Un satellite espion américain suscite des inquiétudes quant à son futur point d’impact sur la Terre ainsi qu’une éventuelle pollution atmosphérique.
L’Homme a fabriqué ces propres astéroïdes. Le prochain qui menace de retomber est un satellite espion américain dont le type est jalousement gardé secret. De source militaire, on sait seulement que « le Département de la Défense suit actuellement la situation », a annoncé un porte-parole du Pentagone. Pas de commentaires non plus sur l’éventuelle présence de substances toxiques à bord du satellite.
Des précédents ont eu lieu. En 1978, le satellite russe Cosmos 954 mu par un réacteur nucléaire se désagrégeait au-dessus du Grand Nord Canadien. Cinq ans plus tard, Cosmos 1402 se vaporisait dans l’océan Indien mais des traces de son plutonium furent détectées jusque dans les neiges tombées dans l’état de l’Arkansas. Outre les problèmes environnementaux que posent les satellites lorsqu’ils ont achevé leur mission, la question se pose de savoir si nous ne serons pas obligés, un jour, de procéder à un « grand nettoyage ».
Impossibilité de récupération
Depuis le lancement de Sputnik I, les grandes agences spatiales n’ont jamais cessé de lancer dans l’espace. Ainsi, il y a à l’heure actuelle environ 12 000 objets d’une taille supérieure à 10 centimètre qui tournent autour de la Terre (et l’on ne compte pas les débris de taille inférieure). Un nombre qui augmente de 200 à 250 par an mais qui ne gênera pas l’activité spatiale. L’an dernier, les chinois ont défrayé la chronique avec la destruction d’un satellite lors d’un essai d’arme anti-satellite, provoquant environ la dispersion d’environ 1 500 débris supplémentaires.
Mais à l’heure ou les représentants du secteur aérien viennent de signer une convention dans le cadre du Grenelle de l’environnement, rien n’est donc envisagé pour dépolluer l’espace pour la très simple raison qu’une fois un satellite lancé, on ne peut plus aller le chercher et à fortiori s’il s’agit d’un satellite en orbite géostationnaire compte tenu de son altitude de 36 000 kilomètres. On peut cependant s’assurer, qu’une fois leur mission terminée, ils seront acheminés vers une orbite supérieure dite de « cimetière ». Peut-être faudrait-il envisager de futures solutions pour éviter de transformer définitivement l’orbite basse et l’orbite géostationnaire en décharge orbitale. Alors à quand un Grenelle spatial ?
Antoine Meunier
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Le milliardaire britannique Richard Branson et son partenaire Burt Rutan ont dévoilé le design du Space Ship Two et de son avion porteur le White Knigt Two lors d’une conférence de presse jeudi au Muséum d’histoire naturelle de New York. Les premiers vols d’essais sont programmés cette année.
Richard Branson semble ne pas tarir d’éloges sur ce nouveau-né issu de la firme Scaled Composites. Il est vrai que le Space Ship Two est élégant. Le concept reprend celui du Space Ship One mais cette fois-ci, l’avion pourra emmener jusqu’à six passagers et deux pilotes et on garde l’aile qui se replie au moment de la rentrée. Après tout, pourquoi changer une formule qui a déjà fonctionné lors des vols du Space Ship One ? Par ailleurs, les premiers vols d’essai devraient vraisemblablement avoir lieu cette année. Il semble donc que l’explosion qui a tué trois personnes lors d’un test au sol en juillet dernier ne provoquent pas de retard pour la suite du programme. Selon l’agence Associated Press, la société de Burt Rutan, Scaled Composites, qui construit les deux avions, a écopé d’une amende de 26 000 dollars pour ne pas avoir suffisamment formé son personnel. Mais depuis l’été dernier, les enquêteurs n’ont toujours pas découvert la cause du drame. En attendant, Richard Branson et Burt Rutan semblent tenir une revanche sur ce coup du sort.
85 000 intéressés !
A l’heure actuelle, 200 personnes auraient réservé leur billet, dont le prix atteint 200 000 dollars, sur un vol Virgin Galactic mais, et c’est une information qu’a lancé Branson : 85 000 personnes se disent intéressées pour réaliser un vol suborbital. Pour mémoire, l’étude menée sur le tourisme spatial par le cabinet d’étude Futron faisait état d’un marché potentiel de seulement 13 000 passagers à l’horizon 2020. Une expertise établie en 2002 avait fixé un premier chiffre à 15 000 personnes.
De plus, Virgin Galactic avance le chiffre de 85 000 candidats intéressés par un vol à bord du SpaceShip Two*. Si tel est le cas, alors on risque d’assister à une petite affluence dans les spatioports durant la prochaine décennie. Enfin, on est impatient de savoir si le projet d’Astrium sera le concurrent direct de Virgin Galactic. Une chose est sure, le paysage suborbital n’offrira désormais plus le même visage.
Antoine Meunier
Sources : www.lemonde.fr / www.lefigaro.fr / AP / www.virgin.galactic.com
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*Communiqué officiel du 23 janvier (disponible sur le site Internet de Virgin Galactic)
C’est en 1998 que les deux premiers modules de la Station Spatiale Internationale furent assemblé en orbite. Une décennie plus tard, la configuration de la Station a considérablement évolué.
Qui aurait pu imaginer que les deux grands ennemis d’autrefois - les Etats-Unis et l’ex URSS -, s’allieraient pour réaliser un grand complexe orbital offrant un volume habitable de la taille de deux 747 ? Une telle chose eût été impensable sous l’ère Reagan mais la chute du Mur de Berlin et l’effondrement du Bloc Soviétique ont rendu cela possible. Ceux qui, étaient des adversaires, ont su s’entendre pour travailler ensemble. En effet, il fallait préparer le terrain avant de s’attaquer à ce chantier pharaonique que représente l’ISS et qui ne sera achevé qu’en 2010. C’est ainsi qu’en 1994, les premiers astronautes séjournent à bord de la Station Mir. Norman Thagard sera le premier à inaugurer ces séjours américano-russes de longue durée. Car la NASA, même si elle a réalisé les trois missions Skylab en 1973-74 ne dispose pas vraiment d’un savoir-faire en la matière. Il lui faut donc combler son retard et seuls les Russes disposent de l’expérience nécessaire. Avant de s’embarquer à bord de l’ISS, on doit se comprendre, se parler et se respecter. Bref, il faut apprendre à vivre ensemble pour une longue durée. Au total, onze missions Shuttle-Mir se dérouleront entre 1994 et 1998. Pour certains astronautes, ce ne sera pas évident pour d’autres les choses seront plus faciles. Michael Foale, par exemple, qui vola à bord de Mir en 1997 fit le maximum pour s’intégrer. Ainsi, il avait emmené avec lui son DVD portable. Chaque soir, il organisait ainsi une petite séance de cinéma improvisée pour lui et ses compagnons et organisait la traduction des dialogues. Compte tenu des différences culturelles, l’humain prend une importance essentielle. Il s’agit à présent d’une donnée intégrée dans le processus de collaboration.
Le drame de Columbia
Et peu à peu on commence la construction de ce drôle d’assemblage fait de bidons pesant chacun plusieurs tonnes conçus pour la plupart aux Etats-Unis, en Russie mais également en Europe et qui comporte certains équipements venus du Canada. Car les Américains l’ont compris, l’enjeu de cette Station repose sur la base d’un partenariat. Des modules étrangers seront arrimés à l’ISS durant son assemblage (notamment Colombus pour l’Europe et Kibo pour le Japon). Malheureusement, pouvait-on prévoir que le 1er février 2003, la navette Columbia se désintègrerait dans l’atmosphère à plus de 60 kilomètres d’altitude ? Résultat, sept astronautes ont péri et le programme ISS a connu un nouveau retard qui est venu gonflé une note qui pourrait largement dépasser les 100 milliards de dollars une fois la Station achevée d’ici 2010. Et c’est justement la principale critique que les détracteurs des vols habités lui reprochent depuis dix ans : son coût. Il convient tout de même d’apporter une sérieuse nuance. Si l’on compare, le budget prévisionnel de la Défense américaine en 2009 pourrait atteindre le chiffre ahurissant de 514 milliards de dollars* !
Toutefois, il est vrai que l’on est en droit d’attendre un retour sur investissement. Seulement voilà, l’espace est un domaine sur lequel il faut savoir investir à long terme. Une donnée que les décideurs ne savent pas forcément prendre en ligne de compte. Au même titre qu’Apollo en son temps, l’ISS doit donc justifier sa présence en orbite basse. Cela doit servir les objectifs scientifiques et industriels. Mais sera-ce l’unique vocation de la Station ?
Un futur hôtel pour milliardaires ?
Dès avril 2001, un passager embarque à bord du Soyuz TMA pour un séjour d’une semaine moyennant la modique somme de 25 millions de dollars. Pour la Russie, c’est l’occasion de faire rentrer de l’argent frais dans les caisses de son industrie pas très en forme. Mais c’est également le moyen de promouvoir une industrie qui prendra peut-être son essor d’ici une dizaine d’années : le tourisme spatial. A ce jour : cinq «space flight participant » ont payé leur ticket. Le sixième sera Richard Garriot. Concepteur de jeux vidéo, Il est aussi le fils de l’ancien astronaute Owen Garriot qui a volé en 1973 à bord du Skylab américain. Son départ est prévu à la fin de cette année depuis le centre spatial de Baïkonour.
A l’heure actuelle, seule une très faible minorité d’élus auront le privilège de s’offrir le luxe d’un tel voyage. De plus, il faut également rentabiliser la présence de chaque personne à bord de la Station. A moins d’installer un module spécifique, il y a donc fort peu de chance que l’ISS ne devienne un hôtel pour touristes fortunés. Toutefois, lors d’une récente interview accordée à Espace Magazine**, Mark Uhran, Administrateur associé de la NASA chargé du programme ISS déclarait que l’agence se préparait « …à l’émergence d’autres activités ‘non-traditionnelles’ dans la limite de celles qui seront encouragées et permises par les règles propres à chaque nation partenaire. » Irons-nous vers une intensification des passagers payants dans l’ISS ? Reste donc à identifier et à séduire la population qui souhaite passer une semaine en orbite…
Extension des équipages
A la base, le complexe devait accueillir jusqu’à sept personnes mais les réductions budgétaires sont passées par là et en 2009, seulement six personnes pourront vivre dans des conditions optimales à bord. De plus, ce magnifique avant-poste céleste devait même disposer d’un véhicule de secours avec le X-38 dont les essais furent poussés assez loin puisqu’un largage était même prévu depuis l’orbite pour la période 2002/2003. Il fut finalement décidé que seul le Soyuz servirait de vaisseau de secours en cas de danger.
Aujourd’hui, à moins de vingt-quatre mois de son achèvement la Station sera exploitée jusqu’en 2015 par les Etats-Unis et ses partenaires. Il aura fallu près de vingt ans pour que le projet prenne forme depuis le milieu des années 80 et la fin de la Guerre Froide. S’il est vrai que les astronautes ont passé du temps a effectué des réparations parfois spectaculaires, on peut retenir un argument essentiel pour sa défense. En cinquante ans d’aventure spatiale, la Station Spatiale Internationale est le premier programme sur lequel un ensemble de nations ont réussi à collaborer sur une décennie. Gageons que la redécouverte de la Lune et le premier pas sur Mars puissent se faire de la même manière.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov
Photos et vidéo : www.nasa.gov
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* Voir Air et Cosmos N°2065 du 16/02/07 P20
** Cf Espace Magazine N°33 consacré à l’ISS
Alors que la sonde Messenger vient de rapporter ses clichés rapprochés de la surface de Mercure, l’Agence Spatiale Européenne et EADS Astrium viennent de signer le contrat pour la construction de la sonde qui devrait s’élancer dans l’espace dans cinq ans.
Avec la visite réussie de Messenger cette semaine, la première planète du Système solaire revient au centre des préoccupations spatiales. Depuis Mariner 10 en 1975, Mercure n’était pas mise de côté puisque les astronomes l’avaient observé depuis le sol. Désormais, si tout se déroule normalement, deux sondes l’auront observé d’ici la fin de la prochaine décennie. Ainsi, BepiColombo devrait entamer un voyage de six ans vers la plus proche planète du Soleil avec un départ programmé en août 2013 avec une fusée Soyuz Fregat.
Cette sonde sera composée de trois modules. Tout d’abord, l’orbiteur européen, le Mercury Planetary Orbiter (MPO) qui sera doté de onze équipements scientifiques. Sa mission : explorer la planète pendant au moins une année depuis l’orbite polaire pour en réaliser une cartographie complète. De son côté, le Mercury Magnetospheric Orbiter (MMO) qui sera mis au point par l’Agence spatiale japonaise (JAXA), devra se consacrer à l’étude du champ magnétique de Mercure. Enfin, il y a le module de transfert, d’une masse de 3 tonnes, qui emporte les deux sondes pendant le long voyage.
Phases de vol
Envoyer un engin vers Mercure est un véritable défi compte tenu de la proximité de la fournaise du Soleil. Afin de résister à la chaleur, une nouvelle protection isolante composée de couches de fibres de verre, de feuilles de titane et de fibres céramiques devrait être développée, ainsi qu’un radiateur qui rejettera dans l’espace la chaleur accumulée à l’intérieur de la sonde. De plus, le vaisseau devrait être doté de panneaux solaires spéciaux capables de fournir une alimentation en énergie à des températures dépassant les 250 degrés Celsius. Voilà pour les protections. Concernant la propulsion, la sonde BepiColombo va, comme Messenger avant elle, utiliser l’assistance gravitationnelle. En effet, l’aide de la Lune et de Vénus est prévue pour fournir suffisamment de vélocité à l’engin durant son périple de six ans vers le Soleil. Si la mission Messenger a notamment pour but de rechercher de la glace enfoui dans les profondeurs de Mercure, la future sonde européenne doit poser plusieurs questions dont l’évolution d’une planète qui s’est formée à proximité « rapprochée » de son étoile comme l’indique le communiqué publié sur le site de l’ESA.
Que ce soit avec New Horizons qui explorera la Ceinture de Kuyper à la frontière du Système solaire ou avec BepiColombo près de Mercure, la fin de la prochaine décennie annonce des découvertes passionnantes.
Antoine Meunier
Sources : Astrium / www.esa.int
Photos : Astrium / www.esa.int / www.nasa.gov
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Il y a tout juste cinquante ans, les Etats-Unis devenaient la seconde nation à expédier un objet dans l’espace en envoyant un objet artificiel. Le satellite Explorer 1 allait notamment découvrir les fameuses "Ceintures" de Van Allen.
« Après tout, les Soviétiques n’ont fait qu’envoyer une balle en l’air », s’étonne le Président Eisenhower en ce 4 octobre 1957. Les Etats-Unis possèdent pourtant un projet de satellite avec le Vanguard, initié par la Marine. Celui de Werner von Braun, un Allemand qui travaille sur son satellite baptisé Orbiter a été écarté. Mais von Braun a dirigé le centre de Pënnemunde pendant la Guerre. La base d’où sont partis les V1 et V2 qui ont pratiquement ravagés Londres. Un Allemand à la tête du premier programme spatial américain ne ferait pas bonne figure dans l’esprit de l’opinion américaine pense-t-on à Washington. Les événements vont néanmoins donner raison au futur concepteur de la fusée lunaire, d’autant que le programme Vanguard va dans un premier temps se solder par un échec. Ce lanceur, disposé sur la rampe de lancement de Cap Canaveral, doit expédier en orbite un satellite d’une masse de 1,5 kilogramme. Deux secondes après le décollage, la fusée s’embrase dans un torrent de flammes. La presse n’est pas tendre et parle de « Kaputnik »… Il est urgent de redorer le blason des Etats-Unis et vite !
Un travail presque secret…
Depuis le 4 octobre et Sputnik 1, Werner von Braun ne décolère pas et considère qu’avoir été battu par les Soviétiques est une « tragédie nationale » qui a bafoué l’image de marque américaine à travers la planète. Rappelons que depuis qu’il a émigré aux Etats-Unis à la fin de la Guerre, von Braun a reçu la nationalité américaine.
Le soir du 4 octobre, avec le général Médaris, patron de l’arsenal Redstone à Huntsville, il reçoit le futur Secrétaire d’état à la Défense Neil Mac Elroy. Von Braun demande l’autorisation à Mac-Elroy pour satelliser d’ici deux mois. Mais ce dernier n'entrera en fonction qu'un mois plus tard. Si aucune décision officielle n’est prise, on s’active toutefois dans les coulisses. Le Jet Propulsion Laboratory (JPL) et l’Université de l’Iowa se mettent rapidement au travail sur le satellite Explorer 1. Il faut finalement attendre le 8 novembre pour que Mac-Elroy accorde un crédit de trois millions et demi de dollars pour modifier le missile balistique Jupiter C qui va devenir Juno 1. C’est-à-dire la fusée porteuse d’Explorer 1 qui est à la base un missile Redstone.
Enfin à pied d’œuvre
Fin janvier 1958, von Braun et son équipe sont prêts pour un lancement. Une date est arrêtée le 29, puis reportée le 30 du fait de mauvaises conditions météorologiques. Le tir aura finalement lieu le 31 janvier 1958 dans la soirée. Et c’est un succès. Sept minutes plus tard, Explorer 1, premier satellite américain a été placée sur une orbite plus haute que celle prévue. Huit minutes d’angoissante attente sont nécessaires pour que le signal radioélectrique certifiant la mise en orbite parvienne. Qu’importe, c’est une réussite. L’impact d’Explorer 1 sera sans doute moindre car dans une course, c’est toujours le premier qui récolte la gloire et les honneurs. Pourtant, ce satellite présentait un réel intérêt scientifique par rapport à son rival soviétique. Il a en effet permit de mettre en évidence l’existence de ceintures de rayonnement appelées désormais « Ceintures de Van Allen » en l’honneur du docteur James Van Allen de l’Université de l’Iowa qui avait la charge des instruments scientifiques du satellite. De son côté, la marine devra attendre le mois de mars pour mettre en orbite son propre satellite mais Explorer 1 constitue véritablement la Seconde mission spatiale du grand livre de la Conquête Spatiale.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / « La NASA, quarante ans d’aventure » (cf. Le Monde de l’Aviation N°7, 1998 par A.M) / www.redstone.army.mil
Photos : www.nasa.gov / www.redstone.army.mil
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Encore un peu tôt pour en parler mais après tout pourquoi ne pas s’offrir cette part de rêve qui fait cruellement défaut à l’heure ou nos politiques parlent de suppression des 35 heures ou encore des caisses de l’Etat qui sont vides. Si tout va bien, en 2012, EADS Astrium devrait procéder au premier vol suborbital de son avion-fusée.
Imaginez nous sommes en 2014, vous êtes confortablement installés dans un hamac rigide à bord d’un appareil aux allures de jet d’affaires pouvant accueillir quatre passagers et un pilote. Ce dernier vous annonce calmement que nous allons décoller, vous êtes calmes et détendus. Dehors, le ciel tunisien du spatioport de Tozeur est parfaitement dégagé et une brise matinale accompagne cet avion pas comme les autres. Arrivés à 12 000 mètres d’altitude, le pilote vous annonce que nous avons le feu vert pour enclencher le moteur-fusée. Pendant 120 secondes, l’avion va suivre une trajectoire parabolique et devrait normalement atteindre une altitude supérieure à 100 kilomètres. Vous allez vivre un rêve unique : franchir l’atmosphère terrestre et connaître trois minutes d’apesanteur. Cela a un prix : 200 000 dollars, vous êtes un privilégié et vous le savez mais vous ouvrez la voix au plus grand nombre. Mais d’autres avant vous ont payé cent fois plus cher pour passer une semaine à bord de la Station Spatiale Internationale (ISS). Pour vous, il s’agit ici d’une expérience ultime, si l’accélération d’environ 3 G est assez forte, vous la supportez plutôt bien comme vos trois compagnons grâce à vos hamacs qui sont en position verticale du fait de l’accélération de l’avion qui atteint Mach 3,5, soit trois fois et demie la vitesse du son.
Bienvenue dans le cercle
Et puis soudain ça y est, l’avion arrive au sommet de sa courbe. Le pilote annonce, « Vous pouvez détachez vos ceintures pour trois minutes et profitez de la vue… » Et là, vous restez sans voix… Le spectacle qui s’offre sous vos yeux vous procure un émerveillement inégalé auparavant en découvrant le bleu de notre planète. Vous êtes au-dessus de la Terre en zéro G. Vous entrez à présent dans le Cercle des privilégiés qui ont eu accès à l’espace. Dans quelques années, peut-être, d’autres payeront moins cher que vous leur billet. Peut-être même que les vols suborbitaux se généraliseront pour Monsieur Dupont-Durand dans le courant du siècle qui sait ?
Mais vous vous préparez à boucler votre ceinture car la pilote vient d’indiquer que l’avion arrivait en fin de courbe. Lentement, la décélération se fait sentir. Vous êtes toujours installés dans votre hamac et regardez les indications sur l’écran positionné dans le dos du pilote. L’altitude décroît rapidement et l’avion, n’arrivant pas suffisamment vite dans l’atmosphère, ne souffre pas du frottement de l’air sur ses parois. Et subitement, ce qui était un vaisseau spatial redevient un avion aux ailes très longues. La vitesse se calme et l’appareil redescend tranquillement pour aller se poser sur la piste de Tozeur. Lorsque vous sortez de l’avion, encore un peu étourdi quand même par les G, vous affichez un magnifique sourire de circonstance. Tout le monde ne peut pas encore s’offrir un tel voyage qui comporte encore des risques mais quelle expérience ! Votre regard se porte naturellement vers le ciel, tout comme celui de vos trois compagnons, et vous vous dîtes que nous ne sommes pas tous astronautes. Simplement des privilégiés qui ont réalisé le plus extraordinaire des rêves. Dommage simplement qu’il fut si court…
Antoine Meunier
Photos : Antoine Meunier (2007)
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Pratiquement dix-huit ans de bons et loyaux services et plus de 750 000 clichés à son actif, le télescope spatial devrait connaître sa quatrième visite d’inspection en août prochain, mais avec un possible retard compte tenu des problèmes survenus sur Atlantis.
Les scientifiques de la NASA ont détaillé mardi ce qui sera la dernière mission d’entretien du télescope spatial Hubble. Une mission qui a bien failli n’avoir jamais lieu. On se souvient en effet qu’après la tragédie de Columbia en 2003, l’argument de la sécurité des astronautes avait alors été avancé. Résultat, l'Administrateur de l'époque Sean O'Keefe avait fait supprimer la dernière mission de maintenance. C’était oublié que trois autres missions avaient été menées avec succès par le passé. L’astronaute français Jean-François Clervoy faisait d'ailleurs partie de l’équipage de la troisième mission en 1999 et manipulait le bras robot de la navette. Ainsi, le vénérable instrument scientifique imaginé au début des années 1980 devrait recevoir sa quatrième et dernière remise à niveau le 7 août prochain. A moins que les problèmes de capteurs qui ont retardé le lancement du vol STS-122 (qui doit voir le lancement du laboratoire européen Colombus) ne retardent cette mission. Sécurité avant tout, a expliqué Alan Stern, Administrateur associé de la NASA pour les missions scientifiques, au cours d’une conférence de presse selon une dépêche de l’agence Reuters.
Retransmission orbitale
Lors du vol, la navette sera équipée d’une caméra IMAX afin d’enregistrer et surtout de retransmettre cette mission à des fins de communication comme la NASA sait si savamment l’orchestrer. D’après une déclaration D’Alan Stern, « Hubble est, sans exagération, un trésor national… Je pense que les Américains seront excités et impressionnés lorsqu’ils verront les résultats de cette mission de la navette avec une équipe d’astronautes équipés d’appareils sophistiqués pour rendre le télescope bien meilleur qu’il n’était avant… ! »
Cinq sorties dans l’espace
Si, comme pour les missions d’assemblage de l’ISS, la sécurité reste primordiale, la NASA met en avant les des hommes expérimentés pour cette mission. Trois vétérans de missions « Hubble » seront ainsi du voyage. « Pour un astronaute, l’opportunité de retourner vers Hubble est plus qu’un rêve devenu réalité », a déclaré John Grunsfeld, le futur responsable des sorties extravéhiculaires, sur le site Internet de la NASA. Durant ces ballades dans le vide, les astronautes devront, entre autres, installer deux nouveaux instruments : le Cosmic Origins Spectrograph (COS) et le Wide Field Camera 3 ou WF3. Ces deux instruments doivent notamment fournir de nouvelles images. « Avec cette mission, notre objectif est de quitter Hubble pour qu’il soit au maximum de ses possibilités scientifiques », a indiqué David Leckrone, Responsable scientifique d’Hubble au Centre Goddard Space Flight de la NASA. On escompte même trouver de nouvelles planètes extrasolaires.
Avec l’installation de ces nouveaux instruments scientifiques, le vol STS-125 doit permettre de prolonger la vie de Hubble jusqu’en 2013, année au cours de laquelle devrait normalement entrer en service le James Webb Space Telescope (JWST). C’est une nouvelle aventure qui va commencer. Mais les informations que ne manquera pas de récolter le télescope de première génération fourniront du travail aux savants pour quelques années…
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.reuters.com
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L’incertitude demeure quand à la future date de lancement d'Atlantis. Initialement prévu le 6 décembre et plusieurs fois repoussée, la mission STS-122 pourrait finalement intervenir au plus tôt le 24 janvier, voir la première semaine de février peut on lire sur le site Internet de la NASA.
L’Agence spatiale américaine applique désormais le principe de précaution à la lettre quitte à prendre un nouveau retard sur le calendrier d’assemblage de la Station Spatiale Internationale (ISS). Ce nouveau glissement dans le planning n’est pas sans conséquence puisque les missions suivantes prévoient, entre autres, l’arrimage du laboratoire japonais Kibo. Mais la séquence d’assemblage de la Station Spatiale doit d’abord assurer la fixation du laboratoire Colombus, principale participation européenne au complexe orbital (avec le cargo ATV) qui doit justement partir avec Atlantis.
A la NASA, on estime que le problème des jauges installées sur le réservoir externe, qui a vu l’annulation de la mission STS-122 à laquelle participe le Français Léopold Eyharts, permettrait un tir pour le 24 janvier. Voilà pour la vision optimiste. Seulement, il reste à mener des tests sur ces fameuses jauges qui permettent de stopper automatiquement les trois principaux moteurs de la navette dès que le réservoir extérieur est vide. Si ces moteurs de l’orbiteur continuaient à tourner dans le vide, ils pourraient exploser. La vision la plus réaliste serait que le lancement de la navette aurait plutôt lieu au cours de la première semaine de février (du 2 au 7).
Quelles suites pour l’avenir ?
Il reste encore un peu plus d’une dizaine de missions à accomplir à la navette spatiale mais elles sont essentielles pour terminer la construction de la Station Spatiale Internationale. L’Avion spatial reste en effet incontournable pour acheminer vers l’orbite basse les éléments de ce grand jeu de construction. Mais la perte de Challenger en 1986, puis de Columbia en 2003, a définitivement scellé son sort. Cette incroyable machine, pensée aux débuts des années 70 pour faire chuter les coûts de mise en orbite, n’a jamais atteint cet ambitieux objectif. Et très bientôt maintenant, les navettes appartiendront au patrimoine de l’Histoire de l’espace.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / www.yahoo.fr
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