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C’était il y a quarante ans, le module lunaire Eagle, piloté par Neil Armstrong et Buzz Aldrin de la mission Apollo 11 se posait sur la Lune dans la Mer de la Tranquillité alors que Michael Collins restait en orbite à bord de Columbia.
Du haut de ses photos, quatre décennies vous contemplent auraient sans doute déclaré Bonaparte à ses soldats. Si la conquête de la Lune fut un objectif politique, elle fut également un objectif technologique et humain hors normes. Construire la fusée la plus grande et capable de placer près de 140 tonnes en orbite terrestre basse* reste une chose extraordinaire. La Saturn V, gratte-ciel de 111 mètres de haut, développait près de 2900 tonnes de poussée et emportait le strict nécessaire à trois hommes pour vivre dans l’espace durant, au maximum, une douzaine de jours. Et le plus singulier est que tout fut inventé en seulement huit ans. Depuis ce 25 mai 1961 ou JFK lança ce qui demeure le bras de fer du destin entre les Etats-Unis et l’URSS en prononçant un discours historique devant le Congrès : « Notre pays doit se vouer tout entier à cette entreprise, faire atterrir un homme sur la Lune et le ramener sur la Terre avant la fin de la présente décennie. » Un effort national qui mobilisera près de 400 000 personnes sur tout le territoire, des installations en Floride mais aussi à Houston ou encore à Huntsville en Alabama pour culminer à ce jour historique ou le temps s’est arrêté le 20 juillet 1969.
Tenir le monde en haleine
Il y a 40 ans, Neil Armstrong et Buzz Aldrin deviennent donc les premiers hommes à fouler le sol lunaire sous les yeux incrédules de plus de 600 millions de téléspectateurs qui regardent le premier direct télévisé interplanétaire depuis la Lune. L’image n’est pas très nette, on ne voit pas grand-chose, si ce n’est une silhouette blanche en scaphandre et cette voie qui traverse le vide spatial et prononce une phrase désormais à jamais dans les livres d’histoire : « C’est un petit pas pour un homme mais un bond de géant pour l’humanité ». Oui, incontestablement l’Humanité vient de faire un bond de géant alors que vingt-cinq ans auparavant nous étions en plein conflit mondial. Avec la Course à la Lune, l’Amérique et l’URSS ont réussi à éviter de faire basculer le monde dans un conflit nucléaire. En marchant sur la Lune, Neil Armstrong et Buzz Aldrin réalisent le plus formidable exploit jamais réalisé par l’Humanité et tiennent le monde en haleine pendant les 21 heures qu’ils vont passer sur le sol sélène. Cette mission n’est pas la plus longue et les deux marcheurs lunaires ne passeront qu’un peu moins de trois heures à la surface de la Lune. Mais dans l’inconscient c’est elle que tout le monde retient de l’histoire du programme lunaire. Car dès Apollo 12, commandée par Charles Conrad en novembre 1969, le soufflé était retombé. Le désoeuvrement est malheureusement une chose inévitable.
Une exploration approfondie
Pour le grand public, envoyer des hommes sur la Lune devient une activité aussi banale que prendre sa voiture pour aller faire ses courses au supermarché du coin. Ce qui est faux. Aller dans l’espace reste une activité à hauts risques. Gus Grissom, qui devait commander la mission Apollo 1, et qui décéda avec son équipage lors du test de lancement du 27 janvier 1967, avait eu ses mots lors d’une conférence de presse quelques temps auparavant : « Si nous mourrons, nous voulons que le public l’accepte comme une chose naturelle, la conquête de l’Espace en vaut la peine. » A l’exception du drame d’Apollo 1 qui eut lieu au sol, il n’y eut pas de victime dans l’espace lors du programme Apollo et le sang-froid des équipes techniques de Houston permit de ramener l’équipage d’Apollo 13 sain et sauf. Cette mission relança l’intérêt du public pour le spatial qui était passé à autre chose. Mais c’était la fin d’une époque, le rêve de Kennedy était atteint. Une exploration plus approfondie fut menée lors des trois dernières missions (Apollo15 à 17) grâce à une jeep lunaire au cours d’expéditions de plus de trois jours. Et malheureusement, oui malheureusement, on décida de tout arrêter. Car cela coûtait, il est vrai, fort cher, mais si le matériel se fiabilisait les Etats-Unis étaient englués dans une guerre du Vietnam qui n’en finissait plus et le monde allait connaître son premier choc pétrolier.
En soi, la première exploration humaine de la Lune ne fut pensée que sur le cours terme. Le retour qui est désormais prévu pour 2019 avec le programme Constellation, se fera probablement entre la NASA et ses partenaires de l’ESA. A l’image de la construction de l’ISS, la nouvelle conquête de la Lune qui semble se profiler pour les années 2020 pourrait donc avoir lieu en collaboration. Aussi, le premier équipage qui sera du voyage vers notre satellite à bord du premier vaisseau Orion lunaire sera forcément international. Et que fera-t-on une fois de retour ? On reprendra ce qui a simplement été interrompu en 1972. Mais il ne faut pas considérer la Lune comme une fin en soi. Plutôt comme un tremplin vers Mars, par exemple. N’est-ce pas une perspective enivrante pour les jeunes générations ?
Antoine Meunier
Photos : NASA
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*Ce qui comportait l'étage supérieur de la Saturn V qui était réallumable ainsi que le LM et les modules de commande et de service (CSM).
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Le 16 juin dernier, l’A300 Zéro G de Novespace, filiale du CNES, a effectué un vol de démonstration avec pour la première fois à bord une jeune enseignante de 24 ans, gagnante du concours RTL réalisé en partenariat avec le CNES. Jean-François Clervoy, PDG de Novespace et astronaute de l’ESA, évoque pour LCS les futures possibilités de vols paraboliques pour le grand public.
La Chronique Spatiale : Comment s’est passé le vol du 16 juin ?
Jean-François Clervoy : Vraiment très bien. Novespace et le CNES ont travaillé d’arrache-pied sur le plan logistique. L’un des challenges était d’arriver à faire rentrer les passagers avant l’ouverture du Bourget 2009 grâce au Musée de l’Air. Il fallait que nous commencions le briefing de sécurité dès 8h30 pour que dès 9h30 tout le monde ait sa combinaison et que tous ceux qui souhaitaient prendre un médicament contre le mal de l’air puissent en disposer. Nous avons finalement décollé comme prévu à 10h30.
Rappelez-nous la finalité de ce vol ?
C’était un vol scientifique incluant des expériences de physique et de recherche biomédicale à bord. La présence de l’auditrice de RTL n’était pas l’objectif principal du vol. Mais Il y avait aussi des parlementaires ainsi que des chefs d’agences spatiales (France, Allemagne et Suède). Il y avait également des représentants de la Commission européenne, des représentants des Bureaux Espace de pays membres de l’Union Européenne. Les conseillers Espace du Ministère de la recherche et de l’Elysée nous accompagnaient aussi. Et puis, pour ce vol, le CNES a décidé d’inviter quelques médias dont RTL qui y avait une place privilégiée en ayant l’autorisation exceptionnelle et unique de faire voler une personne qui n’a rien à voir avec le spatial qui était une auditrice sélectionnée sur concours. Je faisais partie du jury final et de plus de 700 réponses correctes sur Internet, nous sommes descendus à une trentaine. Puis de cette trentaine à cinq et de cinq à deux qui ont été sélectionnés en fonction de leur lettre de motivation. Sur les deux, il y avait un titulaire et un back-up.
Comment est née cette idée d’offrir à une personne du grand public une telle opportunité ?
Jusqu’à présent, dans toutes les campagnes de vol paraboliques que nous faisons nous avons en moyenne un représentant de média par vol que ce soit pour le CNES, l’ESA comme le DLR*. C’est afin de pouvoir documenter d’une part et de faire du reporting d’autre part, sur le travail de recherche promues par ces agences qui financent elles-mêmes cette recherche sur fonds publics. C’est-à-dire que le CNES, l’ESA, le DLR, qui sont nos principaux clients, commandent une campagne de vols avec un préavis de 6 à 8 mois. Après, ils invitent pour ces vols les scientifiques qui font les meilleures propositions d’utilisation de l’apesanteur en vol parabolique. C’est en général aux scientifiques de développer sur leurs propres budgets leur matériel expérimental et pour la plupart de payer leur déplacement à Bordeaux ou à Cologne quand les vols ont lieu là-bas mais ils ont une place gratuite à bord. En général, sur les 40 places disponibles pour les passagers utilisateurs, une ou deux sont réservées à un journaliste et cela permet de faire parler de l’espace. Et cela se fait dans tous les vols. Sur ce vol particulier, le CNES a eu l’idée d’un partenariat avec RTL dont l’idée était de faire voler un auditeur comme témoin issu du grand public, pour lequel une autorisation spéciale serait nécessaire. Car cela n’est pas autorisé par la réglementation actuelle. Celle-ci permet aujourd’hui, dans un cadre déjà très particulier de réaliser les vols scientifiques avec quelques observateurs ayant des responsabilités spatiales ou médiatiques. Ici, le CNES a pensé que cela donnerait encore plus de visibilité au programme spatial avec un concours radio.
C’est effectivement une authentique première dans l’histoire du CNES ?
Oui mais c’est une première et une dernière ! Nous avons eu une autorisation exceptionnelle pour ce vol pour une seule personne civile et spécifiquement dans le cadre du salon de l’aéronautique du Bourget. Les vols que nous ferons plus tard ouverts au grand public, j’espère que nous y arriverons assez rapidement, devraient se faire sous un autre format.
Justement, au cours des présentations en vol des Airbus, Bernard Chabert (speaker du Salon du Bourget) a indiqué la possibilité de vols paraboliques pour l’an prochain. Est-ce que vous confirmez ?
En fait, c’est ce que nous espérons mais cela n’est pas confirmé. Nous devons convaincre les autorités sur le plan technique et organisationnel. Les dossiers sont en cours et, on pense pouvoir y arriver dans un délai raisonnable de quelques mois. Mais tant que les autorisations formelles ne sont pas données, ces vols ne seront pas possibles.
Dans quelles conditions ?
Il y a plusieurs options que nous étudions. Il y a par exemple la voie associative qui fait que les vols se feraient dans un cadre privé mais qui auraient tout de même besoin de l’aval de la DGAC** à laquelle nous devons démontrer que techniquement nous sommes fiables et surs. C’est d’ailleurs le dossier sur lequel nous travaillons. Nous en sommes à la quatrième réunion de travail maintenant. A chaque fois, nous progressons. La prochaine rencontre avec la DGAC est en juillet et ce qu’ils nous ont demandé, ce n’est pas une certification, qui serait hors de portée et demanderait plusieurs années et des centaines d’heures de vol. Ils nous demandent de leur démontrer que les différences d’une part entre l’avion de Novespace et l’avion de base A300 sont bien comprises et n’augmentent pas le risque par rapport à l’avion certifié de base, et d’autre part, entre le vol de ligne et le vol parabolique ne conduisent pas non plus à un risque inacceptable. Nous travaillons d’ailleurs conjointement avec la DGAC et le Centre d’Essais en Vol (CEV) sur ces aspects techniques, réglementaires, d’exploitation et d’organisation dont l’objectif est d’aboutir à faire quelques vols par an ouverts au grand public.
Avez-vous une idée du nombre de vols qu’il est possible de faire par an ?
Jusqu’à dix par an maximum dont certains seraient des vols « mécènes » financés par des agences spatiales un peu comme des journées « portes ouvertes » de laboratoire. Le CNES a déjà manifesté son intention de commander quelques vols dans l’année pour lesquels il inviterait des gagnants de concours sur son site Internet. Je ne connais pas encore la forme de concours envisagée mais ces personnes ne payeraient que quelques centaines d’euros alors que les autres vols, par contre, seraient au tarif « fort » (environ 5000 euros). Les vols CNES seraient destinés à la promotion du CNES, à la recherche spatiale, à faire connaître le spatial au grand public. Les quelques vols purement public au tarif fort seraient plutôt pour évaluer le marché avant que l’on investisse dans un nouvel avion et une activité plus soutenue de vols réguliers de baptêmes de l’air en apesanteur.
Une manière donc d’amener le public à l’espace ?
Oui. Le vol parabolique, c’est une manière de comprendre l’espace avec son propre corps. Si l’on explique sur papier ou photo ou par sa propre expérience c’est à distance. Je me rends compte que les gens ont beaucoup d’idées fausses sur le spatial car ils considèrent que c’est un domaine intouchable pour des experts qui vivent dans une autre sphère de la société. Sur une voiture, vous pouvez communiquer plus facilement car vous pouvez allez au Salon de l’automobile et la toucher, vous asseoir dedans. Alors qu’il n’y a que quelques milliers de personnes en Europe qui peuvent voir un satellite dans une salle blanche ou bien qui assistent à un décollage. L’espace on ne le touche pas, on ne sent pas son odeur, on ne l’entend pas. Alors que les vols paraboliques, c’est une façon concrète de le toucher. Effectivement, c’est un excellent moyen de communication sur l’espace et qui, indépendamment de la sensation extraordinaire d’apesanteur, permet de voir concrètement le travail que l’on peut faire dedans. Le vol du 16 juin était un vol de démonstration scientifique avec des observateurs dont exceptionnellement un représentant du grand public faisait partie. Les vols que nous ferons pour le public ne comporteront pas d’expérience à bord car d’un point de vue réglementaire cela change si vous modifiez l’avion, ne serait-ce que si vous fixez une expérience dans la cabine.
Si nous concluons favorablement notre dossier avec la DGAC et le CEV, dans moins d’un an, nous pourrons être prêt à faire notre premier vol parabolique pour le public.
Y’a-t-il un marché réel pour ce type
d’activité chez nous ?
Nous le pensons oui mais on ne le verra bien que si on démarre cette activité. C’est un des arguments qu’entend bien la DGAC. C’est qu’avant de se lancer dans une activité réellement « touristique » avec un nouvel avion dans un cadre un peu plus classique de transport avec un vol par semaine, je suppose. Pour évaluer le marché, il faut que l’on commence. Nous avons l’avion qui a le temps et la sécurité pour le faire.
Propos recueillis par Antoine Meunier
Photos : Stéphane Sébile (pour l'A300 Zéro G) / Antoine Meunier
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* Le DLR est l’organisme de recherche aéronautique et spatial allemand
**DGAC : Direction Générale à l’Aviation Civile
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Commencé dans une ambiance morose avec la catastrophe de l’Airbus et par un temps pluvieux, le Salon du Bourget s’est achevé hier soir par un magnifique show aérien. Comme toujours, les amateurs d’espace et d’aviation étaient au rendez-vous pour les journées ouvertes au public.
En période de crise, le public a besoin de rêver. En témoigne la foule qui avait investi le tarmac de l’aéroport pour admirer les machines lors des trois dernières journées de la semaine passée. Finalement, que l’on soit amateur d’avions ou bien d’espace, la part de rêve qui émane du Salon du Bourget était bien présente. Ceux qui auront notamment eu la chance de s’asseoir dans le simulateur de l’ARV d’Astrium seront à même d’en parler. Pour un peu, on se croirait astronaute soi-même. Il est stimulant de voir que nos industriels disposent d’une technologie susceptible d’envoyer un équipage dans l’espace. On pourra également saluer l’initiative du CNES et de sa filiale Novespace pour avoir organisé un vol parabolique de démonstration avec une personne du grand public à bord de son A300 ZéroG (nous reviendrons sur ce point prochainement).
Par ailleurs, les observateurs avisés n’auront pas manqué de remarquer la présence de David Scott, l’ancien commandant de la mission lunaire Apollo 15 de 1971 était présent sur le stand de la NASA. L’Administration spatiale est de retour au Bourget en cette année du 40ème anniversaire du premier pas sur la Lune. Une présence discrète, mais une présence quand même avec, entre autres des maquettes des lanceurs Ares qui doivent permettre le retour vers la Lune d’ici 2020.
La magie opère
Et puis le spectacle sur le statique et dans les airs a captivé les spectateurs. Incontestablement, l’A 380, véritable paquebot du ciel, remporte la palme à l’applaudimètre surtout à l’atterrissage. Les commentaires de Bernard Chabert et de Nigel Stevens, une musique parfaitement choisie et un avion qui évolue en douceur dans le ciel et vous n’avez plus qu’à laissez faire… L’A380 est bien un géant qui murmure.
Qu’aurait pensé Louis Blériot de voir évoluer un tel avion à côté de son Blériot XI ? Ou encore face à des usines à décibels comme le Typhoon ou le F-16. Cependant, ce spectacle ne pouvait être complet sans une représentation en vol des Alphajets de la Patrouille de France*. Il faut remonter en 1975 pour la dernière représentation de la PAF sur le Salon. Un ballet particulièrement apprécié par les amateurs. Le rideau est maintenant tombé sur l’édition du Centenaire, les organisateurs donnent rendez-vous aux professionnels et au public en juin 2011.
Antoine Meunier
Photos : Antoine Meunier
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* L’auteur adresse un amical salut aux pilotes de la PAF
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Dans le cadre du 48ème Salon Aéronautique et de l’Espace du Bourget, L’Agence Spatiale Européenne organisait mardi une rencontre avec Jean-Jacques Dordain, son Directeur Général et la nouvelle promotion d’astronautes.
Si l'EAC s’agrandit de six nouvelles recrues, l’actualité des astronautes est bien chargée puisque Franck de Winne (Belgique) remplit actuellement les fonctions d’ingénieur de vol à bord de l’ISS* avant de succéder à Guennady Padalka en août. Le même mois, ce sera le Suédois Crister Fuglesang qui s’envolera à bord de la navette pour sa seconde mission. Parallèlement, Paolo Nespoli, qui devrait s’envoler en 2011, est actuellement à l’entraînement a annoncé Jean-Jacques Dordain. Concernant les opportunités de vol des nouveaux astronautes, le directeur général s’est voulu très clair en affirmant que « tous voleront ». L’ESA possède déjà sept incréments de vol pour des missions de longue durée. Toutefois, l’agence travaille pour se créer des opportunités supplémentaires. Ce qui offre peut-être des perspectives pour la nouvelle promotion.
Etape par étape
Rappelons cependant qu’il y a encore huit astronautes actifs. « Il
n’y a pas que nous. Nous, nous avons encore tout apprendre », a notamment
précisé le Français Thomas Pesquet avec beaucoup de lucidité. « Nous
allons commencer par l’entraînement de base et apprendre les choses une par
une. » Pour sa part, Luca Parmitano souligne que « Pour
l’instant, je me concentre sur ce qui va se passer dans les prochains mois,
l’entraînement de base. C’est déjà l’aventure à n’importe quel niveau. C’est
important garder la tête sur les épaules. ». Pas question de bruler les étapes donc.
Et cette promotion 2009 apporte une bouffée de fraîcheur bienvenue, se prêtant avec bonne grâce aux questions réponses et aux autographes dans ce Salon du Bourget 2009 qui avait démarré dans une ambiance plombée par le mauvais temps et les poursuites de l’enquête de la catastrophe de l’Airbus AF 447. Simonetta di Pippo, Directrice des vols habités de l’ESA, a rappelé le programme qui attend la nouvelle promotion à compter de septembre. A la rentrée, les six nouvelles recrues démarrent l’entraînement basique d’une durée de dix-huit mois avant l’entraînement principal pour une mission. L’enthousiasme et la patience sont deux qualités essentielles chez les astronautes et nos six "rookies", s'ils ne connaissent pas encore la date exacte de leur premier vol, ont déjà une idée du parcours qui sera le leur.
Antoine Meunier
Photos : Antoine Meunier
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*cf.LCS N°156
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C’est lundi prochain que l’édition du Centenaire du Salon Aéronautique et de l’Espace ouvrira ses portes.
A l’heure où la Station spatiale internationale accueille son premier équipage à six ainsi que son premier commandant de bord européen avec Franck de Winne (il s’agit de la mission OasISS), la grande fête française de l’aérospatiale se trouve quelque peu assombrie par le tragique accident du vol Air France 447. Mais c’est une enquête longue et minutieuse que le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA) doit mener avant de rendre ses conclusions. Pour l’heure, le site Internet* de la manifestation annonce la venue de 2 000 exposants sur le site et comme d’habitude, de magnifiques machines seront présentes pour les habituelles présentations en vol. Mais au-delà des habituelles démonstrations aériennes, rappelons que le Salon du Bourget est avant tout une manifestation commerciale ou des contrats se signent à l’abri des caméras. Rappelons en effet que l’édition 2007 avait notamment vu la signature d’une lettre d’intention avant la signature effective du contrat en janvier dernier, entre Arianespace et EADS Astrium, pour la livraison de 35 lanceurs Ariane V en version ECA pour les lancements des prochaines années. Ce fut également l’occasion de découvrir la cabine de l’avion de tourisme spatial d’EADS Astrium. Un projet qui est aujourd’hui en stand-by.
Présentations en vol et sur le statique
Outre la récente réussite du lancement des satellites Hershel et Planck, pour l’Agence spatiale européenne (ESA) ce salon devrait notamment faire la part belle aux vols habités. L’exploration robotique ou les sciences de la Terre seront également au rendez-vous dans un pavillon spécialement dédié de 500 mètres carrés situé à proximité des maquettes des fusées Ariane I et V. De leur côté, les équipementiers spatiaux devraient logiquement annoncer plusieurs signatures de contrats au cours de la semaine.
Retour dans le passé
Les amoureux des belles machines ne sont pas en reste car c’est un spectacle toujours spectaculaire qui les attend. On notera notamment la présentation en vol du premier drone hélicoptère Camcopter, du Sukhoï Superjet 100 (un biréacteur de transport régional). Et surtout, trente avions historiques dont un F86 Sabre, un Mirage III ou encore un Spitfire doivent ainsi venir côtoyer les avions modernes. Mais ce show ne pouvait être complet sans le ballet de la Patrouille de France dans le ciel du Bourget qui devrait offrir un magnifique spectacle aérien aux quelques 350 000 visiteurs attendus pour cette 48ème édition du célèbre salon aérospatial français.
Antoine Meunier
sources : Gifas / ESA / Arianespace
Photos : DR / Antoine Meunier / USAF Museum
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*http://www.salon-du-bourget.fr/
(Pour tous les renseignements pratiques, ne pas hésiter à consulter l’adresse Internet du site ci-dessus.)
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Alors qu’Atlantis vient de revenir sur Terre après une mission sans faute de remise à neuf du télescope spatial, la NASA a enfin un nouvel administrateur en la personne de Charles Bolden, ancien astronaute et général de brigade en retraite des Marines.
Hasard du calendrier ou non, le président Barack Obama a nommé à la tête de son administration spatiale l’un des hommes qui commandait la navette spatiale Discovery et qui plaça Hubble en orbite voici 19 ans. Charles Bolden, né en 1946, accomplissait alors sa deuxième incursion dans l’espace, la mission STS-31 du 24 au 29 avril 1990. Par la suite, il a commandé la mission STS-45 à bord de la navette Atlantis. Vol au cours duquel le module Spacelab fut dédié pour la première fois à l’étude de l’atmosphère terrestre. Enfin en 1994, Charles Bolden était à la tête d’un équipage de six astronautes pour la première mission américano-russe à bord de la navette Discovery lors du vol STS-60. L’équipage comprenait, entre autres, le cosmonaute russe Sergueï Krikalev. En temps cumulé, Charles Bolden aura passé un peu plus de quatre semaines dans l’espace étalées sur quatre vols.
Pas le premier astronaute
Après Richard Truly de 1989 à 1992, Charles Bolden est donc le second astronaute à diriger la vénérable agence spatiale américaine. Il succède donc à Michael Griffin et va donc gérer plusieurs dossiers délicats dont le retrait du service actif des navettes dont huit vols sont programmés d’ici la fin de l’année prochaine, la fin de la construction de l’ISS ou encore le programme Constellation de retour sur la Lune (qui fait actuellement l’objet d’un réexamen complet) pour ne citer que la partie vols habités. Lori Garver sera l’administrateur adjoint de la NASA. Cette dernière fut conseillère pour l'espace du président Obama lors de la campagne présidentielle et a notamment occupée des fonctions au sein de l'agence entre 1998 et 2001. Reste maintenant au Sénat à entériner la nomination de l’ancien astronaute qui aura donc fort à faire durant les quatre prochaines années.
Antoine Meunier
Sources et photos : NASA
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Après un processus de sélection d’une année, l’Agence spatiale Européenne (ESA) a présenté mercredi 20 mai ses nouveaux astronautes.
Ils sont donc six : deux italiens, le Lieutenant Samantha
Cristoforetti et le capitaine Luca Parmitano tous les deux pilotes dans l’armée
de l’air italienne. Thomas Pesquet, originaire de Rouen, 31 ans pilote de ligne
sur A320 et ingénieur CNES est donc le nouvel astronaute français du Corps
Européen des Astronautes (EAC). Pour lui et ses collègues, l’aventure va
réellement démarrer en septembre prochain à Cologne, au siège de l’EAC, avec
l’entraînement de base qui va s’étaler sur dix-huit mois. Pour sa part,
Alexander Gerst est un scientifique diplômé en physique de l’université de
Karlsruhe en Allemagne. Son camarade Danois Andreas Mogensen est ingénieur et
possède un doctorat en ingénierie de l’université d’Austin au Texas. Enfin, on
soulignera que l’ESA a retenu Timothy Peake, pilote d’essai Britannique de 37
ans. Un choix qui pourrait étonner quand on sait que le Royaume-Uni, en tant
que pays membre de l’Agence spatiale europénne ne contribue pas aux vols habités. Mais Jean-Jacques
Dordain, Directeur Général de l’ESA a répondu clairement à la question d'un journaliste d'Outre-Manche : « Tim a été
sélectionné parce qu’il était au-dessus du lot ».
Quelle destination ?
Pour cette nouvelle génération d’explorateurs, l’ESA dispose en effet de sept opportunités de vols à bord de la Station spatiale internationale dans les prochaines années. Ce qui devrait, sur le papier, permettre au premier des nouveaux arrivants de voler d’ici quatre ans vers l’ISS pour des missions de longue durée. Par la suite, et compte tenu de leur jeunesse, d’ici les années 2020, les « six » pourront sans doute envisager la Lune qui est a présent programmée comme objectif suivant après la fin de l’exploitation de la Station spatiale.
Un objectif qui ne paraît donc pas inaccessible pour Thomas Pesquet et ses camarades de promotion, sachant que les Américains préparent le programme Constellation de retour sur notre satellite qui devrait permettre l’alunissage d’une équipe d’hommes et de femmes (mais pas avant dix ans). Toutefois, si la décision reste encore a prendre, « nous pouvons faire partie du programme… », a précisé le Directeur général de l’ESA. Alors d’ici la prochaine décennie, un équipage international composé de plusieurs nationalités pourrait sans doute emmener un futur train spatial vers la Lune. Avec un astronaute français à bord ?
Antoine Meunier
Photos : Antoine Meunier
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Avec la cure de rajeunissement du télescope spatial Hubble par la navette Atlantis et le lancement réussi des satellites Herschel et Planck par une Ariane V en version ECA, nous avons vécu une semaine passionnante dans le domaine de l’astronomie spatiale.
D’abord parce que Hubble va être reconduit dans ses fonctions pendant au moins cinq ans. Après 750 000 clichés de l’Univers pris et dix-neuf années de révolutions autour de la Terre, le HST n’a donc pas dit son dernier mot et promet encore des photos toujours plus stupéfiantes les unes que les autres.
Ainsi, les astronautes ont mené avec succès leurs cinq sorties dans l’espace qui ont notamment permis la remise en état du STIS (Space Telescope Imaging Spectrograph). La plus longue des cinq EVA aura atteint la durée record de plus de huit heures ! A l’issue de la cinquième marche dans l’espace, Hubble dispose, entre autres, d’une nouvelle protection thermique, de batteries neuves et d’un capteur qui lui permettra de s’orienter avec une meilleure précision. Voilà pour le télescope du Siècle dernier.
Encore plus loin
Transportant ses deux précieuses charges utiles, Le lanceur Ariane V, en version ECA, a décollé à 15h12 jeudi dernier pour insérer exactement vingt-six minutes plus tard, les télescopes Herschel et Planck, sur une trajectoire devant les amener au point de Lagrange L2. Mais pourquoi cette destination ? Simplement, parce que ce point gravitationnel reste dans l’axe du système Terre-Soleil et il offre une position parfaite pour observer l’univers. Car Planck a une mission bien spécifique : la cartographie de la lumière émise par notre univers, 380 000 ans après le Big Bang. Bref, les scientifiques vont tenter de comprendre comment est né notre univers il y a presque 14 milliards d’années. Pour sa part, Herschel étudiera l’évolution d'objets comme les galaxies depuis dix milliards d’années. Il est équipé d’un miroir de 3,5 mètre de diamètre, le plus important jamais réalisé (supérieur à celui de Hubble), et capable de réaliser des observations dans l’infrarouge.
A elles deux, ces missions représentent un coût de 1,7
milliard d’euros soit la mission scientifique la plus importante de l’Agence
spatiale européenne (ESA). Avec
Planck et Herschel, notre connaissance de l’univers va continuer
de s’améliorer. Durée de vie : quinze pour le premier et trois ans pour le second.
Antoine Meunier
Sources et photos : ESA / NASA / ESA Daniel Ducros
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