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C’est donc parti pour une dernière visite. La navette Atlantis a parfaitement décollé depuis le centre spatial Kennedy (KSC) en Floride à 20h01 (heure française) avec pour objectif le télescope spatial Hubble, en orbite à 560 kilomètres d’altitude.
Cette mission de maintenance du HST ferait presque oublier que deux navettes spatiales attendaient sur le pas de tir de Cap Kennedy. Il y avait bien sur Atlantis, qui va rallier Hubble et le remettre à neuf pour lui permettre de rester à poste, en théorie pour une durée de vie supplémentaire d’environ cinq ans, et il y avait Endeavour. Le second orbiteur se tient en effet prêt à venir en aide à l’équipage du premier si un problème survenait. Quatre astronautes composent cet équipage de réserve qui se tient prêt à être lancé dans la semaine (le temps de changer STS-400 de pas de tir pour le positionner sur le PAD 39 A) pour cette éventuelle mission de sauvetage. Commandé par Chris Ferguson, cet équipage a volé durant la mission STS-126. Dans l’hypothèse ou le second orbiteur devrait intervenir, les deux navettes viendraient se positionner dos à dos, en utilisant le bras robot, et l’équipage d’Atlantis évacuerait ensuite vers Endeavour en trois temps. On se retrouverait donc avec onze personnes dans le même astronef.
Déjà en 1973
Une situation inédite ? Pas tout à fait car il y a trente-six ans, un plan du même ordre fut mis au point pour ramener l’équipage de Skylab 3 qui connut de sérieux problèmes avec le vaisseau Apollo. On songea donc à envoyer un vaisseau capable d’accueillir cinq personnes. Ce plan ne fut finalement pas utilisé. Tout est donc mis œuvre pour assurer la sécurité des astronautes qui évolue sur une orbite plus importante que celle de l’ISS. Ces derniers vont consacrer les dix jours de la mission à cinq sorties dans l’espace qui comportent, entre autres, le remplacement de gyroscopes, l’installation de nouveaux instruments (cf. LCS N°150) scientifiques pour étendre les capacités du télescope, ou encore, la mise en place de protections thermiques. Le dernier rendez-vous avec le télescope spatial Hubble, en orbite depuis 1990, et une navette aura lieu mercredi.
Antoine Meunier
Photos et sources : NASA
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© La Chronique Spatiale (2009)
Alors que la Chine prépare activement son prochain vol spatial habité, il semblerait qu’un futur rover lunaire soit également sur les rangs. Peut-on envisager de parler d’une future mission habitée par la Chine ?
Alors que la NASA est actuellement en pleine période de doutes, la Chine s’apprêterait à lancer un véhicule lunaire motorisé et automatisé qui pourrait parcourir la surface de notre satellite d’ici 2012. Rappelons que depuis un an, la Chine dispose déjà de sa première sonde avec Chang’e-1 qui tourne depuis un an autour de notre satellite. L’étape suivante consisterait donc en la dépose de ce véhicule. A ce titre, Ju Hehua, professeur assistant à l’Université des Technologies de Beijing a indiqué via l’agence Chine Nouvelle que son pays souhaite lancer un appel d’offres qui interviendra en décembre pour ce premier véhicule lunaire. Selon l’agence de presse, une douzaine d’instituts de recherche se disent intéressés par le contrat dont la valeur est estimée à un milliard de yuans (147 millions de dollars). Ce rover est la seconde phase d’exploration du programme Chang’e dont l’équipe du scientifique aurait terminé l’étude du système de guidage, de navigation et de contrôle dont le futur véhicule doit être doté afin de pouvoir évoluer sur la surface de la Lune. Une première étape avant l’homme sur la Lune ?
Triple rendez-vous dans l'espace
Aujourd’hui, avec l’EVA réussie de Zhaï Zhigang, la Chine démontre qu’elle a un potentiel indiscutable pour que ses hommes effectuent de longs travaux dans l’espace. Et avec un triple rendez-vous orbital en 2011, la prochaine mission habitée du programme Shenzou s’annonce tout à fait ambitieuse. En effet, afin de pouvoir réaliser sa propre station, la Chine doit pouvoir réaliser des accostages autour de la Terre. Pour 2011, la Chine prépare sa quatrième mission habitée qui doit lui permettre d’acquérir la maîtrise des rendez-vous habités. Pour se faire, un petit laboratoire baptisé Tiangong-1 sera placé sur orbite. De forme cylindrique, il disposera de deux ports d’amarrage. Il sera rejoint en automatique par Shenzou 9 (rempli d’expériences et pouvant, si besoin, servir de véhicule de secours pour les taïkonautes). Ensuite, Shenzou 10 devrait aborder l’ensemble pour un rendez-vous avec un équipage à bord. Cette mission pourra intervenir dans trois ans. Il est intéressant de noter que les différents éléments de ce premier complexe spatial chinois vont être mis orbite par une nouvelle fusée ; la CZ-2F/G qui possède une capacité de charge utile accrue par rapport à la CZ-2F (11,2 tonnes d’après certaines sources mais cela reste encore à confirmer). Pour le lancement du Tiangong-1, la tour de sauvetage sera retirée et la fusée présente également un diamètre supérieur à celui de la CZ-2F. Voilà pour la première étape de ce qui préfigure vraisemblablement la future station spatiale chinoise car avec le futur lanceur lourd CZ-5, ce sont des modules de vingt-cinq tonnes qui pourront être mis en orbite. Il est donc encore trop tôt pour parler d’une quelconque mission habitée sur la Lune qui pourrait décoller de la Chine. Cette fusée devrait, en principe, être opérationnelle à partir de 2014.
Spéculation et possibilité
Il convient d’être particulièrement prudent lorsqu'on aborde le thème de la mission humaine vers la Lune car les officiels chinois n’ont avancé aucune date sur ce point. Cependant, il semble acquis que la Chine enverra des hommes vers notre satellite d’ici la fin de la prochaine décennie. Aussi, comment pourrait procéder la Chine pour réaliser un futur train lunaire ? La première base de comparaison que nous ayons est bien entendu la fusée géante Saturn V du programme Apollo, capable d’expédier 140 tonnes en orbite basse autour de la Terre. Ce qui comportait l’étage supérieur SIV-B, le module lunaire et l’ensemble CSM*. Une seule fusée servait pour tout envoyer vers notre satellite. Avec Ares I et avec Ares V, les Etats-Unis vont donc utiliser deux lanceurs dans le cadre du programme Constellation. Avec la CZ-5, la Chine sera obligée de réaliser un lancement modulaire comme pour sa future station qui pourrait voir le jour d’ici les dix prochaines années. Mais serait-il possible que la Chine décide d’assembler directement son train lunaire sans passer par la case « station spatiale »? Cette option peut paraître irréaliste mais c’est une possibilité que l’on ne peut pas écarter. Justement parce que la Lune est son objectif à long terme et pas forcément pour y faire atterrir un ou deux hommes car les paramètres d’un alunissage sont extrêmement précis et n’ont été à ce jour réalisés que par six équipages. Il serait plus réaliste de penser que d’ici quelques années, plus vraisemblablement vers la fin de la prochaine décennie, la Chine envoie son premier équipage pour un voyage en circumlunaire à des fins scientifiques et dont la portée serait bien sur hautement politique. Envoyer un équipage orbiter autour de la Lune est un gage de suprématie politique et technologique que les Etats-Unis avaient parfaitement intégré en 1968. Nos parents se souviennent encore probablement des vœux d’Apollo 8 au soir de Noël 1968…
Une suprématie désormais contestée ?
Ainsi, plusieurs éléments pourraient donc jouer en faveur d’un potentiel vol circumlunaire chinois. En 2007, le journaliste Philippe Coué rapporte dans son ouvrage La Chine veut la Lune, une information plutôt étonnante : le système de navigation d’Apollo 8 a fait l’objet d’un article en 2003 dans le journal chinois Missiles and Spaces Vehicles. Plus récemment, l’Administrateur de la NASA Mike Griffin a laissé entendre, dans une interview livrée au mensuel Ciel et Espace d’octobre 2008, que la Chine avait les moyens techniques et humains d’arriver sur la Lune avant les Etats-Unis. Des propos qu’il avait précédemment tenus dans une interview accordée à la BBC.
Bien qu’il soit encore trop tôt pour évoquer une quelconque avance de la Chine, la NASA étudie quand même depuis janvier 2007 un lanceur intermédiaire entre l’Ares I et l’Ares V : l’Ares IV. Il comporterait l’étage inférieur de la fusée Ares V et de l’étage supérieur de l’Ares I. La capacité de cette fusée serait de 41 tonnes en orbite basse (LEO). Toutefois, rien n’est encore décidé quant au devenir de ce lanceur et la NASA a décidé de le garder « pour plus tard ».
La possibilité d’un vol habité Chinois autour de la Lune est donc probable même si pour le moment rien n’est encore amorcé. Si un Shenzou suivait un vol sur un mode type « Apollo 8 », il ne risquerait rien car il accomplirait une sorte de huit à l’échelle interplanétaire et se placerait automatiquement sur une trajectoire de retour vers la Terre.
Maintenant de quoi aurait besoin la Chine pour une mission de ce type ? Dans un premier temps, maîtriser le rendez-vous orbital. Les éléments nécessaires à la construction du train lunaire peuvent ensuite aisément être acheminés à l’orbite via la fusée CZ-5. Et c’est justement là que la maîtrise du rendez-vous automatique prend toute sa signification avec l’essai de rendez-vous entre le Tiangong-1 et le Shenzou 9 car ce type de mission pourra être répété en vue d’un possible assemblage d’un train lunaire d’ici une dizaine d’années.
Ainsi, prenons un instant pour hypothèse l’assemblage d’un train lunaire à partir d’au moins deux tirs de fusées CZ-5 en orbite terrestre dans une configuration de vingt-cinq tonnes par lancement en LEO.
- Un premier lancement est effectué pour envoyer sur orbite l’étage d’insertion lunaire.
- Un second tir de CZ-5 a lieu avec le Shenzou équipé de l’étage de retour.
Une fois l’assemblage orbital du train, l’injection sur une
trajectoire lunaire est réalisé. Après s’être libéré de l’attraction terrestre,
l’étage d’insertion est largué à l’instar du vaisseau Apollo 8, qui se débarrassait de l'étage SIV-B la Saturn V, et le
train se met ensuite en orbite pour une série d’observations. Ensuite, le
vaisseau entame son voyage de retour avec son étage de retour qu’il largue pour
le retour.
Bref, la Chine pourrait donc être à même de devancer les Etats-Unis d’ici une dizaine d’années (sans compter les inévitables retards inhérents à un programme spatial) ou de faire jeu égal. Mais qui peut réellement dire lequel sera réellement le premier à franchir la ligne d’arrivée dans cette course ?
Antoine Meunier
Sources : www.xinhuanet.com/ www.flashespace.com/www.reuters.com/ www.sinodefence.com / www.wikimedia.org / www.capcomespace.net
A la conquête de la Lune, Jacques Villain (1999, éditions Larousse)
La Chine veut la Lune, Philippe Coué (2007, A2C Médias)
A la recherche d’une vie sur Mars, Albert Ducrocq (1976, Flammarion)
Photos : China TV
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* CSM : Command and Service Module : Module de commande et de service ( les deux parties du vaisseau Apollo)
© Antoine Meunier 2008
En 1903, Wilbur et Orville Wright réussissent le premier vol piloté de l’Histoire à bord de leur aéroplane. Cinquante-cinq ans plus tard, les Etats-Unis constituent leur agence spatiale. Il est fascinant de voir que seulement un demi-siècle sépare les débuts de la conquête de l’Air et ceux de la conquête de l’Espace. Depuis cinquante ans, la NASA a répondu à des objectifs stratégiques, politiques et commerciaux. Voici en quelques dates marquantes, mais forcément subjectives, un voyage dans le temps à bord de la plus fantastique machine à rêver.
31 janvier 1958 : lancement réussi d’Explorer 1
Avec trois mois de retard sur l’URSS, les Etats-Unis mettent sur orbite Explorer 1, leur tout premier satellite. Ce dernier d’un poids modeste va tout de même faire la découverte des Ceintures de radiation de Van Halen qui entourent la Terre. Dans l’immédiat, les Soviétiques conservent la tête de la course à l’espace.
Juillet 1958 : Création de la NASA
Afin d’organiser son futur programme spatial, les Etats-Unis prennent conscience de l’importance d’avoir un organisme spécialement dédié à cet objectif. Sur une proposition de James R. Killian, conseiller scientifique du Président Eisenhower, la National Aeronautics and Space Administration voit le jour le 29 juillet 1958.
Un homme dans l’espace
Le 5 mai 1961, Alan Shepard, 38 ans, s’installe dans la capsule Mercury Freedom 7. Il réalise un vol suborbital de 15 minutes et devient le premier astronaute américain à réaliser une incursion dans l’espace. L’Amérique commence à se lancer dans la course.
25 mai 1961
S’adressant au Congrès, le président John Fitzgerald Kennedy prononce un discours, désormais historique, dans lequel il souhaite voir s’accomplir avant la fin de « la présente décennie », l’envoi d’un homme sur la Lune. La grande aventure des vols Apollo commence.
Troisième vol habité américain
Le 20 février 1962, le colonel John Glenn accomplit trois orbites autour de la Terre à bord de Friendship 7, le troisième vaisseau américain Mercury. Un pas supplémentaire est franchi par les Etats-Unis mais l’URSS détient encore le haut du pavé.
Crash réussi sur la Lune
Le 28 juillet 1964, la sonde automatique Ranger 7 s’écrase sur la Lune après avoir pris 4316 images de la surface de notre satellite. Ce sont les premières vues de notre satellite transmises par un engin spatial américain.
Arrivée sur Mars
Parallèlement aux vols habités (programmes Mercury, Gemini et Apollo), la NASA entame un programme d’exploration du Système Solaire. Le 28 novembre 1964, Mariner 4 effectue le premier survol de la planète Rouge.
Première sortie dans l’espace
Le 3 juin 1965, à bord de Gemini IV, Edward White effectue une sortie de dix-huit minutes dans l’espace, trois mois après celle du cosmonaute Alexeï Leonov. « Le moment le plus triste de ma vie », déclara l’astronaute américain au moment de regagner sa capsule Gemini.
Le drame d’Apollo 1
Au cours d’une répétition du lancement qui doit avoir lieu quelques semaines plus tard, les astronautes Gus Grissom, Ed White et Roger Chaffee, périssent dans l’incendie de la première capsule Apollo. Le vaisseau sera intégralement remanié mais la NASA vient de perdre ses premiers astronautes. Ce n’est qu’en octobre 1968 que l’Amérique reprend le chemin de l’espace avec la mission Apollo 7, brillamment menée par Wally Schirra (vétéran de Mercury) et ses deux équipiers, Walter Cunningham et Don Eisele.
Le merveilleux voyage d’Apollo 8
Un peu plus de deux mois après la mission Apollo 7, Franck Borman, Jim Lovell et William Anders offre à l’Oncle Sam son plus beau cadeau de noël. Pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, trois êtres humains orbitent autour d’un autre monde. Ils effectuent dix tours de la Lune avant de revenir sur la Terre. Le premier pas sur la Lune est désormais tout proche.
«…Houston, ici Base de la Tranquilité. L’Aigle s’est posé… »
Avec cinq mois et onze jours d’avance, le pari lancé par JFK, huit ans auparavant est gagné en grande partie grâce à Werner von Braun et la fusée Saturn V, monstre de technologie de 111 mètres de haut. Neil Armstrong et Buzz Aldrin posent leur Lem dans la Mer de la Tranquillité. Ils sont les premiers hommes à fouler le sol lunaire et y séjournent dix-huit heures avant de rejoindre Michael Collins resté en orbite à bord du vaisseau Apollo.
14 avril 1970 : l’odyssée d’Odyssée
Au bout de deux jours d’un voyage sans histoire, une explosion se produit dans le module de service de la mission Apollo 13. L’équipage composé de Jim Lovell, (vétéran de trois missions dont le premier voyage interplanétaire autour de la Lune avec Apollo 8), Fred Haise et Jack Swigert, n’a pas d’autre choix que de se réfugier dans le vaisseau Lunaire Aquarius. Quatre jours plus tard et un alunissage annulé, les astronautes regagnent la Terre sains et saufs après un voyage dans des conditions particulièrement pénibles.
Retour à la réalité
Pressé de prendre une décision sur le futur du programme spatial américain, le Président américain Richard Nixon avalise le projet d’un engin réutilisable en janvier 1972 : La navette spatiale. Cependant, le 15 septembre 1969, ce même Nixon annonce que les Etats-Unis feront « arriver des hommes sur Mars avant l’an 2000… ». Les vols spatiaux habités américains se dérouleront d’une manière sensiblement différente…
ASTP : Détente dans l’espace
C’est une première dans la course à l’Espace. Un vaisseau russe Soyouz et un vaisseau américain Apollo effectuent un rendez-vous orbital et un amarrage. L’équipage américain se compose de Thomas Stafford, Vance Brand et surtout Dick Slayton qui prenait l’espace seize ans après sa sélection pour le programme Mercury. Côté russe, c’est Alexeï Leonov, premier marcheur de l’espace et Valeri Koubassov qui sont aux commandes du Soy
Décembre 1972 : fin d’une fantastique exploration
Après trois jours d’exploration lunaire, Eugene Cernan et Harrison Schmidt reprennent le chemin de la Terre. Trois sorties furent effectuées lors de cette mission. Apollo 17 clôt de manière brillante la première exploration lunaire par les hommes en battant tous les records par rapport aux missions précédentes : 110 kilogrammes de roches rapportées, vingt-deux heures et quatre minutes d’EVA sur la surface des mont Taurus-Littrow et 30 kilomètres parcourues à bord de la jeep lunaire.
Le temps des stations spatiales
Avec les restrictions budgétaires imposées par le Congrès à l’issue du programme Apollo, plusieurs fusées Saturn dorment dans les hangars de la NASA. Le troisième étage d’une Saturn V va être ainsi réaménagé en station spatiale. Skylab accueillera trois équipages au cours de trois missions de un, deux et trois mois durant l’année 1973. Prévu pour être réutilisé avec la navette spatiale, Skylab se désagrégera finalement dans l’atmosphère terrestre en 1979.
Objectif Chryse Planitia.
Si une mission habitée vers la planète rouge apparaît comme définitivement exclue, l’exploration de Mars sera quand même au programme de sondes automatiques de la NASA. Ainsi, Viking 1 se pose sur la surface caillouteuse de Chryse Planitia le 20 juillet 1976. Viking 2 atteint, pour sa part, Utopia Planitia le 3 septembre. Les deux sondes fonctionneront respectivement six et quatre ans.
Les mondes de Galilée
Après un voyage de deux ans à travers l’espace, la sonde Voyager 1 passe à proximité de Jupiter et de ses lunes intérieures le 5 mars 1979. Elle offre des vues stupéfiantes de Ganymède, Europe et Io qui étaient restés jusque là d’obscurs points lumineux dans les télescopes terrestres.
Une nouvelle génération
Vingt ans jour pour jour après le vol de Youri Gagarine à bord de Vostok 1, Columbia, la première navette spatiale s’envole du Centre spatial Kennedy. L’équipage se compose de John Young, vétéran de deux missions Gemini et de deux missions Apollo et de Robert Crippen (anciennement sélectionné pour le programme de station militaire MOL en 1966). Après cinquante-quatre heures passées dans l’espace, Columbia se pose sans problème comme un avion conventionnel, sur la base d’Edwards.
Le premier satellite humain
En 1984, l’astronaute Bruce Mac-Candless réalise une fantastique première lors de la mission STS-41 B à bord de la navette Challenger. Il s’éloigne du Shuttle de près de 100 mètres en utilisant son MMU (Manned Maneuvering Unit) ou unité de manœuvre autonome sans être relié par aucun filin de sécurité.
La catastrophe de Challenger
Sept membres d’équipage embarquent à bord de la seconde navette spatiale de la NASA le 28 janvier 1986. Parmi l’équipage se trouve l’enseignante Christa Mac-Auliffe, sélectionnée dans le cadre du programme « Teacher in Space ». Son vol devait montrer que l’accès à l’espace est possible « pour tous ». Après 73 secondes de vol, Challenger explose en vol. La commission d’enquête, présidée par le physicien Richard Feynman conclue à un défaut dans les joints des boosters. Les vols seront interrompus jusqu’en septembre 1988 afin de résoudre le problème. De plus, le programme éducatif sera finalement réactivé sous le titre « Educator in Space ». La doublure de Christa Mac-Auliffe, Barbara Morgan qui est également enseignante de formation, s’élancera à bord de la navette Endeavour lors de la mission STS-118 durant l’été 2007.
Une nouvelle ère dans l’astronomie
Au cours d’une mission de cinq jours démarrée le 24 avril 1990, l’équipage de Discovery, mené par Charles Bolden et Loren Shriver, procède au déploiement du télescope spatial Hubble. Cet instrument scientifique prendra des dizaines de milliers de photographies de l’Univers et sera prochainement visité par une navette pour une ultime mission d’entretien. Après presque vingt ans de service, le vénérable Hubble sera remplacé par le James Webb Space Telescope (JWST), du nom de l’ancien administrateur de la NASA. Son lancement (programmé en 2013) sera assuré par une fusée Ariane V.
1995, rendez-vous dans l’espace
Avec l’effondrement du Bloc Soviétique, la collaboration entre les Etats-Unis et la Russie s’engage. Ainsi, à dix reprises, la navette spatiale aborde la station spatiale Mir. Neuf amarrages auront même lieu entre le vaisseau américain et la station, de 1995 à 1998. Il aura fallu attendre vingt ans pour que l’Oncle Sam et la Russie donnent une suite à la mission Apollo-Soyouz de 1975.
Les mondes de Galilée
Lors de leur passage en 1979, les Voyager ne firent que survoler le système jovien. Il fallut attendre 1995 pour que la sonde Galileo démarre une observation complète de Jupiter et de ses lunes. L’un des principaux objectifs de cette mission impliquait notamment l’étude de l’atmosphère de la planète géante. Ainsi, un module fut largué et fonctionna 57 minutes avant d’être vaporisé par la pression. A partir de 1997, Galileo accomplit une série de survols de Io et d’Europe. Cette petite planète glacée recèle un océan sous-glaciaire et est considéré comme l’un des candidats les plus prometteurs pour la recherche de la vie extraterrestre.
A l’issue d’une mission particulièrement riches en données scientifiques, Galileo fut précipité dans l’atmosphère de Jupiter le 21 septembre 2003.
Retour sur Mars
Le 4 juillet 1997, la sonde Mars Pathfinder atterrit sur Mars. Délaissée depuis vingt ans, (si l’on excepte l’échec de Mars Observer en 1993), la planète Mars figure à nouveau dans les objectifs de la NASA. Dans ses entrailles, Pathfinder emmène le petit rover Sojourner d’une masse d’à peine onze kilogrammes prit plusieurs centaines de clichés d’Ares Vallis et survécut 83 sols (jours martiens). Mais le meilleur restait encore à venir…
Un second vol tardif
Trente-six ans, c’est ce que John Glenn aura attendu pour revoler après sa mission Mercury de février 1962. A 77 ans, l’astronaute accomplit son second vol spatial durant un vol de huit jours à bord de la navette Discovery. Officiellement, la mission a pour but de voir les effets de l’apesanteur sur le vieillissement. « ...Cette mission existe pour faire plaisir au pays », confiera un responsable. Rappelons en effet que John Glenn est une légende aux Etats-Unis et qu’il s’est illustré comme pilote durant la Seconde guerre mondiale et la Guerre de Corée.
Le plus grand laboratoire spatial
Autrefois adversaires, la Russie et les Etats-Unis sont désormais partenaires dans l’assemblage d’un gigantesque complexe spatial. Européens, Japonais et Canadiens sont également partenaires de ce pharaonique projet, entériné par un traité signé en janvier 1998. Le 20 novembre, une fusée Proton place sur orbite le module Zarya, le premier élément. Un mois plus tard, Endeavour emporte un second segment : le nœud de jonction Unity. Dès lors, la Station Spatiale Internationale (ISS) ne cessera de s’agrandir.
1er février 2003, un nouveau drame
Après un vol sans histoire de quinze jours, au cours duquel la navette emportait un module Spacehab, Columbia se désintègre lors de sa rentrée atmosphérique tuant les sept membres d’équipage dont Ilan Ramon, premier astronaute de nationalité Israélienne. Il fut établi que c’est un morceau de mousse protectrice du réservoir externe qui a endommagé le bouclier thermique de l’orbiteur lors de la phase de décollage. Une nouvelle fois, la NASA est pointée du doigt pour des manquements à la sécurité et une nouvelle interruption des vols a lieu afin de repenser le revêtement des réservoirs. Ce qui entraîne également une interruption dans la construction de l’ISS. Les navettes reviennent en vol avec Discovery lors la mission STS-114, commandée par Eileen Collins en juillet 2005.
« A Vision for space exploration »
Un an après la tragédie de Columbia, le 14 janvier 2004, le président Georges W. Bush annonce solennellement que l’Amérique retournera sur la Lune une fois l’assemblage de l’ISS terminé. Les navettes seront remisées dans la naphtaline dès 2010. Le retour sur la Lune est envisagé dès 2019 avec l’établissement d’un poste permanent. Au cours de la décennie suivante, Mars devrait être également visité par un premier équipage humain. Trois ans plus tard, lors du Congrès International d’Astronautique d’Hyderabad, Mike Griffin, actuel patron de la NASA, avance même l’année 2037 comme date possible.
Deux rovers sur Mars
Après plus de six mois de voyage à travers l’espace, les rovers Spirit et Opportunity se posent sur Mars les 4 et 25 janvier 2004. Objectif : trouver des indices d’une présence prolongée d’eau. D’un poids d’environ 180 kilogrammes et d’une hauteur de 160 centimètres, on passe désormais dans une nouvelle catégorie par rapport à Sojourner et ses modestes onze kilos. Prévus pour durer trois mois, les deux sondes sont toujours à poste et fêteront en janvier prochain leur cinquième année de présence à la surface de Mars après plus d’une quinzaine de kilomètres parcourus sur chacun des deux sites visités (Cratère Gusev pour Spirit et Terra Meridiani pour Opportunity).
Bienvenue dans le monde des Géants
Après sept ans et un voyage interminable dans les solitudes de l’espace, la sonde Cassini-Huyghens arrive dans le système de Saturne en 2004. Le 14 janvier 2005, le module européen Huyghens se pose dans une étendue de galets de glace de la planète Titan, le plus important satellite de la planète aux anneaux. Au cours de sa descente, le module a analysé l’atmosphère et renvoyé des images de rivières saisonnières creusées par le méthane.
Pour sa part, après avoir survolé des lunes comme Rhéa, Thétys, Encelade, Japet ou encore Hypérion, Cassini a vu sa mission rallongée de deux années supplémentaires compte tenu des résultats scientifiques et des réserves de carburant dont la sonde dispose encore.
Horizon lointain
Cette mission a bien failli ne jamais voir le jour. En effet, compte tenu de son éloignement, Pluton reste une destination risquée. La plupart des projets initialement prévus se sont vus annulés, entre autres, par contrainte budgétaire. Ce fut le cas de Pluto Kuyper Express, à l’origine engagée pour 2004, mais qui fut annulée en 2001. Finalement, c’est New Horizons qui est lancée le 19 janvier 2006 en direction de l’ex neuvième planète du Système Solaire. Elle mettra treize mois pour atteindre Jupiter et profiter ainsi de son effet de fronde qui l’a ainsi expédié directement vers Pluton. La sonde devrait en principe survoler Pluton le 14 juillet 2015 avant d’entamer un périple de cinq ans à travers la Ceinture de Kuyper. Il s’agit du plus long voyage envisagé pour un engin automatique à travers le Système solaire.
2010, la fin d’une époque
C’est en principe dans deux ans que les navettes seront mises à la retraite, après presque trente ans de service. Le Shuttle accomplira son dernier vol logistique vers la Station Spatiale Internationale. Si tout va bien, le vaisseau Orion prendra la suite vers 2014 ou 2015.
Et après ?
Bien qu’il soit quasiment impossible de faire des prédictions, on peut essayer d’envisager quelques événements. L’ISS devrait connaître une extension d’activité jusqu’en 2020. Les Etats-Unis devraient mettre en service leur nouveau vaisseau d’ici les sept prochaines années. Un équipage sera sans doute sur Mars d’ici une douzaine d’années. A cette même époque, les Voyager devraient cesser de fournir des informations sur l’extrême limite du Système Solaire. Et après ? Ce sont nos enfants qui écriront la suite de l'aventure…
Antoine Meunier
Sources
Espace Magazine n°17 "Spécial Futur", Espace Magazine n°33, "Spécial ISS", Espace Magazine N°36 "Spécial navette"
Le Monde de l'Aviation n°7 (novembre 1998)
Wikipédia free Encyclopédia, www.nasa.gov, Le Forum de la conquête spatiale, www.planete-mars.com, Johns Hopkins University
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vidéos et photos : DR / NASA
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L’Agence spatiale américaine serait en négociations avec son homologue japonaise (JAXA) pour acheter un vaisseau de transport spatial rapporte le quotidien nippon Yomiuri.
Dans moins de deux ans maintenant, les navettes spatiales appartiendront au grand livre de l’Histoire spatiale. Après plus de 130 missions habitées en vingt-neuf ans, la NASA revient au système de capsule spatiale avec Orion dont le design rappelle celui des vénérables vaisseaux Apollo. Précisons cependant que ce système n’aura pas grand-chose à voir avec ces prédécesseurs des années 60. Mais comme ce remplaçant ne sera pas disponible avant 2015, l’administration spatiale américaine se devait de trouver une solution du moins pour l’acheminement du fret. Il semblerait que le Japon puisse fournir cette solution avec son transporteur, le HTV. Une solution dont le coût est estimée à environ 130 millions de dollars, toujours selon le quotidien japonais. A noter toutefois, que le site de la NASA n’a publié aucun commentaire sur le sujet.
Pas de précédent
Cependant, il est vrai que pour les Etats-Unis être absents de la scène spatiale sur une durée aussi longue (cinq ans) n’est pas une chose commune, surtout quand il va falloir dépendre de la Russie pour envoyer en orbite ses astronautes. Rappelons toutefois qu’entre l’arrêt définitif des vols Apollo et la mise en service de la première navette, il s’est écoulé huit ans (fin du programme Skylab), six si l’on inclut le vol historique Apollo-Soyouz de 1975. Mettre en chantier un programme spatial, ou aéronautique, exige du temps et de l’argent. L’Oncle Sam se tourne vers ses partenaires pour l'aider dans son rôle à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS).
Si les négociations aboutissent, le Japon s’assure à son tour un moyen d’accès à l’espace, à l’image de l’Europe avec l’ATV. Ce qui lui permettrait vraisemblablement d'accroitre sa participation dans l'ISS (qui sera très probablement maintenue à poste jusqu'à la fin de la prochaine décennie). Pour le Japon, il y a donc là une opportunité unique à saisir. Désormais, avec l’émergence de nouveaux acteurs et de nouveaux matériels, la compétition pour l’accès l’espace n’est plus seulement politique, elle est aussi économique. Une question demeure toutefois : combien de temps s’écoulera avant la mise en service du HTV ? Comme nous l’avons évoqué plus haut, l’arrivée d’un vaisseau spatial exige du temps notamment dans sa mise au point. A ce titre, les premières études réalisées par la JAXA sur le véhicule de transfert remontent déjà à 1997. Selon le site de l’Agence spatiale japonaise, un premier lancement avec un modèle de démonstration est programmé pour l’été 2009. Le vecteur de lancement sera une fusée H-2B qui sera tirée depuis la base de Tanegashima. A terme, le rythme de lancement serait d’un tir chaque année.
Antoine Meunier
Sources : www.yomiuri.co.jp/dy/features/science/20080720TDY01305.htm / www.yahoo.fr / JAXA
Crédits photos : www.nasa.gov / JAXA
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Le pilote du module lunaire de la mission Apollo 11 s’est exprimé dans une récente interview accordée au quotidien anglo-saxon, The Sunday Telegraph. Pour lui, les Etats-Unis risquent d’être pris de vitesse dans la nouvelle course à la Lune qui s’engage.
Quand un ancien « Moonwalker » prend la parole, ce n’est pas forcément pour évoquer ses faits d’armes, aussi brillants soient-ils. Edwyn « Buzz » Aldrin, 78 printemps, a des choses à dire. Pour lui, c’est évident, les Etats-Unis doivent « maintenir le cap dans l’exploration spatiale » et il entend bien le faire savoir aux deux candidats de la prochaine l’élection présidentielle américaine. En effet, selon le pilote du module lunaire Eagle de l’historique mission Apollo 11 de 1969, si les Etats-Unis se détournent de leur « vision » spatiale et bien « nous risquons de nous retrouver à la seconde place des vols spatiaux habités pour le restant du siècle », précise-t-il. Début juin, Rick Gilbreth, le responsable du programme d’exploration lunaire américain émettait une mise en garde à propos des Chinois qui pourraient « être sur la Lune deux ou trois ans » avant l’Oncle Sam, soit en 2017 ou 2018. Aldrin a donc décidé d’exposer ses vues sur la question aux deux candidats John Mac-Cain (républicain) et au démocrate Barack Obama. Le premier a affirmé son soutien au programme Constellation qui prévoit le retour d’un équipage sur la Lune vers 2019. Pour sa part, Barack Obama s’est enquis de l’opinion publique pour son intérêt quant aux futurs plans de la NASA.
Une fierté nationale
En Amérique, l’espace revêt un caractère particulier car il s’agit d’une réelle fierté nationale. S’il est acquis que le vaisseau Orion sera désormais le successeur de la navette spatiale, de nombreux obstacles parsèment encore le chemin du retour américain sur la Lune. Il y a notamment la question du lanceur Ares V qui n’est pas encore résolue et il faudra attendre encore 2011 pour que ce nouveau lanceur soit approuvé.
Après la crise des subprimes qui a secoué les Etats-Unis fin 2007, retourner sur la Lune fait-il parti des priorités nationales ? Le prochain locataire de la Maison-Blanche devra tenir compte non seulement des problèmes économiques internes au pays mais également des intérêts stratégiques. « Si nous voulons vraiment que cela arrive, il faut mettre plus d’argent dans ce programme », a déclaré l’ancien astronaute dans les colonnes du Sunday telegraph. Ainsi, Buzz Aldrin souhaite voir se rallumer le même enthousiasme qu’à la glorieuse époque des années 1960. Rappelons tout de même que dès 1967, la NASA voyait déjà son budget diminué du fait de l’empêtrement américain au Vietnam. Mais autre époque, autre contexte. Le retour sur la Lune ne pourra désormais plus être un effort fourni par un seul pays bien qu’il s’agisse d’une perspective à long terme dont avait probablement besoin la NASA. C’est d’ailleurs exactement la manière dont s’est engagé le programme spatial chinois habité Shenzou : le long terme, avec la Lune en point de mire. Mais avant cela, il y aura sa future station spatiale et il lui faudra (comme aux Etats-Unis) disposer d’un lanceur lourd. Ce sera la fusée Longue Marche 5 qui devrait être disponible vers 2013.
Aussi, il n’est pas impossible de voir d’autres pays s’engager dans cette nouvelle course à la Lune. Si la collaboration s’engage sereinement, il serait tout à fait envisageable que l’un des premiers hommes à fouler le pied sur le sol sélène soit européen. Depuis l’échelle de coupée d’un module lunaire conçu par l’ESA ?
Antoine Meunier
Sources : The Sunday telegraph / Le Figaro
Photos : www.nasa.gov
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C’est dans moins de deux jours* qu’aura lieu le tir du premier ATV. Après l’arrimage réussi de Colombus le mois dernier à l’ISS, l’Europe s’apprête à lancer son premier vaisseau spatial, sa seconde contribution à la Station Spatiale Internationale.
Tout a commencé en octobre 1995 lors de la conférence ministérielle de l’ESA de la même année. A cette époque, le développement simultané du véhicule de ravitaillement et du laboratoire Colombus est décidé. Et c’est en 1998 que le contrat pour le développement du véhicule est signé entre EADS Launch Vehicles (Astrium Space Transportation).
Et dimanche prochain, à 4h59 heure de Paris, un véhicule de 20 tonnes assemblé en Europe partira depuis la Guyane pour rejoindre la Station Spatiale Internationale (ISS). Il marque un véritable tournant pour le ravitaillement du complexe puisque ses capacités sont trois supérieures à celles du vaisseau cargo russe Progress. Précisons que le Jules Vernes, premier ATV d’une série de six, est notamment équipé du même système d’arrimage que son homologue russe. Mais la grande première est très probablement le rendez-vous qui sera effectué avec la Station Spatiale Internationale (ISS), de manière complètement automatisé, grâce à ses instruments de bord et dont l’ensemble des tests d’approche seront réalisés sur une dizaine de jours avant le « docking »** final.
L’ATV, un pas vers le vol habité européen ?
Lancé par une fusée Ariane V ES, ce vaisseau pose une question. Y’aura-t-il un jour une version piloté par un équipage ? Tout d’abord, il faut préciser que l’ATV est un module de transport de fret automatisé pouvant être occupé par trois astronautes une fois son raccordement effectué à la Station pour une durée effective de six mois avant son détachement pour se consumer dans l’atmosphère terrestre. Il présente quand même des similitudes de par sa taille à un vaisseau Apollo et pourrait même contenir un autobus à impériale. Mais son lanceur, Ariane V n’est pas configuré pour le vol habité. Il faudrait notamment l’équiper d’un système d’éjection du vaisseau. Cependant, des études d’évolution de l’ATV ont été menées notamment pour l’aller et retour d’astronautes vers l’orbite basse. Mais comme nous venons de l’évoquer plus haut, cela nécessiterait également de faire évoluer la fusée Ariane pour le vol habité.
Avec Colombus, l’Europe vient de se doter de son module (certes raccordé à l’ISS). En lançant l’ATV Jules Vernes, le Vieux continent franchit une nouvelle étape et prouve que le vol habité est désormais à sa portée. L’ATV pourrait-il être une simple étape vers la voie du vol habité ? Ce serait une excellente manière de s’affranchir de la dépendance du Soyouz ou de la navette qui sera mise au rencart dans deux ans. De telles cartes méritent largement l’attention des politiques car en 2010, il n’y aura plus qu’un seul moyen pour desservir l’ISS.
Antoine Meunier
Sources : www.esa.int / EADS Astrium / Espace Magazine N°35 / www.nasa.gov
Photos : www.nasa.gov / www.astrium.com
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* Dernière mise à jour le vendredi 7 mars 2008
**Arrimage
Il y a 35 ans cette semaine, la mission Apollo 17 clôturait brillamment le premier programme d’exploration lunaire habité de l’histoire de l’Humanité. Hasard ou coïncidence, la NASA en profite pour réaffirmer sa volonté de poser un équipage sur notre satellite d’ici la fin de la prochaine décennie.
Il est des anniversaires qui procurent de belles occasions pour annoncer sa position sur tel ou tel thème et l’Agence spatiale américaine le promet : d’ici la fin de la prochaine décennie, un module lunaire posera une équipe de plusieurs hommes sur le sol lunaire. Et à entendre un des responsables de la NASA déclarer « notre tâche est de bâtir des villes sur la Lune », on serait tenté de croire que l’optimisme de la fin des années 60 est revenu. Celui où tout semblait possible, où la Conquête spatiale semblait n’avoir pas de limite. Pourtant, il convient de tempérer cette affirmation. A l’heure actuelle, les travaux de développement du lanceur Ares I et du vaisseau Orion sont les seuls à avoir démarré. Rien n’est donc impossible alors ? Oui rien n’est impossible mais dans l’immédiat, l’Administration spatiale américaine se concentre un test de remplissage du réservoir central de la navette afin d’identifier la cause de l’anomalie survenue sur les jauges qui a contraint de reporter le lancement d’Atlantis la semaine dernière. Optimisme oui, mais qui n’empêche pas de se préoccuper de la sécurité de ses équipages actuels.
Premières présentations des rovers
Mais aujourd’hui, ce qui frappe, c’est que la NASA communique avec un incroyable dynamisme sur le programme Constellation. Et c’est peut-être en cela que réside la réussite du lancement de ce futur programme : montrer ce que sera le retour sur la Lune.
A l’inverse d’Apollo, il faudra deux lanceurs pour expédier le
matériel sur notre satellite. Ares I et Ares V (particulièrement
ce dernier) sont les piliers de cette entreprise. Et le futur module lunaire
n’aura plus rien à voir avec son prédécesseur des années 60 puisqu’il pourra
emmener jusqu’à quatre personnes à la surface sélène mais cela reste encore
définir. En effet, des deux vaisseaux qui succèderont à la navette seul le
vaisseau Orion est actuellement à l’étude chez Lockheed Martin, le
contractant officiel. Néanmoins, il existe déjà une première ébauche des
nouveaux rovers. Prévus pour deux astronautes, les deux passagers n’auront plus
qu’à se glisser dans leur scaphandre qui sera disposé à l’extérieur, ce qui
permettra ainsi l’économie d’un sas. Toutefois, la version définitive du futur
véhicule qui pourra parcourir environ 900 kilomètres en sept jours à travers le
paysage lunaire, ne devrait être arrêtée que d’ici 2012. Si les prochaines
administrations américaines valident Constellation dans son intégralité, la nouvelle exploration de la Lune s’annonce vraiment palpitante, avant l'étape martienne ?
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.yahoo.fr
Photos et vidéo : www.nasa.gov
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La NASA vient de réussir jeudi dernier le second test des parachutes de récupération des premiers étages des futurs lanceurs Ares I et Ares V du programme Constellation.
A la différence d’un lanceur classique, type Soyouz ou Atlas, les premiers étages des fusées Ares seront récupérables. C’est la firme ATK, située dans l’Utah, qui sera maître de ce fameux premier étage, déjà en charge des boosters de la navette spatiale. En fait, le premier étage d’Ares I est dérivé du booster de la navette. Il présente toutefois une légère différence par rapport au SRB*. En effet, ce premier étage possèdera un cinquième segment de propulsif en raison d’un poids supérieur. Largué depuis un Boeing C-17 à une altitude de 17 500 pieds au-dessus de Yuma dans l’Arizona, ce parachute d’un diamètre de 45 mètres a supporté sans problème une charge de 24 tonnes destinée à simuler la masse d’un premier étage de fusée. Ce parachute est d’ailleurs dérivé de celui qui équipe les boosters de la navette. Il doit permettre de valider les futures différences entre les orbiteurs et les futurs lanceurs du programme Constellation.
Un retour aux sources
Dans l’immédiat, les essais sont programmés pour durer jusqu’en 2010, soit jusqu’à la dernière mission d’une navette. Néanmoins, on assiste là à une réelle nouveauté dans la conception d’un vaisseau habité américain. D’abord, parce que la NASA ne repart pas de zéro en créant un tout nouvel engin spatial sur la base d’une nouvelle technologie. Pour la première fois, on utilise des équipements déjà éprouvés pour créer un tout nouveau vaisseau. C’est le cas du premier étage d’Ares I qui s’inspire du booster de la navette ainsi que du parachute de récupération.
La silhouette du vaisseau Orion rappelle fortement l’ancienne capsule lunaire américaine. « C’est un Apollo dopé au stéroïdes », déclarait d’ailleurs Michael Griffin, l’administrateur de la NASA lorsque le projet fut annoncé. Mais attention, la comparaison s’arrête là, si Orion ressemble à Apollo, la comparaison s’arrête là. Les équipements électroniques de bord n’auront strictement rien à voir avec le vaisseau de Neil Armstrong. En fait, ce n’est pas tant l’aspect de l’appareil qui est important mais ce que l’on met à l’intérieur qui compte. En attendant, avec ces tests prometteurs, voici une nouvelle avancée pour le programme Constellation...et pour le retour vers la Lune ?
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov
Photos : NASA - MSFC / NASA
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*SRB: Abréviation de Solid Rocket Booster, les deux propulseurs latéraux de la navette.
La sonde chinoise Chang-e 1 a été lancée hier avec succès vers la Lune. Première étape d’un ambitieux programme qui vise à déposer un homme sur notre satellite d’ici 2020. Les choses sérieuses commencent.
La course vers la Lune continue. Le mois dernier c’était le Japon avec Kaguya, voici que part Chang-e, la bien nommée. Ce 24 octobre 2007 marque donc une nouvelle étape dans l’histoire de l’astronautique chinoise avec l’envoi de son premier engin automatique vers un autre astre. Lancée par une fusée Longue Marche 3-A depuis la base de Xichang, la sonde s’est séparée de son lanceur trente minutes après le lancement. Si tout est nominal, elle se placera en orbite lunaire vers le 5 novembre.
Il s’agit d’un programme de 184 millions de dollars (129 millions d’euros) dont l’objectif est de prendre des images en trois dimensions de notre satellite pour, à terme, permettre l’installation d’une base. A l’heure actuelle, la Chine ne possède que deux vols habités à son actif, ce qui est bien évidemment trop peu pour envisager un programme lunaire habité au jour d’aujourd’hui. D’ici 2020, il lui faudra acquérir plusieurs techniques si elle veut aller sur la Lune dans les meilleures conditions. La première est celle du rendez-vous et de l’amarrage de deux vaisseaux en orbite afin de procéder à l’assemblage d’un train spatial. Ensuite, il faudra que ses cosmonautes procèdent à des sorties dans l’espace. Ce doit normalement être l’une des tâches de la mission Shenzou 7 prévue l’année prochaine. De plus, elle doit disposer d’un lanceur lourd à savoir la future Longue Marche 5 qui n’est pas encore disponible. Aller sur la Lune est un programme qui demande facilement une dizaine d'années de préparation. Ce fut le cas d'Apollo.
Le premier round ?
Alors inévitablement on peut se poser la question : à quand une réplique américaine ? Dans l’immédiat, c’est totalement inenvisageable car les Etats-Unis terminent l’assemblage de l’ISS. De plus, le futur lanceur Ares I ne sera pas disponible avant six ans, de même que le futur vaisseau Orion. Quand à la fusée Ares V, rien n’est encore décidé quant à son futur. Néanmoins, le lancement de la sonde Chang-e 1 préfigure sans doute le premier acte d’une nouvelle compétition. Officiellement, Luan Enjie, responsable du projet Chang-e a déclaré que son pays ne s’engagera pas dans « une course à la conquête de la Lune avec d’autres pays ». Où est le faux, où est le vrai ? Il est difficile de le dire tant l’Empire du Milieu cultive l’art du secret. Mais il semble difficilement crédible de ne pas croire que la Chine ne s’engage pas dans un programme lunaire au long cours. Enjie a même déclaré que son pays, « conformément à sa politique d’usage pacifique de l’espace », partagera ses futures découvertes lunaires*. Dans un premier temps, afin de préparer ses hommes à alunir sur le sol sélène, la Chine va d’abord s’orienter vers l’assemblage d’une structure orbitale autour de la Terre. Bref, une chose est certaine la course est lancée…
Antoine Meunier
Sources : www.esa.int / www.yahoo.com
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*La Chine a procédé au tir d'une arme ASAT (anti-satellite) en janvier dernier.