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Le pilote du module lunaire de la mission Apollo 11 s’est exprimé dans une récente interview accordée au quotidien anglo-saxon, The Sunday Telegraph. Pour lui, les Etats-Unis risquent d’être pris de vitesse dans la nouvelle course à la Lune qui s’engage.
Quand un ancien « Moonwalker » prend la parole, ce n’est pas forcément pour évoquer ses faits d’armes, aussi brillants soient-ils. Edwyn « Buzz » Aldrin, 78 printemps, a des choses à dire. Pour lui, c’est évident, les Etats-Unis doivent « maintenir le cap dans l’exploration spatiale » et il entend bien le faire savoir aux deux candidats de la prochaine l’élection présidentielle américaine. En effet, selon le pilote du module lunaire Eagle de l’historique mission Apollo 11 de 1969, si les Etats-Unis se détournent de leur « vision » spatiale et bien « nous risquons de nous retrouver à la seconde place des vols spatiaux habités pour le restant du siècle », précise-t-il. Début juin, Rick Gilbreth, le responsable du programme d’exploration lunaire américain émettait une mise en garde à propos des Chinois qui pourraient « être sur la Lune deux ou trois ans » avant l’Oncle Sam, soit en 2017 ou 2018. Aldrin a donc décidé d’exposer ses vues sur la question aux deux candidats John Mac-Cain (républicain) et au démocrate Barack Obama. Le premier a affirmé son soutien au programme Constellation qui prévoit le retour d’un équipage sur la Lune vers 2019. Pour sa part, Barack Obama s’est enquis de l’opinion publique pour son intérêt quant aux futurs plans de la NASA.
Une fierté nationale
En Amérique, l’espace revêt un caractère particulier car il s’agit d’une réelle fierté nationale. S’il est acquis que le vaisseau Orion sera désormais le successeur de la navette spatiale, de nombreux obstacles parsèment encore le chemin du retour américain sur la Lune. Il y a notamment la question du lanceur Ares V qui n’est pas encore résolue et il faudra attendre encore 2011 pour que ce nouveau lanceur soit approuvé.
Après la crise des subprimes qui a secoué les Etats-Unis fin 2007, retourner sur la Lune fait-il parti des priorités nationales ? Le prochain locataire de la Maison-Blanche devra tenir compte non seulement des problèmes économiques internes au pays mais également des intérêts stratégiques. « Si nous voulons vraiment que cela arrive, il faut mettre plus d’argent dans ce programme », a déclaré l’ancien astronaute dans les colonnes du Sunday telegraph. Ainsi, Buzz Aldrin souhaite voir se rallumer le même enthousiasme qu’à la glorieuse époque des années 1960. Rappelons tout de même que dès 1967, la NASA voyait déjà son budget diminué du fait de l’empêtrement américain au Vietnam. Mais autre époque, autre contexte. Le retour sur la Lune ne pourra désormais plus être un effort fourni par un seul pays bien qu’il s’agisse d’une perspective à long terme dont avait probablement besoin la NASA. C’est d’ailleurs exactement la manière dont s’est engagé le programme spatial chinois habité Shenzou : le long terme, avec la Lune en point de mire. Mais avant cela, il y aura sa future station spatiale et il lui faudra (comme aux Etats-Unis) disposer d’un lanceur lourd. Ce sera la fusée Longue Marche 5 qui devrait être disponible vers 2013.
Aussi, il n’est pas impossible de voir d’autres pays s’engager dans cette nouvelle course à la Lune. Si la collaboration s’engage sereinement, il serait tout à fait envisageable que l’un des premiers hommes à fouler le pied sur le sol sélène soit européen. Depuis l’échelle de coupée d’un module lunaire conçu par l’ESA ?
Antoine Meunier
Sources : The Sunday telegraph / Le Figaro
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Le célèbre astrophysicien Stephen Hawking mondialement connu pour son ouvrage Une brève histoire du temps a lancé un plaidoyer pour la colonisation de l’espace lundi dernier à Washington à l'occasion des 50 ans de la NASA.
Aborder le thème de la colonisation spatiale il y a seulement vingt ans et vous passiez pour un doux rêveur. Alors que le 21ème Siècle voit sa première décennie se terminer, que d’ici un peu plus de dix ans des hommes retourneront sur la Lune pour s’y établir de façon permanente, Stephen Hawking se fait à présent l’avocat de la colonisation à long terme des planètes comme le fit Christophe Colomb lorsqu’il partit à la découverte du Nouveau Monde en 1492. Mais le savant britannique est parfaitement lucide sur un point, il s’agit d’une entreprise non pas à long terme mais à très long terme. Outre le fait qu’il s’agisse d’un plaidoyer, il s’agit également d’un exercice prospectiviste. Toutefois, il est impossible de faire des prédictions à long terme même sur une courte période, (disons une vingtaine d’années), que ce soit dans les domaines politiques, économiques et stratégiques. Pourtant, comme le soulignait Arthur C.Clarke de son vivant, « le seul domaine où l’on peut faire des extrapolations, c’est la technologie ». Mais Hawking voit sur une très longue échelle puisque il envisage de transporter la Race Humaine hors du Système Solaire d’ici deux à cinq siècles.
Transformer l’Humanité
Selon le scientifique, coloniser l’espace aura pour effet de transformer la Terre et ses peuples. Ainsi, pour Stephen Hawking, voici une entreprise qui pourrait en effet unifier la plupart des différentes nations « vers un défi commun » mais nous en sommes encore bien loin. Aussi, des projets comme l’ISS constitue néanmoins une base de départ pour une collaboration internationale dans l’espace et il est maintenant presque acquis que nous reverrons des hommes se poser la Lune et, peut-être sur Mars, au cours de la décennie 2030. Les astronautes que l’Agence Spatiale Européenne va recruter, à partir de la fin mai, sont probablement les futurs pionniers du second demi-siècle de l’Ere spatiale.
Pas pour tout de suite
Cependant, il est bien sur évident que nous n’assisterons pas à la sortie du Système Solaire d’un engin habité de notre vivant. Pourtant, il existe au moins quatre vaisseaux qui se baladent bien au-delà des planètes connues : Pioneer 10 et 11, Voyager 1 et 2. Et si tout va bien, la sonde New Horizons explorera la Ceinture de Kuyper entre 2015 et 2020. Mais il s’agit d’engins automatiques. Alors peut-être que les prévisions de Stephen Hawking seront-elles devancées au cours de ce siècle et verrons-nous une sonde automatique s’aventurer dans le Nuage de Oort au cours des prochaines décennies. Ce qui serait déjà un premier pas mais ça c’est une autre histoire.
Antoine Meunier
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Avec la mission STS-123 et l’ATV partis respectivement cette nuit et avant-hier, c’est la première fois que deux vaisseaux volent ensemble pour rejoindre la Station Spatiale Internationale. Rarement un trafic spatial aura été aussi intense.
Avec la navette Endeavour et le vaisseau ATV Jules Vernes, nous avons donc deux vaisseaux actuellement en route vers l’ISS. Bien que parti en premier le vaisseau cargo européen accostera le complexe orbital en second, en principe le 3 avril prochain. Pour sa part, l’orbiteur emmène dans sa soute le premier élément du laboratoire japonais Kibo qui se divise en trois parties. Au cours de cette mission, Endeavour a emporté le Module Logistique d’expérimentation d’une taille de 3,9 et d’une masse de 4,2 tonnes. Le cylindre principal sera acheminé en mai prochain par la navette Discovery. Cette partie du laboratoire japonais est dotée d’un système de télémanipulation. Le dernier composant de Kibo sera, quant à lui, arrimé à la Station en mars 2009. Ce laboratoire représente un budget de 2,8 milliards de dollars pour le Japon. Le rendez-vous entre Endeavour et la Station doit avoir lieu demain à 3h28 GMT. Ajoutons qu’il s’agit de la mission la plus longue pour la construction de l’ISS (seize jours pour l’orbiteur dont onze accosté à la Station). Une semaine plus tard viendra le tour de l’ATV de s’arrimer enfin au grand Meccano spatial.
Le long voyage de Jules Vernes
Actuellement à 260 kilomètres sur une orbite plus basse, le vaisseau européen attend patiemment son tour. Ce vaisseau a des capacités trois fois supérieures à celles du Progress russe (cf. LCS N°98). Outre son rôle de transport de fret, il aura pour mission de rehausser l’orbite de la station. A ce jour, l’Agence spatiale européenne (ESA) a commandé cinq ATV mais le contrat cadre signé avec l’agence porte sur neuf unités. L’importance d’un transporteur à capacité accrue risque donc de se faire sentir dans les prochaines années pour transporter du matériel scientifique sachant que la navette s’arrêtera de voler en 2010. L’Europe est dans la course et joue ses cartes avec Colombus et l’ATV (tout comme le Japon d’ailleurs) ce qui est une bonne chose. Des modules étrangers sont arrimés à la Station Spatiale Internationale, ce qui lui donne véritablement son caractère « international ». En cette année 2008, qui célèbre le demi-siècle d’existence de la NASA, voici que se concrétise enfin un effort de collaboration internationale dans l’espace.
Antoine Meunier
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Addendum
Et oui La Chronique Spatiale fête son 100ème numéro. Ce blog qui a un peu plus d’un an d’existence a bénéficié de quelques coups de pouces. Notamment, ceux d’Olivier Sanguy, rédacteur en chef d’Espace Magazine, Richard Morisan, webmaster d’astroplanetes.net et d’Olivier Poch webmaster du Réseau Martien. Qu’ils en soient tous les trois remerciés.
Par ailleurs, au cours des mois de janvier et février 2008, le nombre de connexions sur LCS a plus que doublé. Un grand merci à tous les lecteurs.
L’astronaute Hans Schlegel aurait du effectuer cette sortie dans l’espace mais une indisposition l’en aura empêché. Ce sont finalement ces collègues Stan Love et Rex Walheim qui auront procédé à l’amarrage du laboratoire Européen à 350 kilomètres d’altitude
Prenez un homme, surentraînez le pendant plusieurs années, faîtes le répéter au sol tous les gestes qu’il devra effectuer dans l’espace, vous ne pourrez jamais prévoir qu’il sera malade au moment de sa mission. C’est pourtant ce qui s’est produit avec Hans Schlegel mais la NASA n’a pas précisé ce qui a affecté l’astronaute allemand. On peut supposer qu’il s’agit du fameux « Mal de l’espace » qui a déjà rendu malade par le passé plusieurs de ses collègues. Ce fut notamment le cas de Franck Borman, commandant d’Apollo 8, qui fut pris de vomissements au cours du voyage qui l’emmena en orbite lunaire il y a quarante ans. Plus récemment, en 1992, ce fut le journaliste de la chaîne japonaise TBS qui séjourna une semaine à bord de la station Mir et vécut un véritable suplice en usant jusqu’à 80 sacs vomitifs par jour. Mais revenons aux choses sérieuses. Hans Schlegel va mieux, c’est l’essentiel mais c’est finalement Stan Love qui l’a remplacé pour cette sortie. Il a été accompagné par Rex Walheim. Précisons quand même que l’équipe de soutien médical de l’ESA a fait savoir que l’état de santé n’autorisait pas une marche spatiale.
Une ballade de presque huit heures
Avoir un astronaute malade dans un scaphandre pourrait avoir effectivement des conséquences dramatiques donc c’est le bon sens qui prévaut. Toutefois, l’équipage revenant le 19 février, les médecins ont déclaré qu’il y avait de bonnes chances que Schlegel réalise sa sortie.
Dans l’immédiat, cette première sortie s’est déroulée sous la direction de Peggy Whitson, actuel commandant de l’ISS et de Steve Frick, commandant du vol STS-122. Love et Walheim ont passé presque huit heures dans l’espace pour raccorder Colombus au module Harmony. Une sortie rendue plus difficile puisque les astronautes ont démarré le travail alors que l’ISS se trouvait dans la face nocturne de la Terre. La prochaine sortie aura lieu mercredi, elle sera effectuée mercredi prochain par Walheim et, si tout va bien, Hans Schlegel pour installer des équipements scientifiques sur Colombus. Normalement, l’astronaute français Léopold Eyharts devrait pouvoir ouvrir aujourd’hui l’écoutille du laboratoire européen. Un moment que les responsables de l’ESA attendent avec impatience, ce qui est largement compréhensible compte tenu des retards subi par le programme.
La prochaine étape de la construction de la Station devrait avoir lieu en mars avec la livraison du laboratoire japonais Kibo lors de la mission STS-123. On ne peut désormais plus reprocher à l’ISS de ne pas être Internationale.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / Nasa TV
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C’est sous un ciel partiellement dégagé et deux mois de retard sur le calendrier prévu, que la navette spatiale Atlantis s’est finalement élancée dans l’espace jeudi, depuis Cap Canaveral. Elle emporte dans sa soute le laboratoire européen Colombus qui va être raccordé à l’ISS.
Le temps n’était pas fameux mais les responsables de la NASA ont estimé que rien ne s’opposait au décollage de l’orbiteur. Dans le traditionnel torrent de flammes et de fumée, Atlantis a offert un magnifique spectacle dans le ciel de Floride aux spectateurs venus assister au lancement. Pour l’Agence Spatiale Européene, cette mission (vol STS-122) c’est l’aboutissement de plus de vingt années de travail. Avec ce laboratoire, l’ESA se garantit aussi une présence quasi permanente (avant que les équipages ne passent à six personnes) dans l’espace avec la possibilité de faire voler des astronautes pour des missions de longue durée. Sachant que les moyens d’accès seront bientôt limités au seul Soyuz, cela n’a pas de prix. Toutefois, les Etats-Unis auront accès à une partie du laboratoire une fois que ce dernier sera raccordé à la Station Spatiale Internationale (ISS). Mais il faudra cependant attendre samedi avant que les opérations démarrent ne commencent et qu’Atlantis ne soit amarrée à la Station spatiale.
Un dimanche chargé
C’est le bras robot Canadarm 2 de la Station qui installera Colombus ce week-end sur l’écoutille tribord du module Harmony. Deux astronautes, dont l’Allemand Hans Schlegel, effectueront une sortie extravéhiculaire pour veiller à la bonne marche de la manœuvre. Une fois le module amarré et sécurisé, Léopold Eyharts aura la charge d’activer Colombus puisqu’il doit séjourner presque deux mois en orbite, et démarrer le lancement du programme scientifique du module. Et puis Colombus est un peu à part. En effet, ce petit cylindre de sept mètres sera contrôlé et piloté par le Centre de contrôle Columbus de l'ESA, situé dans les locaux du Centre allemand d'opérations spatiales du DLR à Oberpfaffenhoffen (Allemagne) qui sera notamment responsable des opérations scientifiques à bord.
Et puis si tout se passe comme prévu, Léopold Eyharts devrait vivre une seconde première : l’arrivée du Jules Vernes, le premier vaisseau cargo européen qui doit rallier l’ISS. La fenêtre de lancement s’ouvre à partir du 22 février prochain. Pour sa deuxième mission, l’astronaute français devrait ainsi cumuler le privilège d’accueillir dans l’espace les deux fleurons de l’Europe spatiale habitée.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.esa.int
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Alors que la sonde Messenger vient de rapporter ses clichés rapprochés de la surface de Mercure, l’Agence Spatiale Européenne et EADS Astrium viennent de signer le contrat pour la construction de la sonde qui devrait s’élancer dans l’espace dans cinq ans.
Avec la visite réussie de Messenger cette semaine, la première planète du Système solaire revient au centre des préoccupations spatiales. Depuis Mariner 10 en 1975, Mercure n’était pas mise de côté puisque les astronomes l’avaient observé depuis le sol. Désormais, si tout se déroule normalement, deux sondes l’auront observé d’ici la fin de la prochaine décennie. Ainsi, BepiColombo devrait entamer un voyage de six ans vers la plus proche planète du Soleil avec un départ programmé en août 2013 avec une fusée Soyuz Fregat.
Cette sonde sera composée de trois modules. Tout d’abord, l’orbiteur européen, le Mercury Planetary Orbiter (MPO) qui sera doté de onze équipements scientifiques. Sa mission : explorer la planète pendant au moins une année depuis l’orbite polaire pour en réaliser une cartographie complète. De son côté, le Mercury Magnetospheric Orbiter (MMO) qui sera mis au point par l’Agence spatiale japonaise (JAXA), devra se consacrer à l’étude du champ magnétique de Mercure. Enfin, il y a le module de transfert, d’une masse de 3 tonnes, qui emporte les deux sondes pendant le long voyage.
Phases de vol
Envoyer un engin vers Mercure est un véritable défi compte tenu de la proximité de la fournaise du Soleil. Afin de résister à la chaleur, une nouvelle protection isolante composée de couches de fibres de verre, de feuilles de titane et de fibres céramiques devrait être développée, ainsi qu’un radiateur qui rejettera dans l’espace la chaleur accumulée à l’intérieur de la sonde. De plus, le vaisseau devrait être doté de panneaux solaires spéciaux capables de fournir une alimentation en énergie à des températures dépassant les 250 degrés Celsius. Voilà pour les protections. Concernant la propulsion, la sonde BepiColombo va, comme Messenger avant elle, utiliser l’assistance gravitationnelle. En effet, l’aide de la Lune et de Vénus est prévue pour fournir suffisamment de vélocité à l’engin durant son périple de six ans vers le Soleil. Si la mission Messenger a notamment pour but de rechercher de la glace enfoui dans les profondeurs de Mercure, la future sonde européenne doit poser plusieurs questions dont l’évolution d’une planète qui s’est formée à proximité « rapprochée » de son étoile comme l’indique le communiqué publié sur le site de l’ESA.
Que ce soit avec New Horizons qui explorera la Ceinture de Kuyper à la frontière du Système solaire ou avec BepiColombo près de Mercure, la fin de la prochaine décennie annonce des découvertes passionnantes.
Antoine Meunier
Sources : Astrium / www.esa.int
Photos : Astrium / www.esa.int / www.nasa.gov
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Après trois annulations, le tir de l’orbiteur Atlantis devrait finalement avoir lieu le 2 janvier. Le temps pour les ingénieurs de comprendre ce qui se passe avec les capteurs défectueux du réservoir externe.
Dan Tani, que Léopold Eyharts devait remplacer dans l’ISS, va donc passer un mois supplémentaire à bord du complexe orbital. Finalement, le bon sens a prévalu, ce qui est tout de somme logique : pas question de faire prendre des risques inutiles aux astronautes et aux matériels. L’enjeu pour l’Agence Spatiale Européenne (ESA) avec la présence du laboratoire Colombus dans la soute de l’orbiteur, et pour la NASA, est bien trop important pour que l’on se permette de prendre des risques inconsidérés. D’autant qu’en 2005, le même problème de capteur était survenu sur Discovery et avait retardé le lancement de treize jours, le temps que les ingénieurs procèdent à un changement du réservoir externe.
Retour au VAB*
Dans un premier temps, Atlantis devrait donc regagner le bâtiment d’assemblage afin que l’on comprenne mieux ce qui se passe. Ensuite, elle devrait donc recevoir un nouveau réservoir central.
Ainsi, voilà un nouveau glissement dans le calendrier de l’ISS car il y aura désormais cinq vols du Shuttle en 2008 dont quatre destinés à l’assemblage de la Station et un qui sera réservé à l’entretien du télescope spatial Hubble. Précisons que ce retard ne met pas en cause la Station Spatiale Internationale, il s’agit de la navette, un engin remarquable mais qui reste d’une délicatesse extrême à piloter. Et on comprend mieux la prudence dont font preuve les responsables de la NASA. Il est impensable de prendre le moindre risque. Si on va dans l’espace, autant réduire le maximum de risques. Mais rappelons-nous une donnée essentielle : le facteur zéro n’existe pas. Au jour d’aujourd’hui, il reste environ une dizaine de missions avant la fin de la construction de l’ISS prévue pour 2010. Et pour réussir cette entreprise, la navette spatiale reste indispensable.
Antoine Meunier
*VAB : Bâtiment d’Assemblage Véhicules, là où les navettes sont assemblées
Sources : www.nasa.gov / www.yahoo.fr
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La navette spatiale Atlantis devra s’envoler demain* avec deux astronautes européens à son bord, le Français Léopold Eyharts et l’Allemand Hans Schlegel, et une cargaison de la plus haute importance pour l’Europe : le module scientifique Colombus.
Les responsables de l’Agence Spatiale Européenne (ESA) seront heureux de sabler le champagne quand leur module scientifique sera raccordé à la Station. Initialement prévu pour être acheminé en 2002 et après à d’autres retards, Colombus s’était vu cloué au sol suite à la catastrophe de la navette Columbia, le 1er février 2003. Afin de superviser l’installation du laboratoire européen, l’astronaute français Léopold Eyharts séjournera deux mois et demi dans la Station Spatiale Internationale (ISS). L’équipage a un planning de travail chargé puisqu’au moins trois sorties dans l’espace sont programmées afin d’assurer l’arrimage de Colombus. Un projet qui marque un tournant pour l’Europe puisqu’elle disposera désormais de sa propre infrastructure d’expérimentation à bord de la Station. Précisons tout de même que sur les dix armoires scientifiques, cinq seront à la disposition des Etats-Unis en contrepartie de la mise en orbite de Columbus.
Colombus : la première étape
Le laboratoire Colombus, c’est l’aboutissement de 25 ans de travail pour l’Europe des vols spatiaux habités. Ainsi, si tout va bien, près de 2 000 expériences devraient se succéder dans ce gros cylindre de sept mètres de long et de 10, 3 tonnes durant une dizaine d’années. Il faut en effet compter sur la durée de vie de l’ISS. Restera-t-elle à poste jusqu’en 2015 ou bien jusqu’en 2020 ? Tout dépendra de l’orientation que prendra le programme spatial américain dans les deux prochaines années. C’est en effet d’ici 2010 que l’ISS doit normalement être achevée et que les navettes prendront leur retraite définitive. Si on sait que les Etats-Unis veulent engager leurs efforts pour retourner sur la Lune, pour l’Europe, l’arrivée de Colombus puis de l’ATV le mois prochain, ne doit pas signifier un aboutissement, mais bien une première étape. Car il y a sans doute là le moyen de bâtir la poursuite de l’exploration spatiale habitée tout en se servant de matériels déjà existants. Le lanceur Soyouz et le vaisseau du même nom n’ont-ils pas bâti à eux deux une bonne partie de la Conquête spatiale ? Il y a là un enjeu à ne pas laisser passer.
Antoine Meunier
* Au moment de l’écriture de ces lignes, un problème technique est survenu sur deux des quatre jauges du réservoir externe. La NASA a donc jugé préférable de reporter le tir (normalement programmé aujourd’hui) d’au moins 24 heures, a précisé une dépêche de l’AFP. Selon le site de la NASA, le lancement est reprogrammé pour demain après-midi à 16h09 (heure locale). Lancement à suivre sur Nasa TV à l'adresse suivante www.nasa.gov.
Sources : www.nasa.gov / www.esa.gov. / www.lefigaro.gov / www.afp.com
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Depuis le début de la Conquête spatiale, pas moins d’une trentaine de vaisseaux ont rendu visite à celle que l’on dénomme la Jumelle de la Terre. Le dernier en date n’est autre que la sonde spatiale Venus Express en orbite depuis dix-huit mois.
« Vous qui entrez ici, laisser tout espoir ». Tel pourrait être le mot d’accueil pour le visiteur qui aurait la tentation de s’aventurer à la surface de Vénus. La seconde planète du Système solaire n’a franchement rien d’accueillant : une température moyenne de 450 degrés à la surface et son atmosphère baigne à pratiquement 97 % dans le gaz carbonique. Bref, bien que la Terre et Vénus présentent quelques caractéristiques similaires, elles sont diamétralement opposées. Elle est en effet en permanence recouverte par une épaisse couverture nuageuse. Pourtant, dans le passé, Vénus devait sans doute posséder des océans d’eau mais au lieu de suivre le même cycle que la Terre, elle est devenue l’enfer que nous connaissons. Mais d’après les scientifiques, il reste des traces de vapeur d’eau dans son atmosphère.
Par ailleurs, selon les chercheurs de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), les données recueillies à partir de Venus Express mettent en évidence que l’atmosphère actuelle de la planète trouve son origine dans le dégazage des volcans. Ainsi, pendant des années, il a été extrêmement difficile d’obtenir une représentation de Vénus. Les sondes soviétiques Venera, dans les années 70, ont été les seules à fournir des images de la surface. Aujourd’hui, si Venus Express ne lève pas complètement le voile, elle permet tout de même de comprendre une partie du mystère vénusien.
Des orages dans le ciel
Ainsi pour la première fois, une équipe de chercheurs a mis en évidence que des éclairs se déclenchaient dans les nuages d’acide sulfurique de Vénus alors qu’ils ne devraient pas se produire. Par ailleurs, les mécanismes de circulation atmosphérique ayant lieu entre 45 et 60 kilomètres d’altitude ressemblent à ceux de la Terre mais présentent des vents trois fois supérieurs et une pression atmosphérique de 92 bars. Sur Terre, la pression au sol n’est que de 1 bar. On comprend aisément que les Venera lancées dans les années 70 par les Russes n’aient pu survivre que quelques minutes dans un tel enfer. La planète présente des aspects mystérieux qu’il faut encore étudier et essayer de percer. C’est ce à quoi à Venus Express va s’employer pendant les deux prochains jours vénusiens dont la durée équivaut au total à 446 jours terrestres ! La mission doit se poursuivre au moins jusqu’à la mi 2009. A bien des égards, l’exploration planétaire reste excitante.
Antoine Meunier
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