Le premier exemplaire du vaisseau cargo s’approchera aujourd’hui à seulement onze mètres de la Station Spatiale Internationale (ISS). Les responsables du complexe ont donné leur accord avant l’amarrage prévu pour jeudi prochain.
La première phase de rendez-vous de l’ATV Jules Vernes a fait appel, avec succès il est tout de même important de le souligner, à l’utilisation de son GPS relatif samedi dernier. Il s’agit en fait d’une technique de navigation qui permet aux calculateurs de l'ATV de comparer les données fournies par les récepteurs GPS du vaisseau et ceux de l'ISS pour naviguer dans l’espace avec plus de précision. Cela a ainsi permis d’amener le vaisseau sur la même altitude orbitale que la station à une distance de 3,5 kilomètres en toute sécurité et du module de service Zvezda. A ce stade, les astronautes résidant actuellement dans l’ISS peuvent suivre visuellement la progression du Jules Verne jusqu’à son « docking ».
La phase de ce jour, fait appel à des capteurs optiques. Le vaisseau européen se dirigera en utilisant un système optique par laser. L’ensemble des informations recueillies seront transmises aux responsables de l’ISS qui décideront de l’autorisation de l’amarrage du premier vaisseau de transport européen. A l’heure actuelle, le rendez-vous final entre les deux engins reste prévu jeudi 3 avril à 14h41 TU*.
L’ATV, une des pierres du vol habité européen ?
Depuis son lancement par une Ariane V ES début mars, l’ATV a parfaitement rempli ses tests orbitaux. Ce premier exemplaire, qui, si tout se déroule normalement, sera suivi par quatre autres unités, pourrait être la première pierre du futur vaisseau habité européen. Ainsi, dans la recommandation numéro 49 du rapport qu’ils avaient rendu à l’Assemblée Nationale l’an dernier, le sénateur Henri Revol et le député Christian Cabal, décédé la semaine dernière, préconisaient « le développement du système européen de transport spatial ATV-ARD, autonome mais compatible avec le système de transports de la NASA et les autres systèmes de transport, russe notamment… ». On se souvient que la capsule ARD (Atmospheric Reentry Demonstrator) avait expérimenté avec succès en 1998. Dans leur rapport, le député Cabal et le sénateur Revol suggéraient que l’ARD, « après agrandissement pourrait déboucher sur une capsule habité ». L’idée serait d’arriver à une expérimentation du système pour 2012. Il existe néanmoins une autre option à l’étude : celle du CSTS ou Crew Space Transportation System qui pourrait être développée en coopération avec la Russie. Mais il s’agit d’un vaisseau qui reprend l’architecture du Soyouz et pour l'heure, rien n'est encore décidé.
Il ne manque maintenant plus qu’une simple volonté politique pour que l’Europe se dote de son propre système d’accès à l’espace. Un tel investissement représenterait un coût d’environ un milliard d’euros*, soit environ le prix du vaisseau Jules Verne. En février dernier, le président Sarkozy a émis le souhait d’un programme mondial pour l’exploration de Mars. C’est une invitation à laquelle les autres états membres de l’Union se doivent de donner une réponse positive. Disposer d’un moyen d’accès à l’espace serait pour l’Europe une vitrine technologique qui la placerait définitivement sur un pied d’égalité avec les Etats-Unis, la Russie mais surtout la Chine. Des éléments de réponse seront probablement disponibles après la conférence ministérielle de l’automne. Mais pour l’heure, une première étape doit être franchie, le 3 avril prochain avec le Jules Verne, un simple vaisseau de transport qui donne pleinement satisfaction à ses concepteurs.
Antoine Meunier
Sources : www.esa.int / www.assemblee-nationale.fr
Photos : www.esa.int / Astrium
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*Voir rapport sur "Politique spatiale : l'audace ou le déclin" par Christian Cabal et Henri Revol. www.assemblee-nationale.fr N°3676 (2007)
*TU : Temps Universel
**Pour information, le vaisseau Jules Verne a coûté exactement le même prix et désormais nous bénéficions des technologies pour mettre au point un vaisseau habité. Nous ne partirions pas de zéro.
Après une mission de deux semaines dans l’espace, la navette Endeavour doit se poser aujourd’hui au centre spatial Kennedy (KSC) avec le Français Léopold Eyharts à son bord.
Une semaine. Il s’en est fallu d’une semaine pour que l’astronaute français « Léo », comme l’appelle ses camarades de vol, puissent vivre l’amarrage du vaisseau Jules Vernes en live. Malheureusement, le jeu des rotations oblige, Léopold Eyharts sera au sol quand le premier exemplaire du vaisseau cargo européen s’accouplera à la Station. Néanmoins, l’astronaute français a mené une mission en tous points exemplaire : l’arrimage du laboratoire Colombus à la Station Spatiale Internationale et son activation. Il est à présent remplacé par son confrère américain Garret Reismann qui restera à bord jusqu’au mois de juin.
Ce premier trimestre qui vient de s’écouler à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS) a permis de modifier sa configuration avec l’adjonction de Colombus et du premier module du laboratoire Kibo. Durant cette dernière mission, les astronautes de STS-123 ont mis en place sur l’ISS le robot canadien Dextre. Il s’agit d’une structure d’environ 1,5 tonne permettant de réaliser certaines opérations qui nécessitaient au préalable une sortie dans l’espace. Grâce à ses deux bras, qui lui donnent une souplesse accrue, Dextre peut enlever et remplacer de petits composants à l’extérieur de la station, là où une manipulation de précision est requise. Cette mission s’est déroulée de manière quasi-parfaite et à entendre les paroles d’au revoir de Peggy Whitson, commandant de l’Expédition 16, cette mission est pratiquement un sans-faute si ce n’est l’indisposition de Hans Schlegel pour sa première sortie dans l’espace. Et cela continue.
Kibo : acte II
Comme le précise notamment le blog www.spatialpourtous.com, la première partie de Kibo – le Logistic Module (LM) se trouve temporairement posé sur le module Harmony. Le module principal du laboratoire japonais devrait être arrimé au mois de mai prochain. Dès lors, le LM (à ne pas confondre avec ce bon vieux module lunaire bien entendu), sera accroché à la partie japonaise de la Station. Pour cela, il faudra attendre le mois de mai prochain et la mission STS-124 commandée par Mark Kelly. Ce vol, qui comprendra notamment deux sorties dans l’espace, verra l’envoi de la seconde partie du laboratoire japonais Kibo qui sera accroché au module Harmony. Il s’agira de la dernière mission de la navette spatiale d’ici le mois d’août. Le prochain vol (STS-125) sera la dernière mission d’entretien du télescope spatial Hubble (HST). Il faut préciser que durant STS-123, les astronautes ont procédé à diverses procédures de réparations susceptibles de fournir une marge de manœuvre pour réparer le bouclier thermique si jamais un problème se présente. La navette ne sera en effet pas en mesure de rejoindre l’ISS, les astronautes devront réparer eux-mêmes si nécessaire. Mais depuis 2005, l’ensemble navette – SRB* - ET (External Tank : le réservoir extérieur) s’est toujours parfaitement comporté.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / Agence spatiale canadienne
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Couverture Espace Magazine avec l'aimable autorisation d'Olivier Sanguy
*SRB : Solid Rocket booster, les deux propulseurs à poudres de la navettes.
A lire
Dans son dernier numéro Espace Magazine consacre une édition spéciale à la navette spatiale et revient en détails sur la genèse du programme. Avec de nombreuses photos et reportages. On retiendra, entre autres, l’interview de Mark Polanski, qui commandera en avril 2009 la mission STS-127 vers la station pour acheminer le troisième et dernier élément du laboratoire japonais Kibo.
Celui qui imaginé 2001 L’odyssée de l’Espace est décédé mardi à l’âge de 90 ans à Colombo, capitale du Sri Lanka, sa terre d’adoption depuis plus d’un demi-siècle.
Vers la fin des années 20, de drôles d’histoires sont imprimées aux Etats-Unis et au Royaume-Uni sur du papier bon marché, dans des magazines baptisés Pulps. Intrigué par le manque de réalisme de certains scénarios, un jeune lecteur n’hésite pas à écrire aux rédacteurs en chefs pour leur démontrer le manque de réalisme des histoires contées dans leurs revues. « Faites donc mieux si vous pouvez », lui répondront certains d’entre eux et c’est exactement ce que le jeune Arthur va commencer à faire. Dès son plus jeune âge, il développe un goût prononcé pour les sciences puisqu’il construit son premier télescope alors qu’il n’a que treize ans. Neuf ans plus tard, en 1939, il publie son tout premier article professionnel, « Nous pouvons atteindre la Lune en fusée maintenant ». Mais la guerre va mettre un terme (provisoire) à sa volonté de publier des articles et des histoires de fiction. Il s’engage dans la RAF en tant qu’officier radar avec le grade de Flight Lieutenant. En 1945, il comprend l’intérêt que peuvent apporter les fusées pour les relais géostationnaires. « Extra-terrestrial, Relays Can Rocket Stations Give World-wide Radio Coverage? paraît dans livraison d’octobre 1945 du magazine Wireless World et lui vaut la médaille d’or de l’Institut Franklin.
« Si j’avais fait breveté mon idée, j’aurais gagné des milliards », plaisantait-il. C’est fort probable car on ne compte plus les satellites installés sur ce qu’on appelle aujourd’hui communément l’orbite de Clarke. Côté fiction, il publie des romans et ses premières nouvelles. En 1948, lors d’un concours organisé par la BBC, il écrit une nouvelle de 4000 mots intitulée La Sentinelle. Ce récit ne sera finalement publié que trois ans plus tard dans l’unique numéro de 10 Story Fantasy.
Premiers sur la Lune
Après avoir publié plusieurs ouvrages de vulgarisation, Interplanetary Flight (1950) ou encore The Exploration of Space (1951), Clarke publie également des romans. Viennent Chilhoold’s End (1954) et le très bon The City and the Stars (1956) qui décrit l’Humanité dans un milliard d’années. Attentif aux progrès technologiques, il se demande lui-même si son concept d’orbite géostationnaire n’est pas la boite de Pandore. Il se met lui met en scène avec un humour « so british » dans une nouvelle restée célèbre, I remember Babylone (1956). La décadence ne nous guette-t-elle pas ? Et puis en 1964, un jeune réalisateur de 35 ans vient le trouver pour lui demander s’il n’a pas quelques idées pour réaliser « le légendaire bon film de science-fiction ». Stanley Kubrick lui achète plusieurs nouvelles dont The Sentinel. Le reste appartient désormais à l’histoire. Clarke est désormais reconnu comme étant l’autorité en matière d’espace. Le 20 juillet 1969, il assure le direct avec le célèbre commentateur Walter Cronkite pour la retransmission de l’alunissage d’Armstrong et d’Aldrin. L’année suivante, un ouvrage intitulé First on the Moon paraît. Il assurera encore le commentaire de deux autres missions lunaires dont Apollo 15.
L’enfant des étoiles
S’il vient d’accéder à une renommée mondiale, il reste aussi attentif aux idées avant-gardistes que proposent ses confrères étrangers. La plus célèbre reste celle de l’Ascenseur spatial qu’il a défendu, aussi bien dans des publications scientifiques qu’à travers ses romans. Pour lui, il s’agissait de l’alternative probable aux lancements de fusées et de véhicules habités à travers le système solaire. Une invention fantastique régulièrement étudiée par la Nasa. Avec la disparition d’Arthur C. Clarke, se referme l’âge d’or de la science-fiction et celui des débuts de la conquête spatiale. Anobli par le prince Charles en 1997 "pour services rendus à la littérature", L’un de ses derniers souhaits était de voir prouvé l’existence d’une vie extraterrestre, ce ne sera malheureusement pas le cas. Alors peut-être qu’à l’image de son personnage de 2001, l’astronaute David Bowman, voyage-t-il désormais à la rencontre des merveilles de l’Univers. Bon voyage Sir Arthur !
Antoine Meunier
Photos : DR / AFP
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Note
Un article consacré à Arthur C.Clarke paraitra dans le numéro 37 d'Espace Magazine le 17 avril prochain
Les travaux de mise en place du module Kibo ont commencé hier soir sur l’ISS. Une mission d’une durée totale de seize jours pour l’équipage de la navette spatiale Endeavour.
A bord de la Station, le planning de travail s’annonce tout aussi chargé que pour le vol STS-122 d’Atlantis qui a vu l’accrochage du module Colombus au début du mois dernier. Bref, le rythme ne faiblit pas. A croire que la cloche qui a accueillit l’équipage d’Endeavour avant-hier soir a donné le ton. Il n’en est rien. Il s’agit en fait d’une tradition empruntée à la marine mais qui traduit finalement bien ce qu’est la Station Spatiale Internationale, un bateau céleste mesurant quand même la taille d’un terrain de football et qui n’a pas encore terminé de s’agrandir. La pose du laboratoire japonais Kibo se fera en trois fois et en fera le plus important complexe scientifique de la station.
Au programme de la mission, cinq sorties extravéhiculaire sont prévues dont l’une doit permettre de mettre au point une technique pour réparer le bouclier thermique afin de préparer la navette à la dernière mission de maintenance du télescope spatial Hubble qui aura lieu à l’automne prochain. En effet, il faut préciser qu’en cas de problème les astronautes de ce vol seraient obligés d’assurer eux-mêmes les réparations et ne pourraient pas rejoindre la Station Spatiale qui se trouve sur une autre orbite.
Sortie nocture
Par ailleurs, et c’est une bonne nouvelle, le lancement de mardi matin n’aurait causé aucun dégât sur l’orbiteur. Toutefois, les photographies de la navette prises depuis le décollage restent encore minutieusement examinées par l’Agence spatiale américaine afin d’écarter le moindre risque. Pour l’heure, les astronautes ont commencé le travail puisqu’une sortie dans l’espace a déjà été effectuée cette nuit par Rick Linnehan et Garrett Reisman afin de préparer l’installation du premier composant du laboratoire japonais Kibo. De leur côté, le commandant d’Endeavour, Dominic Gorie et le spécialiste de mission Tako Doi, commandaient le bras robotique de la navette pour manipuler le JLP (Japanese Logistics Module – Pressurized section) en vue de son raccordement à l’ISS. A cela, viendra également s’ajouter la pose du bras robotique canadien Dextre qui permettra de conduire des opérations à l’extérieur de la Station Spatiale. Pour accomplir la totalité de leur mission, la dizaine d’astronautes dispose d’une dizaine de jours. Pour sa part, Léopold Eyharts ne devrait finalement pas assister à l’arrivée du Jules Vernes puisqu’il doit redescendre avec Endeavour à l’issue de cette mission.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.yahoo.fr
Photos : Nasa TV
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Avec la mission STS-123 et l’ATV partis respectivement cette nuit et avant-hier, c’est la première fois que deux vaisseaux volent ensemble pour rejoindre la Station Spatiale Internationale. Rarement un trafic spatial aura été aussi intense.
Avec la navette Endeavour et le vaisseau ATV Jules Vernes, nous avons donc deux vaisseaux actuellement en route vers l’ISS. Bien que parti en premier le vaisseau cargo européen accostera le complexe orbital en second, en principe le 3 avril prochain. Pour sa part, l’orbiteur emmène dans sa soute le premier élément du laboratoire japonais Kibo qui se divise en trois parties. Au cours de cette mission, Endeavour a emporté le Module Logistique d’expérimentation d’une taille de 3,9 et d’une masse de 4,2 tonnes. Le cylindre principal sera acheminé en mai prochain par la navette Discovery. Cette partie du laboratoire japonais est dotée d’un système de télémanipulation. Le dernier composant de Kibo sera, quant à lui, arrimé à la Station en mars 2009. Ce laboratoire représente un budget de 2,8 milliards de dollars pour le Japon. Le rendez-vous entre Endeavour et la Station doit avoir lieu demain à 3h28 GMT. Ajoutons qu’il s’agit de la mission la plus longue pour la construction de l’ISS (seize jours pour l’orbiteur dont onze accosté à la Station). Une semaine plus tard viendra le tour de l’ATV de s’arrimer enfin au grand Meccano spatial.
Le long voyage de Jules Vernes
Actuellement à 260 kilomètres sur une orbite plus basse, le vaisseau européen attend patiemment son tour. Ce vaisseau a des capacités trois fois supérieures à celles du Progress russe (cf. LCS N°98). Outre son rôle de transport de fret, il aura pour mission de rehausser l’orbite de la station. A ce jour, l’Agence spatiale européenne (ESA) a commandé cinq ATV mais le contrat cadre signé avec l’agence porte sur neuf unités. L’importance d’un transporteur à capacité accrue risque donc de se faire sentir dans les prochaines années pour transporter du matériel scientifique sachant que la navette s’arrêtera de voler en 2010. L’Europe est dans la course et joue ses cartes avec Colombus et l’ATV (tout comme le Japon d’ailleurs) ce qui est une bonne chose. Des modules étrangers sont arrimés à la Station Spatiale Internationale, ce qui lui donne véritablement son caractère « international ». En cette année 2008, qui célèbre le demi-siècle d’existence de la NASA, voici que se concrétise enfin un effort de collaboration internationale dans l’espace.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.esa.int / www.yahoo.fr
Photos : www.nasa.gov / www.esa.int
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Addendum
Et oui La Chronique Spatiale fête son 100ème numéro. Ce blog qui a un peu plus d’un an d’existence a bénéficié de quelques coups de pouces. Notamment, ceux d’Olivier Sanguy, rédacteur en chef d’Espace Magazine, Richard Morisan, webmaster d’astroplanetes.net et d’Olivier Poch webmaster du Réseau Martien. Qu’ils en soient tous les trois remerciés.
Par ailleurs, au cours des mois de janvier et février 2008, le nombre de connexions sur LCS a plus que doublé. Un grand merci à tous les lecteurs.
D’ici le début de l’automne prochain, la Chine lancera son troisième vaisseau spatial habité soit fin septembre ou bien début octobre prochain.
Une chose est sure, les nouvelles sont distribuées au compte goûte. Ce que l’on sait c’est que le futur vaisseau Shenzou VII devrait emmener trois taïkonautes à son bord juste après les Jeux Olympiques de Pékin. Le directeur du centre de lancements de Jiuquan (d’où sont partis les missions Shenzou V et Shenzou VI en 2003 et 2005) Zhang Yulin a confié que « les préparatifs de la mission sont en cours et nous avons confiance en son succès » au cours de la 11ème Assemblée populaire nationale. Il s’agit du Parlement chinois. Second point, une sortie dans l’espace doit être effectuée durant ce vol. Afin de procéder à la construction d’une station, la maîtrise de cette technique peut s’avérer en effet indispensable.
Troisième point, le vaisseau larguera un petit satellite d’inspection destiné à contrôler ses performances. Enfin au centre spatial de Jiuquan, on a développé des simulateurs pour la formation. Voilà pour les faits.
L’art du secret
On n’en saura pas plus ! La Chine annonce son troisième vol habité et c’est déjà un événement considérable en soi. A côté, les lancement des navettes spatiales américaines font figure de superproductions hollywoodiennes. Rappelons qu’en neuf ans, la Chine n’a procédé qu’à seulement deux vols habités alors que la Station Spatiale Internationale recevra sa 17ème rotation depuis 2000.
Mais de son côté, il est très vraisemblable que la Chine ne souhaite pas brûler les étapes. La mise en service d’un complexe orbital demande du temps et il est évident que le futur laboratoire spatial chinois ne sera pas de la taille de l’ISS. Il est aujourd’hui admis que l’espace est une priorité stratégique de la patrie de Mao. Selon l’ouvrage de Philippe Coué, La Chine veut la Lune parut l’an dernier*, cette future station s’apparente aux anciennes stations Almaz soviétiques de la Guerre Froide et sa masse atteindrait les vingt tonnes. Et à plus long terme, la Chine souhaiterait déposer un homme sur la Lune d’ici 2020. En aura t’elle les moyens ? Il lui faudra déjà disposer de son lanceur lourd Longue Marche 5 afin d’assembler un train spatial. Ce qui est une autre histoire, car de multiples variables restent encore à maîtriser. La première sera celle de maîtriser la marche dans l’espace, une mission qui incombera aux trois taïkonautes du vol Shenzou VII.
Antoine Meunier
Sources : www.afp.com / www.xinhuanet.com
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*Paru chez A2C Médias (2007)
C’est dans moins de deux jours* qu’aura lieu le tir du premier ATV. Après l’arrimage réussi de Colombus le mois dernier à l’ISS, l’Europe s’apprête à lancer son premier vaisseau spatial, sa seconde contribution à la Station Spatiale Internationale.
Tout a commencé en octobre 1995 lors de la conférence ministérielle de l’ESA de la même année. A cette époque, le développement simultané du véhicule de ravitaillement et du laboratoire Colombus est décidé. Et c’est en 1998 que le contrat pour le développement du véhicule est signé entre EADS Launch Vehicles (Astrium Space Transportation).
Et dimanche prochain, à 4h59 heure de Paris, un véhicule de 20 tonnes assemblé en Europe partira depuis la Guyane pour rejoindre la Station Spatiale Internationale (ISS). Il marque un véritable tournant pour le ravitaillement du complexe puisque ses capacités sont trois supérieures à celles du vaisseau cargo russe Progress. Précisons que le Jules Vernes, premier ATV d’une série de six, est notamment équipé du même système d’arrimage que son homologue russe. Mais la grande première est très probablement le rendez-vous qui sera effectué avec la Station Spatiale Internationale (ISS), de manière complètement automatisé, grâce à ses instruments de bord et dont l’ensemble des tests d’approche seront réalisés sur une dizaine de jours avant le « docking »** final.
L’ATV, un pas vers le vol habité européen ?
Lancé par une fusée Ariane V ES, ce vaisseau pose une question. Y’aura-t-il un jour une version piloté par un équipage ? Tout d’abord, il faut préciser que l’ATV est un module de transport de fret automatisé pouvant être occupé par trois astronautes une fois son raccordement effectué à la Station pour une durée effective de six mois avant son détachement pour se consumer dans l’atmosphère terrestre. Il présente quand même des similitudes de par sa taille à un vaisseau Apollo et pourrait même contenir un autobus à impériale. Mais son lanceur, Ariane V n’est pas configuré pour le vol habité. Il faudrait notamment l’équiper d’un système d’éjection du vaisseau. Cependant, des études d’évolution de l’ATV ont été menées notamment pour l’aller et retour d’astronautes vers l’orbite basse. Mais comme nous venons de l’évoquer plus haut, cela nécessiterait également de faire évoluer la fusée Ariane pour le vol habité.
Avec Colombus, l’Europe vient de se doter de son module (certes raccordé à l’ISS). En lançant l’ATV Jules Vernes, le Vieux continent franchit une nouvelle étape et prouve que le vol habité est désormais à sa portée. L’ATV pourrait-il être une simple étape vers la voie du vol habité ? Ce serait une excellente manière de s’affranchir de la dépendance du Soyouz ou de la navette qui sera mise au rencart dans deux ans. De telles cartes méritent largement l’attention des politiques car en 2010, il n’y aura plus qu’un seul moyen pour desservir l’ISS.
Antoine Meunier
Sources : www.esa.int / EADS Astrium / Espace Magazine N°35 / www.nasa.gov
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* Dernière mise à jour le vendredi 7 mars 2008
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