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Le Directeur Général de l’ESA a rencontré la presse mercredi 14 janvier. L’occasion de faire le point sur les douze mois écoulés et de présenter les perspectives pour 2009.
L’année 2008 marque un tournant pour le spatial européen avec bien sur l’arrivée du premier exemplaire de l’ATV et l’arrimage du module Colombus à la Station Spatiale Internationale (ISS). « Cela faisait vingt ans que nous attendions d’être des partenaires en orbite », a déclaré Jean-Jacques Dordain. Sur le terrain des vols habités, le Vieux Continent n’est en effet plus un partenaire « au sol » puisqu’elle dispose désormais de son propre laboratoire, ce qui lui confère une certaine autonomie avec Colombus et la possibilité d’acheminer du fret à l’ISS grâce à l’ATV dont le second exemplaire devrait en principe être lancé l’an prochain. Partenaire en orbite, car pour la première fois cette année la Station sera commandée cette année par un européen. En effet, Franck De Winne sera le tout premier non américain (et non russe) à diriger la Station, dont l’équipage passera à six personnes au printemps, pour une mission de longue durée. Par ailleurs, le Suédois Christer Fuglesang effectuera là son second vol trois ans seulement après sa première mission. On retiendra aussi que 2008 aura été également marquée par une nouvelle sélection d’astronautes dont le résultat final sera révélé au mois de mai prochain. Quatre nouvelles recrues viendront renforcer l’EAC cette année.
Quatre priorités pour l’ESA
Outre un bilan 2008 qui se présente donc comme très positif, avec une conférence ministérielle réussie en octobre dernier, le Directeur Général de l’ESA considère que 2009 sera tout aussi importante que l’année écoulée. Aussi, quatre grandes priorités sont à l’ordre du jour. En premier lieu, « Nous devons réussir les missions car l’ESA est synonyme de succès ». Ces dernières années ont effectivement été synonymes de réussite pour l’Agence Spatiale Européenne. Parmi les missions à venir on citera trois « observateurs » terrestres : Goce, un satellite qui s’intéresse à la circulation des océans et qui doit décoller en mars à l’aide d’un Soyouz. Viendra ensuite en juillet SMOS qui surveillera l’humidité des sols avant d’être suivi en novembre par Cryosat 2 (analyse des glaces) qui sera mis en orbite en novembre. Pour explorer l’Univers, aura lieu en avril le lancement de Herschel et Planck : deux télescopes ultra sophistiqués qui devraient, selon le Directeur Général, permettre d’aller encore plus loin vers le Big Bang. Toutefois, 2009 sera à marquer d’une pierre blanche puisque pour la première fois, une fusée Soyouz s’élèvera au-dessus de la Guyane. Reste à régler le dossier d’Exomars qui ne sera finalisé qu’en septembre. Pour se faire, l’idée est d’amener les Russes et les Américains qui ont déjà leurs propres sondes (Phobos- Grunt et Mars Science Laboratory*) à se joindre à la mission.
Préparer le futur
Second point : il concerne principalement la gestion financière de l’ESA afin d’acquérir plus d’efficacité et de flexibilité notamment en termes de gestion et de communication. La troisième priorité porte sur le futur. A ce titre, une conférence sur l’exploration aura lieu le 25 juin prochain entre les états membre de l’Union Européenne et l’ESA pour réfléchir sur le rôle futur de l’agence. « Il s’agit d’une décision politique dépassant le cadre spatial », a souligné le Directeur Général. La vie de l’agence est la quatrième priorité que Jean-Jacques Dordain a souhaité mettre à l’ordre du jour de cette réunion. Avec l’élargissement de l’Europe à vingt-cinq états, on inaugure peut-être la voie vers une future agence agrandie au cours des prochaines années. De part l’importance de sa gamme de lanceurs disponibles (Ariane 5, Soyouz et Vega), ses relations avec ses multiples partenaires, ou encore ses actions communes avec la Commission Européenne, l’Agence tient donc à anticiper les enjeux des prochaines années.
Antoine Meunier
Photos : ESA/ /NASA/Antoine Meunier
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© Antoine Meunier 2009
* Suite à un problème technique, le rover partira finalement en 2011.
Sur fond de crise économique, les ministres européens en charge des affaires spatiales ont jeté les bases de la politique spatiale pour les prochaines années, mardi et mercredi dernier. Une augmentation de 21%.
Jean-Jacques Dordain, Directeur général de l’Agence spatial européenne (ESA), peut se féliciter de cette conférence ministérielle tenue à La Haye, puisque ce dernier pensait avoir "bon espoir de récolter plus de 9 milliards d’euros" sur les 10 nécessaires aux programmes de son agence. Il s’agit d’une réelle victoire que n’aurait sûrement pas renié son homologue américain de la NASA, Mike Griffin. Ainsi, ce sont au total 9,95 milliards d’euros qui seront financés. Avec 2,7 milliards d’euros mis sur la table, l’Allemagne devient le premier contributeur de l’Agence, contre 2,3 à la France. L’intégralité de ces 10 milliards s’étalent, bien entendu, pour les trois prochaines années. De 2008 à 2012, la contribution totale de l’ESA à l’ISS sera de 1,37 milliard d’euros, ce qui en fait le programme le plus cher jamais votés par l’Agence spatiale européenne.
L’ISS jusqu’en 2020 ?
Mardi matin, un porte-parole de l’ESA a même indiqué que les
partenaires de l’agence oeuvraient afin que l’ISS puissent être utilisée au
moins jusqu’en 2020. Pour l’Allemagne la Station Spatiale Internationale est
une priorité, alors que la France cherche avant tout à moderniser la fusée Ariane
V dont les études préparatoires pour la prochaine génération ont permis de
récolter 357 millions d’euros. Par ailleurs, avec l’ATV, l’Europe dispose
maintenant d’un véhicule susceptible d’être transformé en capsule habitée. Mais
ce point ne semble pas figurer au rang des priorités alors qu’il y avait là une
réelle opportunité à saisir face à la place bientôt laissée vacante par le
retrait des navettes américaines. Rappelons qu’un projet de vaisseau avec
équipage, dérivé de l’ATV existe, il s’agit de l’ATV-Evolution - une maquette
a notamment été présentée au grand public lors de l’exposition du centenaire du
Gifas en octobre dernier. Elle pourrait voler dans un premier temps en mode
cargo d’ici 2014 pour acheminer du fret à la Station puis redescendre sur Terre
avant un premier vol habité d’ici 2017.
François Auque, Président exécutif d’EADS Astrium a d’ailleurs livré son sentiment sur le futur de l’ATV dans une interview accordé au quotidien Les Echos daté du 24 novembre, expose son inquiétude quand au manque de visibilité sur l'après-ATV. Il est donc plus qu’urgent de réagir mais le fait est que tout repose sur une décision politique. Seul l’Allemagne parait avoir fait du vol habité (avec l’ISS) une priorité. Ainsi, Quand la Chine rattrape son retard technologique de manière exponentielle, l’Europe devra vraisemblablement se contenter dans les prochaines années d’un lanceur qui ne répondra plus aux futures demandes, par manque d’anticipation ? Se contentant simplement de lancer dix à douze tonnes de charge utile quand la Chine, elle, pourra lancer des charges avoisinant les quinze tonnes avec sa prochaine génération de lanceur. Quand il faudra de nouveau innover, l’Europe risque de nouveau de se retrouver à péniblement raccrocher les wagons.
Antoine Meunier
Sources : www.lesechos.fr / www.reuters.com / www.esa.int
Photos : www.esa.int / www.nasa.gov / Antoine Meunier /
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Exomars en question ?
Initialement prévue pour
2011, le premier rover martien européen a été reporté à 2013 puis finalement à
2016 suite à une enveloppe budgétaire qui est passé de 650 millions d’euros à plus
de 1,2 milliard. Ce qui incluse également le lancement. A l’heure actuelle, des
projets de collaboration sont en discussion avec les Russes et les Américains
sur ce petit rover capable de forer jusqu’à deux mètres de profondeur dans la
surface de Mars. Le projet devrait être finalisé en septembre prochain.
Achevée dimanche dernier, l’exposition fêtant les cent ans du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales aura attiré près de deux millions et demi de personnes selon le Gifas.
A n’en point douter, l’aéronautique et l’espace sont deux domaines qui continuent inlassablement de faire rêver des milliers de personnes. Et le public ne s’y est pas trompé même si, lors du premier week-end la météo fut capricieuse avec des rafales de vent et des averses qui n’ont pas découragé les amoureux des machines volantes. Petits et grands se succédaient devant le Rafale, la maquette du drone Neuron, devant le prestigieux Goliath Farman, premier avion de ligne (l’ancêtre du futur avion spatial d'Astrium ?) ou encore devant la maquette de l’ATV-Evolution, dérivé de l’actuel vaisseau cargo européen qui pourrait un jour devenir la première capsule habitée européenne. Un succès pour le public mais également pour l’industrie car il n’est parfois pas évident de mettre à la portée du grand public une technologie de pointe, quelle qu’elle soit, et qui peut parfois paraître très élitiste. Mais la magie aidant et le cadre de l’exposition auront su faire le reste.
Fluidité
Côté mise en scène, l’avenue des Champs Elysées aura été particulièrement bénéfique pour la scénographie. En effet, la disposition des allées aura permis aux pavillons de se vider de manière rapide pour le public évitant les embouteillages dans les différents pavillons. Et puis surtout, il est vrai que cette exposition n’était relayée par aucun média ce qui rend son succès d’autant plus exemplaire mais n’est-ce pas là finalement le propre de la réussite d’une manifestation qui se veut avant tout populaire. Un regret peut-être ? Oui, un quand même. La place accordée à l’espace aurait méritée d’être un peu plus généreuse.
Antoine Meunier©
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L’Agence spatiale américaine serait en négociations avec son homologue japonaise (JAXA) pour acheter un vaisseau de transport spatial rapporte le quotidien nippon Yomiuri.
Dans moins de deux ans maintenant, les navettes spatiales appartiendront au grand livre de l’Histoire spatiale. Après plus de 130 missions habitées en vingt-neuf ans, la NASA revient au système de capsule spatiale avec Orion dont le design rappelle celui des vénérables vaisseaux Apollo. Précisons cependant que ce système n’aura pas grand-chose à voir avec ces prédécesseurs des années 60. Mais comme ce remplaçant ne sera pas disponible avant 2015, l’administration spatiale américaine se devait de trouver une solution du moins pour l’acheminement du fret. Il semblerait que le Japon puisse fournir cette solution avec son transporteur, le HTV. Une solution dont le coût est estimée à environ 130 millions de dollars, toujours selon le quotidien japonais. A noter toutefois, que le site de la NASA n’a publié aucun commentaire sur le sujet.
Pas de précédent
Cependant, il est vrai que pour les Etats-Unis être absents de la scène spatiale sur une durée aussi longue (cinq ans) n’est pas une chose commune, surtout quand il va falloir dépendre de la Russie pour envoyer en orbite ses astronautes. Rappelons toutefois qu’entre l’arrêt définitif des vols Apollo et la mise en service de la première navette, il s’est écoulé huit ans (fin du programme Skylab), six si l’on inclut le vol historique Apollo-Soyouz de 1975. Mettre en chantier un programme spatial, ou aéronautique, exige du temps et de l’argent. L’Oncle Sam se tourne vers ses partenaires pour l'aider dans son rôle à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS).
Si les négociations aboutissent, le Japon s’assure à son tour un moyen d’accès à l’espace, à l’image de l’Europe avec l’ATV. Ce qui lui permettrait vraisemblablement d'accroitre sa participation dans l'ISS (qui sera très probablement maintenue à poste jusqu'à la fin de la prochaine décennie). Pour le Japon, il y a donc là une opportunité unique à saisir. Désormais, avec l’émergence de nouveaux acteurs et de nouveaux matériels, la compétition pour l’accès l’espace n’est plus seulement politique, elle est aussi économique. Une question demeure toutefois : combien de temps s’écoulera avant la mise en service du HTV ? Comme nous l’avons évoqué plus haut, l’arrivée d’un vaisseau spatial exige du temps notamment dans sa mise au point. A ce titre, les premières études réalisées par la JAXA sur le véhicule de transfert remontent déjà à 1997. Selon le site de l’Agence spatiale japonaise, un premier lancement avec un modèle de démonstration est programmé pour l’été 2009. Le vecteur de lancement sera une fusée H-2B qui sera tirée depuis la base de Tanegashima. A terme, le rythme de lancement serait d’un tir chaque année.
Antoine Meunier
Sources : www.yomiuri.co.jp/dy/features/science/20080720TDY01305.htm / www.yahoo.fr / JAXA
Crédits photos : www.nasa.gov / JAXA
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Le vaisseau de transport européen a pleinement réussi sa mission après presque un mois de tests préliminaires dans l’espace. Le rendez-vous et l’arrimage avec l’ISS s’est parfaitement déroulé jeudi 3 avril à 14h45 GMT.
L’ensemble des équipes d'EADS Astrium et d'Arianespace qui ont travaillé sur la conception du Jules Verne, peuvent légitimement savourer leur succès. Le premier exemplaire du vaisseau européen vient de remplir la mission que l’on attendait de lui. Il aura fallu dix années de mise à point pour arriver à ce moment crucial qui offre à l’Europe la possibilité de se retrouver enfin dans la cour des nations susceptibles d’envoyer un vaisseau vers la Station Spatiale Internationale (ISS). Mais pas question pour autant de se reposer un succès aussi important. En effet, il va falloir à présent « débriefer » la mission du premier exemplaire de l’ATV avant que son successeur ne prenne à son tour le chemin de la Station. En effet, il serait erroné de penser qu’un rendez-vous spatial une fois effectué entre deux engins spatiaux les autres deviennent purement routiniers. En 1997, les Russes en ont fait la cruelle expérience lorsqu’un vaisseau Progress a percuté la station Mir dépressurisant intempestivement le module Spektr. L’équipage a fait preuve d’un remarquable sang froid et a pu sauver la station mais le laboratoire fut irrémédiablement perdu.
A quand l’ATV 002 ?
Il faut maintenant analyser les différents paramètres de cette première mission afin d’éliminer les différents « bugs ». Aussi, le prochain ATV devrait s’envoler de Kourou en 2009. Mais revenons au Jules Verne. Avant d’ouvrir son écoutille, plusieurs procédures doivent être effectuées. Dans un premier temps, il faut contrôler l’étanchéité du « vestibule ». Ensuite, les astronautes Whitson et Malentchenko préparent divers équipement pour entrer dans le module avant d’ouvrir sa porte. Il convient ensuite d’installer des brides internes pour rigidifier la connexion entre le vaisseau et la station. Puis les astronautes procéderont à des analyses de son air avant de purifier son atmosphère. L’équipage de l’Expédition 16 pourra ensuite procéder au déchargement du fret.
Et après ?
L’Europe vient maintenant d’acquérir la délicate technique du rendez-vous spatiale. Elle possède son propre lanceur spatial ainsi que son laboratoire scientifique avec le module Colombus dont une partie est allouée aux Américains. Il ne lui manque plus qu’une étape à franchir : se doter d’un véhicule spatial habité. Avec Ariane V*, elle possède une capacité de satellisation suffisante pour envoyer un engin habité en orbite basse. Il y a des occasions qu’il ne faut pas manquer.
Antoine Meunier
Sources : http://webservices.esa.int/blog/post/2/370 / www.nasa.gov
Photos : NASA TV / www.nasa.gov
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*Une qualification « vols habités » du lanceur européen reste cependant nécessaire
Le premier exemplaire du vaisseau cargo s’approchera aujourd’hui à seulement onze mètres de la Station Spatiale Internationale (ISS). Les responsables du complexe ont donné leur accord avant l’amarrage prévu pour jeudi prochain.
La première phase de rendez-vous de l’ATV Jules Vernes a fait appel, avec succès il est tout de même important de le souligner, à l’utilisation de son GPS relatif samedi dernier. Il s’agit en fait d’une technique de navigation qui permet aux calculateurs de l'ATV de comparer les données fournies par les récepteurs GPS du vaisseau et ceux de l'ISS pour naviguer dans l’espace avec plus de précision. Cela a ainsi permis d’amener le vaisseau sur la même altitude orbitale que la station à une distance de 3,5 kilomètres en toute sécurité et du module de service Zvezda. A ce stade, les astronautes résidant actuellement dans l’ISS peuvent suivre visuellement la progression du Jules Verne jusqu’à son « docking ».
La phase de ce jour, fait appel à des capteurs optiques. Le vaisseau européen se dirigera en utilisant un système optique par laser. L’ensemble des informations recueillies seront transmises aux responsables de l’ISS qui décideront de l’autorisation de l’amarrage du premier vaisseau de transport européen. A l’heure actuelle, le rendez-vous final entre les deux engins reste prévu jeudi 3 avril à 14h41 TU*.
L’ATV, une des pierres du vol habité européen ?
Depuis son lancement par une Ariane V ES début mars, l’ATV a parfaitement rempli ses tests orbitaux. Ce premier exemplaire, qui, si tout se déroule normalement, sera suivi par quatre autres unités, pourrait être la première pierre du futur vaisseau habité européen. Ainsi, dans la recommandation numéro 49 du rapport qu’ils avaient rendu à l’Assemblée Nationale l’an dernier, le sénateur Henri Revol et le député Christian Cabal, décédé la semaine dernière, préconisaient « le développement du système européen de transport spatial ATV-ARD, autonome mais compatible avec le système de transports de la NASA et les autres systèmes de transport, russe notamment… ». On se souvient que la capsule ARD (Atmospheric Reentry Demonstrator) avait expérimenté avec succès en 1998. Dans leur rapport, le député Cabal et le sénateur Revol suggéraient que l’ARD, « après agrandissement pourrait déboucher sur une capsule habité ». L’idée serait d’arriver à une expérimentation du système pour 2012. Il existe néanmoins une autre option à l’étude : celle du CSTS ou Crew Space Transportation System qui pourrait être développée en coopération avec la Russie. Mais il s’agit d’un vaisseau qui reprend l’architecture du Soyouz et pour l'heure, rien n'est encore décidé.
Il ne manque maintenant plus qu’une simple volonté politique pour que l’Europe se dote de son propre système d’accès à l’espace. Un tel investissement représenterait un coût d’environ un milliard d’euros*, soit environ le prix du vaisseau Jules Verne. En février dernier, le président Sarkozy a émis le souhait d’un programme mondial pour l’exploration de Mars. C’est une invitation à laquelle les autres états membres de l’Union se doivent de donner une réponse positive. Disposer d’un moyen d’accès à l’espace serait pour l’Europe une vitrine technologique qui la placerait définitivement sur un pied d’égalité avec les Etats-Unis, la Russie mais surtout la Chine. Des éléments de réponse seront probablement disponibles après la conférence ministérielle de l’automne. Mais pour l’heure, une première étape doit être franchie, le 3 avril prochain avec le Jules Verne, un simple vaisseau de transport qui donne pleinement satisfaction à ses concepteurs.
Antoine Meunier
Sources : www.esa.int / www.assemblee-nationale.fr
Photos : www.esa.int / Astrium
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*Voir rapport sur "Politique spatiale : l'audace ou le déclin" par Christian Cabal et Henri Revol. www.assemblee-nationale.fr N°3676 (2007)
*TU : Temps Universel
**Pour information, le vaisseau Jules Verne a coûté exactement le même prix et désormais nous bénéficions des technologies pour mettre au point un vaisseau habité. Nous ne partirions pas de zéro.
Avec la mission STS-123 et l’ATV partis respectivement cette nuit et avant-hier, c’est la première fois que deux vaisseaux volent ensemble pour rejoindre la Station Spatiale Internationale. Rarement un trafic spatial aura été aussi intense.
Avec la navette Endeavour et le vaisseau ATV Jules Vernes, nous avons donc deux vaisseaux actuellement en route vers l’ISS. Bien que parti en premier le vaisseau cargo européen accostera le complexe orbital en second, en principe le 3 avril prochain. Pour sa part, l’orbiteur emmène dans sa soute le premier élément du laboratoire japonais Kibo qui se divise en trois parties. Au cours de cette mission, Endeavour a emporté le Module Logistique d’expérimentation d’une taille de 3,9 et d’une masse de 4,2 tonnes. Le cylindre principal sera acheminé en mai prochain par la navette Discovery. Cette partie du laboratoire japonais est dotée d’un système de télémanipulation. Le dernier composant de Kibo sera, quant à lui, arrimé à la Station en mars 2009. Ce laboratoire représente un budget de 2,8 milliards de dollars pour le Japon. Le rendez-vous entre Endeavour et la Station doit avoir lieu demain à 3h28 GMT. Ajoutons qu’il s’agit de la mission la plus longue pour la construction de l’ISS (seize jours pour l’orbiteur dont onze accosté à la Station). Une semaine plus tard viendra le tour de l’ATV de s’arrimer enfin au grand Meccano spatial.
Le long voyage de Jules Vernes
Actuellement à 260 kilomètres sur une orbite plus basse, le vaisseau européen attend patiemment son tour. Ce vaisseau a des capacités trois fois supérieures à celles du Progress russe (cf. LCS N°98). Outre son rôle de transport de fret, il aura pour mission de rehausser l’orbite de la station. A ce jour, l’Agence spatiale européenne (ESA) a commandé cinq ATV mais le contrat cadre signé avec l’agence porte sur neuf unités. L’importance d’un transporteur à capacité accrue risque donc de se faire sentir dans les prochaines années pour transporter du matériel scientifique sachant que la navette s’arrêtera de voler en 2010. L’Europe est dans la course et joue ses cartes avec Colombus et l’ATV (tout comme le Japon d’ailleurs) ce qui est une bonne chose. Des modules étrangers sont arrimés à la Station Spatiale Internationale, ce qui lui donne véritablement son caractère « international ». En cette année 2008, qui célèbre le demi-siècle d’existence de la NASA, voici que se concrétise enfin un effort de collaboration internationale dans l’espace.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.esa.int / www.yahoo.fr
Photos : www.nasa.gov / www.esa.int
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Addendum
Et oui La Chronique Spatiale fête son 100ème numéro. Ce blog qui a un peu plus d’un an d’existence a bénéficié de quelques coups de pouces. Notamment, ceux d’Olivier Sanguy, rédacteur en chef d’Espace Magazine, Richard Morisan, webmaster d’astroplanetes.net et d’Olivier Poch webmaster du Réseau Martien. Qu’ils en soient tous les trois remerciés.
Par ailleurs, au cours des mois de janvier et février 2008, le nombre de connexions sur LCS a plus que doublé. Un grand merci à tous les lecteurs.
C’est dans moins de deux jours* qu’aura lieu le tir du premier ATV. Après l’arrimage réussi de Colombus le mois dernier à l’ISS, l’Europe s’apprête à lancer son premier vaisseau spatial, sa seconde contribution à la Station Spatiale Internationale.
Tout a commencé en octobre 1995 lors de la conférence ministérielle de l’ESA de la même année. A cette époque, le développement simultané du véhicule de ravitaillement et du laboratoire Colombus est décidé. Et c’est en 1998 que le contrat pour le développement du véhicule est signé entre EADS Launch Vehicles (Astrium Space Transportation).
Et dimanche prochain, à 4h59 heure de Paris, un véhicule de 20 tonnes assemblé en Europe partira depuis la Guyane pour rejoindre la Station Spatiale Internationale (ISS). Il marque un véritable tournant pour le ravitaillement du complexe puisque ses capacités sont trois supérieures à celles du vaisseau cargo russe Progress. Précisons que le Jules Vernes, premier ATV d’une série de six, est notamment équipé du même système d’arrimage que son homologue russe. Mais la grande première est très probablement le rendez-vous qui sera effectué avec la Station Spatiale Internationale (ISS), de manière complètement automatisé, grâce à ses instruments de bord et dont l’ensemble des tests d’approche seront réalisés sur une dizaine de jours avant le « docking »** final.
L’ATV, un pas vers le vol habité européen ?
Lancé par une fusée Ariane V ES, ce vaisseau pose une question. Y’aura-t-il un jour une version piloté par un équipage ? Tout d’abord, il faut préciser que l’ATV est un module de transport de fret automatisé pouvant être occupé par trois astronautes une fois son raccordement effectué à la Station pour une durée effective de six mois avant son détachement pour se consumer dans l’atmosphère terrestre. Il présente quand même des similitudes de par sa taille à un vaisseau Apollo et pourrait même contenir un autobus à impériale. Mais son lanceur, Ariane V n’est pas configuré pour le vol habité. Il faudrait notamment l’équiper d’un système d’éjection du vaisseau. Cependant, des études d’évolution de l’ATV ont été menées notamment pour l’aller et retour d’astronautes vers l’orbite basse. Mais comme nous venons de l’évoquer plus haut, cela nécessiterait également de faire évoluer la fusée Ariane pour le vol habité.
Avec Colombus, l’Europe vient de se doter de son module (certes raccordé à l’ISS). En lançant l’ATV Jules Vernes, le Vieux continent franchit une nouvelle étape et prouve que le vol habité est désormais à sa portée. L’ATV pourrait-il être une simple étape vers la voie du vol habité ? Ce serait une excellente manière de s’affranchir de la dépendance du Soyouz ou de la navette qui sera mise au rencart dans deux ans. De telles cartes méritent largement l’attention des politiques car en 2010, il n’y aura plus qu’un seul moyen pour desservir l’ISS.
Antoine Meunier
Sources : www.esa.int / EADS Astrium / Espace Magazine N°35 / www.nasa.gov
Photos : www.nasa.gov / www.astrium.com
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* Dernière mise à jour le vendredi 7 mars 2008
**Arrimage
Après le président Sarkozy qui plaide pour un programme international d’exploration martienne, la chancelière Angela Merkel s’est adressée aux astronautes à l’issue de leur seconde sortie dans l’espace, ce mercredi.
Incontestablement, cette année 2008 marque un important virage pour l’Europe spatiale et ses deux principaux acteurs : la France et l’Allemagne. Le raccordement réussi de Colombus à la Station ouvre une nouvelle ère. Même si l’on a critiqué depuis une décennie les dérives budgétaires de ce grand laboratoire spatial qu’est l’ISS, il offre désormais une fenêtre sans pareil sur l’espace mais également une certaine autonomie pour le Vieux continent car le module Colombus sera géré par un centre de contrôle basé à Oberpfaffenhofen et dépendant du Centre aérospatial allemand (DLR) donc une gestion européenne de Colombus. Et à ceux qui en douteraient, la science aura toute sa place. Ainsi, quatre expérimentations démarreront immédiatement après l’activation du module avec notamment le Biolab « European Physiology Module » (EPM) qui a été conçu pour les projets de médecine humaine. Pas question de perdre du temps. Le planning de Hans Schlegel mais surtout celui de Léopold Eyharts s’annonce très bien remplie jusqu’à la fin du mois de mars.
Bientôt le Japon
Alors que le premier ATV s’annonce, il faut également compter avec l’arrivée du Japanese Experiment Module (JEM) qui doit, à son tour, être greffée à l’ISS le mois prochain. Il sera expédié en orbite par la mission STS-123. Ce vol sera commandé par Dominic L. Gorie, commandant sur STS-108 en 2001 et titulaire au total de trois missions à bord de la navette spatiale. STS-123 aura pour objectif de livrer le Japanese Experiment Logistics Module – ou JLP. Combiné avec une seconde section pressurisée, ils formeront le module Kibo. L’ensemble des équipements japonais sera livré au cours de trois missions. Pour l’astronaute Tako Doï, spécialiste de mission sur STS-123 « avec cette mission, le vrai programme spatial humain du Japon peut commencer. »
Avec Colombus, ce mois-ci, Kibo dont les éléments seront acheminés en deux vols, la Station Spatiale Internationale revêt désormais son identité. L’Europe et le Japon peuvent désormais revendiquer une place de choix, même si les Etats-Unis sont encore majoritaires.
Antoine Meunier
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C’est sous un ciel partiellement dégagé et deux mois de retard sur le calendrier prévu, que la navette spatiale Atlantis s’est finalement élancée dans l’espace jeudi, depuis Cap Canaveral. Elle emporte dans sa soute le laboratoire européen Colombus qui va être raccordé à l’ISS.
Le temps n’était pas fameux mais les responsables de la NASA ont estimé que rien ne s’opposait au décollage de l’orbiteur. Dans le traditionnel torrent de flammes et de fumée, Atlantis a offert un magnifique spectacle dans le ciel de Floride aux spectateurs venus assister au lancement. Pour l’Agence Spatiale Européene, cette mission (vol STS-122) c’est l’aboutissement de plus de vingt années de travail. Avec ce laboratoire, l’ESA se garantit aussi une présence quasi permanente (avant que les équipages ne passent à six personnes) dans l’espace avec la possibilité de faire voler des astronautes pour des missions de longue durée. Sachant que les moyens d’accès seront bientôt limités au seul Soyuz, cela n’a pas de prix. Toutefois, les Etats-Unis auront accès à une partie du laboratoire une fois que ce dernier sera raccordé à la Station Spatiale Internationale (ISS). Mais il faudra cependant attendre samedi avant que les opérations démarrent ne commencent et qu’Atlantis ne soit amarrée à la Station spatiale.
Un dimanche chargé
C’est le bras robot Canadarm 2 de la Station qui installera Colombus ce week-end sur l’écoutille tribord du module Harmony. Deux astronautes, dont l’Allemand Hans Schlegel, effectueront une sortie extravéhiculaire pour veiller à la bonne marche de la manœuvre. Une fois le module amarré et sécurisé, Léopold Eyharts aura la charge d’activer Colombus puisqu’il doit séjourner presque deux mois en orbite, et démarrer le lancement du programme scientifique du module. Et puis Colombus est un peu à part. En effet, ce petit cylindre de sept mètres sera contrôlé et piloté par le Centre de contrôle Columbus de l'ESA, situé dans les locaux du Centre allemand d'opérations spatiales du DLR à Oberpfaffenhoffen (Allemagne) qui sera notamment responsable des opérations scientifiques à bord.
Et puis si tout se passe comme prévu, Léopold Eyharts devrait vivre une seconde première : l’arrivée du Jules Vernes, le premier vaisseau cargo européen qui doit rallier l’ISS. La fenêtre de lancement s’ouvre à partir du 22 février prochain. Pour sa deuxième mission, l’astronaute français devrait ainsi cumuler le privilège d’accueillir dans l’espace les deux fleurons de l’Europe spatiale habitée.
Antoine Meunier
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