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Alors que tous les voyants étaient enfin au vert pour la première mission spatiale habitée américaine de l’année, la NASA projette maintenant de lancer la navette Discovery pas avant dimanche prochain, voire peut-être même le mardi 17 mars au plus tard afin de ne pas interférer avec le lancement du Soyouz qui interviendra le 26 mars. Cependant, une telle option risque désormais de réduire la durée de la mission de quatorze à neuf jours ne laissant la place qu’à une seule EVA pour l'installation des derniers panneaux solaires. Les trois autre sorties sont dédiées à des travaux sur l'ISS.
Rappelons qu’une fuite d’hydrogène dans le réservoir extérieur est en effet venue retarder le lancement. Mike Leinbach, Directeur du lancement, a indiqué sur le site de la NASA, qu’une équipe s’attelle au problème aujourd’hui même pour déterminer ce qui à pu se produire.
Antoine Meunier
Sources : Reuters
Photos : NASA
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© Antoine Meunier (2008-2009)
Après quatre reports successifs, la navette Discovery doit s’élancer ce soir pour une mission de deux semaines en direction de la Station spatiale Internationale.
La reprise des vols du Shuttle se faisait attendre depuis le 12 février, mais il fallait résoudre le problème des valves de pressurisation du réservoir d'hydrogène liquide. Le temps de résoudre le problème, les sept astronautes, dont un Japonais, emmenés par Lee Archambault, doivent acheminer l’ultime section de panneaux solaires (S6) de l’ISS. Le tout dernier jeu de panneaux solaires permettra au complexe orbital de fonctionner sur sa puissance électrique optimale. Quatre marches spatiales de presque sept heures sont programmées pour accomplir ce délicat travail. L’installation de ces panneaux solaires est absolument essentielle pour accueillir trois personnes supplémentaires lors de la rotation d’équipage suivante et permettre à la station de passer ainsi, de trois à six personnes dans des conditions optimales. Ces panneaux solaires fourniront également les besoins nécessaires en énergie pour la bonne marche des expériences scientifiques des modules européen Columbus et japonais Kibo. L’ensemble des panneaux solaires de la Station spatiale pourra générer une énergie d’une valeur comprise entre 84 et 120 kilowatts, soit suffisamment pour alimenter les besoins en électricité d’une quarantaine de maison.
Toutes les conditions réunies
La navette Discovery doit décoller en principe à 21h20, heure locale, sous une météo idéale avec 90 % de conditions favorables, ont indiqué les responsables météos du centre spatial Kennedy (KSC). En cas de problème pendant la phase d’envol, trois sites restent prévus pour un atterrissage d’urgence, localisés à Istres (France), Moron et Saragosse (Espagne), qui disposent également d’une météo idéale. Parmi l’équipage se trouve l’astronaute japonais Koichi Wakata qui va remplacer Sandra Magnus, arrivée avec le vol STS-126 en novembre dernier. STS-119 constitue la 28ème mission d’assemblage de la Station spatiale internationale. Avant le retrait du service actif des navettes, programmé l’an prochain, il reste encore huit vols sur le calendrier. La prochaine mission aura lieu en mai prochain, en principe, en direction du télescope spatial Hubble pour son ultime visite de maintenance.
Antoine Meunier
Dernière minute : Cinquième report pour la navette
En raison d’une fuite d’hydrogène, décelée au
moment du remplissage du réservoir extérieur, alors que les astronautes n’avaient
pas encore pris place dans l’orbiteur, la mission vient d’être retardée par l’agence
spatiale américaine. La NASA espère désormais un lancement pour demain soir. En
cas de problème, l’administration spatiale américaine dispose d’une fenêtre qui
se referme lundi prochain. Sinon, il faudra attendre avril pour réunir toutes les conditions optimales de tir.
Sources : Associated Press
Sources : NASA / AFP
Photos : NASA
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Endeavour s’est envolée impeccablement dans le ciel de la Floride hier soir. Sept astronautes étaient à bord pour la dernière mission d’assemblage de l’ISS de l’année.
A la dernière minute, le vol STS-126 a bien failli être annulé parce qu’un membre de l’équipe du pas de tir n’avait pas attaché l’encadrement d’une porte situé près de la navette. Fort heureusement, le problème a pu être résolu et cette mission, qui ne ressemble pas tout à fait aux précédentes, devrait pouvoir se dérouler sans problème. Avec quinze tonnes d’équipements soigneusement arrimés dans les soutes de la navette Endeavour, ce vol va désormais permettre de doubler les capacités d’accueil du gigantesque complexe qui plane au-dessus de nos têtes. A partir de 2009, six astronautes pourront désormais se relayer tous les six mois à bord du gigantesque meccano que constitue l’ISS. Aussi, pour en améliorer ses capacités, la navette emporte notamment le module pressurisé Leonardo (qui redescendra sur la Terre), deux nouvelles cabines destinées au couchage, un second sanitaire, deux nouveaux fours pour la nourriture, un réfrigérateur prévu pour le stockage des aliments ainsi qu’un congélateur et un four qui eux, seront destinés aux expériences scientifiques. Petite nouveauté, un système de recyclage d’urine en eau potable devrait être installé, ce qui préfigure vraisemblablement ce qui se fera sur la Lune et sur Mars lors des prochaines décennies. Lorsque le jour viendra, il sera en effet impossible d’emporter toute l’eau nécessaire à une personne pour une mission martienne. Par ailleurs, au cours de ces deux semaines de mission à bord de la station, quatre sorties dans l’espace sont programmées notamment pour nettoyer le système de rotation d’une des antennes de l’ISS.
Petit changement d’équipage
Dirigé par Christopher Ferguson, dont c’était le second vol après STS-115 en septembre 2006, STS-126 va permettre le remplacement de l’ingénieur de vol Greg Chamitoff qui va reprendre le chemin de la Terre après six mois de mission. C’est Sandra Magnus, dont c’est également ici la seconde mission après STS-112 il y a six ans, qui prend sa place.
Après deux jours de manœuvres orbitales, Endeavour doit s’arrimer dimanche à 22h13 GMT à la Station. Il s’agit de la 27ème mission d’assemblage de l’ISS depuis 1998. Prochain vol : le 12 février avec cette fois-ci la navette Discovery. La mission de maintenance du télescope spatial Hubble, initialement programmée en octobre devrait avoir lieu en avril.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov
Photos : www.nasa.gov / nasa / KSC
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© Antoine Meunier 2008
En 1903, Wilbur et Orville Wright réussissent le premier vol piloté de l’Histoire à bord de leur aéroplane. Cinquante-cinq ans plus tard, les Etats-Unis constituent leur agence spatiale. Il est fascinant de voir que seulement un demi-siècle sépare les débuts de la conquête de l’Air et ceux de la conquête de l’Espace. Depuis cinquante ans, la NASA a répondu à des objectifs stratégiques, politiques et commerciaux. Voici en quelques dates marquantes, mais forcément subjectives, un voyage dans le temps à bord de la plus fantastique machine à rêver.
31 janvier 1958 : lancement réussi d’Explorer 1
Avec trois mois de retard sur l’URSS, les Etats-Unis mettent sur orbite Explorer 1, leur tout premier satellite. Ce dernier d’un poids modeste va tout de même faire la découverte des Ceintures de radiation de Van Halen qui entourent la Terre. Dans l’immédiat, les Soviétiques conservent la tête de la course à l’espace.
Juillet 1958 : Création de la NASA
Afin d’organiser son futur programme spatial, les Etats-Unis prennent conscience de l’importance d’avoir un organisme spécialement dédié à cet objectif. Sur une proposition de James R. Killian, conseiller scientifique du Président Eisenhower, la National Aeronautics and Space Administration voit le jour le 29 juillet 1958.
Un homme dans l’espace
Le 5 mai 1961, Alan Shepard, 38 ans, s’installe dans la capsule Mercury Freedom 7. Il réalise un vol suborbital de 15 minutes et devient le premier astronaute américain à réaliser une incursion dans l’espace. L’Amérique commence à se lancer dans la course.
25 mai 1961
S’adressant au Congrès, le président John Fitzgerald Kennedy prononce un discours, désormais historique, dans lequel il souhaite voir s’accomplir avant la fin de « la présente décennie », l’envoi d’un homme sur la Lune. La grande aventure des vols Apollo commence.
Troisième vol habité américain
Le 20 février 1962, le colonel John Glenn accomplit trois orbites autour de la Terre à bord de Friendship 7, le troisième vaisseau américain Mercury. Un pas supplémentaire est franchi par les Etats-Unis mais l’URSS détient encore le haut du pavé.
Crash réussi sur la Lune
Le 28 juillet 1964, la sonde automatique Ranger 7 s’écrase sur la Lune après avoir pris 4316 images de la surface de notre satellite. Ce sont les premières vues de notre satellite transmises par un engin spatial américain.
Arrivée sur Mars
Parallèlement aux vols habités (programmes Mercury, Gemini et Apollo), la NASA entame un programme d’exploration du Système Solaire. Le 28 novembre 1964, Mariner 4 effectue le premier survol de la planète Rouge.
Première sortie dans l’espace
Le 3 juin 1965, à bord de Gemini IV, Edward White effectue une sortie de dix-huit minutes dans l’espace, trois mois après celle du cosmonaute Alexeï Leonov. « Le moment le plus triste de ma vie », déclara l’astronaute américain au moment de regagner sa capsule Gemini.
Le drame d’Apollo 1
Au cours d’une répétition du lancement qui doit avoir lieu quelques semaines plus tard, les astronautes Gus Grissom, Ed White et Roger Chaffee, périssent dans l’incendie de la première capsule Apollo. Le vaisseau sera intégralement remanié mais la NASA vient de perdre ses premiers astronautes. Ce n’est qu’en octobre 1968 que l’Amérique reprend le chemin de l’espace avec la mission Apollo 7, brillamment menée par Wally Schirra (vétéran de Mercury) et ses deux équipiers, Walter Cunningham et Don Eisele.
Le merveilleux voyage d’Apollo 8
Un peu plus de deux mois après la mission Apollo 7, Franck Borman, Jim Lovell et William Anders offre à l’Oncle Sam son plus beau cadeau de noël. Pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, trois êtres humains orbitent autour d’un autre monde. Ils effectuent dix tours de la Lune avant de revenir sur la Terre. Le premier pas sur la Lune est désormais tout proche.
«…Houston, ici Base de la Tranquilité. L’Aigle s’est posé… »
Avec cinq mois et onze jours d’avance, le pari lancé par JFK, huit ans auparavant est gagné en grande partie grâce à Werner von Braun et la fusée Saturn V, monstre de technologie de 111 mètres de haut. Neil Armstrong et Buzz Aldrin posent leur Lem dans la Mer de la Tranquillité. Ils sont les premiers hommes à fouler le sol lunaire et y séjournent dix-huit heures avant de rejoindre Michael Collins resté en orbite à bord du vaisseau Apollo.
14 avril 1970 : l’odyssée d’Odyssée
Au bout de deux jours d’un voyage sans histoire, une explosion se produit dans le module de service de la mission Apollo 13. L’équipage composé de Jim Lovell, (vétéran de trois missions dont le premier voyage interplanétaire autour de la Lune avec Apollo 8), Fred Haise et Jack Swigert, n’a pas d’autre choix que de se réfugier dans le vaisseau Lunaire Aquarius. Quatre jours plus tard et un alunissage annulé, les astronautes regagnent la Terre sains et saufs après un voyage dans des conditions particulièrement pénibles.
Retour à la réalité
Pressé de prendre une décision sur le futur du programme spatial américain, le Président américain Richard Nixon avalise le projet d’un engin réutilisable en janvier 1972 : La navette spatiale. Cependant, le 15 septembre 1969, ce même Nixon annonce que les Etats-Unis feront « arriver des hommes sur Mars avant l’an 2000… ». Les vols spatiaux habités américains se dérouleront d’une manière sensiblement différente…
ASTP : Détente dans l’espace
C’est une première dans la course à l’Espace. Un vaisseau russe Soyouz et un vaisseau américain Apollo effectuent un rendez-vous orbital et un amarrage. L’équipage américain se compose de Thomas Stafford, Vance Brand et surtout Dick Slayton qui prenait l’espace seize ans après sa sélection pour le programme Mercury. Côté russe, c’est Alexeï Leonov, premier marcheur de l’espace et Valeri Koubassov qui sont aux commandes du Soy
Décembre 1972 : fin d’une fantastique exploration
Après trois jours d’exploration lunaire, Eugene Cernan et Harrison Schmidt reprennent le chemin de la Terre. Trois sorties furent effectuées lors de cette mission. Apollo 17 clôt de manière brillante la première exploration lunaire par les hommes en battant tous les records par rapport aux missions précédentes : 110 kilogrammes de roches rapportées, vingt-deux heures et quatre minutes d’EVA sur la surface des mont Taurus-Littrow et 30 kilomètres parcourues à bord de la jeep lunaire.
Le temps des stations spatiales
Avec les restrictions budgétaires imposées par le Congrès à l’issue du programme Apollo, plusieurs fusées Saturn dorment dans les hangars de la NASA. Le troisième étage d’une Saturn V va être ainsi réaménagé en station spatiale. Skylab accueillera trois équipages au cours de trois missions de un, deux et trois mois durant l’année 1973. Prévu pour être réutilisé avec la navette spatiale, Skylab se désagrégera finalement dans l’atmosphère terrestre en 1979.
Objectif Chryse Planitia.
Si une mission habitée vers la planète rouge apparaît comme définitivement exclue, l’exploration de Mars sera quand même au programme de sondes automatiques de la NASA. Ainsi, Viking 1 se pose sur la surface caillouteuse de Chryse Planitia le 20 juillet 1976. Viking 2 atteint, pour sa part, Utopia Planitia le 3 septembre. Les deux sondes fonctionneront respectivement six et quatre ans.
Les mondes de Galilée
Après un voyage de deux ans à travers l’espace, la sonde Voyager 1 passe à proximité de Jupiter et de ses lunes intérieures le 5 mars 1979. Elle offre des vues stupéfiantes de Ganymède, Europe et Io qui étaient restés jusque là d’obscurs points lumineux dans les télescopes terrestres.
Une nouvelle génération
Vingt ans jour pour jour après le vol de Youri Gagarine à bord de Vostok 1, Columbia, la première navette spatiale s’envole du Centre spatial Kennedy. L’équipage se compose de John Young, vétéran de deux missions Gemini et de deux missions Apollo et de Robert Crippen (anciennement sélectionné pour le programme de station militaire MOL en 1966). Après cinquante-quatre heures passées dans l’espace, Columbia se pose sans problème comme un avion conventionnel, sur la base d’Edwards.
Le premier satellite humain
En 1984, l’astronaute Bruce Mac-Candless réalise une fantastique première lors de la mission STS-41 B à bord de la navette Challenger. Il s’éloigne du Shuttle de près de 100 mètres en utilisant son MMU (Manned Maneuvering Unit) ou unité de manœuvre autonome sans être relié par aucun filin de sécurité.
La catastrophe de Challenger
Sept membres d’équipage embarquent à bord de la seconde navette spatiale de la NASA le 28 janvier 1986. Parmi l’équipage se trouve l’enseignante Christa Mac-Auliffe, sélectionnée dans le cadre du programme « Teacher in Space ». Son vol devait montrer que l’accès à l’espace est possible « pour tous ». Après 73 secondes de vol, Challenger explose en vol. La commission d’enquête, présidée par le physicien Richard Feynman conclue à un défaut dans les joints des boosters. Les vols seront interrompus jusqu’en septembre 1988 afin de résoudre le problème. De plus, le programme éducatif sera finalement réactivé sous le titre « Educator in Space ». La doublure de Christa Mac-Auliffe, Barbara Morgan qui est également enseignante de formation, s’élancera à bord de la navette Endeavour lors de la mission STS-118 durant l’été 2007.
Une nouvelle ère dans l’astronomie
Au cours d’une mission de cinq jours démarrée le 24 avril 1990, l’équipage de Discovery, mené par Charles Bolden et Loren Shriver, procède au déploiement du télescope spatial Hubble. Cet instrument scientifique prendra des dizaines de milliers de photographies de l’Univers et sera prochainement visité par une navette pour une ultime mission d’entretien. Après presque vingt ans de service, le vénérable Hubble sera remplacé par le James Webb Space Telescope (JWST), du nom de l’ancien administrateur de la NASA. Son lancement (programmé en 2013) sera assuré par une fusée Ariane V.
1995, rendez-vous dans l’espace
Avec l’effondrement du Bloc Soviétique, la collaboration entre les Etats-Unis et la Russie s’engage. Ainsi, à dix reprises, la navette spatiale aborde la station spatiale Mir. Neuf amarrages auront même lieu entre le vaisseau américain et la station, de 1995 à 1998. Il aura fallu attendre vingt ans pour que l’Oncle Sam et la Russie donnent une suite à la mission Apollo-Soyouz de 1975.
Les mondes de Galilée
Lors de leur passage en 1979, les Voyager ne firent que survoler le système jovien. Il fallut attendre 1995 pour que la sonde Galileo démarre une observation complète de Jupiter et de ses lunes. L’un des principaux objectifs de cette mission impliquait notamment l’étude de l’atmosphère de la planète géante. Ainsi, un module fut largué et fonctionna 57 minutes avant d’être vaporisé par la pression. A partir de 1997, Galileo accomplit une série de survols de Io et d’Europe. Cette petite planète glacée recèle un océan sous-glaciaire et est considéré comme l’un des candidats les plus prometteurs pour la recherche de la vie extraterrestre.
A l’issue d’une mission particulièrement riches en données scientifiques, Galileo fut précipité dans l’atmosphère de Jupiter le 21 septembre 2003.
Retour sur Mars
Le 4 juillet 1997, la sonde Mars Pathfinder atterrit sur Mars. Délaissée depuis vingt ans, (si l’on excepte l’échec de Mars Observer en 1993), la planète Mars figure à nouveau dans les objectifs de la NASA. Dans ses entrailles, Pathfinder emmène le petit rover Sojourner d’une masse d’à peine onze kilogrammes prit plusieurs centaines de clichés d’Ares Vallis et survécut 83 sols (jours martiens). Mais le meilleur restait encore à venir…
Un second vol tardif
Trente-six ans, c’est ce que John Glenn aura attendu pour revoler après sa mission Mercury de février 1962. A 77 ans, l’astronaute accomplit son second vol spatial durant un vol de huit jours à bord de la navette Discovery. Officiellement, la mission a pour but de voir les effets de l’apesanteur sur le vieillissement. « ...Cette mission existe pour faire plaisir au pays », confiera un responsable. Rappelons en effet que John Glenn est une légende aux Etats-Unis et qu’il s’est illustré comme pilote durant la Seconde guerre mondiale et la Guerre de Corée.
Le plus grand laboratoire spatial
Autrefois adversaires, la Russie et les Etats-Unis sont désormais partenaires dans l’assemblage d’un gigantesque complexe spatial. Européens, Japonais et Canadiens sont également partenaires de ce pharaonique projet, entériné par un traité signé en janvier 1998. Le 20 novembre, une fusée Proton place sur orbite le module Zarya, le premier élément. Un mois plus tard, Endeavour emporte un second segment : le nœud de jonction Unity. Dès lors, la Station Spatiale Internationale (ISS) ne cessera de s’agrandir.
1er février 2003, un nouveau drame
Après un vol sans histoire de quinze jours, au cours duquel la navette emportait un module Spacehab, Columbia se désintègre lors de sa rentrée atmosphérique tuant les sept membres d’équipage dont Ilan Ramon, premier astronaute de nationalité Israélienne. Il fut établi que c’est un morceau de mousse protectrice du réservoir externe qui a endommagé le bouclier thermique de l’orbiteur lors de la phase de décollage. Une nouvelle fois, la NASA est pointée du doigt pour des manquements à la sécurité et une nouvelle interruption des vols a lieu afin de repenser le revêtement des réservoirs. Ce qui entraîne également une interruption dans la construction de l’ISS. Les navettes reviennent en vol avec Discovery lors la mission STS-114, commandée par Eileen Collins en juillet 2005.
« A Vision for space exploration »
Un an après la tragédie de Columbia, le 14 janvier 2004, le président Georges W. Bush annonce solennellement que l’Amérique retournera sur la Lune une fois l’assemblage de l’ISS terminé. Les navettes seront remisées dans la naphtaline dès 2010. Le retour sur la Lune est envisagé dès 2019 avec l’établissement d’un poste permanent. Au cours de la décennie suivante, Mars devrait être également visité par un premier équipage humain. Trois ans plus tard, lors du Congrès International d’Astronautique d’Hyderabad, Mike Griffin, actuel patron de la NASA, avance même l’année 2037 comme date possible.
Deux rovers sur Mars
Après plus de six mois de voyage à travers l’espace, les rovers Spirit et Opportunity se posent sur Mars les 4 et 25 janvier 2004. Objectif : trouver des indices d’une présence prolongée d’eau. D’un poids d’environ 180 kilogrammes et d’une hauteur de 160 centimètres, on passe désormais dans une nouvelle catégorie par rapport à Sojourner et ses modestes onze kilos. Prévus pour durer trois mois, les deux sondes sont toujours à poste et fêteront en janvier prochain leur cinquième année de présence à la surface de Mars après plus d’une quinzaine de kilomètres parcourus sur chacun des deux sites visités (Cratère Gusev pour Spirit et Terra Meridiani pour Opportunity).
Bienvenue dans le monde des Géants
Après sept ans et un voyage interminable dans les solitudes de l’espace, la sonde Cassini-Huyghens arrive dans le système de Saturne en 2004. Le 14 janvier 2005, le module européen Huyghens se pose dans une étendue de galets de glace de la planète Titan, le plus important satellite de la planète aux anneaux. Au cours de sa descente, le module a analysé l’atmosphère et renvoyé des images de rivières saisonnières creusées par le méthane.
Pour sa part, après avoir survolé des lunes comme Rhéa, Thétys, Encelade, Japet ou encore Hypérion, Cassini a vu sa mission rallongée de deux années supplémentaires compte tenu des résultats scientifiques et des réserves de carburant dont la sonde dispose encore.
Horizon lointain
Cette mission a bien failli ne jamais voir le jour. En effet, compte tenu de son éloignement, Pluton reste une destination risquée. La plupart des projets initialement prévus se sont vus annulés, entre autres, par contrainte budgétaire. Ce fut le cas de Pluto Kuyper Express, à l’origine engagée pour 2004, mais qui fut annulée en 2001. Finalement, c’est New Horizons qui est lancée le 19 janvier 2006 en direction de l’ex neuvième planète du Système Solaire. Elle mettra treize mois pour atteindre Jupiter et profiter ainsi de son effet de fronde qui l’a ainsi expédié directement vers Pluton. La sonde devrait en principe survoler Pluton le 14 juillet 2015 avant d’entamer un périple de cinq ans à travers la Ceinture de Kuyper. Il s’agit du plus long voyage envisagé pour un engin automatique à travers le Système solaire.
2010, la fin d’une époque
C’est en principe dans deux ans que les navettes seront mises à la retraite, après presque trente ans de service. Le Shuttle accomplira son dernier vol logistique vers la Station Spatiale Internationale. Si tout va bien, le vaisseau Orion prendra la suite vers 2014 ou 2015.
Et après ?
Bien qu’il soit quasiment impossible de faire des prédictions, on peut essayer d’envisager quelques événements. L’ISS devrait connaître une extension d’activité jusqu’en 2020. Les Etats-Unis devraient mettre en service leur nouveau vaisseau d’ici les sept prochaines années. Un équipage sera sans doute sur Mars d’ici une douzaine d’années. A cette même époque, les Voyager devraient cesser de fournir des informations sur l’extrême limite du Système Solaire. Et après ? Ce sont nos enfants qui écriront la suite de l'aventure…
Antoine Meunier
Sources
Espace Magazine n°17 "Spécial Futur", Espace Magazine n°33, "Spécial ISS", Espace Magazine N°36 "Spécial navette"
Le Monde de l'Aviation n°7 (novembre 1998)
Wikipédia free Encyclopédia, www.nasa.gov, Le Forum de la conquête spatiale, www.planete-mars.com, Johns Hopkins University
Crédits
vidéos et photos : DR / NASA
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Les astronautes de Discovery ont achevé leur troisième marche dans l’espace avec l'arrimage réussi du module scientifique japonais. Avec Kibo, la Station Spatiale Internationale s’agrandit encore un peu plus.
Il y a quelque chose d’assez surréaliste à voir un bonhomme en combinaison spatiale tenir à bouts de bras un réservoir d’azote de presque un quart de tonnes. Pourtant, c’est ce que l’astronaute Ron Garan a réalisé ce dimanche 8 juin en remplaçant ledit réservoir, désormais inutilisable, en se juchant sur le bras robotisé de l’ISS, aidée en cela par sa collègue l’astronaute Karen Nyberg qui manipulait l’instrument depuis la station. Le premier n’hésitait pas à déclarer : « Léger comme une plume, hein ? ». « Profite de la balade », répliqua Nyberg alors que celui-ci se déplaçait d’un bout à l’autre de l’immense structure orbitale. Compte tenu de l’incroyable position de Ron Garan, on ne manquera pas de remarquer leur étonnante décontraction qui ne fait pas oublier l’enjeu de la « balade ». Mais ne vous y trompez pas, sous ce ton apparemment calme, chaque activité extravéhiculaire (EVA) exige une concentration particulièrement soutenue. Garan et Mike Fossum ont démarré leur sortie dans l’espace à 14h GMT pour ne rentrer qu’à 20h28 GMT. La sortie de jeudi dernier avait, quant à elle, durée près de sept heures et onze minutes afin de permettre l’ajout du second segment du laboratoire japonais Kibo.
Retour prévu samedi prochain
Cette seconde partie est le Japanese Experiment Logistic (ELM-PS), il s’agit d’un module de stockage pressurisé d’une longueur de plus de onze mètres. Les derniers éléments de Kibo ne seront acheminés en orbite que lors du vol STS-127 programmé pour le début de l’année prochaine et qui sera commandée par Mark Polanski. De son côté, l’équipage de Discovery va maintenant s’engager dans les préparatifs de retour de la mission. Mike Fossum et Ron Garan vont pouvoir récupérer de leurs marches spatiales. D’autres travaux sont également prévus avant le désarrimage avec la Station prévu après-demain. La navette est attendue à 15h13 GMT sur la piste du Centre spatial Kennedy (KSC). Après la mise en place de Kibo, du laboratoire européen Colombus, la Station Spatiale Internationale accuse pratiquement 300 tonnes à la pesée. La navette ne reviendra que début novembre avec Le vol STS-126 pour, entre autres, la livraison d’un module logistique (MPLM).
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.yahoo.fr
Photos : www.nasa.gov / Nasa TV
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La navette Discovery s’est envolée samedi soir à destination de la Station Spatiale Internationale. Six hommes et une femme composent l’équipage qui procèderont à l’arrimage de la seconde partie du module scientifique japonais Kibo.
Il y a toujours quelque chose d’émouvant à regarder la navette spatiale s’élever dans le ciel de Floride bien qu’aujourd’hui les vols spatiaux habités sont rentrés dans les mœurs. Pourtant, on ne peut rester insensible à la réalisation d’un tel exploit. Envoyer des hommes dans l’espace est vraisemblablement la chose la plus difficile qui soit et d’ici deux ans, la structure qui tourne au-dessus de nos têtes atteindra une masse d’environ 450 tonnes. Un exploit qui n’a d’égal que le programme lunaire. Afin de continuer la construction de ce grand meccano qu’est l’ISS, trois sorties sont prévues durant ce vol STS-124 qui durera deux semaines. Ce sont les astronautes Ron Garan et Mike Fossum qui réaliseront ces différentes EVA, nécessaires à l’arrimage du laboratoire japonais au cours des jours 4, 6 et 9 de la mission. Outre l’installation de Kibo, les équipages de la navette et de l’ISS doivent procéder à diverses tâches dont la mise en place d’équipements de télévision externes ou encore le remplacement d’un réservoir d’azote défectueux situé sur la poutre de la Station spatiale.
La structure la plus vaste
Avec l’arrivée de Kibo, la Station se dote de sa partie habitable la plus importante. D’une masse de presque 16 tonnes, le module mesure 11,2 m pour 4,4 m de diamètre et a coûté 2,8 milliards de dollars au Japon. Lorsqu’il disposera de tous ses équipements scientifiques, des études destinés notamment à l’étude de la médecine spatiale, la biologie, les biotechnologies ou encore l’observation de la Terre seront menées à bord. Il faut également ajouter que Kibo possède son propre bras robotisé (RMS) qui est capable de manipuler des charges pouvant atteindre une masse de 7 tonnes. Autre point important, Greg Chamitoff, dont c’est le premier vol, remplacera Garrett Reissmann à bord de l’ISS en tant que membre à part entière de l’Expedition 17. Chamitoff doit rester six mois à bord de la Station. Cette mission très chargée doit durer 14 jours avant l’atterrissage sur la piste du Kennedy Space Center (KSC). La prochaine mission de la navette sera dédiée à la maintenance du télescope spatial Hubble en octobre prochain (cf.LCS N°116).
Antoine Meunier
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Photos : www.nasa.gov
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Alors que Phoenix vient de brillamment réussir son atterrissage sur la planète Mars, la navette s’apprête à reprendre le chemin de l’espace pour acheminer le second segment du laboratoire japonais Kibo. Mais l’équipage de la Station Spatiale Internationale (ISS) connaît un embarras, heureusement sans gravité…
L’anecdote peut faire sourire mais à 350 kilomètres d’altitude, la panne des toilettes de l’ISS est vraiment problématique surtout quand le nombre d’astronautes présents dans la Station passera à dix la semaine prochaine. Selon un porte-parole de la NASA, l’équipage de la navette Discovery doit acheminer un lot de pièces détachées, notamment une pompe neuve, pour réparer les commodités de la Station spatiale. Les astronautes donc quelques travaux ménagers en perspective dans sa maison céleste. Sinon, la mission de l’équipage commandé par Mark Kelly – vétéran de deux missions spatiales – consistera à assurer l’assemblage du plus important des trois éléments du laboratoire scientifique japonais Kibo et le plus vaste des modules de la Station. Trois sorties dans l’espace sont prévues en vue de l’installation du Japanese Experiment Module (JEM).
Dernière mission vers Hubble
Le premier élément de Kibo a déjà été envoyé en orbite lors du vol STS-123 en mars dernier et le dernier sera expédié lors de la mission STS-127, (commandée par Mark Polanski* en avril 2009). Le prochain vol de la navette dédiée à la construction de la Station Spatiale Internationale doit intervenir le 10 novembre prochain (STS-126). La navette Endeavour devra livrer au complexe orbital un Multi-Purpose Logistics Module (MPLM). Comme son nom l’indique il s’agit d’un module logistique. Mais la mission qui reste très attendue est probablement celle programmée pour le 8 octobre avec la navette Atlantis. Durant onze jours, les sept astronautes qui forment l’équipage du vaisseau auront comme objectif d’assurer la maintenance et les éventuelles réparations, pour la toute dernière fois, du télescope spatial Hubble (HST). En effet, ce vénérable instrument scientifique doit encore fonctionner pendant cinq ans avant la mise en service du James Webb Space Telescope (JWST). Ce sera l’unique et dernier vol de la navette qui ne sera pas consacré au chantier de l’ISS. Rappelons en effet que l’ensemble des vols du Shuttle, jusqu’à son retrait du service actif en 2010 (mission STS-133) restent intégralement réservés à l’assemblage de l’ISS. Mais n’est-ce pas finalement le rôle qu’on attendait de cet engin pas comme les autres ?
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov
Photos : NASA
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*Voir l’interview de Mark Polanski dans Espace Magazine N°36 H.S consacré à la navette spatiale.
En avril 1968, Stanley Kubrick révolutionnait le monde du
cinéma de science-fiction et donnait une vision de ce que pouvait être le futur
des vols interplanétaires.
« Après avoir vu 2001, je suis allé deux fois dans
l’espace ! ». L’homme qui prononça ses mots n’est autre
que le cosmonaute Alexeï Leonov lors de la conférence de Vienne en 1968 sur
l’usage pacifique de l’Espace. A cette époque, Stanley Kubrick vient de passer
près de trois années à la conception d’un film qui est aujourd’hui considéré
comme étant l’un des plus grands chefs d’œuvre du Septième art. Il est étonnant
que quarante années après sa sortie, 2001 l’Odyssée de l’espace reste
encore et toujours d’actualité de part ses thématiques, notamment le contact
avec une intelligence extraterrestre. Sa vision de l’exploration spatiale était
certes très optimiste notamment avec la base lunaire capable d’accueillir des
centaines de personnes. Il faut dire qu’à l’époque nous sommes en pleine
période de compétition lunaire. De plus, les morceaux de bravoures du film sont
légion et on pourrait disserter des heures dessus mais comment ne pas rester
insensible face à la beauté des images. De l’inquiétante découverte du
monolithe en Afrique, à la navette Orion nous entraînant dans les flots
du Beau Danube Bleu. Sans oublier Frank Poole qui fait son jogging dans la
centrifugeuse du Discovery (et sera ensuite éliminé par l’ordinateur Hal-9000).
Coïncidence, les astronautes de Skylab reproduiront une scène similaire
à celle de Frank Poole à bord de leur station spatiale. Ce qui ne manquera pas
d’interpeller Arthur C.Clarke, co-scénariste du film.
Un côté définitivement réaliste
Outre son aspect visuel, ce qui aura le plus marqué, c’est le côté totalement réaliste (absence de bruit dans l’espace, durée des voyages, design des vaisseaux, etc…). Mais surtout, Kubrick et Clarke ont montré que les voyages dans l’espace pouvaient être ennuyeux pour les passagers d’un astronef interplanétaire. Mais qu’importe, il est étonnant de voir que certains décors conceptualisés par Harry K. Lange et Fred Ordway ont résisté aux années. Précisons que les deux hommes travaillaient auparavant pour la NASA. C’est particulièrement vrai pour le Discovery qui rallie Jupiter et ses lunes afin d’aller à la rencontre de cet inquiétant monolithe. Il est cependant évident que certains détails comme les costumes des hôtesses du vaisseau faisant la navette entre la Terre et la Lune sont typiquement années 60 mais 2001 (l’année n’est aujourd’hui plus valable mais il fallait un point de référence temporel) décrit de manière presque réelle le futur de l’exploration spatiale. Quelque part, les coursives du Discovery rappellent un peu celles de l’ISS. C’est peut-être là l’une des plus grande réussite du film. La réalité finit toujours par rattraper la fiction.
Antoine Meunier
Photos : Warner
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Avec la mission STS-123 et l’ATV partis respectivement cette nuit et avant-hier, c’est la première fois que deux vaisseaux volent ensemble pour rejoindre la Station Spatiale Internationale. Rarement un trafic spatial aura été aussi intense.
Avec la navette Endeavour et le vaisseau ATV Jules Vernes, nous avons donc deux vaisseaux actuellement en route vers l’ISS. Bien que parti en premier le vaisseau cargo européen accostera le complexe orbital en second, en principe le 3 avril prochain. Pour sa part, l’orbiteur emmène dans sa soute le premier élément du laboratoire japonais Kibo qui se divise en trois parties. Au cours de cette mission, Endeavour a emporté le Module Logistique d’expérimentation d’une taille de 3,9 et d’une masse de 4,2 tonnes. Le cylindre principal sera acheminé en mai prochain par la navette Discovery. Cette partie du laboratoire japonais est dotée d’un système de télémanipulation. Le dernier composant de Kibo sera, quant à lui, arrimé à la Station en mars 2009. Ce laboratoire représente un budget de 2,8 milliards de dollars pour le Japon. Le rendez-vous entre Endeavour et la Station doit avoir lieu demain à 3h28 GMT. Ajoutons qu’il s’agit de la mission la plus longue pour la construction de l’ISS (seize jours pour l’orbiteur dont onze accosté à la Station). Une semaine plus tard viendra le tour de l’ATV de s’arrimer enfin au grand Meccano spatial.
Le long voyage de Jules Vernes
Actuellement à 260 kilomètres sur une orbite plus basse, le vaisseau européen attend patiemment son tour. Ce vaisseau a des capacités trois fois supérieures à celles du Progress russe (cf. LCS N°98). Outre son rôle de transport de fret, il aura pour mission de rehausser l’orbite de la station. A ce jour, l’Agence spatiale européenne (ESA) a commandé cinq ATV mais le contrat cadre signé avec l’agence porte sur neuf unités. L’importance d’un transporteur à capacité accrue risque donc de se faire sentir dans les prochaines années pour transporter du matériel scientifique sachant que la navette s’arrêtera de voler en 2010. L’Europe est dans la course et joue ses cartes avec Colombus et l’ATV (tout comme le Japon d’ailleurs) ce qui est une bonne chose. Des modules étrangers sont arrimés à la Station Spatiale Internationale, ce qui lui donne véritablement son caractère « international ». En cette année 2008, qui célèbre le demi-siècle d’existence de la NASA, voici que se concrétise enfin un effort de collaboration internationale dans l’espace.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.esa.int / www.yahoo.fr
Photos : www.nasa.gov / www.esa.int
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Addendum
Et oui La Chronique Spatiale fête son 100ème numéro. Ce blog qui a un peu plus d’un an d’existence a bénéficié de quelques coups de pouces. Notamment, ceux d’Olivier Sanguy, rédacteur en chef d’Espace Magazine, Richard Morisan, webmaster d’astroplanetes.net et d’Olivier Poch webmaster du Réseau Martien. Qu’ils en soient tous les trois remerciés.
Par ailleurs, au cours des mois de janvier et février 2008, le nombre de connexions sur LCS a plus que doublé. Un grand merci à tous les lecteurs.
Après trois annulations, le tir de l’orbiteur Atlantis devrait finalement avoir lieu le 2 janvier. Le temps pour les ingénieurs de comprendre ce qui se passe avec les capteurs défectueux du réservoir externe.
Dan Tani, que Léopold Eyharts devait remplacer dans l’ISS, va donc passer un mois supplémentaire à bord du complexe orbital. Finalement, le bon sens a prévalu, ce qui est tout de somme logique : pas question de faire prendre des risques inutiles aux astronautes et aux matériels. L’enjeu pour l’Agence Spatiale Européenne (ESA) avec la présence du laboratoire Colombus dans la soute de l’orbiteur, et pour la NASA, est bien trop important pour que l’on se permette de prendre des risques inconsidérés. D’autant qu’en 2005, le même problème de capteur était survenu sur Discovery et avait retardé le lancement de treize jours, le temps que les ingénieurs procèdent à un changement du réservoir externe.
Retour au VAB*
Dans un premier temps, Atlantis devrait donc regagner le bâtiment d’assemblage afin que l’on comprenne mieux ce qui se passe. Ensuite, elle devrait donc recevoir un nouveau réservoir central.
Ainsi, voilà un nouveau glissement dans le calendrier de l’ISS car il y aura désormais cinq vols du Shuttle en 2008 dont quatre destinés à l’assemblage de la Station et un qui sera réservé à l’entretien du télescope spatial Hubble. Précisons que ce retard ne met pas en cause la Station Spatiale Internationale, il s’agit de la navette, un engin remarquable mais qui reste d’une délicatesse extrême à piloter. Et on comprend mieux la prudence dont font preuve les responsables de la NASA. Il est impensable de prendre le moindre risque. Si on va dans l’espace, autant réduire le maximum de risques. Mais rappelons-nous une donnée essentielle : le facteur zéro n’existe pas. Au jour d’aujourd’hui, il reste environ une dizaine de missions avant la fin de la construction de l’ISS prévue pour 2010. Et pour réussir cette entreprise, la navette spatiale reste indispensable.
Antoine Meunier
*VAB : Bâtiment d’Assemblage Véhicules, là où les navettes sont assemblées
Sources : www.nasa.gov / www.yahoo.fr
Photos : www.nasa.gov / www.esa.int