LCS N°126 : Le retour des héros
Après la sortie parfaitement réussie du colonel Zhaï Zhigang dans l’espace samedi pendant quinze minutes, le vaisseau Shenzou 7 s’est posé dimanche en Mongolie Intérieure à 9h40 GMT après une mission de trois jours totalement maîtrisée.
Assurément ce troisième vol habité chinois revêt une symbolique politique que personne n’aura manqué de relever. Ainsi, on a pu voir le président Hu Jintao n’hésitant pas à féliciter par téléphone le taïkonaute. « Votre sortie dans l'espace a été un succès total, a déclaré le secrétaire général du Parti Communiste. C'est une percée majeure pour le développement de notre programme de vols habités. » Une chose est certaine, c’est que les Chinois ont été galvanisés par la marche spatiale de leur cosmonaute même si celle-ci n’a duré qu’un quart d’heure. Si cette EVA nous paraît routinière, il convient tout de même de saluer cette performance à sa juste valeur. Réaliser une sortie dans l’espace est un exploit et un exercice qui n’est pas sans présenter des risques. En accomplissant cette (brève) performance, la Chine a démontré la fiabilité de son matériel et surtout qu’elle devient un acteur majeur des missions spatiales habitées. C’est peut-être enfoncer une porte ouverte que dele dire mais le fait est là à l’heure où les navettes spatiales américaines ont pratiquement leur place réservée dans les différentes antennes du Smithsonian Institute et ou la NASA devra faire du stop à bord des capsules Soyouz. A tel point que l’on pourrait se poser la question suivante : les Chinois ont-ils les moyens d’arriver sur la Lune avant les Etats-Unis ?
Dans les starting-blocks
On serait tenter de répondre oui. Pourquoi ? Simplement parce l’espace est pour la Chine une véritable vitrine technologique que le gouvernement du pays a repris à son compte et quelque part, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle entre le coup de fil passé par Nixon à l’équipage d’Apollo 11 en 1969 et celui du président Hu Jintao aux taïkonautes de Shenzou 7. Pour un peu, le président chinois comparerait son chinois à Neil Armstrong et le journal Beijing Youth Daily n’a d’ailleurs pas hésité à publier la citation suivante : « un petit pas pour un homme mais un bond de géant pour notre pays ». Petite nuance tout de même : de chaque côté, il manque un lanceur lourd (cf LCS N°125). Pour la Chine, ce sera la fusée Longue Marche 5 et pour les Etats-Unis, ce doit être la fusée Ares 5. Le pays se donne progressivement les moyens de ses ambitions
Dans un contexte économique mondial incroyablement difficile, face à une Europe spatiale qui se cherche (et à qui il ne manquerait qu’un simple geste politique), le risque de se retrouver une nouvelle fois distancée est donc bien présent.
Antoine Meunier
Photos et sources : Xinhua
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