LCS N°115 : Atterrissage réussi sur Mars
La sonde Phoenix a parfaitement réussi son atterrissage au pôle nord de Mars après un voyage de 679 millions de kilomètres à travers l’espace. La voici donc à pied d’œuvre pour une mission d’une durée de trois mois.
Depuis 1976 et les deux sondes Viking, aucun engin n’avait réussi à se poser en douceur sur la surface de la planète rouge. La sonde Mars Pathfinder de 1997 et les deux rovers Spirit et Opportunity, en 2004, ont eu recours au système des airbags. La performance mérite d’être saluée comme il se doit car Phoenix a effectué son entrée dans l’atmosphère martienne selon une trajectoire directe et non après une mise en orbite comme ce fut d’ailleurs le cas pour les Viking. Les sept minutes les plus critiques furent incontestablement celles de sa descente mais aujourd’hui, elle fait également oublier l’échec de Mars Polar Lander de 1999 (dont elle est issue) et montre un nouveau visage de Mars. C’est en effet la première fois qu’une sonde se pose dans les régions polaires.
L’atterrissage était programmé à 23h38 GMT mais il a fallu attendre quinze minutes pour que le signal de Phoenix, relayé par la sonde Mars Odyssey, ne parvienne au centre du Deep Space Network à Goldstone en californie. Et c’est à 23h53 GMT que les ingénieurs et scientifiques du Jet Propulsion Laboratory ont pu laisser éclater leur joie. Les quarante premières images reçues montrent que la sonde s’est parfaitement posée et que les panneaux solaires sont impeccablement déployés. Sur onze tentatives pour se poser sur Mars, seulement cinq avaient auparavant réussi. Mais sur ses six succès (avec Phoenix), seulement trois auront réussi à atterrir avec un système de rétrofreinage.
55 kilos d’équipements scientifiques
Voici donc cette petite sonde de plusieurs centaines de kilogrammes partie pour une mission de 90 jours dans un froid variant entre – 33 et - 73 degrés celsius de température moyenne. Ses principaux objectifs sont de sonder le permafrost martien, y trouver de l’eau gelée, déterminer si une quelconque vie microbienne a pu subsister où à défaut, déterminer si des traces de vie fossile subsistent encore dans la glace. Pour ce faire, Phoenix dispose de 55 kilos d’équipements scientifiques qui vont lui permettre de mener à bien sa tâche. Quoi qu’il en soit, cette arrivée sur Mars est un succès et la mission qui s’annonce devrait apporter un lot de données inédites sur la planète rouge. L’échec de Mars Polar Lander est désormais vengé mais peut-être sera-t-il intéressant d’envoyer, un jour, un lander sur le pôle sud martien* pour comparer les données.
Antoine Meunier
Sources : Nasa / www.yahoo.fr
Photos : Nasa/caltech/JPL
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* Le pôle sud était la destination initiale de Mars Polar Lander en 1999