenue à La Haye, puisque ce dernier pensait avoir "bon espoir de récolter plus de 9 milliards d’euros" sur les 10 nécessaires aux programmes de son agence. Il s’agit d’une réelle victoire que n’aurait sûrement pas renié son homologue américain de la NASA, Mike Griffin. Ainsi, ce sont au total 9,95 milliards d’euros qui seront financés. Avec 2,7 milliards d’euros mis sur la table, l’Allemagne devient le premier contributeur de l’Agence, contre 2,3 à la France. L’intégralité de ces 10 milliards s’étalent, bien entendu, pour les trois prochaines années. De 2008 à 2012, la contribution totale de l’ESA à l’ISS sera de 1,37 milliard d’euros, ce qui en fait le programme le plus cher jamais votés par l’Agence spatiale européenne.
L’ISS jusqu’en 2020 ?
Mardi matin, un porte-parole de l’ESA a même indiqué que les
partenaires de l’agence oeuvraient afin que l’ISS puissent être utilisée au
moins jusqu’en 2020. Pour l’Allemagne la Station Spatiale Internationale est
une priorité, alors que la France cherche avant tout à moderniser la fusée Ariane
V dont les études préparatoires pour la prochaine génération ont permis de
récolter 357 millions d’euros. Par ailleurs, avec l’ATV, l’Europe dispose
maintenant d’un véhicule susceptible d’être transformé en capsule habitée. Mais
ce point ne semble pas figurer au rang des priorités alors qu’il y avait là une
réelle opportunité à saisir face à la place bientôt laissée vacante par le
retrait des navettes américaines. Rappelons qu’un projet de vaisseau avec
équipage, dérivé de l’ATV existe, il s’agit de l’ATV-Evolution - une maquette
a notamment été présentée au grand public lors de l’exposition du centenaire du
Gifas en octobre dernier. Elle pourrait voler dans un premier temps en mode
cargo d’ici 2014 pour acheminer du fret à la Station puis redescendre sur Terre
avant un premier vol habité d’ici 2017.
François Auque, Président exécutif d’EADS Astrium a d’ailleurs livré son sentiment sur le futur de l’ATV dans une interview accordé au quotidien Les Echos daté du 24 novembre, expose son inquiétude quand au manque de visibilité sur l'après-ATV. Il est donc plus qu’urgent de réagir mais le fait est que tout repose sur une décision politique. Seul l’Allemagne parait avoir fait du vol habité (avec l’ISS) une priorité. Ainsi, Quand la Chine rattrape son retard technologique de manière exponentielle, l’Europe devra vraisemblablement se contenter dans les prochaines années d’un lanceur qui ne répondra plus aux futures demandes, par manque d’anticipation ? Se contentant simplement de lancer dix à douze tonnes de charge utile quand la Chine, elle, pourra lancer des charges avoisinant les quinze tonnes avec sa prochaine génération de lanceur. Quand il faudra de nouveau innover, l’Europe risque de nouveau de se retrouver à péniblement raccrocher les wagons.
Antoine Meunier
Sources : www.lesechos.fr / www.reuters.com / www.esa.int
Photos : www.esa.int / www.nasa.gov / Antoine Meunier /
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Exomars en question ?
Initialement prévue pour
2011, le premier rover martien européen a été reporté à 2013 puis finalement à
2016 suite à une enveloppe budgétaire qui est passé de 650 millions d’euros à plus
de 1,2 milliard. Ce qui incluse également le lancement. A l’heure actuelle, des
projets de collaboration sont en discussion avec les Russes et les Américains
sur ce petit rover capable de forer jusqu’à deux mètres de profondeur dans la
surface de Mars. Le projet devrait être finalisé en septembre prochain.