LCS N°97 : Un nouveau visage pour Schackleton
En vue du futur retour sur la Lune prévu pour la fin de la prochaine décennie, les données se précisent. Il semblerait que le futur site retenu pour l’implantation d’une base vers 2020 soit plus accidenté que prévu.
Bien que le programme Constellation subissent quelques complications avec un retard de deux ans pour le futur lanceur Ares I, vecteur de la capsule Orion, les scientifiques de la NASA ont observé quasiment à la loupe le cratère Schakelton situé vers le pôle sud de la Lune. Il ressort de leurs investigations que cette région, qui a actuellement les faveurs de l’administration spatiale américaine pour l’implantation future d’une base habitée, est bien plus accidentée qu’on ne le pensait. En effet, grâce à un radar installé dans le désert du Mojave les scientifiques ont balayé le cratère Schakleton et des indices laissent à penser que de l’eau gelée serait présente dans cette région (principalement dans les zones d’ombres) où l’on a relevé des cratères d’impacts météoritiques de 4 000 mètres de profondeur et une montagne dont le sommet atteindrait 6 000 mètres de hauteur.
Une certaine réserve
Concernant la présence d’eau, la théorie reste encore très discutée. En effet, les précédentes analyses faites par la sonde Clementine entre 1994 et 1996 pouvaient révéler d’autres possibilités que de l’eau gelée. L’observation s’est même poursuivie quelques mois plus tard et a infirmé cette théorie*. Toutefois, c’était il y a une douzaine d’années et les images radar prises par l’antenne de Goldstone se veulent plus détaillé que celles de Clementine. Le faisceau radar de 500 kilowatts qui a été émis pendant 90 minutes a visé le pôle sud Lunaire sur une zone de 643 kilomètres sur 402. Selon un scientifique du Jet Propulsion Laboratory, ces données permettraient de voir des détails de la taille d’une maison. Mais la question pourrait être tranchée d’ici la fin de l’année avec le Lunar Reconnaissance Orbiter qui décollera fin 2008. La capacité de résolution de ses instruments permettra d’obtenir une résolution d’un mètre par pixel. Ces futures images doivent donner des informations sur l’ensoleillement des pôles, la présence des ressources potentielles. Avoir de l’eau gelée sur place pour les futures astronautes qui vivront là-bas leur permettraient d’extraire l’oxygène et l’hydrogène pour se ravitailler en air et en carburant. Cependant, la question de l’eau lunaire reste encore à prouver. Ce qui n’est plus le cas sur Mars et ferait un bon sujet d’étude in situ pour les géologues.
Antoine Meunier
Sources : www.nasa.gov / Jet Propulsion Laboratory / www.cnrs.fr/cw/dossiers/doseau/decouv/univers/eauLune.html
Photos et vidéo : www.nasa.gov
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*Cependant, Lunar Prospector lancée en 1998 a détecté une quantité d’hydrogène localisée sur les pôles laissant supposant la présence de glace d’eau. Mais l’écrasement de la sonde en 1999 n’a pu confirmer cette thèse.