12 posts tagged “atlantis”
Avec la cure de rajeunissement du télescope spatial Hubble par la navette Atlantis et le lancement réussi des satellites Herschel et Planck par une Ariane V en version ECA, nous avons vécu une semaine passionnante dans le domaine de l’astronomie spatiale.
D’abord parce que Hubble va être reconduit dans ses fonctions pendant au moins cinq ans. Après 750 000 clichés de l’Univers pris et dix-neuf années de révolutions autour de la Terre, le HST n’a donc pas dit son dernier mot et promet encore des photos toujours plus stupéfiantes les unes que les autres.
Ainsi, les astronautes ont mené avec succès leurs cinq sorties dans l’espace qui ont notamment permis la remise en état du STIS (Space Telescope Imaging Spectrograph). La plus longue des cinq EVA aura atteint la durée record de plus de huit heures ! A l’issue de la cinquième marche dans l’espace, Hubble dispose, entre autres, d’une nouvelle protection thermique, de batteries neuves et d’un capteur qui lui permettra de s’orienter avec une meilleure précision. Voilà pour le télescope du Siècle dernier.
Encore plus loin
Transportant ses deux précieuses charges utiles, Le lanceur Ariane V, en version ECA, a décollé à 15h12 jeudi dernier pour insérer exactement vingt-six minutes plus tard, les télescopes Herschel et Planck, sur une trajectoire devant les amener au point de Lagrange L2. Mais pourquoi cette destination ? Simplement, parce que ce point gravitationnel reste dans l’axe du système Terre-Soleil et il offre une position parfaite pour observer l’univers. Car Planck a une mission bien spécifique : la cartographie de la lumière émise par notre univers, 380 000 ans après le Big Bang. Bref, les scientifiques vont tenter de comprendre comment est né notre univers il y a presque 14 milliards d’années. Pour sa part, Herschel étudiera l’évolution d'objets comme les galaxies depuis dix milliards d’années. Il est équipé d’un miroir de 3,5 mètre de diamètre, le plus important jamais réalisé (supérieur à celui de Hubble), et capable de réaliser des observations dans l’infrarouge.
A elles deux, ces missions représentent un coût de 1,7
milliard d’euros soit la mission scientifique la plus importante de l’Agence
spatiale européenne (ESA). Avec
Planck et Herschel, notre connaissance de l’univers va continuer
de s’améliorer. Durée de vie : quinze pour le premier et trois ans pour le second.
Antoine Meunier
Sources et photos : ESA / NASA / ESA Daniel Ducros
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C’est donc parti pour une dernière visite. La navette Atlantis a parfaitement décollé depuis le centre spatial Kennedy (KSC) en Floride à 20h01 (heure française) avec pour objectif le télescope spatial Hubble, en orbite à 560 kilomètres d’altitude.
Cette mission de maintenance du HST ferait presque oublier que deux navettes spatiales attendaient sur le pas de tir de Cap Kennedy. Il y avait bien sur Atlantis, qui va rallier Hubble et le remettre à neuf pour lui permettre de rester à poste, en théorie pour une durée de vie supplémentaire d’environ cinq ans, et il y avait Endeavour. Le second orbiteur se tient en effet prêt à venir en aide à l’équipage du premier si un problème survenait. Quatre astronautes composent cet équipage de réserve qui se tient prêt à être lancé dans la semaine (le temps de changer STS-400 de pas de tir pour le positionner sur le PAD 39 A) pour cette éventuelle mission de sauvetage. Commandé par Chris Ferguson, cet équipage a volé durant la mission STS-126. Dans l’hypothèse ou le second orbiteur devrait intervenir, les deux navettes viendraient se positionner dos à dos, en utilisant le bras robot, et l’équipage d’Atlantis évacuerait ensuite vers Endeavour en trois temps. On se retrouverait donc avec onze personnes dans le même astronef.
Déjà en 1973
Une situation inédite ? Pas tout à fait car il y a trente-six ans, un plan du même ordre fut mis au point pour ramener l’équipage de Skylab 3 qui connut de sérieux problèmes avec le vaisseau Apollo. On songea donc à envoyer un vaisseau capable d’accueillir cinq personnes. Ce plan ne fut finalement pas utilisé. Tout est donc mis œuvre pour assurer la sécurité des astronautes qui évolue sur une orbite plus importante que celle de l’ISS. Ces derniers vont consacrer les dix jours de la mission à cinq sorties dans l’espace qui comportent, entre autres, le remplacement de gyroscopes, l’installation de nouveaux instruments (cf. LCS N°150) scientifiques pour étendre les capacités du télescope, ou encore, la mise en place de protections thermiques. Le dernier rendez-vous avec le télescope spatial Hubble, en orbite depuis 1990, et une navette aura lieu mercredi.
Antoine Meunier
Photos et sources : NASA
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Initialement programmée en octobre 2008, cette cinquième mission de maintenance du télescope spatial Hubble (HST) devrait décoller, si tout va bien, lundi prochain.
C’était devenue une habitude depuis la reprise des vols en 2005, les navettes ne ralliaient plus que l’ISS, depuis les deux vols de qualification de 2005 et 2006 après la perte de Columbia en 2003. Mais, outre son habituelle mission de livraison de fret vers la Station spatiale, c’est oublier que l’orbiteur peut également mener des tâches de réparation d’un satellite. Avec STS-125, Hubble va donc subir sa toute dernière remise à neuf. Pour ce faire, les astronautes vont donc rejoindre le vénérable engin sur une orbite d’environ 600 kilomètres d’altitude. En cas de problème, il leur sera cependant impossible de rejoindre la Station spatiale qui croise sur une orbite inférieure (environ 400 kilomètres). Cette mission permettra, entre autres, l’installation du COS ou Cosmic Origins Spectrograph. Cet instrument scientifique offrira la possibilité de restaurer certaines possibilités du télescope spatial.
Une caméra à grand champ
Avec ce nouvel instrument, il sera possible de mesurer la structure et la composition de la matière concentrée dans ce que les scientifiques appellent la « Toile Cosmique ». Un second instrument viendra renforcer les capacités de Hubble : la WCF 3 (Wide Field Camera, une caméra à grand champ qui étudiera, entre autres les galaxies lointaines.
Pour cette cinquième et dernière visite de contrôle, la NASA a choisi Scott Altman (dont c’est ici la quatrième mission et qui a dirigé le vol STS-109 vers le télescope spatial en 2002). Parmi les autres membres de cet équipage qui compte sept personnes dont une femme, l’astronaute John Grunsfeld, déjà vétéran de quatre vols spatiaux, était probablement parmi les mieux placés pour ce vol puisqu’il a volé en décembre 1999 sur STS-103 pour installer, entre autres, de nouveaux gyroscopes sur Hubble. Et sur STS-109, en 2002, il a réalisé trois EVA vers le télescope spatial. Comme son collègue Mike Massimino, qui a réalisé deux marches dans l’espace sur la même mission. Au total, cinq sorties d’environ six heures et demie dans l’espace sont prévues pour installer les différents composants. Pour sa part, Megan Mac-Arthur, dont c’est le baptême de l’espace aura la délicate tâche de manipuler le bras robot de la navette Atlantis.
Prévue depuis plus de deux ans, cette mission devrait permettre à Hubble de fonctionner jusqu’en 2014. De quoi fournir des images encore plus spectaculaires de l’Univers avant que le futur James Webb Space Telescope (JWST) ne soit, en principe, lancé en 2013 par une fusée Ariane V ECA.
Antoine Meunier
Sources : NASA
Photos : NASA
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*SM : Servicing Mission (Mission d’entretien). Quatre vols de remises à niveau du télescope spatial ont déjà eu lieu en 1993 (STS-61), 1997 (STS-82), SM3A en 1999 (STS-103) et SM3B en 2002 (STS-109).
© La Chronique Spatiale (2009)
Les astronautes Léopold Eyharts et Michel Tognini ont rencontré la presse le 23 octobre dernier au siège du CNES. L’occasion de revenir sur l’installation du laboratoire Colombus sur l’ISS, qui a eu lieu lors du vol STS-122, et de faire un premier point sur la nouvelle sélection d’astronautes actuellement en cours à l’ESA.
Initialement programmée début décembre 2007, STS-122 a finalement décollé le 7 février 2008, avec sept astronautes à bord pour rallier la station. Un problème sur les capteurs du réservoir externe de la navette Atlantis avait en effet retardé le vol de presque deux mois. Durant sa présentation, Léopold Eyharts est revenu sur l’arrimage du laboratoire Colombus, principale contribution de l’Europe dans l’ISS, et pour lequel Léopold Eyharts a séjourné deux mois en orbite (7 février au 27 mars 2008). Si son collègue allemand Hans Schlegel n’a malheureusement pu effectuer la première EVA prévue pour la jonction du module européen, il n’en demeure pas moins que la mission à laquelle a pris part l’astronaute français fut d’une incroyable densité avec l’arrivée de Colombus et celle du premier segment de Kibo, la partie japonaise de la Station. Léopold Eyharts est bien évidemment revenu sur l’activation des baies expérimentales de Colombus.
Deuxième phase
Par ailleurs, durant trois semaines, les premières expériences ont ensuite démarré notamment sur la physique des fluides, des sciences cognitives ou encore la croissance des plantes. Pour ce dernier point, il n'est pas exclu que les résultats des expériences soient un jour exploités pour de futures missions lunaires vers les années 2020. Mais dans l’immédiat, les astronautes vont bien évidemment continuer de voler vers l’ISS dont l’exploitation devrait perdurer vraisemblablement jusqu’en 2018 voire même 2020.
A ce sujet, Michel Tognini, patron du Corps Européen des Astronautes (EAC), a d’ailleurs précisé que la sélection actuelle des prochains se poursuivait. La plupart des plupart des profils avait un niveau doctorant de type dont l’âge s’étalait de 26 à 44 ans. Lors de l’ouverture des candidatures, près de 8400 candidats ont passé avec succès la visite médicale puis 980 ont franchi le premier test cognitif. 193 sont actuellement retenus pour les tests de groupe qui auront lieu en novembre. Les examens médicaux doivent se dérouler en janvier 2009.
Antoine Meunier
Photos : www.nasa.gov
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© Antoine Meunier 2008
Alors que Phoenix vient de brillamment réussir son atterrissage sur la planète Mars, la navette s’apprête à reprendre le chemin de l’espace pour acheminer le second segment du laboratoire japonais Kibo. Mais l’équipage de la Station Spatiale Internationale (ISS) connaît un embarras, heureusement sans gravité…
L’anecdote peut faire sourire mais à 350 kilomètres d’altitude, la panne des toilettes de l’ISS est vraiment problématique surtout quand le nombre d’astronautes présents dans la Station passera à dix la semaine prochaine. Selon un porte-parole de la NASA, l’équipage de la navette Discovery doit acheminer un lot de pièces détachées, notamment une pompe neuve, pour réparer les commodités de la Station spatiale. Les astronautes donc quelques travaux ménagers en perspective dans sa maison céleste. Sinon, la mission de l’équipage commandé par Mark Kelly – vétéran de deux missions spatiales – consistera à assurer l’assemblage du plus important des trois éléments du laboratoire scientifique japonais Kibo et le plus vaste des modules de la Station. Trois sorties dans l’espace sont prévues en vue de l’installation du Japanese Experiment Module (JEM).
Dernière mission vers Hubble
Le premier élément de Kibo a déjà été envoyé en orbite lors du vol STS-123 en mars dernier et le dernier sera expédié lors de la mission STS-127, (commandée par Mark Polanski* en avril 2009). Le prochain vol de la navette dédiée à la construction de la Station Spatiale Internationale doit intervenir le 10 novembre prochain (STS-126). La navette Endeavour devra livrer au complexe orbital un Multi-Purpose Logistics Module (MPLM). Comme son nom l’indique il s’agit d’un module logistique. Mais la mission qui reste très attendue est probablement celle programmée pour le 8 octobre avec la navette Atlantis. Durant onze jours, les sept astronautes qui forment l’équipage du vaisseau auront comme objectif d’assurer la maintenance et les éventuelles réparations, pour la toute dernière fois, du télescope spatial Hubble (HST). En effet, ce vénérable instrument scientifique doit encore fonctionner pendant cinq ans avant la mise en service du James Webb Space Telescope (JWST). Ce sera l’unique et dernier vol de la navette qui ne sera pas consacré au chantier de l’ISS. Rappelons en effet que l’ensemble des vols du Shuttle, jusqu’à son retrait du service actif en 2010 (mission STS-133) restent intégralement réservés à l’assemblage de l’ISS. Mais n’est-ce pas finalement le rôle qu’on attendait de cet engin pas comme les autres ?
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov
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*Voir l’interview de Mark Polanski dans Espace Magazine N°36 H.S consacré à la navette spatiale.
Les travaux de mise en place du module Kibo ont commencé hier soir sur l’ISS. Une mission d’une durée totale de seize jours pour l’équipage de la navette spatiale Endeavour.
A bord de la Station, le planning de travail s’annonce tout aussi chargé que pour le vol STS-122 d’Atlantis qui a vu l’accrochage du module Colombus au début du mois dernier. Bref, le rythme ne faiblit pas. A croire que la cloche qui a accueillit l’équipage d’Endeavour avant-hier soir a donné le ton. Il n’en est rien. Il s’agit en fait d’une tradition empruntée à la marine mais qui traduit finalement bien ce qu’est la Station Spatiale Internationale, un bateau céleste mesurant quand même la taille d’un terrain de football et qui n’a pas encore terminé de s’agrandir. La pose du laboratoire japonais Kibo se fera en trois fois et en fera le plus important complexe scientifique de la station.
Au programme de la mission, cinq sorties extravéhiculaire sont prévues dont l’une doit permettre de mettre au point une technique pour réparer le bouclier thermique afin de préparer la navette à la dernière mission de maintenance du télescope spatial Hubble qui aura lieu à l’automne prochain. En effet, il faut préciser qu’en cas de problème les astronautes de ce vol seraient obligés d’assurer eux-mêmes les réparations et ne pourraient pas rejoindre la Station Spatiale qui se trouve sur une autre orbite.
Sortie nocture
Par ailleurs, et c’est une bonne nouvelle, le lancement de mardi matin n’aurait causé aucun dégât sur l’orbiteur. Toutefois, les photographies de la navette prises depuis le décollage restent encore minutieusement examinées par l’Agence spatiale américaine afin d’écarter le moindre risque. Pour l’heure, les astronautes ont commencé le travail puisqu’une sortie dans l’espace a déjà été effectuée cette nuit par Rick Linnehan et Garrett Reisman afin de préparer l’installation du premier composant du laboratoire japonais Kibo. De leur côté, le commandant d’Endeavour, Dominic Gorie et le spécialiste de mission Tako Doi, commandaient le bras robotique de la navette pour manipuler le JLP (Japanese Logistics Module – Pressurized section) en vue de son raccordement à l’ISS. A cela, viendra également s’ajouter la pose du bras robotique canadien Dextre qui permettra de conduire des opérations à l’extérieur de la Station Spatiale. Pour accomplir la totalité de leur mission, la dizaine d’astronautes dispose d’une dizaine de jours. Pour sa part, Léopold Eyharts ne devrait finalement pas assister à l’arrivée du Jules Vernes puisqu’il doit redescendre avec Endeavour à l’issue de cette mission.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.yahoo.fr
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L’astronaute Hans Schlegel aurait du effectuer cette sortie dans l’espace mais une indisposition l’en aura empêché. Ce sont finalement ces collègues Stan Love et Rex Walheim qui auront procédé à l’amarrage du laboratoire Européen à 350 kilomètres d’altitude
Prenez un homme, surentraînez le pendant plusieurs années, faîtes le répéter au sol tous les gestes qu’il devra effectuer dans l’espace, vous ne pourrez jamais prévoir qu’il sera malade au moment de sa mission. C’est pourtant ce qui s’est produit avec Hans Schlegel mais la NASA n’a pas précisé ce qui a affecté l’astronaute allemand. On peut supposer qu’il s’agit du fameux « Mal de l’espace » qui a déjà rendu malade par le passé plusieurs de ses collègues. Ce fut notamment le cas de Franck Borman, commandant d’Apollo 8, qui fut pris de vomissements au cours du voyage qui l’emmena en orbite lunaire il y a quarante ans. Plus récemment, en 1992, ce fut le journaliste de la chaîne japonaise TBS qui séjourna une semaine à bord de la station Mir et vécut un véritable suplice en usant jusqu’à 80 sacs vomitifs par jour. Mais revenons aux choses sérieuses. Hans Schlegel va mieux, c’est l’essentiel mais c’est finalement Stan Love qui l’a remplacé pour cette sortie. Il a été accompagné par Rex Walheim. Précisons quand même que l’équipe de soutien médical de l’ESA a fait savoir que l’état de santé n’autorisait pas une marche spatiale.
Une ballade de presque huit heures
Avoir un astronaute malade dans un scaphandre pourrait avoir effectivement des conséquences dramatiques donc c’est le bon sens qui prévaut. Toutefois, l’équipage revenant le 19 février, les médecins ont déclaré qu’il y avait de bonnes chances que Schlegel réalise sa sortie.
Dans l’immédiat, cette première sortie s’est déroulée sous la direction de Peggy Whitson, actuel commandant de l’ISS et de Steve Frick, commandant du vol STS-122. Love et Walheim ont passé presque huit heures dans l’espace pour raccorder Colombus au module Harmony. Une sortie rendue plus difficile puisque les astronautes ont démarré le travail alors que l’ISS se trouvait dans la face nocturne de la Terre. La prochaine sortie aura lieu mercredi, elle sera effectuée mercredi prochain par Walheim et, si tout va bien, Hans Schlegel pour installer des équipements scientifiques sur Colombus. Normalement, l’astronaute français Léopold Eyharts devrait pouvoir ouvrir aujourd’hui l’écoutille du laboratoire européen. Un moment que les responsables de l’ESA attendent avec impatience, ce qui est largement compréhensible compte tenu des retards subi par le programme.
La prochaine étape de la construction de la Station devrait avoir lieu en mars avec la livraison du laboratoire japonais Kibo lors de la mission STS-123. On ne peut désormais plus reprocher à l’ISS de ne pas être Internationale.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / Nasa TV
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C’est sous un ciel partiellement dégagé et deux mois de retard sur le calendrier prévu, que la navette spatiale Atlantis s’est finalement élancée dans l’espace jeudi, depuis Cap Canaveral. Elle emporte dans sa soute le laboratoire européen Colombus qui va être raccordé à l’ISS.
Le temps n’était pas fameux mais les responsables de la NASA ont estimé que rien ne s’opposait au décollage de l’orbiteur. Dans le traditionnel torrent de flammes et de fumée, Atlantis a offert un magnifique spectacle dans le ciel de Floride aux spectateurs venus assister au lancement. Pour l’Agence Spatiale Européene, cette mission (vol STS-122) c’est l’aboutissement de plus de vingt années de travail. Avec ce laboratoire, l’ESA se garantit aussi une présence quasi permanente (avant que les équipages ne passent à six personnes) dans l’espace avec la possibilité de faire voler des astronautes pour des missions de longue durée. Sachant que les moyens d’accès seront bientôt limités au seul Soyuz, cela n’a pas de prix. Toutefois, les Etats-Unis auront accès à une partie du laboratoire une fois que ce dernier sera raccordé à la Station Spatiale Internationale (ISS). Mais il faudra cependant attendre samedi avant que les opérations démarrent ne commencent et qu’Atlantis ne soit amarrée à la Station spatiale.
Un dimanche chargé
C’est le bras robot Canadarm 2 de la Station qui installera Colombus ce week-end sur l’écoutille tribord du module Harmony. Deux astronautes, dont l’Allemand Hans Schlegel, effectueront une sortie extravéhiculaire pour veiller à la bonne marche de la manœuvre. Une fois le module amarré et sécurisé, Léopold Eyharts aura la charge d’activer Colombus puisqu’il doit séjourner presque deux mois en orbite, et démarrer le lancement du programme scientifique du module. Et puis Colombus est un peu à part. En effet, ce petit cylindre de sept mètres sera contrôlé et piloté par le Centre de contrôle Columbus de l'ESA, situé dans les locaux du Centre allemand d'opérations spatiales du DLR à Oberpfaffenhoffen (Allemagne) qui sera notamment responsable des opérations scientifiques à bord.
Et puis si tout se passe comme prévu, Léopold Eyharts devrait vivre une seconde première : l’arrivée du Jules Vernes, le premier vaisseau cargo européen qui doit rallier l’ISS. La fenêtre de lancement s’ouvre à partir du 22 février prochain. Pour sa deuxième mission, l’astronaute français devrait ainsi cumuler le privilège d’accueillir dans l’espace les deux fleurons de l’Europe spatiale habitée.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.esa.int
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Avec le mois en cours, l’ISS devrait connaître une intense période d’activité. Si tout va bien, le 7 février, la navette Atlantis devrait décoller avec deux mois de retard. Et la fenêtre qui s’ouvre à partir du 22 février doit permettre le lancement du premier exemplaire de l’ATV grâce à un lanceur Ariane 5.
Fébrilité quand tu nous tiens… Après avoir procédé à une simulation d’arrimage la semaine dernière, les hommes du centre de contrôle de Toulouse sont dans les starting-blocks pour diriger le premier vol de l’ATV. Ce bijou de technologie européenne construit sous maîtrise d’œuvre par EADS Astrium, pour un montant estimé à un milliard d’euros, devrait enfin s’élancer dans le ciel de la Guyane française à partir du 22 février. Après le laboratoire européen Colombus, c’est la seconde contribution à la Station Spatiale Internationale (ISS). Ce gros bidon d’une masse totale de 20,7 tonnes à pleine charge (il faut compter le ravitaillement qui sera apporté à l’ISS), doit mettre une dizaine de jours pour rallier sa destination. Une fois arrimé au complexe spatial, le Jules Vernes devrait rester six mois à son poste avant d’être désinstallé de son port d’arrimage puis de brûler dans l’atmosphère terrestre. Servant à amener du ravitaillement aux astronautes, ces derniers l’utiliseront également pour se débarrasser de tout ce dont ils n’ont plus besoin à bord du grand meccano spatial.
Et la suite ?
Des dizaines et des dizaines de simulations ont été menées aux Mureaux, dans les bureaux d’Arianespace et d’Astrium pour que cette mission soit un succès. Donc si tout va bien, le prochain ATV pourrait être livré d’ici la fin 2009, le temps d’analyser les résultats de la mission Jules Vernes. Dans l’immédiat, c’est le vaisseau Progress M63 qui ira ravitailler l’ISS. Lancé aujourd’hui par une fusée Soyuz depuis le centre spatial de Baïkonour, il s’amarrera jeudi prochain à la station. Il est d’ailleurs intéressant de noter que l’ATV et le Progress présentent au moins une similitude importante : le système de docking* est le même sur les deux vaisseaux. Deux plus, les trois calculateurs nominaux du Jules Vernes sont identiques à ceux que l’on trouve dans la partie russe de la Station. Alors si tout se passe bien pour la mission STS-122 de la navette Atlantis après-demain, l’astronaute français Léopold Eyharts aura sans doute la chance d’être le premier à accueillir les plus importantes contributions de l’Europe à l'ISS.
Antoine Meunier
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*Docking : amarrage
Pratiquement dix-huit ans de bons et loyaux services et plus de 750 000 clichés à son actif, le télescope spatial devrait connaître sa quatrième visite d’inspection en août prochain, mais avec un possible retard compte tenu des problèmes survenus sur Atlantis.
Les scientifiques de la NASA ont détaillé mardi ce qui sera la dernière mission d’entretien du télescope spatial Hubble. Une mission qui a bien failli n’avoir jamais lieu. On se souvient en effet qu’après la tragédie de Columbia en 2003, l’argument de la sécurité des astronautes avait alors été avancé. Résultat, l'Administrateur de l'époque Sean O'Keefe avait fait supprimer la dernière mission de maintenance. C’était oublié que trois autres missions avaient été menées avec succès par le passé. L’astronaute français Jean-François Clervoy faisait d'ailleurs partie de l’équipage de la troisième mission en 1999 et manipulait le bras robot de la navette. Ainsi, le vénérable instrument scientifique imaginé au début des années 1980 devrait recevoir sa quatrième et dernière remise à niveau le 7 août prochain. A moins que les problèmes de capteurs qui ont retardé le lancement du vol STS-122 (qui doit voir le lancement du laboratoire européen Colombus) ne retardent cette mission. Sécurité avant tout, a expliqué Alan Stern, Administrateur associé de la NASA pour les missions scientifiques, au cours d’une conférence de presse selon une dépêche de l’agence Reuters.
Retransmission orbitale
Lors du vol, la navette sera équipée d’une caméra IMAX afin d’enregistrer et surtout de retransmettre cette mission à des fins de communication comme la NASA sait si savamment l’orchestrer. D’après une déclaration D’Alan Stern, « Hubble est, sans exagération, un trésor national… Je pense que les Américains seront excités et impressionnés lorsqu’ils verront les résultats de cette mission de la navette avec une équipe d’astronautes équipés d’appareils sophistiqués pour rendre le télescope bien meilleur qu’il n’était avant… ! »
Cinq sorties dans l’espace
Si, comme pour les missions d’assemblage de l’ISS, la sécurité reste primordiale, la NASA met en avant les des hommes expérimentés pour cette mission. Trois vétérans de missions « Hubble » seront ainsi du voyage. « Pour un astronaute, l’opportunité de retourner vers Hubble est plus qu’un rêve devenu réalité », a déclaré John Grunsfeld, le futur responsable des sorties extravéhiculaires, sur le site Internet de la NASA. Durant ces ballades dans le vide, les astronautes devront, entre autres, installer deux nouveaux instruments : le Cosmic Origins Spectrograph (COS) et le Wide Field Camera 3 ou WF3. Ces deux instruments doivent notamment fournir de nouvelles images. « Avec cette mission, notre objectif est de quitter Hubble pour qu’il soit au maximum de ses possibilités scientifiques », a indiqué David Leckrone, Responsable scientifique d’Hubble au Centre Goddard Space Flight de la NASA. On escompte même trouver de nouvelles planètes extrasolaires.
Avec l’installation de ces nouveaux instruments scientifiques, le vol STS-125 doit permettre de prolonger la vie de Hubble jusqu’en 2013, année au cours de laquelle devrait normalement entrer en service le James Webb Space Telescope (JWST). C’est une nouvelle aventure qui va commencer. Mais les informations que ne manquera pas de récolter le télescope de première génération fourniront du travail aux savants pour quelques années…
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.reuters.com
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