Le système de Jupiter va de nouveau être explorée dans les dix prochaines années par la NASA et l’ESA. Noms de code : Europa Jupiter System mission et Jupiter Ganymede Orbiter
Après le succès éclatant de la mission Galileo (1989-2003), la reine des planètes de notre système solaire va donc faire l’objet de toutes les attentions d’ici la fin de la prochaine décennie. La décision a été prise il y a un peu moins de deux semaines à Washington. Réalisée en partenariat par l’administration spatiale américaine et l’ESA, cet ambitieux projet prévoit d’envoyer deux sondes vers Jupiter pour explorer d’une part Europe et Ganymède. Le véhicule américain devrait sonder la première Lune et la sonde européenne, quant à elle, aura Ganymède en ligne de mire. Objectif : déterminer notamment si une forme de vie quelconque existe dans ce monde glacé qu’est Europe et qui est soumis aux terribles effets de marées de Jupiter. Ganymède sera également étudiée de fond en comble par la sonde européenne.
Une année d’étude autour de chaque lune
Actuellement en phase d’étude, ce projet est estimé à plusieurs milliards de dollars et devrait voir le jour en 2020 pour une arrivée programmée en 2026 dans le système jovien. Pendant une année, chacun des deux vaisseaux devra méthodiquement explorer sa cible. Mais pourquoi revenir vers Jupiter ? «Y’a-t-il de la vie ailleurs ? Mars est un endroit évident auquel il faut penser, explique Robert Pappallardo, scientifique de la mission américaine sur le site de la NASA. Mais il y a également les mondes du Système solaire extérieur sous la surface desquels il y a peut-être un océan liquide… » Parmi les candidats potentiels dans la recherche d’une vie dans le Système solaire, il faut également ajouter Titan ou encore Encelade, deux des satellites de Saturne. Toutefois, dans l’immédiat, les responsables des deux agences ont préféré retourner vers le système de Jupiter avant d’attaquer la planète aux anneaux « qui demeure clairement une priorité », a souligné l’un des administrateurs de la NASA. A part New Horizons en 2007, qui a utilisé son effet de fronde pour rejoindre Pluton, Jupiter n’a reçu aucune visite depuis 2003.
Antoine Meunier
Sources : NASA / Maxisciences
Photos : NASA / JPL
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Deux satellites se sont percutés mardi 10 février, ce qui a crée un nuage de débris dans l’espace.
C’est une première mais qui traduit bien ce qu’est devenu l’orbite basse terrestre : une autoroute sérieusement encombrée car sur les 6 000 satellites envoyés dans l’espace depuis Sputnik I en 1957, 3 000 sont encore actifs. La collision survenue la semaine dernière, entre le satellite Iridium-33 de la constellation du même nom et l’engin Cosmos-2251, à 800 kilomètres d’altitude, n’a donc en soit rien de surprenant. Mais le plus important est que le choc a produit une constellation de débris susceptible d’évoluer entre 500 et 1 300 kilomètres d’altitude, ce qui pourrait présenter un risque pour les objets se trouvant vers ces orbites. C’est le cas notamment de Hubble, le télescope spatial évolue en effet sur une orbite plus haute (environ 650 kilomètres) que celle de la Station spatiale internationale (ISS) qui se situe environ à 400 kilomètres d’altitude.
Transmission accrue de l’information
Hasard ou non, l’Agence spatiale européenne vient de lancer un programme destiné à surveiller les débris spatiaux qui polluent la proche banlieue, pardon la périphérie de la Terre afin de prévenir de futures collisions entre objets spatiaux. Ce programme a été prévu en janvier bien avant celle des satellites Iridium et Cosmos. Baptisé Space Situational Awareness, il est doté d’une enveloppe de 50 millions d’euros et doit permettre de répertorier les quelques 13 000 objets qui tournent au-dessus de nos têtes. Car en plus des satellites, il faut également y ajouter les étages des fusées porteuses. L’accident de la semaine dernière «…nous a montré que nous devons en faire beaucoup plus. Nous devons recevoir beaucoup plus de données précises afin de prévenir de nouvelles collisions », a indiqué à l’agence Associeted Press, Jean-Pierre Kaufeler, spécialiste des débris à l’ESA. Dans l’immédiat, il faut donc renforcer encore et toujours les dispositifs de surveillance. Jean-Pierre Kaufeler a précisé que les relevés actuels « ne sont pas assez précis » et qu’il faut encore plus d’information. A ce sujet, une réunion d’experts se tiendra cette semaine à Vienne sur les moyens d’éviter qu’un tel accident ne se reproduise et la question devrait être à l’ordre du jour de la Cinquième conférence européenne sur les débris spatiaux de l’ESA en mars prochain.
Voici désormais un problème que les grandes agences spatiales ne peuvent plus ignorer car tôt ou tard, il finira par se reproduire. Si un « grand ménage » est bien sur exclu, car à terme même les orbites de parking risquent de se retrouver encombrées, il faudra bien un jour faire en sorte que notre orbite terrestre ne ressemble plus au boulevard périphérique d’une grande ville… ! Mais quelle est la solution pour que le ciel ne soit plus bouché ? La réponse ne semble pas encore trouvée.
Antoine Meunier
Sources : Associated Press / NASA / The Planetary Society/Dan Deak
Photos : The Planetary Society / NASA
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Malgré une année marquée par une crise économique mondiale sans précédent depuis 1929, le secteur spatial s’en sort bien. Environ une demi douzaine de lancements d’Ariane V est programmé pour l’année.
Jean-Jacques Dordain l’avait déclaré au cours de ses vœux à la presse à la mi janvier : « On ne peut imaginer le futur sans espace ». Le spatial européen affiche en effet une bonne santé avec six à huit tirs d’Ariane V planifiés pour 2009. Depuis 2002, le lanceur européen aligne 28 réussites successives avec la version ECA. De quoi donner en effet le moral aux contractants. Et Ariane V va notamment mettre en orbite Herschel et Planck qui doivent mesurer la température du rayonnement cosmique. Outre l’exploration de l’Univers, la Terre, fait également l’objet de toutes les attentions avec des satellites explorateurs de la notre planète. L’exploration planétaire, c’est aussi apprendre à mieux connaître notre propre planète. Ce sera Goce (Gravity-Field and Steady-State Ocean Circulation Explorer) qui ouvrira le bal des tirs en mars prochain - mais avec un lanceur Soyouz -, afin de mieux nous faire connaître la circulation des océans. Il devra également mesurer les variations du champ gravitationnel terrestre. Prévu pour évoluer sur une orbite d’environ 250 kilomètres, ce satellite à l’allure d’un vaisseau tout droit sorti d’un film de Star Strek aura une mission d’une durée de vingt mois. Autre mission d’importance : Cryosat 2. Son lancement est programmé normalement le 9 novembre prochain et il sera dédié à l’étude des glaces. Cryosat sera pour sa part placé sur une orbite plus élevée et sa durée de vie devrait atteindre trois ans et demi. Ce satellite est directement calqué sur son prédécesseur perdu en 2005.
Toujours pas de véhicule habité
Mais paradoxalement, si l’ESA a su monter en puissance dans de très nombreux programmes spatiaux (exploration planétaire, météorologie, observation du soleil, etc…), elle ne dispose pas du même budget que celui de la vénérable NASA, qui aligne un chèque de 17,6 milliards de dollars pour environ 3 milliards d’euros pour l’agence européenne. De plus, si elle dispose de son propre laboratoire avec Colombus dans la Station Spatiale Internationale (ISS), l’Union Européenne ne dispose toujours pas de son propre véhicule spatial de transport. Seulement, à la différence des Etats-Unis, l’Europe manque de cette culture du vol habité si profondément ancrée en Amérique. Toutefois, le Vieux Continent a choisi de s’engager sur d’autres chemins notamment avec l’arrivée du Soyouz en Guyane, mais à un moment donné, elle devra franchir un nouveau cap et pour cela, une décision politique est nécessaire. Voilà un défi pour l’ESA des années 2020… ou plus tôt ?
Antoine Meunier
Sources : AFP
Photos : ESA / CNES / Arianespace
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