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Après la sortie parfaitement réussie du colonel Zhaï Zhigang dans l’espace samedi pendant quinze minutes, le vaisseau Shenzou 7 s’est posé dimanche en Mongolie Intérieure à 9h40 GMT après une mission de trois jours totalement maîtrisée.
Assurément ce troisième vol habité chinois revêt une symbolique politique que personne n’aura manqué de relever. Ainsi, on a pu voir le président Hu Jintao n’hésitant pas à féliciter par téléphone le taïkonaute. « Votre sortie dans l'espace a été un succès total, a déclaré le secrétaire général du Parti Communiste. C'est une percée majeure pour le développement de notre programme de vols habités. » Une chose est certaine, c’est que les Chinois ont été galvanisés par la marche spatiale de leur cosmonaute même si celle-ci n’a duré qu’un quart d’heure. Si cette EVA nous paraît routinière, il convient tout de même de saluer cette performance à sa juste valeur. Réaliser une sortie dans l’espace est un exploit et un exercice qui n’est pas sans présenter des risques. En accomplissant cette (brève) performance, la Chine a démontré la fiabilité de son matériel et surtout qu’elle devient un acteur majeur des missions spatiales habitées. C’est peut-être enfoncer une porte ouverte que dele dire mais le fait est là à l’heure où les navettes spatiales américaines ont pratiquement leur place réservée dans les différentes antennes du Smithsonian Institute et ou la NASA devra faire du stop à bord des capsules Soyouz. A tel point que l’on pourrait se poser la question suivante : les Chinois ont-ils les moyens d’arriver sur la Lune avant les Etats-Unis ?
Dans les starting-blocks
On serait tenter de répondre oui. Pourquoi ? Simplement parce l’espace est pour la Chine une véritable vitrine technologique que le gouvernement du pays a repris à son compte et quelque part, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle entre le coup de fil passé par Nixon à l’équipage d’Apollo 11 en 1969 et celui du président Hu Jintao aux taïkonautes de Shenzou 7. Pour un peu, le président chinois comparerait son chinois à Neil Armstrong et le journal Beijing Youth Daily n’a d’ailleurs pas hésité à publier la citation suivante : « un petit pas pour un homme mais un bond de géant pour notre pays ». Petite nuance tout de même : de chaque côté, il manque un lanceur lourd (cf LCS N°125). Pour la Chine, ce sera la fusée Longue Marche 5 et pour les Etats-Unis, ce doit être la fusée Ares 5. Le pays se donne progressivement les moyens de ses ambitions
Dans un contexte économique mondial incroyablement difficile, face à une Europe spatiale qui se cherche (et à qui il ne manquerait qu’un simple geste politique), le risque de se retrouver une nouvelle fois distancée est donc bien présent.
Antoine Meunier
Photos et sources : Xinhua
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Le pilote du module lunaire de la mission Apollo 11 s’est exprimé dans une récente interview accordée au quotidien anglo-saxon, The Sunday Telegraph. Pour lui, les Etats-Unis risquent d’être pris de vitesse dans la nouvelle course à la Lune qui s’engage.
Quand un ancien « Moonwalker » prend la parole, ce n’est pas forcément pour évoquer ses faits d’armes, aussi brillants soient-ils. Edwyn « Buzz » Aldrin, 78 printemps, a des choses à dire. Pour lui, c’est évident, les Etats-Unis doivent « maintenir le cap dans l’exploration spatiale » et il entend bien le faire savoir aux deux candidats de la prochaine l’élection présidentielle américaine. En effet, selon le pilote du module lunaire Eagle de l’historique mission Apollo 11 de 1969, si les Etats-Unis se détournent de leur « vision » spatiale et bien « nous risquons de nous retrouver à la seconde place des vols spatiaux habités pour le restant du siècle », précise-t-il. Début juin, Rick Gilbreth, le responsable du programme d’exploration lunaire américain émettait une mise en garde à propos des Chinois qui pourraient « être sur la Lune deux ou trois ans » avant l’Oncle Sam, soit en 2017 ou 2018. Aldrin a donc décidé d’exposer ses vues sur la question aux deux candidats John Mac-Cain (républicain) et au démocrate Barack Obama. Le premier a affirmé son soutien au programme Constellation qui prévoit le retour d’un équipage sur la Lune vers 2019. Pour sa part, Barack Obama s’est enquis de l’opinion publique pour son intérêt quant aux futurs plans de la NASA.
Une fierté nationale
En Amérique, l’espace revêt un caractère particulier car il s’agit d’une réelle fierté nationale. S’il est acquis que le vaisseau Orion sera désormais le successeur de la navette spatiale, de nombreux obstacles parsèment encore le chemin du retour américain sur la Lune. Il y a notamment la question du lanceur Ares V qui n’est pas encore résolue et il faudra attendre encore 2011 pour que ce nouveau lanceur soit approuvé.
Après la crise des subprimes qui a secoué les Etats-Unis fin 2007, retourner sur la Lune fait-il parti des priorités nationales ? Le prochain locataire de la Maison-Blanche devra tenir compte non seulement des problèmes économiques internes au pays mais également des intérêts stratégiques. « Si nous voulons vraiment que cela arrive, il faut mettre plus d’argent dans ce programme », a déclaré l’ancien astronaute dans les colonnes du Sunday telegraph. Ainsi, Buzz Aldrin souhaite voir se rallumer le même enthousiasme qu’à la glorieuse époque des années 1960. Rappelons tout de même que dès 1967, la NASA voyait déjà son budget diminué du fait de l’empêtrement américain au Vietnam. Mais autre époque, autre contexte. Le retour sur la Lune ne pourra désormais plus être un effort fourni par un seul pays bien qu’il s’agisse d’une perspective à long terme dont avait probablement besoin la NASA. C’est d’ailleurs exactement la manière dont s’est engagé le programme spatial chinois habité Shenzou : le long terme, avec la Lune en point de mire. Mais avant cela, il y aura sa future station spatiale et il lui faudra (comme aux Etats-Unis) disposer d’un lanceur lourd. Ce sera la fusée Longue Marche 5 qui devrait être disponible vers 2013.
Aussi, il n’est pas impossible de voir d’autres pays s’engager dans cette nouvelle course à la Lune. Si la collaboration s’engage sereinement, il serait tout à fait envisageable que l’un des premiers hommes à fouler le pied sur le sol sélène soit européen. Depuis l’échelle de coupée d’un module lunaire conçu par l’ESA ?
Antoine Meunier
Sources : The Sunday telegraph / Le Figaro
Photos : www.nasa.gov
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La sonde chinoise Chang-e 1 a été lancée hier avec succès vers la Lune. Première étape d’un ambitieux programme qui vise à déposer un homme sur notre satellite d’ici 2020. Les choses sérieuses commencent.
La course vers la Lune continue. Le mois dernier c’était le Japon avec Kaguya, voici que part Chang-e, la bien nommée. Ce 24 octobre 2007 marque donc une nouvelle étape dans l’histoire de l’astronautique chinoise avec l’envoi de son premier engin automatique vers un autre astre. Lancée par une fusée Longue Marche 3-A depuis la base de Xichang, la sonde s’est séparée de son lanceur trente minutes après le lancement. Si tout est nominal, elle se placera en orbite lunaire vers le 5 novembre.
Il s’agit d’un programme de 184 millions de dollars (129 millions d’euros) dont l’objectif est de prendre des images en trois dimensions de notre satellite pour, à terme, permettre l’installation d’une base. A l’heure actuelle, la Chine ne possède que deux vols habités à son actif, ce qui est bien évidemment trop peu pour envisager un programme lunaire habité au jour d’aujourd’hui. D’ici 2020, il lui faudra acquérir plusieurs techniques si elle veut aller sur la Lune dans les meilleures conditions. La première est celle du rendez-vous et de l’amarrage de deux vaisseaux en orbite afin de procéder à l’assemblage d’un train spatial. Ensuite, il faudra que ses cosmonautes procèdent à des sorties dans l’espace. Ce doit normalement être l’une des tâches de la mission Shenzou 7 prévue l’année prochaine. De plus, elle doit disposer d’un lanceur lourd à savoir la future Longue Marche 5 qui n’est pas encore disponible. Aller sur la Lune est un programme qui demande facilement une dizaine d'années de préparation. Ce fut le cas d'Apollo.
Le premier round ?
Alors inévitablement on peut se poser la question : à quand une réplique américaine ? Dans l’immédiat, c’est totalement inenvisageable car les Etats-Unis terminent l’assemblage de l’ISS. De plus, le futur lanceur Ares I ne sera pas disponible avant six ans, de même que le futur vaisseau Orion. Quand à la fusée Ares V, rien n’est encore décidé quant à son futur. Néanmoins, le lancement de la sonde Chang-e 1 préfigure sans doute le premier acte d’une nouvelle compétition. Officiellement, Luan Enjie, responsable du projet Chang-e a déclaré que son pays ne s’engagera pas dans « une course à la conquête de la Lune avec d’autres pays ». Où est le faux, où est le vrai ? Il est difficile de le dire tant l’Empire du Milieu cultive l’art du secret. Mais il semble difficilement crédible de ne pas croire que la Chine ne s’engage pas dans un programme lunaire au long cours. Enjie a même déclaré que son pays, « conformément à sa politique d’usage pacifique de l’espace », partagera ses futures découvertes lunaires*. Dans un premier temps, afin de préparer ses hommes à alunir sur le sol sélène, la Chine va d’abord s’orienter vers l’assemblage d’une structure orbitale autour de la Terre. Bref, une chose est certaine la course est lancée…
Antoine Meunier
Sources : www.esa.int / www.yahoo.com
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*La Chine a procédé au tir d'une arme ASAT (anti-satellite) en janvier dernier.
Lancée le 14 septembre, la sonde japonaise Kaguya se porte comme un charme et s’est placée avec succès en orbite autour de l’Astre des nuits la semaine dernière. Le Japon prend donc une légère longueur d’avance dans cette nouvelle course à la Lune.
Arrivée depuis jeudi dernier autour de la Lune, la sonde doit progressivement circulariser son orbite pour se rapprocher à une centaine de kilomètres d’altitude d’ici le 19 octobre. Les japonais viennent de prendre la tête de cette nouvelle course à la Lune (cf.LCS N°48) avec cette mission qui promet d’être ambitieuse puisque Kaguya doit larguer, dans les prochains jours, deux petits satellites non motorisés suivant un mécanisme encore inédit. Le premier servira à mesurer le champ de gravité de la Lune et le second, c’est une première, servira de relais pour assurer les transmissions lorsque la sonde passera du côté de la face cachée de notre satellite. En effet, pour la première fois, des données seront transmises alors qu’un engin spatial se trouve de l’autre côté de la Lune. Comme nous l’avions également évoqué, la cartographie est également au programme de la mission ainsi que la répartition des minéraux.
Commencent en décembre
Toutefois, comme pour toute mission spatiale (ce fut le cas pour Corot, par exemple), il faut effectuer une série de tests de validation sur les quinze instruments de mesure. Ainsi, la mission de Kaguya ne devrait réellement démarrer qu’au mois de décembre pour une durée d’un an. Rappelons que parmi les objectifs de cette mission figure la recherche d’un emplacement idéal pour une future base lunaire habitée. De plus, les chercheurs japonais aimeraient bien confirmer ou infirmer la présence d’eau glacée aux pôles lunaires. Une ressource qui serait bien utile aux futurs explorateurs lunaires qui seront présent sur le sol sélène à partir de 2025. D’un coup estimé à 355 millions d’euros (55 milliards de Yens), la mission Kaguya est particulièrement ambitieuse et se place en pôle position devant la Chine, l'Inde et les Etats-Unis dans cette nouvelle course à la Lune. Un bémol cependant, le lanceur Ares V américain, n’est pas encore voté au budget de la NASA…
Antoine Meunier
Sources : www.jaxa.com
Photos : www.jaxa.com / www.nasa.gov MSCF
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