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Il y a quarante ans, deux hommes réalisaient l’exploit le plus extraordinaire jamais imaginé par des hommes : poser le pied sur le sol de la Lune. Un anniversaire qui a été célébré, le week-end dernier, dans le cadre du festival Jules Vernes Aventures du Rex à Paris. Buzz Aldrin , pilote du module lunaire de la mission Apollo 11, était présent.
Bien sur, tout (ou presque) a été dit sur le programme Apollo et sur la plus historique de ses missions. Mais lorsque JFK lance le défi aux Soviétiques d’envoyer un homme sur la Lune et de la ramener sur Terre sain et sauf avant la fin de la décennie 60, il faut tout de même rappeler qu’aucun des matériels nécessaires à la réalisation de cet exploit n’existent. En soi, ce programme est donc une incroyable prouesse technologique qui mobilisera 400 000 personnes pendant dix ans pour construire un vaisseau et une fusée dépassant le premier étage de la Tour Eiffel. Mais en ce quarantième anniversaire de la plus célèbre des missions de la conquête spatiale, Buzz Aldrin, le pilote du module lunaire Eagle, pense qu’il faudrait mieux à présent se tourner vers Mars plutôt que de refaire ce qui a déjà été entrepris en 1969, rapporte le quotidien Le Parisien dans son édition du 27 avril. De quoi susciter l’enthousiasme de bien des ingénieurs et d’offrir une perspective à une opinion publique minée par une crise économique à laquelle vient aujourd'hui s'ajouter une épidémie de grippe porcine.
En collaboration
L’espace a toujours suscité le rêve pour le grand public. Lorsque nous sommes allés sur la Lune il y a quarante ans, c’était bien évidemment pour des raisons politiques que les plus jeunes ne connaissent pas forcément mais que nos parents n’ont pas oubliées et qui a servi, entre autres, de dérivatif à une autre crise majeure : La Guerre Froide. Retourner sur la Lune serait sans doute un premier pas avant de s’attaquer aux Sables de Mars à plus longue échéance. Une telle entreprise, dans le contexte actuel, ne peut pas être menée par un seul pays. En effet, on imagine mal les Etats-Unis mener seul aujourd’hui un programme lunaire. Les pays membres de l’ESA et le Japon devront forcément faire partie de l’aventure. Une collaboration pour une telle aventure est nécessaire et il y a d’ailleurs un précédent dans l’histoire des vols habités : la Station Spatiale Internationale (ISS). Toutefois, si l’on retourne sur la Lune avant d’aller sur Mars, cela peut présenter un risque d’écueil : un enlisement du programme. Dans un monde en crise, le plus important, c’est de pouvoir se trouver un objectif. Un objectif qui peut être une source d’emplois pour nos jeunes talents. A son plus fort, Apollo employait plus de 400 000 personnes. En retournant sur la Lune, il faudrait apprendre à pérenniser ces emplois. C’est peut-être le défi le plus important qui attend le programme Constellation.
Antoine Meunier
Photos : NASA (et remerciements à Stéphane "Spacemen1969")
Sources : Le Parisien
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© La Chronique Spatiale (2009)
Le pilote du module lunaire de la mission Apollo 11 s’est exprimé dans une récente interview accordée au quotidien anglo-saxon, The Sunday Telegraph. Pour lui, les Etats-Unis risquent d’être pris de vitesse dans la nouvelle course à la Lune qui s’engage.
Quand un ancien « Moonwalker » prend la parole, ce n’est pas forcément pour évoquer ses faits d’armes, aussi brillants soient-ils. Edwyn « Buzz » Aldrin, 78 printemps, a des choses à dire. Pour lui, c’est évident, les Etats-Unis doivent « maintenir le cap dans l’exploration spatiale » et il entend bien le faire savoir aux deux candidats de la prochaine l’élection présidentielle américaine. En effet, selon le pilote du module lunaire Eagle de l’historique mission Apollo 11 de 1969, si les Etats-Unis se détournent de leur « vision » spatiale et bien « nous risquons de nous retrouver à la seconde place des vols spatiaux habités pour le restant du siècle », précise-t-il. Début juin, Rick Gilbreth, le responsable du programme d’exploration lunaire américain émettait une mise en garde à propos des Chinois qui pourraient « être sur la Lune deux ou trois ans » avant l’Oncle Sam, soit en 2017 ou 2018. Aldrin a donc décidé d’exposer ses vues sur la question aux deux candidats John Mac-Cain (républicain) et au démocrate Barack Obama. Le premier a affirmé son soutien au programme Constellation qui prévoit le retour d’un équipage sur la Lune vers 2019. Pour sa part, Barack Obama s’est enquis de l’opinion publique pour son intérêt quant aux futurs plans de la NASA.
Une fierté nationale
En Amérique, l’espace revêt un caractère particulier car il s’agit d’une réelle fierté nationale. S’il est acquis que le vaisseau Orion sera désormais le successeur de la navette spatiale, de nombreux obstacles parsèment encore le chemin du retour américain sur la Lune. Il y a notamment la question du lanceur Ares V qui n’est pas encore résolue et il faudra attendre encore 2011 pour que ce nouveau lanceur soit approuvé.
Après la crise des subprimes qui a secoué les Etats-Unis fin 2007, retourner sur la Lune fait-il parti des priorités nationales ? Le prochain locataire de la Maison-Blanche devra tenir compte non seulement des problèmes économiques internes au pays mais également des intérêts stratégiques. « Si nous voulons vraiment que cela arrive, il faut mettre plus d’argent dans ce programme », a déclaré l’ancien astronaute dans les colonnes du Sunday telegraph. Ainsi, Buzz Aldrin souhaite voir se rallumer le même enthousiasme qu’à la glorieuse époque des années 1960. Rappelons tout de même que dès 1967, la NASA voyait déjà son budget diminué du fait de l’empêtrement américain au Vietnam. Mais autre époque, autre contexte. Le retour sur la Lune ne pourra désormais plus être un effort fourni par un seul pays bien qu’il s’agisse d’une perspective à long terme dont avait probablement besoin la NASA. C’est d’ailleurs exactement la manière dont s’est engagé le programme spatial chinois habité Shenzou : le long terme, avec la Lune en point de mire. Mais avant cela, il y aura sa future station spatiale et il lui faudra (comme aux Etats-Unis) disposer d’un lanceur lourd. Ce sera la fusée Longue Marche 5 qui devrait être disponible vers 2013.
Aussi, il n’est pas impossible de voir d’autres pays s’engager dans cette nouvelle course à la Lune. Si la collaboration s’engage sereinement, il serait tout à fait envisageable que l’un des premiers hommes à fouler le pied sur le sol sélène soit européen. Depuis l’échelle de coupée d’un module lunaire conçu par l’ESA ?
Antoine Meunier
Sources : The Sunday telegraph / Le Figaro
Photos : www.nasa.gov
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