Lancement réussi pour le satellite Giove-B qui a décollé de Baïkonour dimanche dernier à 00h16, heure de Paris. Le satellite est désormais sur orbite à 23 000 kilomètres d'altitude. Mais il aura fallu attendre près de trente mois sur le calendrier prévu avant que ce second démonstrateur ne gagne son orbite.
Antoine Meunier
La Chronique Spatiale fait un petit break. Rendez-vous la semaine prochaine.
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En avril 1968, Stanley Kubrick révolutionnait le monde du
cinéma de science-fiction et donnait une vision de ce que pouvait être le futur
des vols interplanétaires.
« Après avoir vu 2001, je suis allé deux fois dans
l’espace ! ». L’homme qui prononça ses mots n’est autre
que le cosmonaute Alexeï Leonov lors de la conférence de Vienne en 1968 sur
l’usage pacifique de l’Espace. A cette époque, Stanley Kubrick vient de passer
près de trois années à la conception d’un film qui est aujourd’hui considéré
comme étant l’un des plus grands chefs d’œuvre du Septième art. Il est étonnant
que quarante années après sa sortie, 2001 l’Odyssée de l’espace reste
encore et toujours d’actualité de part ses thématiques, notamment le contact
avec une intelligence extraterrestre. Sa vision de l’exploration spatiale était
certes très optimiste notamment avec la base lunaire capable d’accueillir des
centaines de personnes. Il faut dire qu’à l’époque nous sommes en pleine
période de compétition lunaire. De plus, les morceaux de bravoures du film sont
légion et on pourrait disserter des heures dessus mais comment ne pas rester
insensible face à la beauté des images. De l’inquiétante découverte du
monolithe en Afrique, à la navette Orion nous entraînant dans les flots
du Beau Danube Bleu. Sans oublier Frank Poole qui fait son jogging dans la
centrifugeuse du Discovery (et sera ensuite éliminé par l’ordinateur Hal-9000).
Coïncidence, les astronautes de Skylab reproduiront une scène similaire
à celle de Frank Poole à bord de leur station spatiale. Ce qui ne manquera pas
d’interpeller Arthur C.Clarke, co-scénariste du film.
Un côté définitivement réaliste
Outre son aspect visuel, ce qui aura le plus marqué, c’est le côté totalement réaliste (absence de bruit dans l’espace, durée des voyages, design des vaisseaux, etc…). Mais surtout, Kubrick et Clarke ont montré que les voyages dans l’espace pouvaient être ennuyeux pour les passagers d’un astronef interplanétaire. Mais qu’importe, il est étonnant de voir que certains décors conceptualisés par Harry K. Lange et Fred Ordway ont résisté aux années. Précisons que les deux hommes travaillaient auparavant pour la NASA. C’est particulièrement vrai pour le Discovery qui rallie Jupiter et ses lunes afin d’aller à la rencontre de cet inquiétant monolithe. Il est cependant évident que certains détails comme les costumes des hôtesses du vaisseau faisant la navette entre la Terre et la Lune sont typiquement années 60 mais 2001 (l’année n’est aujourd’hui plus valable mais il fallait un point de référence temporel) décrit de manière presque réelle le futur de l’exploration spatiale. Quelque part, les coursives du Discovery rappellent un peu celles de l’ISS. C’est peut-être là l’une des plus grande réussite du film. La réalité finit toujours par rattraper la fiction.
Antoine Meunier
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Le célèbre astrophysicien Stephen Hawking mondialement connu pour son ouvrage Une brève histoire du temps a lancé un plaidoyer pour la colonisation de l’espace lundi dernier à Washington à l'occasion des 50 ans de la NASA.
Aborder le thème de la colonisation spatiale il y a seulement vingt ans et vous passiez pour un doux rêveur. Alors que le 21ème Siècle voit sa première décennie se terminer, que d’ici un peu plus de dix ans des hommes retourneront sur la Lune pour s’y établir de façon permanente, Stephen Hawking se fait à présent l’avocat de la colonisation à long terme des planètes comme le fit Christophe Colomb lorsqu’il partit à la découverte du Nouveau Monde en 1492. Mais le savant britannique est parfaitement lucide sur un point, il s’agit d’une entreprise non pas à long terme mais à très long terme. Outre le fait qu’il s’agisse d’un plaidoyer, il s’agit également d’un exercice prospectiviste. Toutefois, il est impossible de faire des prédictions à long terme même sur une courte période, (disons une vingtaine d’années), que ce soit dans les domaines politiques, économiques et stratégiques. Pourtant, comme le soulignait Arthur C.Clarke de son vivant, « le seul domaine où l’on peut faire des extrapolations, c’est la technologie ». Mais Hawking voit sur une très longue échelle puisque il envisage de transporter la Race Humaine hors du Système Solaire d’ici deux à cinq siècles.
Transformer l’Humanité
Selon le scientifique, coloniser l’espace aura pour effet de transformer la Terre et ses peuples. Ainsi, pour Stephen Hawking, voici une entreprise qui pourrait en effet unifier la plupart des différentes nations « vers un défi commun » mais nous en sommes encore bien loin. Aussi, des projets comme l’ISS constitue néanmoins une base de départ pour une collaboration internationale dans l’espace et il est maintenant presque acquis que nous reverrons des hommes se poser la Lune et, peut-être sur Mars, au cours de la décennie 2030. Les astronautes que l’Agence Spatiale Européenne va recruter, à partir de la fin mai, sont probablement les futurs pionniers du second demi-siècle de l’Ere spatiale.
Pas pour tout de suite
Cependant, il est bien sur évident que nous n’assisterons pas à la sortie du Système Solaire d’un engin habité de notre vivant. Pourtant, il existe au moins quatre vaisseaux qui se baladent bien au-delà des planètes connues : Pioneer 10 et 11, Voyager 1 et 2. Et si tout va bien, la sonde New Horizons explorera la Ceinture de Kuyper entre 2015 et 2020. Mais il s’agit d’engins automatiques. Alors peut-être que les prévisions de Stephen Hawking seront-elles devancées au cours de ce siècle et verrons-nous une sonde automatique s’aventurer dans le Nuage de Oort au cours des prochaines décennies. Ce qui serait déjà un premier pas mais ça c’est une autre histoire.
Antoine Meunier
Sources : www.yahoo.fr
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Retour réussi mais mouvementé pour le Soyouz TMA 11 dans les plaines du Kazakhstan, seulement le vaisseau a suivi une trajectoire balistique qui l’a fait dévier de plus de 420 kilomètres. Heureusement, plus de peur que de mal pour les trois occupants.
La jeune Sud-Coréenne Yi So-yeon, ingénieur en nanotechnologies, qui vient de passer dix jours en orbite n’aurait jamais imaginé un pareil retour après son séjour à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS). La capsule Soyouz qui l’a ramené au sol en compagnie de Iouri Malentchencko et de l’Américaine Peggy Whitson a suivi une trajectoire de retour balistique. Lors d’un retour normal, le vaisseau reste contrôlé et la gravité n’a que peu d’effet sur les membres d’équipages. Lors d’un atterrissage balistique, le nombre de G peut facilement être multiplié par 8. Reste maintenant à savoir ce qui a conduit le Soyouz à suivre une trajectoire de rentrée plus courte que prévue. Dans cette optique, Anatoli Perminov, chef de l’Agence spatiale fédérale russe a déclaré aux journalistes qu’une enquête serait menée sur l’incident. Alors erreur humaine ou défaillance technique ? C’est bien ce que l’enquête devra déterminer.
Le vol de tous les records
En attendant, Peggy Whitson devient quand à elle l’astronaute américaine à totaliser le plus de temps dans l’espace : 377 jours au total avec l’Expedition 5 en 2001 dont 191 avec l’Expedition 16. Sa présente mission aura été la plus riche puisqu’elle aura vu l’arrivée successive de deux modules supplémentaires et l’arrimage du Jules Verne. Si la configuration de la Station a grandement changé, c’est également le nombre de personnes y travaillant lorsqu’une navette y accoste et débarque du fret et du matériel. De trois personnes, on passe ainsi à dix astronautes à bord sur une période de deux semaines. On ne peut manquer désormais d’être frappé par l’aspect définitivement international qui marque l’ISS. Au mois de mai prochain, la navette enverra la seconde partie du laboratoire japonais en orbite mais il faudra maintenant attendre le début de l’année 2009 pour que Kibo soit complété et la même année pour que la configuration permette un passage de trois à six personnes. Mais rarement, on aura autant connu une telle frénésie de vols spatiaux à une cadence assez soutenue au cours de ce premier quadrimestre. Si le rythme se maintient, on notera qu’il y aura tout de même une exception avec la mission STS-125 en août prochain avec la dernière mission d’entretien du télescope Hubble. Outre cette mission, neuf missions vers la Station Spatiale Internationale sont encore prévues pour terminer sa construction.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.yahoo.com
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En Bref
C’est dans le cadre du Palais de la Découverte que l’Agence
Spatiale Européenne a officiellement annoncé vendredi 18 avril sa nouvelle
campagne de recrutement afin de renforcer le Corps Européen des Astronautes
(EAC). Quatre astronautes seront retenus ainsi qu’une liste de quatre
réservistes dans laquelle il sera possible de puiser en cas de défaillance. Pour
les futurs candidats astronautes, Il ne suffira pas uniquement d’être pilote,
scientifique, médecin ou ingénieur. Etre polyglotte et posséder une bonne dose
de culture générale s’avèreront aussi des atouts importants. Michel Tognini,
patron de l’EAC, l’a annoncé, les futurs recrutés qui seront probablement retenus
pour des missions lunaires d’ici un peu plus d’une dizaine d’années devront
faire preuve d’opiniâtreté. Le recrutement se fera sur le net à l’adresse suivante
www.esa.int/astronautselection. Le début des sélections
démarre à partir du 19 prochain.
La mission vient d’être prolongée de deux ans par une décision officielle de l’Agence spatiale américaine. Bien qu’annoncé depuis l’an dernier par les responsables européens, cette décision de la NASA n’a été confirmée que mardi dernier.
Il est difficile d’imaginer que la sonde Cassini a été lancée depuis la Terre il y a plus de dix ans et pourtant, depuis novembre 1997, l’année de son tir, Cassini se porte comme un charme et repart en fanfare. Après quatre années de minutieuses observations, voici donc que le vaisseau va se lancer pour deux années supplémentaires d’exploration du système de Saturne et de ses lunes. Une mission que l’on pourrait comparer à ce que fut Galileo en son temps lorsqu’elle observa Jupiter et ses lunes intérieures. Pour sa part, Cassini a décelé de la vapeur d’eau et des molécules organiques sur Encelade. De plus, on envisage sérieusement la présence d’un océan d’eau liquide sous la surface de Titan, la plus importante des lunes de Saturne. Compte tenu des données recueillies, les chercheurs estiment qu’ils existeraient de nombreux parallèles entre Titan et la Terre avant que la vie n’apparaisse. Concernant le relief, les scientifiques estiment possible la présence de Volcans sur cette lune glacée. Enfin, vers la fin 2007, Cassini a renvoyé une série impressionnante de photos de Japet notamment de sa chaîne de montagne située à l’équateur.
Les nouveaux objectifs
Malgré quelques incidents mineurs sur trois de ses instruments scientifiques, la sonde se comporte parfaitement et elle se voit donc assigné plusieurs objectifs. Ce nouveau programme comporte soixante orbites autour de la planète aux anneaux avec pas moins de vingt-six survols de Titan, sept d’Encelade, un pour Dione, Rhéa et Helene. Bien entendu, l’étude de Saturne et de ses anneaux figure également au programme de cette extension de mission.
Et après ? Qu’adviendra-t-il de cette sonde qui a largué un module dans l’atmosphère de Titan voici trois ans ? Plusieurs options sont envisagées mais rien n’est encore arrêté pour l’heure. Ainsi, selon un article du site www.space.com, Robert Mitchell manager du programme de la mission confiait en novembre les différentes possibilités pour la « mort » de la sonde. Il serait ainsi envisageable d’orienter la sonde pour qu’elle s’échappe de Saturne et vienne impacter Jupiter. On envisage également de l’expédier vers la Ceinture de Kuyper pour qu’elle observe l’un de ses corps. Quoi qu’il en soit, les deux prochaines années s’annoncent passionnantes pour les chercheurs.
Antoine Meunier
Sources : http://www.space.com/businesstechnology/061108_cassini_fate.html / www.nasa.gov / NASA/JPL/JHUAPL
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Dans six semaines maintenant, la sonde Phenix Mars Lander devrait se poser sur la surface du pôle nord martien, le 26 mai prochain après un voyage qui a débuté le 4 août 2007.
Au moment de sa phase d’atterrissage à la fin de l’année 1999, le vaisseau Mars Polar Lander s’écrasait sur la surface de la planète rouge au motif d’une grossière erreur de conception. Lorsque les pieds d’atterrissage de la sonde se sont déployés, l’ordinateur de bord a donné l’ordre de couper les moteurs. Malheureusement, MPL se trouvait encore trop haut et sous un tiers de G, la chute restait suffisante pour faire des dégâts qui ont endommagé le vaisseau de manière irréversible. Sur Mars, bien que votre poids soit divisé par trois, si vous faîtes une chute de neuf mètres, cela reste quand même suffisant pour vous faire mal. Avec Mars Polar Lander, c’est vraisemblablement ce qui s’est passé. Aujourd’hui, la NASA a ressorti des cartons des éléments de Mars Polar Lander pour aller cette fois-ci explorer le pôle Nord martien. Une région de la planète qui demeure encore inexplorée. Phenix est donc le jumeau de MPL et doit mener une mission d’une durée comprise entre 90 et 150 jours martiens.
Bien plus au nord
Ce géologue, car c’est bien un géologue dont il s’agit ; vise un site d’atterrissage compris entre 65 et 70 degrés Nord de latitude. Parmi les objectifs de la mission : on retiendra que PML doit étudier les conditions météos locales ou encore la chimie et la minéralogie du site sur lequel il doit se poser. PML restera totalement immobile sur le sol martien et ce sont ses instruments qui feront le travail. Dans ses entrailles, il emporte notamment un bras robotique capable de creuser jusqu’à plusieurs dizaines de centimètres ainsi qu’un four prévu pour analyser les échantillons récoltés sur le sol martien. Voilà pour les grandes lignes de cette sonde d’une masse de 700 kilogrammes. Lors de sa rentrée, Phenix n’effectuera pas de mise en orbite mais une trajectoire directe. C’est-à-dire que la sonde pénètrera l’atmosphère martienne directement après son périple de 680 millions de kilomètres. Si tout se passe normalement, le cri de victoire et les premières images du pôle nord martien parviendront un peu plus de six minutes et demie plus tard aux contrôleurs de missions du Jet Propulsion Laboratory à Pasadena, une fois que le bouclier thermique, le parachute frein et les rétrofusées auront fait leur office. Mais une mission à 400 millions dollars est-elle la bonne option pour se poser sans encombre ? Précisons que la rentrée se fait en automatique, les opérateurs ne pourront pas intervenir durant ces six minutes de phase critique. A la différence des rovers Spirit et Opportunity, Phenix ne fait pas appel à la technologie des airbags pour l’atterrissage. Rendez-vous le 26 mai avec un paysage fantastique à la surface ?
Antoine Meunier
Sources : Jet Propulsion Laboratory
Photos : NASA/JPL-Calech/University of Arizona /JPL
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L’équipage de l’Expédition 17 s’est envolé mardi 8 avril sans problème depuis le cosmodrome de Baïkonour, avec à son bord la première cosmonaute Sud-Coréenne.
Elle s’appelle Yi So-yeon, elle a 29 ans et est spécialiste des nanotechnologies. Afin qu’elle puisse accomplir sa mission, la Corée du Sud a déboursé la bagatelle de 25 millions de dollars pour lui réserver un siège à bord du Soyouz TMA 12 qui a décollé à 11h16 GMT. Elle a bien failli pas prendre le chemin de l’espace car elle n’était que la doublure de son compatriote Ko-San. Il y a un mois ce dernier a du céder sa place de manière un peu vaudevillesque. Officiellement, Ko aurait « violé les règles ». Ainsi, Yi So-yeon remplace son compatriote et va donc passer onze jours à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS) afin d’y réaliser un peu plus d’une douzaine d’expérience scientifique. Cette mission sera également l’occasion de célébrer en orbite le 47ème anniversaire du vol historique de Youri Gagarine à bord de Vostok I le 12 avril 1961. On a d’ailleurs fêté récemment le quarantième anniversaire de sa disparition qui survint le 27 mars 1968.
De père en fils
Cette mission voit aussi les débuts du cosmonaute Sergey
Volkov, 35 ans, pilote militaire avec le grade de colonel, qui devient ainsi l’un des plus
jeunes commandants de la Station. Il est également le fils du cosmonaute
Alexander Volkov qui a réalisé trois vols dont la mission Soyouz T7 à la
fin 1988 à bord de laquelle figurait un certain Jean-Loup Chrétien. Pour son
premier vol, Sergey Volkov, diplômé cosmonaute depuis 1999, aura donc attendu
neuf ans avant de prendre à son tour le chemin de l’espace. Son second, Oleg
Kononenko, est également un « rookie » puisqu’il s’agit aussi de son
premier vol. Toutefois, n’allez pas croire qu’il s’agisse d’un amateur, cet
ingénieur de vol de 43 ans, dispose d’une solide expertise de vingt années au
sein de l’Agence spatiale Russe. Il a finalement été sélectionné en 1996 et se
voit enfin attribué une mission. Lui et Volkov vont séjourner six mois à bord
de l’ISS.
C’est donc un équipage inédit qui prendra donc ses quartiers
demain dans l’ISS car pour la première fois, aucun des membres de la mission n’aura
auparavant volé. Une situation sans précédent ? Il y en a eu au moins un. En
1971, Alan Shepard commandait la mission Apollo 14 et ses deux équipiers,
Stuart Roosa et Ed Mitchell n’étaient jamais allés dans l’espace avant leur
mission lunaire. Shepard ne totalisait quant à lui que 15 minutes et 22
secondes de présence dans l’espace durant son vol Mercury 3 du 5 mai
1961, et il s’agissait juste d’un vol suborbital. Aujourd’hui, grâce aux
différentes installations au sol, les cosmonautes et astronautes, connaissent
la Station par cœur avant même d’y être allés. Ils arrivent donc en territoire
parfaitement connu.
Antoine Meunier
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Le vaisseau de transport européen a pleinement réussi sa mission après presque un mois de tests préliminaires dans l’espace. Le rendez-vous et l’arrimage avec l’ISS s’est parfaitement déroulé jeudi 3 avril à 14h45 GMT.
L’ensemble des équipes d'EADS Astrium et d'Arianespace qui ont travaillé sur la conception du Jules Verne, peuvent légitimement savourer leur succès. Le premier exemplaire du vaisseau européen vient de remplir la mission que l’on attendait de lui. Il aura fallu dix années de mise à point pour arriver à ce moment crucial qui offre à l’Europe la possibilité de se retrouver enfin dans la cour des nations susceptibles d’envoyer un vaisseau vers la Station Spatiale Internationale (ISS). Mais pas question pour autant de se reposer un succès aussi important. En effet, il va falloir à présent « débriefer » la mission du premier exemplaire de l’ATV avant que son successeur ne prenne à son tour le chemin de la Station. En effet, il serait erroné de penser qu’un rendez-vous spatial une fois effectué entre deux engins spatiaux les autres deviennent purement routiniers. En 1997, les Russes en ont fait la cruelle expérience lorsqu’un vaisseau Progress a percuté la station Mir dépressurisant intempestivement le module Spektr. L’équipage a fait preuve d’un remarquable sang froid et a pu sauver la station mais le laboratoire fut irrémédiablement perdu.
A quand l’ATV 002 ?
Il faut maintenant analyser les différents paramètres de cette première mission afin d’éliminer les différents « bugs ». Aussi, le prochain ATV devrait s’envoler de Kourou en 2009. Mais revenons au Jules Verne. Avant d’ouvrir son écoutille, plusieurs procédures doivent être effectuées. Dans un premier temps, il faut contrôler l’étanchéité du « vestibule ». Ensuite, les astronautes Whitson et Malentchenko préparent divers équipement pour entrer dans le module avant d’ouvrir sa porte. Il convient ensuite d’installer des brides internes pour rigidifier la connexion entre le vaisseau et la station. Puis les astronautes procéderont à des analyses de son air avant de purifier son atmosphère. L’équipage de l’Expédition 16 pourra ensuite procéder au déchargement du fret.
Et après ?
L’Europe vient maintenant d’acquérir la délicate technique du rendez-vous spatiale. Elle possède son propre lanceur spatial ainsi que son laboratoire scientifique avec le module Colombus dont une partie est allouée aux Américains. Il ne lui manque plus qu’une étape à franchir : se doter d’un véhicule spatial habité. Avec Ariane V*, elle possède une capacité de satellisation suffisante pour envoyer un engin habité en orbite basse. Il y a des occasions qu’il ne faut pas manquer.
Antoine Meunier
Sources : http://webservices.esa.int/blog/post/2/370 / www.nasa.gov
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*Une qualification « vols habités » du lanceur européen reste cependant nécessaire
Le tourisme spatial semble faire son chemin en France. D’après un article du Parisien daté du 31 mars, 10 000 personnes se seraient connectées sur le site de voyageursdanslespace.com pour une demande de renseignements.
A ceux qui avaient des doutes après l’accident survenu l’été dans les locaux de Scaled Composites, voici déjà une première réponse. Aller dans l’espace semble attirer de plus en plus de monde et la petite entreprise, montée par Richard Branson et Burt Rutan, pourrait bien ne pas connaître la crise. Rappelons en effet qu’en janvier dernier, lors de la présentation des maquettes du Space Ship two (cf. LCS N°86) et de son avion porteur le White Knigt Two, Richard Branson avait annoncé que 85 000 personnes se disaient intéressées par un vol suborbital à bord d’un appareil de Virgin Galactic. Dans l’Hexagone, les personnes désireuses de connaître le grand frisson de l’apesanteur peuvent donc le faire via le site Voyageurdanslespace.com, émanation de Voyageurs du Monde et contractant officiel de Virgin Galactic depuis juillet 2007. Mais à ce jour, deux français ont aujourd’hui déposé un acompte de 20 000 euros pour un billet d’une valeur totale de 150 000 euros. Pour les autres, il s’agit simplement juste d’une demande d’informations précise l’article du Parisien.
500 passagers par an
Il apparaît tout de même que l’espace fait encore rêver et c’est une bonne chose. Le facteur curiosité n’y est sans doute pas étranger et il y a donc plus de personnes que l’on imagine prêt à tenter ce grand bond. A ce stade, deux acteurs pourraient jouer un rôle de premier plan : Virgin Galactic bien entendu mais aussi EADS Astrium qui a dévoilé son projet d’avion-fusée l’an dernier, un peu avant le Bourget. Les billets de son appareil, pour un vol d’une heure et demie, atteindraient également 150 000 euros.
Pour sa part, la société de Richard Branson escompte bien faire baisser le prix du ticket dans les années à venir. Rappelons qu’en janvier, le milliardaire britannique avait annoncé un chiffre de 85 000 personnes intéressées par un vol avec quatre minutes d’apesanteur à la clé. A terme, son objectif serait de faire voler 500 personnes (qui en ont les moyens) tous les ans à bord du Space Ship Two. L’avion peut transporter six passagers et deux pilotes, cela représenterait donc environ une moyenne de 80 vols chaque année. Toutefois, comme nous l’avions évoqué au mois de janvier, l’étude menée par le cabinet Futron fait aujourd’hui état d’un marché potentiel de 13 à 14 000 « touristes » spatiaux. Le plus dur sera d’atteindre le seuil de rentabilité mais il y a deux mois, Virgin Galactic a indiqué que 200 personnes auraient réservé leur billet pour un vol en 2010, année officielle de lancement des vols de la compagnie. Il y aura certainement des désistements mais il y aura surement d’autres prises de commande. Si tel est le cas, Virgin Galactic devrait donc voir ses avions effectuer des sauts de puces chaque semaine hors de l’atmosphère. Et il n’est pas impossible que l’on retrouve régulièrement des passagers français dans ses appareils. Reste maintenant à Astrium d’emboîter le pas
Antoine Meunier
Sources : www.voyageursdanslespace.com, Le Parisien (31/03/08) / www.futron.com
Photos : Virgin Galactic /Antoine Meunier
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