LCS N°127 : Un succès de plus sur Mars…
Plusieurs flocons ont été détectés le 5 septembre dernier par l’instrument laser de la sonde Phoenix.
Les amateurs de neige poudreuse seront bien déçus car les quelques flocons tombés au-dessus de Vatistas Borealis, au pôle Nord de Mars, sont passés directement de l’état solide à l’état gazeux. Toutefois, les chercheurs qui n’avaient encore rien vu de tel vont investiguer pour tenter de découvrir une hypothétique trace de neige tombée sur le sol. Mais les découvertes ne s’arrêtent pas là. En effet, du carbonate de calcium et des particules de silicates, probablement de l’argile, ont également été décelées. Or sur notre planète, ces composants ne se forment uniquement qu’en présence d’eau liquide. La théorie de l’eau liquide ancienne se trouve désormais fortement renforcée tandis que l’eau gelée est un fait vérifié grâce à Mars Odyssey depuis 2002.
Ainsi, après plus de trois mois de présence sur la planète Rouge, la sonde Phoenix pourrait maintenant décrocher une prolongation jusqu’à la fin du mois. En effet, à cette période de l’année, l’ensoleillement ne permet plus de recharger les batteries de la sonde.
…Mais une suprématie sérieusement ébranlée
Le succès de Phoenix redore quelque peu le blason d’une NASA aujourd’hui cinquantenaire et qui est actuellement en train de se chercher. Effectivement, avec le retrait des navettes, il n’y aura bientôt plus de véhicule spatial habité de disponible avant l’arrivée programmée de la capsule Orion en 2015. Plus inquiétant encore, l’actuel Administrateur de la NASA, Mike Griffin semble persuadé que les Chinois ont la capacité de se poser sur la Lune avant que l’Amérique ne parvienne à mener à bien son programme Constellation. Dans un mail interne adressé à la Maison-Blanche, ce dernier pense que la Chine pourrait arriver sur le sol Sélène en 2017, soit trois ans avant que la NASA ne puisse à son tour envoyer un équipage vers la Lune à bord du tout premier module Altaïr. De plus, des membres du Congrès ainsi que John Mac Cain, candidat républicain à l’élection présidentielle, et afin de garantir une présence américaine permanente dans l’ISS, auraient suggéré de maintenir à poste les Shuttle jusqu’en 2015. (Surtout pour éviter une dépendance russe du Soyouz). Mais ce n’est pas envisageable financièrement* parlant pour l’agence et encore moins pour un système qui a enfin accompli ce que l’on attendait de lui : acheminer les éléments de l’ISS en orbite. Si une telle solution est adoptée, elle pourrait repousser l’arrivée Orion et un retour sur la Lune qui signifie beaucoup pour la NASA, à savoir le tremplin dont elle a besoin pour atteindre Mars à plus longue échéance.
Dans un contexte économique grave et une situation politique tendue avec la Russie, la NASA pourrait être un formidable vecteur de création d’emplois, tout comme l’ESA d’ailleurs, pour un ambitieux programme spatial avec Mars comme objectif à long terme. Rappelons-nous qu’à son plus fort, Apollo employait plus de 400 000 personnes. Il y a des pistes qu’il ne faut pas négliger.
Antoine Meunier
Sources : www.afp.com / Ciel et Espace (Octobre 2008) / Air et Cosmos
Photos : NASA/JPL-Caltech/University of Arizona/Texas A&M University / NASA
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*En 2008, les navettes avaient une dotation de cinq milliards de dollars sur un budget total d’un peu plus de 20 milliards. Dans trois ans, la dotation du programme Constellation devrait se situer aux alentours de sept milliards. Si les navettes restent à poste cinq après la date programmée de leur retrait indiquée, il semble difficile de concilier les deux programmes pour des questions budgétaires. Un retard de Constellation apparaît donc logique.