LCS N°125 : Le temps des EVA
Avec Shenzou 7, la Chine vient de placer pour sa troisième mission spatiale trois taïkonautes en orbite terrestre.
Si les vols de 2003 (Shenzou 5) et 2005 (Shenzou 6) ont respectivement permis de valider le fonctionnement du vaisseau chinois puis d’assurer un vol en équipage, cette troisième mission lancée par la Chine va permettre au taïkonautes de devenir membres d’un club très fermé : celui des marcheurs de spatiaux. En effet, il ne suffit pas de gagner l’espace, il faut également pouvoir y travailler et les cosmonautes chinois doivent donc apprendre la maîtrise de la sortie extravéhiculaire (EVA). C’est le colonel Zhaï Zhigang, 42 ans, pilote de chasse dans l’armée de l’air qui doit sortir le premier du « Vaisseau Divin », septième du nom pour une sortie d’une durée variant de trente à quarante minutes au cours duquel il devra utiliser une combinaison de conception chinoise. Il sera aidé par son compatriote, Liu Boming, qui sera équipé pour sa part, d’un scaphandre russe de type Orlan largement éprouvé. De plus, le vaisseau a été modifié. Ainsi, les panneaux solaires ont été retirés et remplacés par des mains courantes pour que le taïkonaute puisse se déplacer sans problème. Il s’agit donc d’un baptême du feu pour les hommes comme pour l’équipement. Apprendre à travailler des outils dans l’espace permettra aux cosmonautes chinois de réaliser leur propre laboratoire orbital
Un concurrent à ne pas sous-estimer
Si l’Empire du Milieu est encore loin de posséder la maîtrise de ses homologues américains et russes, il n’en demeure pas moins qu’il progresse, peut-être doucement mais sûrement. Il est vrai que certains équipements sont encore d’inspiration russe mais on s’inspire puis on s’émancipe. Et sur ce point, la Chine prend son envol et il serait faux de croire qu’elle n’a pas les moyens d’atteindre ses objectifs. Rappelons que l’an dernier, Chang’e, la première sonde sélène chinoise atteignait la Lune. Côté vols habités, on le sait, une station spatiale devrait être placée en orbite. Il ne s’agira pas d’un complexe de la taille de la Station Spatiale Internationale (ISS). Cette future station atteindrait une taille similaire à celle d’une station russe Almaz et une masse de vingt tonnes. Mais la Chine peut-elle y arriver ? Mike Griffin, actuel administrateur de la NASA en est convaincu. Dans une interview donnée au mensuel Ciel et Espace d’octobre, ce dernier est même convaincu que la Chine peut atteindre la Lune avant que les USA ne retournent eux-mêmes sur l’Astre des Nuits. Preuve en est que la concurrence est largement prise au sérieux. Bien entendu, ce n’est pas avec la fusée Longue Marche 2-F, vecteur de lancement du Shenzou que la Chine ira sur la Lune. Il lui faudra attendre l’arrivée de son lanceur lourd Longue Marche 5 qui n’arrivera pas avant quatre ou cinq ans et un alunissage n’interviendra sans doute pas avant 2020.
Mais dans l’immédiat, la Chine continue d’apprendre et il s’agit incontestablement d’un excellent élève. Pour l’heure, le retour de Shenzou 7 interviendra dimanche en Mongolie Intérieure.
Antoine Meunier
Sources : Agence Chine Nouvelle / www.yahoo.fr
Photos : Agence Chine Nouvelle
Contacts
http://lachroniquespatiale.vox.com
lachroniquespatiale@gmail.com
Tél.06 14 92 55 06