En vue du futur retour sur la Lune prévu pour la fin de la prochaine décennie, les données se précisent. Il semblerait que le futur site retenu pour l’implantation d’une base vers 2020 soit plus accidenté que prévu.
Bien que le programme Constellation subissent quelques complications avec un retard de deux ans pour le futur lanceur Ares I, vecteur de la capsule Orion, les scientifiques de la NASA ont observé quasiment à la loupe le cratère Schakelton situé vers le pôle sud de la Lune. Il ressort de leurs investigations que cette région, qui a actuellement les faveurs de l’administration spatiale américaine pour l’implantation future d’une base habitée, est bien plus accidentée qu’on ne le pensait. En effet, grâce à un radar installé dans le désert du Mojave les scientifiques ont balayé le cratère Schakleton et des indices laissent à penser que de l’eau gelée serait présente dans cette région (principalement dans les zones d’ombres) où l’on a relevé des cratères d’impacts météoritiques de 4 000 mètres de profondeur et une montagne dont le sommet atteindrait 6 000 mètres de hauteur.
Une certaine réserve
Concernant la présence d’eau, la théorie reste encore très discutée. En effet, les précédentes analyses faites par la sonde Clementine entre 1994 et 1996 pouvaient révéler d’autres possibilités que de l’eau gelée. L’observation s’est même poursuivie quelques mois plus tard et a infirmé cette théorie*. Toutefois, c’était il y a une douzaine d’années et les images radar prises par l’antenne de Goldstone se veulent plus détaillé que celles de Clementine. Le faisceau radar de 500 kilowatts qui a été émis pendant 90 minutes a visé le pôle sud Lunaire sur une zone de 643 kilomètres sur 402. Selon un scientifique du Jet Propulsion Laboratory, ces données permettraient de voir des détails de la taille d’une maison. Mais la question pourrait être tranchée d’ici la fin de l’année avec le Lunar Reconnaissance Orbiter qui décollera fin 2008. La capacité de résolution de ses instruments permettra d’obtenir une résolution d’un mètre par pixel. Ces futures images doivent donner des informations sur l’ensoleillement des pôles, la présence des ressources potentielles. Avoir de l’eau gelée sur place pour les futures astronautes qui vivront là-bas leur permettraient d’extraire l’oxygène et l’hydrogène pour se ravitailler en air et en carburant. Cependant, la question de l’eau lunaire reste encore à prouver. Ce qui n’est plus le cas sur Mars et ferait un bon sujet d’étude in situ pour les géologues.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / Jet Propulsion Laboratory / www.cnrs.fr/cw/dossiers/doseau/decouv/univers/eauLune.html
Photos et vidéo : www.nasa.gov
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*Cependant, Lunar Prospector lancée en 1998 a détecté une quantité d’hydrogène localisée sur les pôles laissant supposant la présence de glace d’eau. Mais l’écrasement de la sonde en 1999 n’a pu confirmer cette thèse.
Il se pourrait que la qualité des eaux ait rendu la vie impossible sur la planète Rouge. Tout espoir de trouver une trace de vie sur Mars est-il donc perdu ? Pas si simple.
Lors de la récente conférence de l’Association Américaine pour l’avancement des sciences, Andrew Knoll, biologiste membre de l’équipe des rovers Spirit et Opportunité, a expliqué que les roches analysées par Opportunity à l’intérieur du cratère Victoria dans Meridiani Planum auraient été trop salées et leur pH trop important pour permettre l’apparition de la vie.
Si la recherche de la vie sur Mars paraît de plus en plus difficile, elle n’est pas non plus compromise. Pourquoi ? D’abord parce qu’après la Terre, Mars figure parmi les candidats les plus favorables du Système solaire. Ensuite, parce qu’il faut chercher sur différents points à la fois. Nouvelle tentative donc, avec le robot Phenix qui doit se poser, si tout va bien, au pôle Nord martien le 25 mai. Il aura pour objectif l’analyse de l’eau gelée et vérifier si les conditions sont, là aussi favorables à l’apparition de la vie. En fait, Phenix reprend certains objectifs de la mission Mars Polar Lander qui avait échoué en 1999.
2009, Mars Science Laboratory
Afin de multiplier les chances de débusquer une quelconque forme de vie fossile ou microbienne sur le sol martien, il faut donc multiplier les sites d’atterrissage des sondes et des revers. Ainsi, Mars Science Laboratory qui décollera l’an prochain, devrait se poser sur une zone qui est riche en argiles et phyllosilicates. Equipé de six roues comme les MER*, il devrait peser 800 kilogrammes et transporter 70 kilogrammes d’instruments scientifiques. Ses missions : détecter de l’eau fossile et des preuves de vies.
Si la vie semble être absente à la surface de Mars, alors peut-être se cache-t-elle dans le sous-sol ? La meilleure façon pour en être certain est de creuser. En 2013, le robot européen ExoMars partira à son tour explorer la planète Rouge. Il sera équipé d’une foreuse lui permettant de faire des prélèvements d’échantillons jusqu’à deux mètres de profondeur. Si dans l’immédiat, les réponses fournies ne sont guères probantes, l’analyse du sous-sol pourra sans doute être plus fructueuse avant une plus longue échéance lors d’un retour d’échantillons pour une analyse complète et peut-être une comparaison avec les roches ramenées lors des missions lunaires.
Dans les milieux les plus extrêmes
Enfin, rappelons-nous que la vie peut se manifester de bien différentes manières et dans les milieux les plus extrêmes. En 1995, une équipe de chercheurs a réalisé un forage dans les montagnes Rocheuses** et a découvert à 1,8 km de profondeur des bactéries endogées, c’est-à-dire vivant dans le sous-sol. Ces bactéries tirent leur énergie de l’oxydation des silicates et pyroxènes de la roche volcanique et fabriquent leur matière organique à partir de gaz carbonique dissous. Autre exemple, dans les fosses abyssales de nos océans vers 10 000 mètres de profondeur sous une pression équivalente à 1 000 atmosphères, il est possible de trouver des bactéries dites « barophiles ». La température ne dépasse pas les 0 degrés Celsius. Sur Mars, la température varie en moyenne de moins 80 à plus 20 degrés…
Sur la Terre, la vie peut apparaître là où on ne l’attend pas, il n’est donc pas impossible que l’on débusque une vie martienne à un endroit que l’on imagine pas.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov/centers/jpl/missions/mer.html
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*MER : Mars Exploration Rover
** In Ciel et Espace (décembre 1998)
Voilà quatre années que les deux petites astromobiles parcourent inlassablement le sol martien. Malgré l’usure du temps, elles fonctionnent encore très bien et les clichés transmis depuis le sol sont probablement parmi les plus spectaculaires avec ceux des missions Apollo.
A voir les performances de Spirit et d’Opportunity, André Citroën n’aurait certainement pas dit non pour une ballade à la surface de la planète Rouge avec des rovers pressurisés tamponnés au nom de ses voitures. A son époque, l’industriel fut aussi un explorateur qui avait décidé, pour faire connaître sa marque, de parcourir le monde en organisant des « croisières » à travers la planète. La plus célèbre reste bien sur la Croisière Jaune qu’il effectua entre 1931 et 1932 sur 11 000 kilomètres d’ouest en est de Beyrouth à Pékin. Pour leur part, les deux MER* ont certes parcouru mille fois moins que les voitures de la Croisière Jaune mais leur robustesse est impressionnante. Et il existe tout de même des similitudes avec les deux expéditions.
Dans les contrées les plus désolées, il est impossible de ravitailler ou de changer une pièce défaillante. Citroën et son équipe avait pris en ligne de compte ces paramètres. Lorsqu’un problème survient, les hommes du Jet Propulsion Laboratory (JPL) veillent sur les deux automobiles à six roues qui roulent sur la surface oxydée de Mars. L’été dernier, Opportunity a affronté une tempête de poussière qui aurait pu l’endommager de manière irréversible. Afin de préserver le rover, et surtout ses panneaux solaires, on le programma pour qu’il ne contacte la Terre uniquement en cas d’urgence. Les techniciens ont ainsi réduit la consommation d’Opportunity à 130 watts heure contre un peu plus de 700 d’habitude. Pour sa part, Spirit, situé dans le cratère de Gusev se trouvait moins exposé au danger. Déjà éprouvé par trois années sur le sol martien, les deux robots sont repartis et poursuivent leur mission.
Et maintenant ?
Il est évident que les deux sondes ont pulvérisés toutes les attentes. Prévues pour durer trois mois, elles viennent d’entrer à présent dans leur cinquième année de mission. « Les principales découvertes de Spirit sont venues après la première mission de trois mois », a souligné Steve Squyres, principal chercheur des missions MER*, dans un communiqué disponible sur le site du Jet Propulsion Laboratory.
Au catalogue
des découvertes de Spirit, il faut signaler la présence de silice
confirmée en décembre 2007 par la NASA. Il est intéressant de noter que sur
notre planète la silice se forme près de sources d’eau chaude ou bien de
fumerolles. Il s’agit d’émanations gazeuses provenant de fissures ou de trous
dans les zones volcaniques. A ce titre, Steve Squyres en a profité pour
signaler que l’on trouve toujours de la vie microbienne sur la Terre près des
fumerolles. Sur la Terre d’accord mais sur Mars ? L’environnement n’est
pas le même, la température varie, a peu près, à 15 degrés pour la température
la plus chaude à moins 100 pour la plus froide, et la pression atmosphérique
n’atteint que 7 millibars, d’où une atmosphère très ténue. Mais pour obtenir
une réponse sur l’éventuelle présence de vie microbienne il faudrait creuser en
profondeur et prospecter sur plusieurs endroits, ce que ne peut pas faire un
robot sur une période réduite. Les sondes, aussi sophistiquées soient-elles,
ont leurs limites.
André Citroën n’aurait certainement pas décliné une invitation à
parcourir quelques centaines ou quelques milliers de kilomètres à la surface de Mars.
Antoine Meunier
Sources : www.s-e-f.org / www.nasa.gov/centers/jpl/missions/mer.html
Photos : Jet Propulsion Laboratory / www.citroen.com
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*MER : Mars Exploration Rover, Spirit et Opportunity
L’équipage de la Station Spatiale Internationale avait rendez-vous avec la presse française ce samedi depuis la salle Espace du Cnes à Paris. A cette occasion, Léopold Eyharts et ses collègues se sont livrés au jeu des questions-réponses.
A 350 kilomètres d’altitude, la Terre offre un spectacle magnifique mais les dix astronautes actuellement présents à bord de la Station n’ont guère eu le temps de profiter du panorama compte tenu du planning de travail chargé qu’ils ont eu à remplir au cours de la semaine écoulée du fait notamment de l’amarrage pleinement réussi de laboratoire européen Colombus dans lequel se les dix astronautes se tenaient. Pour sa part, l’Allemand Hans Schlegel est apparu en pleine forme et a rempli avec succès sa sortie dans l’espace de mercredi. Il a reconnu que pour sa première EVA, «le plus dur était de revenir ». Quand on a goûté à la chance d’une marche spatiale, peut-être a-t’on envie de prolonger le plaisir de flotter librement dans l’espace ? Plus sérieusement, passer plusieurs heures dans l’espace peut s’avérer au final fatiguant. Toutefois, selon ses termes, « grâce à la coopération entre astronautes, tout s’est parfaitement déroulé », entre autres, le remplacement d’un réservoir d’azote. Plus important encore, c’est le parfait fonctionnement de Colombus dans lequel étaient rassemblés les équipages de la mission STS-122 et de l’Expedition 16.
Premières expériences en cours
Alors que la Station spatiale survolait l’Hexagone, Léopold Eyharts a notamment détaillé les expériences portant sur la croissance de plantes en apesanteur. Plus tôt dans la journée, l’équipage avait procédé au rehaussage de l’orbite de l’ISS dans la perspective de l’arrivée de l’Expedition qui doit normalement arriver en avril. Nos astronautes ont aussi transféré certains équipements dans Colombus avant de profiter d’un repos bien mérité après une semaine particulièrement rempli.
Pour STS-122, le désarrimage est prévu lundi avec un retour sur Terre au Centre Spatial Kennedy (KSC) mercredi. Et la circulation orbitale ne faiblit pas puisque l’ATV Jules Vernes devrait finalement être lancé le 8 mars prochain. Les astronautes sont tous apparus détendus et satisfaits du travail accompli au cours de cette dizaine de jours. Au cours de cette conférence, il transparaissait un sentiment de devoir accompli mais qu’on ne s’y trompe pas, avec l’adjonction de nouveaux modules le travail scientifique à bord de l’ISS va pleinement s’intensifier.
Antoine Meunier
Photos : NASA TV
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Après le président Sarkozy qui plaide pour un programme international d’exploration martienne, la chancelière Angela Merkel s’est adressée aux astronautes à l’issue de leur seconde sortie dans l’espace, ce mercredi.
Incontestablement, cette année 2008 marque un important virage pour l’Europe spatiale et ses deux principaux acteurs : la France et l’Allemagne. Le raccordement réussi de Colombus à la Station ouvre une nouvelle ère. Même si l’on a critiqué depuis une décennie les dérives budgétaires de ce grand laboratoire spatial qu’est l’ISS, il offre désormais une fenêtre sans pareil sur l’espace mais également une certaine autonomie pour le Vieux continent car le module Colombus sera géré par un centre de contrôle basé à Oberpfaffenhofen et dépendant du Centre aérospatial allemand (DLR) donc une gestion européenne de Colombus. Et à ceux qui en douteraient, la science aura toute sa place. Ainsi, quatre expérimentations démarreront immédiatement après l’activation du module avec notamment le Biolab « European Physiology Module » (EPM) qui a été conçu pour les projets de médecine humaine. Pas question de perdre du temps. Le planning de Hans Schlegel mais surtout celui de Léopold Eyharts s’annonce très bien remplie jusqu’à la fin du mois de mars.
Bientôt le Japon
Alors que le premier ATV s’annonce, il faut également compter avec l’arrivée du Japanese Experiment Module (JEM) qui doit, à son tour, être greffée à l’ISS le mois prochain. Il sera expédié en orbite par la mission STS-123. Ce vol sera commandé par Dominic L. Gorie, commandant sur STS-108 en 2001 et titulaire au total de trois missions à bord de la navette spatiale. STS-123 aura pour objectif de livrer le Japanese Experiment Logistics Module – ou JLP. Combiné avec une seconde section pressurisée, ils formeront le module Kibo. L’ensemble des équipements japonais sera livré au cours de trois missions. Pour l’astronaute Tako Doï, spécialiste de mission sur STS-123 « avec cette mission, le vrai programme spatial humain du Japon peut commencer. »
Avec Colombus, ce mois-ci, Kibo dont les éléments seront acheminés en deux vols, la Station Spatiale Internationale revêt désormais son identité. L’Europe et le Japon peuvent désormais revendiquer une place de choix, même si les Etats-Unis sont encore majoritaires.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov
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Durant sa visite au Centre Spatial Guyanais (CSG) de Kourou, lundi dernier, le Président de la République a plaidé pour l’exploration de la planète Rouge.
Pour la première fois dans l’histoire de la Cinquième République, un président a pris position pour un programme d’exploration planétaire. A l’heure où l’Europe vient d’acheminer le module Colombus à l’ISS, il s’agit d’une authentique première. Bien conscient de l’enjeu et du défi que représente l’exploration de la planète Rouge, le Président Sarkozy conçoit qu’un tel dessein ne peut s’envisager sans une collaboration internationale. "Je propose à nos partenaires de l’Agence spatiale européenne (ESA) et à l'Union Europénne de réfléchir ensemble au cadre d'un dialogue avec les Etats-Unis et les autres puissances spatiales pour organiser notre effort", a déclaré le chef de l’Etat lors de son passage au Centre Spatial Guyanais.
Si à l’heure actuelle, les Etats-Unis sont engagés dans un programme lunaire visant à les emmener sur Mars, Nicolas Sarkozy se propose d’entamer une réflexion entre Américains et Européens dans laquelle il s’agirait de trouver les meilleures options pour mettre en commun nos moyens afin que chacun des partis puissent en retirer le meilleur profit, doit-on comprendre.
Pas question d’engager l’Europe en solitaire
Le Président Sarkozy est réaliste et sait parfaitement qu’un programme d’exploration martienne reste coûteux, donc pas question de faire un Apollo à l’européenne. Ce n’est ni souhaitable et cela n’aurait pas de sens. L’exploration interplanétaire humaine ne peut effectivement s’envisager que sur la voix de la collaboration. Ainsi comme le souligne le Président, « j’ai la conviction qu’un programme d’exploration ne peut être que mondial, sans exclusivité ni appropriation par l’une ou l’autre des nations. » De plus, l’Europe pourra jouer un rôle de premier plan notamment au niveau robotique. Les sondes spatiales de l’ESA auront sans doute un bel avenir devant elles mais seule la Conférence ministérielle prévue à l’automne prochain pourra fournir un début de réponse. Alors Imaginons-nous un instant dix ans dans le futur : qui fera partie de cet ambitieux programme ? Les Etats-Unis et l’Europe ? La Chine ? Il est encore trop tôt pour le dire. Mais une chose semble incontestable, Nicolas Sarkozy souhaite donner une nouvelle dynamique à l’Agence Spatiale Européenne. Cependant, afin d’y parvenir, les états membres de l’Union Européenne devront consentir à un accroissement du budget actuel de l'ESA qui reste pour l’heure insuffisant (3 milliards d’euros). Le chemin qui mène donc jusqu’à la planète Mars est encore loin, il s’agit donc d’un objectif sur le long terme.
Antoine Meunier
Sources : www.elysee.fr / www.esa.int
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L’astronaute Hans Schlegel aurait du effectuer cette sortie dans l’espace mais une indisposition l’en aura empêché. Ce sont finalement ces collègues Stan Love et Rex Walheim qui auront procédé à l’amarrage du laboratoire Européen à 350 kilomètres d’altitude
Prenez un homme, surentraînez le pendant plusieurs années, faîtes le répéter au sol tous les gestes qu’il devra effectuer dans l’espace, vous ne pourrez jamais prévoir qu’il sera malade au moment de sa mission. C’est pourtant ce qui s’est produit avec Hans Schlegel mais la NASA n’a pas précisé ce qui a affecté l’astronaute allemand. On peut supposer qu’il s’agit du fameux « Mal de l’espace » qui a déjà rendu malade par le passé plusieurs de ses collègues. Ce fut notamment le cas de Franck Borman, commandant d’Apollo 8, qui fut pris de vomissements au cours du voyage qui l’emmena en orbite lunaire il y a quarante ans. Plus récemment, en 1992, ce fut le journaliste de la chaîne japonaise TBS qui séjourna une semaine à bord de la station Mir et vécut un véritable suplice en usant jusqu’à 80 sacs vomitifs par jour. Mais revenons aux choses sérieuses. Hans Schlegel va mieux, c’est l’essentiel mais c’est finalement Stan Love qui l’a remplacé pour cette sortie. Il a été accompagné par Rex Walheim. Précisons quand même que l’équipe de soutien médical de l’ESA a fait savoir que l’état de santé n’autorisait pas une marche spatiale.
Une ballade de presque huit heures
Avoir un astronaute malade dans un scaphandre pourrait avoir effectivement des conséquences dramatiques donc c’est le bon sens qui prévaut. Toutefois, l’équipage revenant le 19 février, les médecins ont déclaré qu’il y avait de bonnes chances que Schlegel réalise sa sortie.
Dans l’immédiat, cette première sortie s’est déroulée sous la direction de Peggy Whitson, actuel commandant de l’ISS et de Steve Frick, commandant du vol STS-122. Love et Walheim ont passé presque huit heures dans l’espace pour raccorder Colombus au module Harmony. Une sortie rendue plus difficile puisque les astronautes ont démarré le travail alors que l’ISS se trouvait dans la face nocturne de la Terre. La prochaine sortie aura lieu mercredi, elle sera effectuée mercredi prochain par Walheim et, si tout va bien, Hans Schlegel pour installer des équipements scientifiques sur Colombus. Normalement, l’astronaute français Léopold Eyharts devrait pouvoir ouvrir aujourd’hui l’écoutille du laboratoire européen. Un moment que les responsables de l’ESA attendent avec impatience, ce qui est largement compréhensible compte tenu des retards subi par le programme.
La prochaine étape de la construction de la Station devrait avoir lieu en mars avec la livraison du laboratoire japonais Kibo lors de la mission STS-123. On ne peut désormais plus reprocher à l’ISS de ne pas être Internationale.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / Nasa TV
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C’est sous un ciel partiellement dégagé et deux mois de retard sur le calendrier prévu, que la navette spatiale Atlantis s’est finalement élancée dans l’espace jeudi, depuis Cap Canaveral. Elle emporte dans sa soute le laboratoire européen Colombus qui va être raccordé à l’ISS.
Le temps n’était pas fameux mais les responsables de la NASA ont estimé que rien ne s’opposait au décollage de l’orbiteur. Dans le traditionnel torrent de flammes et de fumée, Atlantis a offert un magnifique spectacle dans le ciel de Floride aux spectateurs venus assister au lancement. Pour l’Agence Spatiale Européene, cette mission (vol STS-122) c’est l’aboutissement de plus de vingt années de travail. Avec ce laboratoire, l’ESA se garantit aussi une présence quasi permanente (avant que les équipages ne passent à six personnes) dans l’espace avec la possibilité de faire voler des astronautes pour des missions de longue durée. Sachant que les moyens d’accès seront bientôt limités au seul Soyuz, cela n’a pas de prix. Toutefois, les Etats-Unis auront accès à une partie du laboratoire une fois que ce dernier sera raccordé à la Station Spatiale Internationale (ISS). Mais il faudra cependant attendre samedi avant que les opérations démarrent ne commencent et qu’Atlantis ne soit amarrée à la Station spatiale.
Un dimanche chargé
C’est le bras robot Canadarm 2 de la Station qui installera Colombus ce week-end sur l’écoutille tribord du module Harmony. Deux astronautes, dont l’Allemand Hans Schlegel, effectueront une sortie extravéhiculaire pour veiller à la bonne marche de la manœuvre. Une fois le module amarré et sécurisé, Léopold Eyharts aura la charge d’activer Colombus puisqu’il doit séjourner presque deux mois en orbite, et démarrer le lancement du programme scientifique du module. Et puis Colombus est un peu à part. En effet, ce petit cylindre de sept mètres sera contrôlé et piloté par le Centre de contrôle Columbus de l'ESA, situé dans les locaux du Centre allemand d'opérations spatiales du DLR à Oberpfaffenhoffen (Allemagne) qui sera notamment responsable des opérations scientifiques à bord.
Et puis si tout se passe comme prévu, Léopold Eyharts devrait vivre une seconde première : l’arrivée du Jules Vernes, le premier vaisseau cargo européen qui doit rallier l’ISS. La fenêtre de lancement s’ouvre à partir du 22 février prochain. Pour sa deuxième mission, l’astronaute français devrait ainsi cumuler le privilège d’accueillir dans l’espace les deux fleurons de l’Europe spatiale habitée.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.esa.int
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Avec le mois en cours, l’ISS devrait connaître une intense période d’activité. Si tout va bien, le 7 février, la navette Atlantis devrait décoller avec deux mois de retard. Et la fenêtre qui s’ouvre à partir du 22 février doit permettre le lancement du premier exemplaire de l’ATV grâce à un lanceur Ariane 5.
Fébrilité quand tu nous tiens… Après avoir procédé à une simulation d’arrimage la semaine dernière, les hommes du centre de contrôle de Toulouse sont dans les starting-blocks pour diriger le premier vol de l’ATV. Ce bijou de technologie européenne construit sous maîtrise d’œuvre par EADS Astrium, pour un montant estimé à un milliard d’euros, devrait enfin s’élancer dans le ciel de la Guyane française à partir du 22 février. Après le laboratoire européen Colombus, c’est la seconde contribution à la Station Spatiale Internationale (ISS). Ce gros bidon d’une masse totale de 20,7 tonnes à pleine charge (il faut compter le ravitaillement qui sera apporté à l’ISS), doit mettre une dizaine de jours pour rallier sa destination. Une fois arrimé au complexe spatial, le Jules Vernes devrait rester six mois à son poste avant d’être désinstallé de son port d’arrimage puis de brûler dans l’atmosphère terrestre. Servant à amener du ravitaillement aux astronautes, ces derniers l’utiliseront également pour se débarrasser de tout ce dont ils n’ont plus besoin à bord du grand meccano spatial.
Et la suite ?
Des dizaines et des dizaines de simulations ont été menées aux Mureaux, dans les bureaux d’Arianespace et d’Astrium pour que cette mission soit un succès. Donc si tout va bien, le prochain ATV pourrait être livré d’ici la fin 2009, le temps d’analyser les résultats de la mission Jules Vernes. Dans l’immédiat, c’est le vaisseau Progress M63 qui ira ravitailler l’ISS. Lancé aujourd’hui par une fusée Soyuz depuis le centre spatial de Baïkonour, il s’amarrera jeudi prochain à la station. Il est d’ailleurs intéressant de noter que l’ATV et le Progress présentent au moins une similitude importante : le système de docking* est le même sur les deux vaisseaux. Deux plus, les trois calculateurs nominaux du Jules Vernes sont identiques à ceux que l’on trouve dans la partie russe de la Station. Alors si tout se passe bien pour la mission STS-122 de la navette Atlantis après-demain, l’astronaute français Léopold Eyharts aura sans doute la chance d’être le premier à accueillir les plus importantes contributions de l’Europe à l'ISS.
Antoine Meunier
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*Docking : amarrage