Alors qu’Atlantis vient de revenir sur Terre après une mission sans faute de remise à neuf du télescope spatial, la NASA a enfin un nouvel administrateur en la personne de Charles Bolden, ancien astronaute et général de brigade en retraite des Marines.
Hasard du calendrier ou non, le président Barack Obama a nommé à la tête de son administration spatiale l’un des hommes qui commandait la navette spatiale Discovery et qui plaça Hubble en orbite voici 19 ans. Charles Bolden, né en 1946, accomplissait alors sa deuxième incursion dans l’espace, la mission STS-31 du 24 au 29 avril 1990. Par la suite, il a commandé la mission STS-45 à bord de la navette Atlantis. Vol au cours duquel le module Spacelab fut dédié pour la première fois à l’étude de l’atmosphère terrestre. Enfin en 1994, Charles Bolden était à la tête d’un équipage de six astronautes pour la première mission américano-russe à bord de la navette Discovery lors du vol STS-60. L’équipage comprenait, entre autres, le cosmonaute russe Sergueï Krikalev. En temps cumulé, Charles Bolden aura passé un peu plus de quatre semaines dans l’espace étalées sur quatre vols.
Pas le premier astronaute
Après Richard Truly de 1989 à 1992, Charles Bolden est donc le second astronaute à diriger la vénérable agence spatiale américaine. Il succède donc à Michael Griffin et va donc gérer plusieurs dossiers délicats dont le retrait du service actif des navettes dont huit vols sont programmés d’ici la fin de l’année prochaine, la fin de la construction de l’ISS ou encore le programme Constellation de retour sur la Lune (qui fait actuellement l’objet d’un réexamen complet) pour ne citer que la partie vols habités. Lori Garver sera l’administrateur adjoint de la NASA. Cette dernière fut conseillère pour l'espace du président Obama lors de la campagne présidentielle et a notamment occupée des fonctions au sein de l'agence entre 1998 et 2001. Reste maintenant au Sénat à entériner la nomination de l’ancien astronaute qui aura donc fort à faire durant les quatre prochaines années.
Antoine Meunier
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Après un processus de sélection d’une année, l’Agence spatiale Européenne (ESA) a présenté mercredi 20 mai ses nouveaux astronautes.
Ils sont donc six : deux italiens, le Lieutenant Samantha
Cristoforetti et le capitaine Luca Parmitano tous les deux pilotes dans l’armée
de l’air italienne. Thomas Pesquet, originaire de Rouen, 31 ans pilote de ligne
sur A320 et ingénieur CNES est donc le nouvel astronaute français du Corps
Européen des Astronautes (EAC). Pour lui et ses collègues, l’aventure va
réellement démarrer en septembre prochain à Cologne, au siège de l’EAC, avec
l’entraînement de base qui va s’étaler sur dix-huit mois. Pour sa part,
Alexander Gerst est un scientifique diplômé en physique de l’université de
Karlsruhe en Allemagne. Son camarade Danois Andreas Mogensen est ingénieur et
possède un doctorat en ingénierie de l’université d’Austin au Texas. Enfin, on
soulignera que l’ESA a retenu Timothy Peake, pilote d’essai Britannique de 37
ans. Un choix qui pourrait étonner quand on sait que le Royaume-Uni, en tant
que pays membre de l’Agence spatiale europénne ne contribue pas aux vols habités. Mais Jean-Jacques
Dordain, Directeur Général de l’ESA a répondu clairement à la question d'un journaliste d'Outre-Manche : « Tim a été
sélectionné parce qu’il était au-dessus du lot ».
Quelle destination ?
Pour cette nouvelle génération d’explorateurs, l’ESA dispose en effet de sept opportunités de vols à bord de la Station spatiale internationale dans les prochaines années. Ce qui devrait, sur le papier, permettre au premier des nouveaux arrivants de voler d’ici quatre ans vers l’ISS pour des missions de longue durée. Par la suite, et compte tenu de leur jeunesse, d’ici les années 2020, les « six » pourront sans doute envisager la Lune qui est a présent programmée comme objectif suivant après la fin de l’exploitation de la Station spatiale.
Un objectif qui ne paraît donc pas inaccessible pour Thomas Pesquet et ses camarades de promotion, sachant que les Américains préparent le programme Constellation de retour sur notre satellite qui devrait permettre l’alunissage d’une équipe d’hommes et de femmes (mais pas avant dix ans). Toutefois, si la décision reste encore a prendre, « nous pouvons faire partie du programme… », a précisé le Directeur général de l’ESA. Alors d’ici la prochaine décennie, un équipage international composé de plusieurs nationalités pourrait sans doute emmener un futur train spatial vers la Lune. Avec un astronaute français à bord ?
Antoine Meunier
Photos : Antoine Meunier
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Avec la cure de rajeunissement du télescope spatial Hubble par la navette Atlantis et le lancement réussi des satellites Herschel et Planck par une Ariane V en version ECA, nous avons vécu une semaine passionnante dans le domaine de l’astronomie spatiale.
D’abord parce que Hubble va être reconduit dans ses fonctions pendant au moins cinq ans. Après 750 000 clichés de l’Univers pris et dix-neuf années de révolutions autour de la Terre, le HST n’a donc pas dit son dernier mot et promet encore des photos toujours plus stupéfiantes les unes que les autres.
Ainsi, les astronautes ont mené avec succès leurs cinq sorties dans l’espace qui ont notamment permis la remise en état du STIS (Space Telescope Imaging Spectrograph). La plus longue des cinq EVA aura atteint la durée record de plus de huit heures ! A l’issue de la cinquième marche dans l’espace, Hubble dispose, entre autres, d’une nouvelle protection thermique, de batteries neuves et d’un capteur qui lui permettra de s’orienter avec une meilleure précision. Voilà pour le télescope du Siècle dernier.
Encore plus loin
Transportant ses deux précieuses charges utiles, Le lanceur Ariane V, en version ECA, a décollé à 15h12 jeudi dernier pour insérer exactement vingt-six minutes plus tard, les télescopes Herschel et Planck, sur une trajectoire devant les amener au point de Lagrange L2. Mais pourquoi cette destination ? Simplement, parce que ce point gravitationnel reste dans l’axe du système Terre-Soleil et il offre une position parfaite pour observer l’univers. Car Planck a une mission bien spécifique : la cartographie de la lumière émise par notre univers, 380 000 ans après le Big Bang. Bref, les scientifiques vont tenter de comprendre comment est né notre univers il y a presque 14 milliards d’années. Pour sa part, Herschel étudiera l’évolution d'objets comme les galaxies depuis dix milliards d’années. Il est équipé d’un miroir de 3,5 mètre de diamètre, le plus important jamais réalisé (supérieur à celui de Hubble), et capable de réaliser des observations dans l’infrarouge.
A elles deux, ces missions représentent un coût de 1,7
milliard d’euros soit la mission scientifique la plus importante de l’Agence
spatiale européenne (ESA). Avec
Planck et Herschel, notre connaissance de l’univers va continuer
de s’améliorer. Durée de vie : quinze pour le premier et trois ans pour le second.
Antoine Meunier
Sources et photos : ESA / NASA / ESA Daniel Ducros
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C’est donc parti pour une dernière visite. La navette Atlantis a parfaitement décollé depuis le centre spatial Kennedy (KSC) en Floride à 20h01 (heure française) avec pour objectif le télescope spatial Hubble, en orbite à 560 kilomètres d’altitude.
Cette mission de maintenance du HST ferait presque oublier que deux navettes spatiales attendaient sur le pas de tir de Cap Kennedy. Il y avait bien sur Atlantis, qui va rallier Hubble et le remettre à neuf pour lui permettre de rester à poste, en théorie pour une durée de vie supplémentaire d’environ cinq ans, et il y avait Endeavour. Le second orbiteur se tient en effet prêt à venir en aide à l’équipage du premier si un problème survenait. Quatre astronautes composent cet équipage de réserve qui se tient prêt à être lancé dans la semaine (le temps de changer STS-400 de pas de tir pour le positionner sur le PAD 39 A) pour cette éventuelle mission de sauvetage. Commandé par Chris Ferguson, cet équipage a volé durant la mission STS-126. Dans l’hypothèse ou le second orbiteur devrait intervenir, les deux navettes viendraient se positionner dos à dos, en utilisant le bras robot, et l’équipage d’Atlantis évacuerait ensuite vers Endeavour en trois temps. On se retrouverait donc avec onze personnes dans le même astronef.
Déjà en 1973
Une situation inédite ? Pas tout à fait car il y a trente-six ans, un plan du même ordre fut mis au point pour ramener l’équipage de Skylab 3 qui connut de sérieux problèmes avec le vaisseau Apollo. On songea donc à envoyer un vaisseau capable d’accueillir cinq personnes. Ce plan ne fut finalement pas utilisé. Tout est donc mis œuvre pour assurer la sécurité des astronautes qui évolue sur une orbite plus importante que celle de l’ISS. Ces derniers vont consacrer les dix jours de la mission à cinq sorties dans l’espace qui comportent, entre autres, le remplacement de gyroscopes, l’installation de nouveaux instruments (cf. LCS N°150) scientifiques pour étendre les capacités du télescope, ou encore, la mise en place de protections thermiques. Le dernier rendez-vous avec le télescope spatial Hubble, en orbite depuis 1990, et une navette aura lieu mercredi.
Antoine Meunier
Photos et sources : NASA
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Dans le cadre du prochain Salon du Bourget, RTL et le CNES organisent un concours avec un vol parabolique comme prix.
Ce n’est peut-être pas encore l’espace pour tous, mais c’est déjà un premier pas : offrir à une personne lambda l’opportunité de découvrir les sensations de l’impesanteur. Le mardi 16 juin prochain, un heureux gagnant aura donc le privilège d’embarquer à bord de l’Airbus A300 Zéro G qu’utilisent les astronautes pour s’acclimater au vol spatial. Un privilège qui est avant tout réservé aux professionnels du secteur. Rappelons en effet que l’avion de la société Novespace (filiale du CNES) sert notamment à l’entraînement des astronautes mais aussi à la réalisation d’expériences scientifiques. Avec ce concours, une personne n’ayant pas nécessairement une connaissance accrue du spatial pourra, par exemple, faire partager son expérience au plus grand nombre. Deux conditions sont cependant nécessaires : être âgé de 18 à 60 ans ainsi qu'en bonne santé. Il faut en effet pouvoir supporter, les 1,8 G de chaque ressource. Une visite médicale, similaire à celle que passent les futurs pilotes privés, sera obligatoire pour le futur gagnant de cette expérience pas comme les autres.
Assouplir la réglementation
Dans le futur, si de tels vols se généralisent, il faudra toutefois que la réglementation s’assouplisse. Précisons en effet que les vols de l’A300 zéro G sont considérés comme des vols expérimentaux et non comme des vols classiques. Cependant, il n’est pas possible d’embarquer aussi facilement des passagers pour un vol parabolique. « Aujourd’hui, la réglementation actuelle ne le permet pas », souligne l’astronaute Jean-François Clervoy qui est aussi président de la société Novespace. Toutefois, les choses pourraient bouger car « des discussions sont en cours pour étudier les différentes possibilités d’y arriver. Le vol d’un auditeur RTL ne préfigure pas du tout le cadre réglementaire possible de ces vols publics en apesanteur. » Mais les vols paraboliques pour le grand public sont-ils encore réservés aux seuls professionnels du secteur ? C’est déjà le cas car «… un marché existe, ajoute Jean-François Clervoy, comme le démontre l’activité similaire aux Etats-Unis. ». Il s’agit notamment des activités menées par la firme Space Adventures qui, outre la commercialisation des vols spatiaux de Charles Simoniy ou de Richard Garriot, vend également des vols zéro G pour des personnes privées. Mais il s’agit des Etats-Unis. En France, le cadre législatif doit d’abord évoluer car nous n’en sommes malheureusement pas encore au point ou tout un chacun peut prétendre à prendre part à une telle expérience. Pour le futur, « l’ouverture des vols paraboliques au grand public pourrait catalyser les (futures) démarches réglementaires qui seront aussi nécessaires pour les vols touristiques suborbitaux ou orbitaux… » conclut Jean-François Clervoy.
En attendant, cette initiative exceptionnelle devrait logiquement attirer un large public ainsi que tous les passionnés d’espace souhaitant connaître les sensations de l'apesanteur.
Date limite des inscriptions : 18 mai sur le site de RTL (www.rtl.fr).
Antoine Meunier
Remerciements : Jean-François Clervoy (ESA)
Sources : Space Adventures
Photos : Antoine Meunier / NASA
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Initialement programmée en octobre 2008, cette cinquième mission de maintenance du télescope spatial Hubble (HST) devrait décoller, si tout va bien, lundi prochain.
C’était devenue une habitude depuis la reprise des vols en 2005, les navettes ne ralliaient plus que l’ISS, depuis les deux vols de qualification de 2005 et 2006 après la perte de Columbia en 2003. Mais, outre son habituelle mission de livraison de fret vers la Station spatiale, c’est oublier que l’orbiteur peut également mener des tâches de réparation d’un satellite. Avec STS-125, Hubble va donc subir sa toute dernière remise à neuf. Pour ce faire, les astronautes vont donc rejoindre le vénérable engin sur une orbite d’environ 600 kilomètres d’altitude. En cas de problème, il leur sera cependant impossible de rejoindre la Station spatiale qui croise sur une orbite inférieure (environ 400 kilomètres). Cette mission permettra, entre autres, l’installation du COS ou Cosmic Origins Spectrograph. Cet instrument scientifique offrira la possibilité de restaurer certaines possibilités du télescope spatial.
Une caméra à grand champ
Avec ce nouvel instrument, il sera possible de mesurer la structure et la composition de la matière concentrée dans ce que les scientifiques appellent la « Toile Cosmique ». Un second instrument viendra renforcer les capacités de Hubble : la WCF 3 (Wide Field Camera, une caméra à grand champ qui étudiera, entre autres les galaxies lointaines.
Pour cette cinquième et dernière visite de contrôle, la NASA a choisi Scott Altman (dont c’est ici la quatrième mission et qui a dirigé le vol STS-109 vers le télescope spatial en 2002). Parmi les autres membres de cet équipage qui compte sept personnes dont une femme, l’astronaute John Grunsfeld, déjà vétéran de quatre vols spatiaux, était probablement parmi les mieux placés pour ce vol puisqu’il a volé en décembre 1999 sur STS-103 pour installer, entre autres, de nouveaux gyroscopes sur Hubble. Et sur STS-109, en 2002, il a réalisé trois EVA vers le télescope spatial. Comme son collègue Mike Massimino, qui a réalisé deux marches dans l’espace sur la même mission. Au total, cinq sorties d’environ six heures et demie dans l’espace sont prévues pour installer les différents composants. Pour sa part, Megan Mac-Arthur, dont c’est le baptême de l’espace aura la délicate tâche de manipuler le bras robot de la navette Atlantis.
Prévue depuis plus de deux ans, cette mission devrait permettre à Hubble de fonctionner jusqu’en 2014. De quoi fournir des images encore plus spectaculaires de l’Univers avant que le futur James Webb Space Telescope (JWST) ne soit, en principe, lancé en 2013 par une fusée Ariane V ECA.
Antoine Meunier
Sources : NASA
Photos : NASA
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*SM : Servicing Mission (Mission d’entretien). Quatre vols de remises à niveau du télescope spatial ont déjà eu lieu en 1993 (STS-61), 1997 (STS-82), SM3A en 1999 (STS-103) et SM3B en 2002 (STS-109).
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